lundi 7 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2305680 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SÉRÉE DE ROCH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces, enregistrées les 20 septembre 2023 et 5 avril 2024, M. E C, agissant en qualité de tuteur de M. A D, représenté par Me Sérée de Roch, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la mise en demeure tenant lieu de commandement de payer émise le 6 juillet 2023 par le centre des finances publiques de la Haute-Garonne, pour un montant global de 114 310 euros ;
2°) de lui accorder le bénéfice du sursis de paiement de la somme réclamée.
Il soutient que :
- l'exigibilité de la créance doit être suspendue en raison de la réclamation assortie d'une demande de sursis de paiement qu'il a formée le 18 juin 2023 ;
- la mise en demeure de payer méconnaît les dispositions, de l'article 4 alinéa 2 de la loi n° 2000-231 du 12 avril 2000, du décret n° 2001-492 du 10 juin 2021 et de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration, dès lors qu'elle ne comporte pas la signature de son auteur ;
- la mise en demeure attaquée est entachée d'incompétence, dès lors que le service ne justifie pas de délégation de signature.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 avril 2024, le directeur régional des finances publiques d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête comme irrecevable.
Il soutient que M. C n'a pas d'intérêt à agir, la mise en demeure de payer valant commandement de payer en date du 6 juillet 2023 ayant fait l'objet, le 27 décembre 2023, d'une mainlevée.
Par un courrier en date du 18 septembre 2024, les parties ont été informées qu'en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, le jugement est susceptible d'être fondé sur des moyens relevés d'office tirés d'une part, de l'incompétence de la juridiction administrative pour statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de la mise en demeure valant commandement de payer émise par le centre des finances publiques de la Haute-Garonne le 6 juillet 2023 dès lors qu'il n'appartient pas au juge administratif d'annuler un acte de poursuite et d'autre part, du non-lieu à statuer sur les conclusions à fin de sursis de paiement de la somme réclamée, la mise en demeure valant commandement de payer en litige ayant fait l'objet d'une mainlevée par une décision du pôle de recouvrement spécialisée de la Haute-Garonne en date du 27 décembre 2023.
M. C, représentant légal de M. D, a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 février 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Soddu ;
- les conclusions de Mme Nègre- Le Guillou, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Sérée de Roch
Considérant ce qui suit :
1. M. A D a été placé sous curatelle, puis sous tutelle, respectivement par un jugement du tribunal d'instance de Toulouse du 27 avril 2018 et un jugement du tribunal judiciaire de Toulouse du 17 décembre 2020. M. B F, beau-père de M. D, a été nommé curateur, puis tuteur. Par une ordonnance du tribunal judiciaire de Toulouse, en date du 15 juin 2021, M. E C a été désigné en qualité de tuteur de M. D. Le 6 juillet 2021, le service des impôts des entreprises du centre des finances publiques de Balma a créé une entreprise pour le compte de M. D, avec effet rétroactif au 1er janvier 2012. Un avis d'imposition d'un montant de 103 918 euros a été émis à son encontre le 2 mai 2023 par le centre des finances publiques de la Haute-Garonne au titre de l'année 2018. Par une réclamation en date du 18 juin 2023, M. D a sollicité la décharge et le suris de paiement de cette somme. Par une mise en demeure valant commandement de payer émise le 6 juillet 2023, le centre des finances publiques de la Haute-Garonne a réclamé le paiement de cette somme. Par un courriel en date du 20 juillet 2020, M. D a sollicité la suspension de cette mesure d'exécution compte tenu de la réclamation adressée au service le 18 juin 2023. Par une décision du 27 décembre 2023, le pôle de recouvrement spécialisé de la Haute-Garonne a prononcé la mainlevée de cette mise en demeure. Par sa requête, M. C doit être regardé comme demandant au tribunal, d'annuler la mise en demeure tenant lieu de commandement de payer émise le 6 juillet 2023 par le centre des finances publiques de la Haute-Garonne et de lui accorder le bénéfice du sursis de paiement de la somme réclamée.
Sur les conclusions relatives à la régularité de la mise en demeure valant commandement de payer :
2. Aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites () / Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : 1° Sur la régularité en la forme de l'acte ; 2° A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. / Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu au 1° devant le juge de l'exécution. Dans les cas prévus au 2°, ils sont portés : a) Pour les créances fiscales, devant le juge de l'impôt prévu à l'article L. 199 () ".
3. Il résulte des dispositions précitées de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales, que les contestations portant sur la régularité en la forme des poursuites exercées par le comptable public pour le paiement des impôts doivent être portées devant le juge judiciaire de l'exécution, les contestations portant sur l'existence de l'obligation de payer relevant du juge de l'impôt.
4. Les moyens soulevés par M. C à l'appui de sa requête sont exclusivement tirés de l'absence signature de l'auteur de la mise en demeure et de l'incompétence de cette même autorité faute de production d'une délégation de signature. Ces moyens ne se rattachant qu'à la régularité en la forme des actes de poursuite, il n'appartient qu'aux juridictions de l'ordre judiciaire, en application des dispositions précitées de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales, de connaître du litige. Par suite, les conclusions de M. C tendant à l'annulation de la mise en demeure de payer tenant lieu de commandement de payer du 6 juillet 2023 doivent être rejetées comme présentées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Sur les conclusions à fin de sursis de paiement :
5. Il résulte de l'instruction, comme il a été exposé au point 1, qu'un avis d'imposition d'un montant de 103 918 euros a été émis l'encontre de M. D le 2 mai 2023 par le centre des finances publiques de la Haute-Garonne au titre de l'impôt sur le revenu de l'année 2018 et que par une réclamation en date du 18 juin 2023, M. D a sollicité la décharge et le sursis de paiement de cette somme. Si une mise en demeure valant commandement de payer a été émise le 6 juillet 2023 par le centre des finances publiques de la Haute-Garonne pour le recouvrement de cette somme, il résulte toutefois de l'instruction que par une décision en date du 27 décembre 2023, postérieure à l'introduction de la requête, le pôle de recouvrement spécialisée de la Haute-Garonne a prononcé la mainlevée de cette mise en demeure. Par suite, les conclusions à fin de sursis à paiement de la somme contestée sont donc devenues sans objet. Il n'y a plus lieu d'y statuer.
6. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non- recevoir opposée en défense, que la requête de M. C doit être rejetée.
D E C I D E:
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. D, représenté par son tuteur légal, à fin de sursis à paiement de la somme réclamée.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. D, représenté par son tuteur légal, est rejeté comme porté devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E C, en sa qualité de représentant légal de M. A D, à Me Sérée de Roch et au directeur régional des finances publiques de la région d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 24 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Carotenuto, présidente,
Mme Soddu, première conseillère,
Mme Mérard, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 octobre 2024.
La rapporteure,
N. SODDU
La présidente,
S. CAROTENUTO La greffière,
S. BALTIMORE
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026