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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2306097

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2306097

jeudi 14 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2306097
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantNACIRI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 octobre 2023, Mme A B, représentée par Me Naciri, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 6 juillet 2023 par lequel le préfet du Tarn lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet du Tarn de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de 15 jours à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou à défaut de réexaminer sa situation ;

3°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

4°) de mettre à la charge de l'État le paiement à son conseil de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable ;

En ce qui concerne la décision de refus de titre de séjour :

- elle n'est pas motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen ;

- elle est privée de base légale dès lors qu'elle a été prise sur le fondement du 1° de l'article L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors même qu'elle n'est pas demandeuse d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur de droit, en méconnaissance de l'article L. 114-1 du code des relations entre le public et l'administration et de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :

- elle n'est pas motivée en droit ni en fait ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen ;

- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre ;

- elle a été prise sur le fondement du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors même qu'elle n'est pas demandeuse d'asile ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle n'est pas motivée ;

- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 novembre 2023, le préfet du Tarn conclut au non-lieu à statuer.

Il fait valoir que Mme B a quitté le territoire français le 17 octobre 2023.

Par un courrier du 5 février 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le tribunal était susceptible de substituer d'office les dispositions du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à celles du 4° de ce même article comme base légale de la décision contestée obligeant Mme B à quitter le territoire français.

Par un mémoire, enregistré le 20 février 2024, Mme B, représentée par Me Naciri, soutient que le tribunal ne peut procéder à cette substitution de base légale, dès lors que l'obligation de quitter le territoire français fondée sur le 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile l'a privée de garanties procédurales.

Par une décision du 14 février 2024, Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Hecht a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante marocaine née le 22 janvier 1996, est entrée en France le 28 septembre 2020 sous couvert d'un passeport revêtu d'un visa de long séjour " étudiant ", valable jusqu'au 17 septembre 2021. Elle a bénéficié d'une carte de séjour " étudiant " valable du 5 octobre 2021 au 4 décembre 2022. Le 22 mars 2023, elle a sollicité la délivrance d'un titre de séjour " étudiant en recherche d'emploi ". Par un arrêté du 6 juillet 2023, dont l'intéressée demande l'annulation, le préfet du Tarn a refusé de lui délivrer le titre demandé, l'a obligée à quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 14 février 2024. Par suite, les conclusions tendant à son admission à l'aide juridictionnelle provisoire sont devenues sans objet. Il n'y a donc plus lieu d'y statuer.

Sur le non-lieu à statuer opposé en défense :

3. Un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un acte administratif n'a d'autre objet que d'en faire prononcer l'annulation avec effet rétroactif. Si, avant que le juge n'ait statué, l'acte attaqué est rapporté par l'autorité compétente et si le retrait ainsi opéré acquiert un caractère définitif faute d'être critiqué dans le délai du recours contentieux, il emporte alors disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'acte contesté, ce qui conduit à ce qu'il n'y ait lieu pour le juge de la légalité de statuer sur le mérite du recours dont il était saisi.

4. Si le préfet du Tarn fait valoir que Mme B a quitté de manière volontaire le territoire français le 17 octobre 2023, toutefois ce départ n'a pas retiré les décisions contenues dans son arrêté du 6 juillet 2023, dont la requérante demande l'annulation dans la présente instance, et qui produisent toujours leurs effets. Par suite, le préfet n'est pas fondé à opposer une exception de non-lieu à statuer.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le refus de titre de séjour :

5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () / 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. "

6. Aux termes de l'article L. 422-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger titulaire d'une assurance maladie qui justifie soit avoir été titulaire d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle portant la mention " étudiant " délivrée sur le fondement des articles L. 422-1, L. 422-2 ou L. 422-6 et avoir obtenu dans un établissement d'enseignement supérieur habilité au plan national un diplôme au moins équivalent au grade de master ou figurant sur une liste fixée par décret, soit avoir été titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " passeport talent-chercheur " délivrée sur le fondement de l'article L. 421-14 et avoir achevé ses travaux de recherche, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " recherche d'emploi ou création d'entreprise " d'une durée d'un an dans les cas suivants : / 1° Il entend compléter sa formation par une première expérience professionnelle, sans limitation à un seul emploi ou à un seul employeur ; / 2° Il justifie d'un projet de création d'entreprise dans un domaine correspondant à sa formation ou à ses recherches. "

7. Aux termes du 1° de l'article L. 542-1 du même code : " Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin : / 1° Dès que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a pris les décisions suivantes : / a) une décision d'irrecevabilité prise en application des 1° ou 2° de l'article L. 531-32 ; / b) une décision d'irrecevabilité en application du 3° de l'article L. 531-32, en dehors du cas prévu au b du 2° du présent article ; / c) une décision de rejet ou d'irrecevabilité dans les conditions prévues à l'article L. 753-5 ; / d) une décision de rejet dans les cas prévus à l'article L. 531-24 et au 5° de l'article L. 531-27 ; / e) une décision de clôture prise en application des articles L. 531-37 ou L. 531-38 ; l'étranger qui obtient la réouverture de son dossier en application de l'article L. 531-40 bénéficie à nouveau du droit de se maintenir sur le territoire français ; ".

8. Mme B soutient que le refus de son titre de séjour est entaché d'un défaut de motivation, d'un défaut d'examen et d'un défaut de base légale dès lors qu'il a été pris sur le fondement du 1° de l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors qu'elle ne relève pas de la situation prévue par ces dispositions. D'une part, il est constant que l'intéressée n'est pas concernée par les dispositions du 1° de l'article L. 542-1 cité au point 7. D'autre part, si la décision contestée vise ce même 1° de l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en revanche il résulte de ses termes mêmes qu'elle se fonde sur les dispositions de l'article L. 422-10 du même code, article qui est expressément mentionné par la décision et dont il est manifestement fait application. Dans ces conditions, la mention de l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans les visas de l'arrêté en litige, en lieu et place de l'article L. 422-10, relève d'une erreur de plume qui n'est, dans les circonstances de l'espèce, pas de nature à constituer un défaut de motivation, ni un défaut d'examen, non plus qu'un défaut de base légale. Par suite, ces trois moyens doivent être écartés.

9. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration : " Lorsqu'une demande adressée à l'administration est incomplète, celle-ci indique au demandeur les pièces et informations manquantes exigées par les textes législatifs et réglementaires en vigueur. Elle fixe un délai pour la réception de ces pièces et informations. () ".

10. Aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. () ".

11. Mme B soutient que le préfet a illégalement refusé de lui délivrer le titre de séjour " étudiant " dont elle avait demandé le renouvellement le 15 novembre 2022. Cependant, il ressort des pièces du dossier, d'abord, que ce refus n'a jamais été contesté, ensuite que l'intéressée a formé, le 22 mars 2023, une nouvelle demande pour bénéficier d'un titre de séjour " recherche d'emploi " sur le fondement de l'article L. 422-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et non plus de l'article L. 422-1 de ce code, et enfin que le préfet a, par l'arrêté en litige, refusé de lui délivrer le titre de séjour " recherche d'emploi ". Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit qu'aurait commise le préfet en refusant de renouveler son titre de séjour " étudiant " est inopérant à l'encontre de l'arrêté contesté.

12. En troisième lieu, si Mme B soutient qu'elle avait validé les matières dispensées dans le Master qu'elle suivait à l'Institut national des sciences appliquées (INSA), toutefois il ressort des pièces du dossier que son diplôme lui a été décerné le 14 septembre 2023, à la suite de la note qu'elle a obtenue au TOEIC le 6 septembre 2023, préalable nécessaire à la validation de son Master, c'est-à-dire postérieurement à la décision contestée en date du 6 juillet 2023. Dans ces conditions, le préfet n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 422-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, cité au point 10.

13. En dernier lieu, si Mme B fait valoir qu'elle a validé tous ses semestres d'étude en France entre la rentrée de septembre 2020 et l'été 2023, qu'elle a effectué un stage dans l'entreprise Pierre Fabre de mars à septembre 2022, et qu'elle a validé un niveau d'anglais C1, il ne résulte ni de ces circonstances, ni de celles exposées au point précédent que le préfet aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle et familiale.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

14. En premier lieu, lorsqu'il constate que la décision contestée devant lui aurait pu être prise, en vertu du même pouvoir d'appréciation, sur le fondement d'un autre texte que celui dont la méconnaissance est invoquée, le juge de l'excès de pouvoir peut substituer ce fondement à celui qui a servi de base légale à la décision attaquée, sous réserve que l'intéressé ait disposé des garanties dont est assortie l'application du texte sur le fondement duquel la décision aurait dû être prononcée.

15. Aux termes de l'article L. 611-1 du CESEDA : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; / 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; () ". Aux termes du premier alinéa de l'article L. 614-4 de ce code : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le tribunal administratif est saisi dans le délai de trente jours suivant la notification de la décision. " Et selon son article L. 614-5 : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 1°, 2° ou 4° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quinze jours suivant la notification de la décision. () Le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne à cette fin parmi les membres de sa juridiction ou parmi les magistrats honoraires inscrits sur la liste mentionnée à l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative statue dans un délai de six semaines à compter de sa saisine. () L'audience est publique. Elle se déroule sans conclusions du rapporteur public () ".

16. Aux termes de l'article L. 613-1 du même code : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. Toutefois, les motifs des décisions relatives au délai de départ volontaire et à l'interdiction de retour édictées le cas échéant sont indiqués. "

17. Mme B soutient qu'elle n'est pas dans la situation prévue par les dispositions du 4° de l'article L. 611-1 susmentionnées. S'il est constant, ainsi qu'il a été exposé au point 8, que l'intéressée, qui n'a jamais déposé de demande d'asile, n'est concernée ni par les dispositions de l'article L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni par celles du 4° de l'article L. 611-1 de ce code, toutefois, il ressort des pièces du dossier que le préfet pouvait légalement prendre la décision en litige sur le fondement du 3° de l'article L. 611-1 précité dès lors que Mme B s'est vue refuser le renouvellement de son titre de séjour. Ainsi, ces dispositions peuvent être substituées à celles du 4° du même article dès lors que l'administration dispose du même pouvoir d'appréciation pour appliquer l'une ou l'autre de ces deux dispositions. Si Mme B soutient qu'il résulte des dispositions de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'obligation de quitter le territoire français fondée sur le 4° de l'article L. 611-1 de ce code peut faire l'objet d'un recours devant le tribunal administratif dans les quinze jours suivant sa notification et qu'un magistrat désigné statue sur la légalité de cette décision, sans conclusions du rapporteur public, toutefois il ressort des pièces du dossier que, en l'espèce, la décision contestée est examinée par une formation collégiale, conformément à la procédure juridictionnelle prévue pour une obligation de quitter le territoire français prise sur le fondement du 3° de l'article L. 611-1 précité. Ainsi, elle n'est pas fondée à soutenir qu'elle aurait été privée d'une garantie procédurale. Par suite, les moyens tirés du défaut de motivation et de l'erreur de droit doivent être écartés.

18. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que la décision par laquelle le préfet a refusé de délivrer à Mme B le titre de séjour sollicité n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, le moyen tiré de l'exception d'illégalité doit être écarté.

19. En troisième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

20. Il ressort des pièces du dossier que la requérante, qui réside en France depuis septembre 2020, soit moins de trois ans avant la décision attaquée, dans le cadre de ses études, est célibataire et sans attaches familiales en France. De plus, elle ne conteste pas être dépourvue de liens personnels et familiaux dans son pays d'origine, le Maroc, où elle a vécu jusqu'à l'âge de 24 ans. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 précité doit être écarté.

21. En dernier lieu, pour les motifs exposés aux points 12, 13 et 20, la requérante n'est pas fondée à soutenir que le préfet aurait entaché la décision attaquée d'une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne le pays de destination :

22. En premier lieu, en relevant, pour fixer le pays de destination, que Mme B n'établissait pas être dans l'impossibilité de poursuivre sa vie ailleurs qu'en France, et notamment au Maroc, son pays d'origine, où elle a vécu l'essentiel de sa vie et où elle n'établit pas être dépourvu d'attaches personnelles et familiales importantes, le préfet a suffisamment motivé sa décision. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision attaquée, qui n'est pas stéréotypée, doit être écarté.

23. En second lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que la décision obligeant Mme B à quitter le territoire français n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, le moyen tiré de l'exception d'illégalité doit être écarté.

24. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de Mme B tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet du Tarn en date du 6 juillet 2023 doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte et celles présentées sur le fondement des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de Mme B tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à Me Naciri et au préfet du Tarn.

Délibéré après l'audience du 22 février 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Carotenuto, présidente,

M. Hecht, premier conseiller,

Mme Pétri, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mars 2024.

Le rapporteur,

S. HECHT

La présidente,

S. CAROTENUTOLa greffière,

F. LE GUIELLAN

La République mande et ordonne au préfet du Tarn, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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