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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2306218

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2306218

mardi 16 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2306218
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantSEIGNALET MAUHOURAT

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête enregistrée le 13 octobre 2023 sous le numéro 2306218, M. etE C, représenté par Me Seignalet Mauhourat, demande au tribunal :

1°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de produire l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) du 27 juin 2023 ;

2°) d'annuler l'arrêté du 18 septembre 2023 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours en fixant le pays de destination ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale " ou à tout le moins de réexaminer sa demande, dans le délai de 15 jours ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

S'agissant de la décision de refus de séjour :

- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure en raison de l'insuffisance de motivation de l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) et en particulier du défaut d'examen de la disponibilité des soins médicaux requis par son état de santé ;

- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure, le préfet ne l'ayant pas invité à produire des éléments démontrant l'absence de disponibilité des soins que requiert son état de santé dans son pays d'origine ;

- le préfet s'est cru à tort en situation de compétence liée ;

- la décision attaquée méconnaît les stipulations du point 7 de l'article 6 de l'accord franco-algérien et est entachée d'erreur d'appréciation au regard de ces stipulations ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- la décision attaquée est dépourvue de base légale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;

- elle est entachée d'erreur de droit ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :

- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle viole les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 novembre 2023, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

II. Par une requête et un mémoire enregistrés les 13 octobre et 1er décembre 2023 sous le n° 2306219, Mme A D épouse C, représentée par Me Seignalet Mauhourat, demande au tribunal :

1°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de produire l'avis du collège des médecins de l'OFII du 27 juin 2023 ;

2°) d'annuler l'arrêté du 18 septembre 2023 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a abrogé l'autorisation provisoire de séjour dont elle bénéficiait, a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours en fixant le pays de destination ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale " ou une autorisation provisoire de séjour d'une durée similaire à la durée du titre de séjour délivré à son époux ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa demande, dans le délai de 15 jours ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

S'agissant de la décision de refus de séjour :

- la décision attaquée est illégale en raison des vices entachant la décision portant refus de séjour de son époux ;

- elle est illégale en raison de l'erreur de droit dont est entachée la décision portant refus de séjour de son époux ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation.

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- la décision attaquée est dépourvue de base légale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;

- elle est illégale dès lors que son époux a droit à la délivrance d'une carte de séjour en application des dispositions de l'article L. 313-11 11° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle viole les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :

- la décision attaquée est illégale en raison de l'illégalité de la décision fixant le pays de renvoi de son époux.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 novembre 2023, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme D épouse C ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

-le rapport de Mme Douteaud,

-et les observations de Me Seignalet-Mauhourat, représentant M. C et Mme D épouse C, en présence de ces derniers.

Considérant ce qui suit :

1. M. C et Mme D épouse C, ressortissants algériens respectivement nés les 13 novembre 1973 et 12 mai 1979, déclarent être entrés en France le 29 octobre 2021 muni d'un passeport algérien sous couvert d'un visa court séjour valable du 1er septembre 2021 au 1er décembre 2021. M. C a sollicité le 6 décembre 2021 son admission exceptionnelle au séjour en raison de son état de santé. Le même jour, Mme D épouse C a sollicité son admission exceptionnelle au séjour en qualité d'accompagnant d'un étranger malade. Les intéressés ont bénéficié d'autorisations provisoires de séjour valables du 24 juin 2022 au 23 décembre 2022, renouvelées, s'agissant de M. C, jusqu'au 22 juin 2023 et jusqu'au 14 décembre 2023 pour son épouse. Par arrêtés du 18 septembre 2023, le préfet de la Haute-Garonne a refusé de leur délivrer un titre de séjour, les a obligés à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays de destination. Par leurs requêtes, M. C et Mme D épouse C demandent l'annulation de ces décisions.

Sur la jonction :

2. Les requêtes nos 2306218 et 2306219 visées ci-dessus présentées pour M. C et Mme D épouse C concernent les deux membres d'un même couple, présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Par suite, il y a lieu de les joindre et de statuer par un seul jugement.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les décisions de refus de séjour :

3. L'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 stipule : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention "vie privée et familiale" est délivré de plein droit :/ () 7. au ressortissant algérien, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessité une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse pas effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays () ". Aux termes de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicable aux ressortissants algériens en l'absence de stipulations particulières de l'accord franco-algérien relatives à l'instruction d'une demande de titre de séjour pour raisons de santé : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé () ". L'article 1er de l'arrêté du 27 décembre 2016 dispose : " L'étranger qui dépose une demande de délivrance ou de renouvellement d'un document de séjour pour raison de santé est tenu, pour l'application des articles R. 313-22 et R. 313-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de faire établir un certificat médical relatif à son état de santé par le médecin qui le suit habituellement ou par un médecin praticien hospitalier. /A cet effet, le préfet du lieu où l'étranger a sa résidence habituelle lui remet un dossier comprenant une notice explicative l'informant de la procédure à suivre et un certificat médical vierge, dont le modèle type figure à l'annexe A du présent arrêté. " Enfin aux termes de l'article 2 du même arrêté : " Le certificat médical, dûment renseigné et accompagné de tous les documents utiles, est transmis sans délai, par le demandeur, par tout moyen permettant d'assurer la confidentialité de son contenu, au service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dont l'adresse a été préalablement communiquée au demandeur. "

4. En premier lieu, il ressort des mentions de l'avis du 27 juin 2023 versé par le préfet de la Haute-Garonne et établi conformément au modèle figurant à l'annexe C de l'arrêté du 27 décembre 2016, que le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) s'est prononcé sur la possibilité pour M. C de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays dont il est originaire. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure en raison de l'insuffisance de motivation de l'avis du collège des médecins de l'OFII doit être écarté.

5. En deuxième lieu, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que le préfet se serait cru en situation de compétence liée pour refuser de délivrer un titre de séjour à M. C. Dès lors, ce moyen doit être écarté.

6. En troisième lieu, ni les dispositions précitées de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni aucune autre disposition légale ou réglementaire ne font obligation au préfet d'inviter le demandeur à fournir des éléments relatifs à la disponibilité des soins que requiert son état de santé dans son pays d'origine. Il ressort au contraire des termes des articles 1 et 2 de l'arrêté du 27 décembre 2016 que l'étranger sollicitant un titre de séjour en qualité d'étranger malade peut fournir toute pièce utile à l'examen de sa demande à l'appui de son dossier. Ainsi, M. C ne peut utilement soutenir que la décision attaquée a été adoptée aux termes d'une procédure irrégulière. Par voie de conséquence, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.

7. En quatrième lieu, pour refuser la délivrance d'un titre de séjour à M. C, le préfet de la Haute-Garonne s'est fondé sur l'avis du collège de médecins de l'OFII du 27 juin 2023 selon lequel si l'état de santé du requérant nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, un traitement approprié est disponible dans son pays d'origine, à destination duquel il peut voyager sans risque.

8. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous les éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.

9. Il ressort des pièces produites par M. C à l'appui de son dossier médical que l'intéressé, qui a levé le secret médical, souffre d'obésité morbide à laquelle sont associées d'autres pathologies et notamment un diabète de type 2, de l'hypertension, une cardiopathie et de l'arthrose. Une chirurgie bariatrique a été envisagée à la fin de l'année 2021 sans toutefois être programmée, M. C présentant alors des contre-indications notamment au regard de son poids trop élevé pour une telle intervention. Il ressort de ces mêmes pièces que le requérant a progressivement perdu du poids au fil des mois, passant de 230 kg à 202 kg selon le rapport d'examen du 6 mars 2023, et que son état de santé a connu une évolution favorable permettant d'envisager l'opération après une perte de poids supplémentaire. Si le requérant soutient qu'il ne pourrait pas subir cette opération dans son pays d'origine, les attestations dont il se prévaut ne suffisent pas à remettre en cause l'appréciation portée par le collège de médecins de l'OFII sur l'accès effectif aux soins en Algérie alors qu'il résulte des termes mêmes de ces attestations qu'une telle intervention y est pratiquée. La seule circonstance que cette chirurgie ne pourrait pas être programmée à très court terme n'est pas de nature à établir que M. C ne peut bénéficier des soins requis en Algérie alors, au surplus, que son état de santé connaît une amélioration progressive et continue permettant d'envisager cette intervention chirurgicale. En outre, la circonstance, à la supposer établie, que le Wegovy 0,5 mg ne serait pas commercialisé en Algérie est sans influence sur la légalité de la décision en litige, ce médicament étant prescrit à M. C dans le cadre d'un essai clinique ayant débuté postérieurement à la date à laquelle le collège des médecins de l'OFII s'est réuni. Il appartient en tout état de cause au requérant, s'il s'y croit fondé, de solliciter un titre de séjour prenant en compte les nouvelles conditions de sa prise en charge médicale. Dès lors, le préfet de la Haute-Garonne n'a ni violé les stipulations précitées de l'article 6 paragraphe 7 de l'accord franco-algérien, ni commis d'erreur d'appréciation dans l'application de ces stipulations.

10. En cinquième lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 4 à 9 du présent jugement que la décision par laquelle le préfet de la Haute-Garonne a refusé de délivrer un titre de séjour à M. C n'est pas entachée d'illégalité. Dès lors, Mme D épouse C n'est pas fondée à se prévaloir de l'illégalité de cette décision à l'appui de sa demande d'annulation de la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'accompagnante de son époux.

11. En sixième et dernier lieu, Mme D épouse C se prévaut de l'attestation du 16 octobre 2023 établie par une psychologue ayant reçu son époux en consultation et selon laquelle " il semblerait que la présence de sa femme à ses côtés soit une réelle ressource pour Monsieur ". Ce seul document n'est toutefois pas de nature à démontrer que le préfet aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation. Par suite, le moyen soulevé par Mme D épouse C doit être écarté.

12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des décisions de refus de séjour doivent être rejetées.

En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français :

13. En premier lieu, les conclusions à fin d'annulation des décisions de refus de séjour étant rejetées, les moyens tirés du défaut de base légale des décisions attaquées, en raison de l'illégalité des décisions de refus de titres de séjour, doivent être écartés.

14. En deuxième lieu, M. C ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors que sa situation est régie par les dispositions de l'article 6 paragraphe 7 de l'accord franco-algérien. En tout état de cause, il ressort de ce qui a été dit aux points 4 à 9 du présent jugement qu'il n'entrait pas dans les cas de délivrance de plein droit d'un certificat de résidence portant mention "vie privée et familiale ". Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.

15. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français :/ () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. () ". Ainsi qu'il a été dit précédemment, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé en Algérie, M. C ne démontre pas qu'il ne pourrait pas y bénéficier effectivement des soins requis par son état de santé. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 611-3 9° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

16. En quatrième et dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "

17. Mme D épouse C n'est pas fondée à soutenir que la décision d'éloignement dont elle fait l'objet aura pour effet de la séparer de son mari dès lors qu'il résulte de ce qui a été dit que la décision par laquelle le préfet a obligé M. C à quitter le territoire français n'est pas entachée d'illégalité. Ainsi, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

18. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français doivent être rejetées.

En ce qui concerne les décisions fixant le pays de renvoi :

19. Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " (). Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ". Aux termes des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. "

20. En premier lieu, en se bornant à soutenir que sa prise en charge en Algérie est susceptible d'entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, M. C ne démontre pas en quoi le retour dans son pays d'origine l'exposerait à un traitement inhumain et dégradant alors que, comme il a été dit, il pourra y bénéficier des soins appropriés. Par suite, les moyens tirés respectivement de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés.

21. En second lieu, Mme D épouse C ne fait état d'aucune exposition personnelle à un traitement inhumain et dégradant en cas de retour en Algérie. Dès lors les moyens tirés d'une part, de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et d'autre part, de la violation des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés.

22. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des décisions fixant le pays de renvoi doivent être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

23. Les conclusions à fin d'annulation de M. C et de Mme D épouse C étant rejetées, leurs conclusions susvisées aux fins d'injonction doivent l'être également, dès lors que le présent jugement ne nécessite aucune mesure d'exécution au regard des dispositions des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative.

Sur les frais liés au litige :

24. Les conclusions de M. C et de Mme D épouse C tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées, l'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes nos 2306218 et 2306219 de M. C et Mme D épouse C sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M.Ed C, à Mme A D épouse C et au préfet de la Haute-Garonne.

Délibéré après l'audience du 2 juillet 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Héry, présidente,

Mme Sarraute, première conseillère,

Mme Douteaud, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 juillet 2024.

La rapporteure,

S. DOUTEAUD

La présidente,

F. HÉRY

La greffière,

M. B

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

Nos 2306218, 2306219

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