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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2306450

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2306450

jeudi 14 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2306450
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantMOMASSO MOMASSO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 24 octobre 2023, ainsi que des pièces complémentaires enregistrées le 5 janvier 2024, Mme F E, représentée par Me Momasso Momasso, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 27 avril 2023 par lequel le préfet de la Haute-Garonne lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer un titre de séjour ou à défaut de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer sa situation, dans un délai d'un mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État le paiement à son conseil de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable ;

En ce qui concerne la décision de refus de titre de séjour :

- elle est entachée d'un défaut de compétence de son auteur ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

- elle méconnaît l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :

- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 décembre 2023, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par une décision du 27 septembre 2023, Mme E a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;

- le code civil ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Hecht,

- et les observations de Me Renard, représentant Mme E.

Considérant ce qui suit :

1. Mme E, ressortissante camerounaise née le 7 janvier 1991, déclare être entrée en France le 19 septembre 2017, sans toutefois en apporter la preuve. Le 19 mars 2018, elle a sollicité son admission au séjour en qualité de mère d'un enfant français. Par un arrêté du 26 septembre 2018, dont la légalité a été définitivement confirmée par un arrêt de la cour administrative d'appel de Bordeaux du 12 décembre 2019, la préfète des Deux-Sèvres a refusé de lui délivrer le titre sollicité et l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Le 11 janvier 2023, elle a une seconde fois sollicité la délivrance d'un titre de séjour en qualité de mère d'un enfant français, sur le fondement de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 27 avril 2023, dont l'intéressée demande l'annulation, le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer le titre demandé, l'a obligée à quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le refus de titre de séjour :

2. En premier lieu, par un arrêté du 13 mars 2023 publié le 15 mars 2023 au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet de la Haute-Garonne a donné délégation à Mme C, directrice des migrations et de l'intégration, en matière de police des étrangers, notamment de mesures d'éloignement. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte attaqué manque en fait.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () / 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. "

4. Il résulte des termes mêmes de la décision en litige qu'elle comporte les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde et dont le préfet avait connaissance à la date de son édiction. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation, laquelle ne se confond pas avec le bien-fondé des motifs, ne peut donc qu'être écarté.

5. En troisième lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier, ni de la motivation de la décision attaquée, qui mentionne explicitement des circonstances propres à la situation personnelle de Mme E, que le préfet de la Haute-Garonne se serait abstenu de procéder à un examen sérieux et personnalisé de sa situation. Dès lors, le moyen tiré du défaut d'examen réel et sérieux de la situation de Mme E doit être écarté.

6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. " Aux termes de l'article L. 423-8 de ce code : " Pour la délivrance de la carte de séjour prévue à l'article L. 423-7, lorsque la filiation est établie à l'égard d'un parent en application de l'article 316 du code civil, le demandeur, s'il n'est pas l'auteur de la reconnaissance de paternité ou de maternité, doit justifier que celui-ci contribue effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant, dans les conditions prévues à l'article 371-2 du code civil, ou produire une décision de justice relative à la contribution à l'éducation et à l'entretien de l'enfant. / Lorsque le lien de filiation est établi mais que la preuve de la contribution n'est pas rapportée ou qu'aucune décision de justice n'est intervenue, le droit au séjour du demandeur s'apprécie au regard du respect de sa vie privée et familiale et au regard de l'intérêt supérieur de l'enfant. "

7. Aux termes du premier alinéa de l'article 316 du code civil : " Lorsque la filiation n'est pas établie dans les conditions prévues à la section I du présent chapitre, elle peut l'être par une reconnaissance de paternité ou de maternité, faite avant ou après la naissance. "

8. Si un acte de droit privé opposable aux tiers est en principe opposable dans les mêmes conditions à l'administration tant qu'il n'a pas été déclaré nul par le juge judiciaire, il appartient cependant à l'administration, lorsque se révèle une fraude commise en vue d'obtenir l'application de dispositions de droit public, d'y faire échec même dans le cas où cette fraude revêt la forme d'un acte de droit privé. Ce principe peut conduire l'administration, qui doit exercer ses compétences sans pouvoir renvoyer une question préjudicielle à l'autorité judiciaire, à ne pas tenir compte, dans l'exercice de ces compétences et sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, d'actes de droit privé opposables aux tiers. Tel est le cas pour la mise en œuvre des dispositions des articles L. 423-7 et L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui n'ont pas entendu écarter l'application des principes ci-dessus rappelés. Par conséquent, si la reconnaissance d'un enfant est opposable aux tiers, en tant qu'elle établit un lien de filiation et, le cas échéant, en tant qu'elle permet l'acquisition par l'enfant de la nationalité française, dès lors que cette reconnaissance a été effectuée conformément aux conditions prévues par le code civil, et s'impose donc en principe à l'administration tant qu'une action en contestation de filiation n'a pas abouti, il appartient néanmoins au préfet, s'il dispose d'éléments précis et concordants de nature à établir, lors de l'examen d'une demande de titre de séjour présentée sur le fondement des articles L. 423-7 et L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ou après l'attribution de ce titre, que la reconnaissance de paternité a été souscrite dans le but de faciliter l'obtention de la nationalité française ou d'un titre de séjour, de faire échec à cette fraude et de refuser sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, tant que la prescription prévue par les articles 321 et 335 du code civil n'est pas acquise, la délivrance de la carte de séjour temporaire sollicitée par la personne se présentant comme père ou mère d'un enfant français ou de procéder, le cas échéant, à son retrait.

9. Il résulte également des dispositions précitées que l'étranger qui sollicite la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au motif qu'il est parent d'un enfant français doit justifier, outre de sa contribution effective à l'entretien et à l'éducation de l'enfant, de celle de l'autre parent, de nationalité française, lorsque la filiation à l'égard de celui-ci a été établie par reconnaissance en application de l'article 316 du code civil. Le premier alinéa de l'article L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que cette condition de contribution de l'autre parent doit être regardée comme remplie dès lors qu'est rapportée la preuve de sa contribution effective ou qu'est produite une décision de justice relative à celle-ci. Dans ce dernier cas, il appartient seulement au demandeur de produire la décision de justice intervenue, quelles que soient les mentions de celle-ci, peu important notamment qu'elles constatent l'impécuniosité ou la défaillance du parent français auteur de la reconnaissance. La circonstance que cette décision de justice ne serait pas exécutée est également sans incidence.

10. Il ressort des pièces du dossier que la requérante, selon ses propres déclarations, a rencontré M. D B au mois de septembre 2017, tandis que ce dernier a reconnu, le 8 décembre 2017, être le père de leur fille, A E, née le 27 novembre 2017, soit moins de trois mois après leur rencontre. De plus, il ressort des pièces du dossier, y compris des attestations de l'orthophoniste et de l'éducateur sportif de l'enfant, versées par la requérante, que M. B ne contribue pas à l'entretien et à l'éducation de sa fille. A ce titre, si un jugement du juge des affaires familiales du 9 novembre 2023 oblige M. B à verser une pension de 200 euros par mois à la mère de l'enfant, toutefois ce jugement est postérieur à la décision attaquée, étant observé au demeurant que ce jugement indique que M. B ne s'est pas présenté, et que son adresse et sa situation sont inconnues. Par ailleurs, les circonstances que la jeune A ait cinq ans, dispose de la nationalité française et non de la nationalité camerounaise, qu'elle soit scolarisée et qu'elle ait des activités extra-scolaires sont inopérantes à ce titre. Dans ces conditions, c'est à bon droit que le préfet, qui disposait d'éléments précis et concordants de nature à établir que la reconnaissance de paternité par M. B avait été souscrite dans le but de faciliter l'obtention de la nationalité française ou d'un titre de séjour, a fait échec à cette fraude en refusant la délivrance du titre de séjour sollicité par Mme E, qui se présente comme mère d'un enfant français Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des articles L. 423-7 et L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

11. En cinquième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

12. Si le préfet soutient en défense que Mme E aurait demandé un titre de séjour " parent d'enfant français " et non sur le fondement de la vie privée et familiale, et que par suite le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 précité serait inopérant, il résulte de la demande présentée par la requérante qu'elle a bien demandé un titre de séjour " vie privée et familiale ". Toutefois, si la requérante se prévaut de la présence en France de sa fille, A, âgée de 5 ans, ainsi que d'une tante et d'un cousin, ces circonstances doivent être mises en balance avec la présence dans son pays d'origine, le Cameroun, de son autre fille mineure, âgée de 12 ans, ainsi que des ses parents. De plus, Mme E ne justifie pas que sa fille de nationalité française ne pourrait pas résider avec elle au Cameroun, l'absence de possibilité pour elle de disposer de la nationalité camerounaise ne constituant pas un obstacle à son séjour dans ce pays. En outre, la requérante, présente de manière irrégulière en France depuis cinq ans et demi à la date de la décision attaquée, sans avoir exécuté l'obligation de quitter le territoire français prononcée à son encontre le 26 septembre 2018, tandis qu'elle a vécu jusqu'à l'âge de 26 ans au Cameroun, ne justifie aucune insertion socio-professionnelle sur le territoire national, en ne versant au dossier que des pièces relatives aux allocations reçues du conseil départementale de la Haute-Garonne, à son hébergement par des services sociaux, et au bénévolat qu'elle a exercé en 2020 dans une boutique de vêtements. Dans ces conditions, la cellule familiale constituée par Mme E et par ses deux filles a vocation à se reconstituer au Cameroun. Par suite, cette dernière n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée aurait méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, la requérante n'est pas non plus fondée à soutenir que le préfet aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle et familiale, à supposer que ce moyen ait été soulevé.

13. En sixième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant stipule que : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".

14. Pour les motifs exposés au point 12, la décision en litige n'a pas pour effet de séparer Mme E de sa fille de nationalité française. Si en revanche, cette décision peut avoir pour effet de séparer l'enfant du père déclaré, il ressort de ce qui a été dit précédemment au point 10 que cette séparation n'est pas de nature à porter atteinte à l'intérêt supérieur de l'enfant, eu égard à l'absence de contribution effective du père déclaré de l'enfant à son entretien et à son éducation. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

15. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que le refus de titre de séjour opposé à Mme E n'est pas entaché d'illégalité. Par suite, le moyen tiré de l'exception d'illégalité doit être écarté.

16. En deuxième lieu, ainsi qu'il a été exposé au point 12, il ressort des pièces du dossier que Mme E est présente de manière irrégulière en France depuis cinq ans et demi à la date de la décision attaquée, sans avoir exécuté l'obligation de quitter le territoire français prononcée à son encontre le 26 septembre 2018, tandis qu'elle a vécu jusqu'à l'âge de 26 ans, dans son pays d'origine, le Cameroun. De plus, si elle se prévaut de la nationalité française de sa fille A, mineure, cette circonstance doit être mise en balance avec la présence au Cameroun de son autre fille mineure, ressortissante camerounaise. A ce titre, l'impossibilité pour sa fille A d'acquérir également la nationalité camerounaise ne les prive pas d'un droit au séjour dans cet Etat. Ainsi, dès lors que le père français de l'enfant, dont la reconnaissance de paternité a été à bon droit considérée comme frauduleuse par le préfet dans le cadre de la délivrance d'un titre de séjour à la mère de l'enfant, ne contribue pas à l'entretien et à l'éducation de l'enfant, la cellule familiale constituée par Mme E et ses deux filles a vocation à se reconstituer au Cameroun. Enfin, la requérante ne justifie pas d'une insertion socio-professionnelle stable ou intense sur le territoire français. Dans ces conditions, le préfet de la Haute-Garonne n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels il a pris la décision attaquée et n'a, dès lors, pas méconnu les stipulations susmentionnées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

17. En dernier lieu, pour les motifs exposés aux points 10, 12, 14 et 16, la décision par laquelle le préfet a obligé Mme E à quitter le territoire français n'a pas pour effet de la séparer de sa fille de nationalité française, tandis que la séparation de cette dernière et de son père déclaré n'est pas de nature à porter atteinte à l'intérêt supérieur de l'enfant, eu égard à l'absence de contribution effective à son entretien et à son éducation. Par suite, le préfet n'a pas méconnu les stipulations précitées de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

18. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de Mme E tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet de la Haute-Garonne en date du 27 avril 2023 doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte et celles présentées sur le fondement des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme E est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme F E, à Me Momasso Momasso et au préfet de la Haute-Garonne.

Délibéré après l'audience du 22 février 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Carotenuto, présidente,

M. Hecht, premier conseiller,

Mme Pétri, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mars 2024.

Le rapporteur,

S. HECHT

La présidente,

S. CAROTENUTOLa greffière,

F. LE GUIELLAN

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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