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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2306473

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2306473

mardi 2 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2306473
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantSEIGNALET MAUHOURAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces enregistrées les 24 et 26 octobre 2023, Mme A B, représentée par Me Seignalet Mauhourat, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 3 avril 2023 par laquelle le préfet du Tarn a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;

2°) d'enjoindre au préfet du Tarn, de produire l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;

3°) d'enjoindre au préfet du Tarn, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande dans un délai de quinze jours ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du 2ème alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, lequel, dans cette hypothèse, renoncera au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Elle soutient, outre que sa requête est recevable, que :

S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :

- la décision attaquée a été prise au terme d'une procédure irrégulière dès lors que, le préfet de la Haute-Garonne ne lui a pas communiqué l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), que le rapport médical du médecin rapporteure n'a pas été communiqué au collège des médecins de l'OFII, que la mention de ce rapport ne figure pas sur la décision attaquée, et que le collège des médecins de l'OFII a rendu son avis avant que lui soient communiqués les comptes rendus médicaux des médecins spécialisés ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que protégé par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est privée de base légale ;

- elle est entachée d'une erreur de droit, dès lors qu'elle doit se voir attribuer de plein droit un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que protégé par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

- elle méconnait les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense enregistré le 28 novembre 2023, le préfet du Tarn conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.

Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 26 septembre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, modifiée ;

- l'ordonnance n° 2014-1329 du 6 novembre 2014 ;

- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Soddu, rapporteure ;

- et les observations de Me Seignalet Mauhourat, représentant Mme B, également présente.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B, ressortissante marocaine née le 1er janvier 1946, est entrée en France le 22 novembre 2022, sous couvert d'un visa de court séjour multi-entrées de quatre-vingt-dix jours, valable du 2 novembre 2011 au 30 avril 2023, en sa qualité d'ascendante de français non à charge. Le 18 décembre 2022, Mme B a sollicité son admission au séjour en qualité " d'étranger malade " ou de " parent d'enfant français ". Par une décision du 3 avril 2023, le préfet du Tarn a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal d'annuler cette décision.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

2. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. () " .

3. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et intégration qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tout élément permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, et notamment lorsque le secret médical a été levé par l'intéressé, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.

4. Aux termes de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. () ". Aux termes de l'article R. 4251-3 du même code : " () Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. () Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. ". Aux termes de l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Cet avis mentionne les éléments de procédure. / Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. / L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège. ". Enfin, aux termes de l'article 4 de l'ordonnance du 6 novembre 2014 relative aux délibérations à distance des instances administratives à caractère collégial : " I. - La validité des délibérations organisées selon les modalités prévues aux articles 2 et 3 est subordonnée à la mise en œuvre d'un dispositif permettant l'identification des participants et au respect de la confidentialité des débats vis-à-vis des tiers. () ".

5. Les dispositions citées ci-dessus, issues de la loi du 7 mars 2016 relative au droit des étrangers en France et de ses textes d'application, ont modifié l'état du droit antérieur pour instituer une procédure particulière aux termes de laquelle le préfet statue sur la demande de titre de séjour présentée par l'étranger malade au vu de l'avis rendu par trois médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), qui se prononcent en répondant par l'affirmative ou par la négative aux questions figurant à l'article 6 précité de l'arrêté du 27 décembre 2016, au vu d'un rapport médical relatif à l'état de santé du demandeur établi par un autre médecin de l'Office, lequel peut le convoquer pour l'examiner et faire procéder aux examens estimés nécessaires. Cet avis commun, rendu par trois médecins et non plus un seul, au vu du rapport établi par un quatrième médecin, le cas échéant après examen du demandeur, constitue une garantie pour celui-ci. Les médecins signataires de l'avis ne sont pas tenus, pour répondre aux questions posées, de procéder à des échanges entre eux, l'avis résultant de la réponse apportée par chacun à des questions auxquelles la réponse ne peut être qu'affirmative ou négative. Toutefois, si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.

6. En premier lieu, si Mme B soutient que l'avis du collège des médecins de l'OFII du 3 mars 2023 ne lui a pas été communiqué, aucune disposition n'impose au préfet de communiquer cet avis, alors au demeurant qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que la requérante en aurait demandé la communication. En tout état de cause, ledit avis, produit en défense par le préfet de la Haute-Garonne, lui a été communiqué dans le cadre de la présente instance. Par suite, le moyen tiré de l'absence de communication de cet avis, doit être écarté.

7. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que le collège des médecins de l'OFII s'est prononcé le 3 mars 2023 sur l'état de santé de Mme B, que le rapport médical du docteure C D, médecin rapporteure, établi le 15 février 2023, a été transmis au collège des médecins de l'OFII le 17 février 2023, et qu'en tout état de cause, aucune disposition n'impose au préfet d'apporter la preuve de cette transmission. Il ressort également des pièces du dossier que la médecin rapporteure n'a pas siégé au sein du collège des médecins. La circonstance que la mention de ce rapport ne figure pas sur la décision attaquée est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée. Par suite, ce moyen doit être écarté.

8. En troisième lieu, l'avis du collège des médecins de l'OFII, émis le 3 mars 2023, indique que l'état de santé de Mme B nécessite une prise en charge dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, mais qu'eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont elle est originaire, elle peut y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, et que son état de santé lui permet de voyager sans risque.

9. Mme B soutient que la procédure est irrégulière, dès lors que le collège des médecins de l'OFII a pris son avis, avant que lui soient adressés les comptes-rendus médicaux des médecins spécialisés. En effet, il ressort des pièces du dossier que le 27 janvier 2023, l'OFII a demandé au médecin de M. B de lui communiquer des informations médicales complémentaires, à savoir les comptes-rendus du diabétologue et du neurologue, les résultats du dernier bilan sanguin ainsi que l'ordonnance des traitements en cours et alors que Mme B a adressé, dans le délai de quinze jours, un courrier précisant que tous les éléments médicaux sollicités ne pourraient être adressés avant les rendez-vous prévus chez les spécialistes aux mois de mars et avril 2023, l'OFII a rendu son avis sans attendre la communication des comptes-rendus médicaux. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le certificat médical du 30 mars 2023 établi par le service neurologie du centre hospitalier général d'Albi, confirme les certificats médicaux antérieurs à l'avis de l'OFII, notamment le fait que la requérante souffre d'un diabète de type II depuis l'année 2000, actuellement non suivi, d'une maladie de Parkinson qui aurait été diagnostiquée en 2005, qu'elle est non communicante et qu'elle est en fauteuil roulant. Par ailleurs, ce certificat médical, qui ne concerne que l'état de santé de la requérante, ne remet pas en cause la disponibilité et l'accès à des traitements appropriés dans son pays d'origine. Dès lors, Mme B n'a pas été privée d'une garantie susceptible d'exercer une influence sur le sens de l'avis rendu par l'OFII, et par voie de conséquence sur la décision attaquée. Par suite, Mme B n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée aurait été édictée au terme d'une procédure irrégulière.

10. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que Mme B est atteinte de la maladie de Parkinson et d'un diabète de type 2, et se prévaut à cet égard des comptes-rendus de consultations médicales et de certificats médicaux, lesquels décrivent ses difficultés à vivre en autonomie, à communiquer et à se déplacer. Ils font part de la nécessité d'une aide pour effectuer les différentes tâches de la vie quotidienne, notamment au regard de son isolement dans son pays d'origine. Toutefois, ces seuls éléments ne sont pas de nature à infirmer l'appréciation portée par les médecins de l'OFII quant à la possibilité pour la requérante de bénéficier effectivement d'un traitement et d'une prise en charge appropriée à son état de santé dans son pays d'origine. Par suite, le préfet du Tarn n'a pas commis d'erreur d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

11. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

12. Mme B, ressortissante marocaine née le 1er janvier 1946, est entrée en France le 22 novembre 2022, sous couvert d'un visa de court séjour multi-entrées de quatre-vingt-dix jours, valable du 2 novembre 2011 au 30 avril 2023, en sa qualité d'ascendante de français non à charge. Elle se prévaut de la présence en France de deux de ses fils majeurs de nationalité française, dont l'un chez qui elle est actuellement domiciliée et soutient que son état de santé nécessite de rester à ses côtés pour qu'il la prenne en charge. Elle soutient également être dépourvue d'attache dans son pays d'origine, dès lors que ses quatre enfants sont de nationalité française, allemande et australienne et que son époux est décédé au cours de l'année 2001. Toutefois, la requérante, qui a vécu dans son pays d'origine jusqu'à l'âge de 76 ans, ne démontre pas qu'elle aurait entretenu des liens d'une particulière intensité avec ses enfants vivant en France pendant toutes les années où ils ont vécu dans des pays différents, et n'établit pas être dépourvue de liens personnels et familiaux dans son pays d'origine, le compte-rendu du centre hospitalier général d'Albi du 30 mars 2023 indiquant que la requérante vivait auparavant chez des oncles. Par ailleurs, la requérante est propriétaire d'un appartement au Maroc et dispose d'une pension de réversion versée par le Royaume du Maroc. Dans ces conditions, le préfet du Tarn n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en édictant la décision attaquée. Par suite, il n'a pas méconnu les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

13. En premier lieu, il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à exciper de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

14. En deuxième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est inopérant à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.

15. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () / 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ".

16. Pour les mêmes motifs que ceux développés au point 10, Mme B n'est pas fondée à soutenir que l'obligation de quitter le territoire attaqué méconnaîtrait les dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

17. En quatrième lieu, pour les mêmes motifs que ceux développés au point 12, Mme B n'est pas fondée à soutenir que le préfet du Tarn aurait méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

18. Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ". Il appartient à l'étranger qui conteste son éloignement de démontrer qu'il y a des raisons sérieuses de penser que, si la mesure incriminée était mise à exécution, il serait exposé à un risque réel de se voir infliger des traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

19. Si Mme B soutient encourir des risques pour sa santé et qu'elle serait privée des soins et d'une prise en charge adaptés en cas de retour dans son pays d'origine, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus qu'elle pourra effectivement bénéficier d'un traitement approprié au Maroc, son pays d'origine. Par suite, le préfet du Tarn n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 721- 4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, précité, en édictant la décision attaquée.

20. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision préfectorale du 3 avril 2023.

Sur les autres conclusions de la requête :

21. Dès lors que le présent jugement rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme B, ses conclusions à fin d'injonction et celles relatives aux frais de l'instance ne peuvent qu'être également rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à Me Seignalet Mauhourat et au préfet du Tarn.

Délibéré après l'audience du 18 juin 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Molina-Andréo, présidente,

Mme Soddu, première conseillère,

Mme Biscarel, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 juillet 2024.

La rapporteure,

N. SODDU

La présidente-rapporteure,

B. MOLINA ANDRÉO La greffière,

S. BALTIMORE

La République mande et ordonne au préfet du Tarn en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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