mardi 2 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2306535 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | ESCUDIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, un mémoire et des pièces, enregistrés les 26 et 31 octobre et 1er et 11 décembre 2023, M. A B, représenté par Me Escudier, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 29 septembre 2023 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir et sous astreinte de 50 euros par jour de retard, à titre subsidiaire, de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour d'un an ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient, outre que sa requête est recevable, que :
S'agissant de l'arrêté pris dans son ensemble :
- l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut de motivation ;
- il est entaché d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;
S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :
- la décision attaquée méconnait les stipulations de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée familiale, tel que protégé par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à l'intérêt de l'enfant garanti par les articles 3-1 et 9 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- la décision attaquée porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée familiale, tel que protégé par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à l'intérêt de l'enfant garanti par les articles 3-1 et 9 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'un défaut de base légale ;
S'agissant de la décision fixant un délai de départ volontaire :
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est entachée d'un défaut de base légale.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 novembre 2023, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme Soddu a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant algérien né le 9 juillet 1988, est entré en France, le 20 juin 2018, sous couvert d'un passeport en cours de validité revêtu d'un visa court séjour valable du 4 janvier 2018 au 1er juillet 2018. Sa demande d'asile, en date du 27 juin 2018, a été rejetée définitivement par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA), le 17 septembre 2019. Par un arrêté du 25 mai 2020, le préfet de la Haute-Garonne l'a obligé à quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Suite à son mariage, le 21 novembre 2020 à Toulouse, avec une ressortissante française, il a bénéficié d'un certificat de résidence algérien d'une durée d'un an, valable du 7 avril 2021 au 6 avril 2022. De cette union est née une enfant le 20 décembre 2021, de nationalité française. M. B a sollicité, le 29 mars 2022, d'une part, le renouvellement de son titre de séjour en qualité de conjoint d'une ressortissante française, et d'autre part, la délivrance d'un certificat de résidence algérien d'une durée de dix ans en qualité de parent d'enfant français. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 29 septembre 2023, par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'arrêté pris dans son ensemble :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui :1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ;() ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".
3. La décision portant refus de séjour vise les stipulations applicables, à savoir celles du 2°, du 4° et du dernier alinéa de l'article 6 de l'accord franco-algérien et celles du a. de l'article 7 bis du même accord. Elle précise également les raisons pour le préfet de la Haute-Garonne a refusé de faire droit à la demande de M. B sur le fondement des articles précités, notamment du fait, que le juge aux affaires familiales du tribunal judiciaire de Toulouse a prononcé une ordonnance de protection au profit de sa conjointe en raison de violences commises sur elle et sur ses enfants mineurs, que le couple est séparé et en instance de divorce, que le requérant ne démontre pas l'existence d'une communauté de vie effective avec son épouse, qu'il ne justifie pas exercer son droit de visite, ni même contribuer à l'entretien et à l'éducation de sa fille, et que rien ne justifie que le préfet de la Haute-Garonne use de son pouvoir discrétionnaire pour procéder à sa régularisation à titre dérogatoire. Dans ces conditions, la décision portant refus de titre de séjour comporte l'ensemble des éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par ailleurs, la décision portant obligation de quitter le territoire français, prise en application du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, n'avait pas à faire l'objet d'une motivation distincte dès lors que la décision portant refus de séjour est suffisamment motivée. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de l'arrêté attaqué, doit être écarté.
4. En second lieu, il ressort de la motivation de l'arrêté attaqué que le préfet de la Haute-Garonne a procédé à un examen réel et sérieux de la situation de M. B. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant refus d'admission au séjour :
5. En premier lieu, aux termes de l'article 7 bis de l'accord franco algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles, modifié : " Les ressortissants algériens visés à l'article 7 peuvent obtenir un certificat de résidence de dix ans s'ils justifient d'une résidence ininterrompue en France de trois années. / g) Au ressortissant algérien ascendant direct d'un enfant français résidant en France, à la condition qu'il exerce, même partiellement, l'autorité parentale à l'égard de cet enfant ou qu'il subvienne effectivement à ses besoins, à l'échéance de son certificat de résidence d'un an ; () ".
6. Il ressort des pièces du dossier que M. B est le père d'une enfant française, née le 20 décembre 2021 à Toulouse de son union avec une ressortissante française, épousé le 21 novembre 2020 à Toulouse, que le couple est séparé et en instance de divorce, que le juge aux affaires familiales du tribunal judiciaire de Toulouse a prononcé le 11 août 2022 une ordonnance de protection au profit de sa conjointe en raison de violences commises sur elle et sur ses enfants mineurs, et que ce même juge a prononcé, le 4 juillet 2023, une ordonnance d'orientation et de mesures provisoires fixant la résidence habituelle de l'enfant au domicile de la mère qui exerce l'autorité parentale exclusive, un droit de visite pour le requérant tous les samedis de 10 heures à 17 heures et une contribution à l'éducation et à l'entretien de l'enfant d'un montant de cent-trente euros par mois. Dès lors, à la date de la décision attaquée, le requérant n'exerçait pas, même partiellement l'autorité parentale. De plus, le requérant soutient qu'il est très présent dans la vie de sa fille, qu'il exerce son droit de visite et contribue à son entretien et à son éducation, et produit, à l'appui de ses allégations, des photographies, des tickets d'achats de vêtement, chaussures et jouets pour enfant de mai à octobre 2023, et d'autres achats non nominatifs et des échanges SMS avec la mère de sa fille. Toutefois, ces seuls éléments ne suffisent pas à justifier que M. B contribuerait effectivement à l'entretien et à l'éducation de sa fille, dès lors que les pièces produites ne permettent pas de justifier qu'il exerce effectivement son droit de visite tous les samedis, ni qu'il verserait la contribution à l'entretien et à l'éducation de sa fille fixée à cent-trente euros par mois. Dans ces conditions, en refusant de délivrer à M. B le titre de séjour sollicité, le préfet de la Haute-Garonne n'a pas méconnu les stipulations précitées de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien.
7. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. " .
8. M. A B, ressortissant algérien né le 9 juillet 1988, est entré en France, le 20 juin 2018, sous couvert d'un passeport en cours de validité revêtu d'un visa court séjour valable du 4 janvier 2018 au 1er juillet 2018 et a bénéficié, suite son mariage, le 21 novembre 2020 avec une ressortissante française, d'un certificat de résidence algérien d'une durée d'un an, valable du 7 avril 2021 au 6 avril 2022. Le requérant se prévaut de sa vie privée et familiale en France, notamment de la présence de sa fille mineure de nationalité française. Toutefois, comme il a été exposé au point 6, il est séparé et en instance de divorce de la mère de sa fille et n'établit pas qu'il contribuerait à l'entretien et à l'éducation de sa fille, ni même qu'il entretiendrait des relations régulières avec cette dernière. Par ailleurs, si M. B soutient qu'il est intégré professionnellement en France, qu'à la date de la décision attaquée il travaille en intérim en qualité de câbleur et envisage d'exercer une activité de VTC, et produit à l'appui de ses allégations un bulletin de salaire de novembre 2023 et une lettre de recommandation de la société Synergie datée du 30 novembre 2023, ces seuls éléments, au demeurant postérieurs à la date de la décision attaquée ne suffisent pas à justifier de son intégration. Enfin, M. B, ne justifie pas de liens personnel ou familial sur le territoire français, autre que sa fille, ni qu'il serait isolé dans son pays d'origine, où il a vécu jusqu'à l'âge de 29 ans, et où résident ses parents et ses deux sœurs. Par suite, le préfet de la Haute-Garonne ne saurait être regardé comme ayant porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de la vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste dans l'appréciation de la situation personnelle du requérant doit être écarté.
9. En troisième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions concernant les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Elles sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation.
10. Le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant est inopérant à l'encontre de la décision portant refus de titre de séjour laquelle ne constitue pas une mesure d'éloignement et n'a pas pour effet de séparer les enfants de leurs parents. Par suite, ce moyen ne peut qu'être qu'écarté.
11. En quatrième lieu, aux termes de l'article 9 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Les États parties veillent à ce que l'enfant ne soit pas séparé de ses parents contre leur gré, à moins que les autorités compétentes ne décident, sous réserve de révision judiciaire et conformément aux lois et procédures applicables, que cette séparation est nécessaire dans intérêt supérieur de l'enfant. Une décision en ce sens peut être nécessaire dans certains cas particuliers, par exemple lorsque les parents maltraitent ou négligent l'enfant, ou lorsqu'ils vivent séparément et qu'une décision doit être prise au sujet du lieu de résidence de l'enfant. ".
12. Le requérant ne peut utilement se prévaloir de ces stipulations qui créent seulement des obligations entre Etats sans ouvrir de droits aux intéressés. Par suite, ce moyen est inopérant et ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne la légalité décision portant obligation de quitter le territoire :
13. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. B, qui n'a pas établi l'illégalité du refus de renouvellement du droit au séjour qui lui a été opposé, n'est pas fondé à l'invoquer, par voie d'exception, à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français.
14. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 10 du présent jugement, le préfet de la Haute-Garonne n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de la vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
15. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 6 du présent jugement, le préfet de la Haute-Garonne n'a pas méconnu l'intérêt supérieur de la fille du requérant, garanti par l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
16. En quatrième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 14 du présent jugement, le requérant ne peut utilement se prévaloir des stipulations de l'article 9 de la convention internationale des droits de l'enfant qui créent seulement des obligations entre Etats sans ouvrir de droits aux intéressés. Par suite, ce moyen est inopérant et ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :
17. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. / Elle peut prolonger le délai accordé pour une durée appropriée s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. L'étranger est informé par écrit de cette prolongation. ".
18. A supposer que le requérant ait entendu soulever le moyen tiré de ce que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en ne lui accordant pas, à titre exceptionnel, un délai de départ supérieur à trente jours, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. B ait demandé au préfet de la Haute-Garonne de bénéficier d'une prolongation du délai accordé pour exécuter volontairement l'obligation de quitter le territoire français en faisant état de circonstances propres à son cas. Par suite, le préfet n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en ne lui accordant pas, à titre exceptionnel, un délai de départ supérieur à trente jours.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
19. Il résulte de ce qui précède, qu'aucun des moyens dirigés à l'encontre de la décision portant refus de séjour n'est fondé. Par suite, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision, soulevé à l'encontre de la décision portant fixation du pays de renvoi doit être écarté.
20. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. B tendant à l'annulation de l'arrêté préfectoral du 29 septembre 2023 doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
21. Les conclusions à fin d'annulation de M. B étant rejetées, ses conclusions susvisées à fin d'injonction sous astreinte doivent l'être également, dès lors que le présent jugement ne nécessite aucune mesure d'exécution au regard des dispositions des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative.
Sur les frais liés au litige :
22. Les conclusions de M. B présentées sur fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées, l'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 18 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Molina-Andréo, présidente,
Mme Soddu, première conseillère,
Mme Biscarel, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 juillet 2024.
La rapporteure,
N. SODDU
La présidente-rapporteure,
B. MOLINA ANDRÉO
La greffière,
S. BALTIMORE
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026