jeudi 25 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2307777 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | MIRETE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 décembre 2023, M. B C, représenté par Me Mirete, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 décembre 2023 par lequel le préfet de Tarn-et-Garonne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans ;
2°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
3°) de mettre à la charge de l'État le paiement à son conseil de la somme de 1 250 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
En ce qui concerne l'arrêté en litige pris dans son ensemble :
- il est entaché d'un défaut de compétence de son auteur ;
- il est entaché d'un vice de procédure en raison de l'absence de procédure contradictoire et il a méconnu son droit d'être entendu ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :
- elle porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale ;
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans :
- elle porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale.
Par une ordonnance du 8 janvier 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 8 mars 2024.
Un mémoire enregistré pour le préfet de Tarn-et-Garonne, le 28 mars 2024, postérieurement à la clôture de l'instruction, n'a pas été communiqué ni analysé.
Vu :
- l'arrêt de la cour administrative d'appel de Bordeaux n° 18BX02536 du 12 décembre 2018 ;
- l'ordonnance du magistrat désigné de la cour administrative d'appel de Bordeaux n° 15BX00817 du 12 juin 2015 ;
- les jugements du tribunal de céans n° 1403577 du 3 février 2015 et n° 1800873 du 21 novembre 2018 ;
- l'ordonnance du magistrat désigné du tribunal administratif de Nîmes n° 2000232 du 27 janvier 2020 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Hecht a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant congolais né le 3 février 1976, déclare être entré en France en 1999, sans toutefois en apporter la preuve. Par un arrêté du 21 décembre 2023, dont l'intéressé demande l'annulation, le préfet de Tarn-et-Garonne l'a obligé à quitter le territoire sans délai et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. " M. C n'a pas déposé de demande d'aide juridictionnelle depuis l'enregistrement de sa requête. Par suite, et en l'absence d'urgence, il n'y a pas lieu de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, par un arrêté du 15 septembre 2023, régulièrement publié, le préfet de Tarn-et-Garonne a donné délégation à Mme Darracq, secrétaire générale de la préfecture et signataire de l'acte attaqué, à l'effet de signer tous les actes administratifs et correspondances relatifs au séjour et à la police des étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte en litige manque en fait.
4. En deuxième lieu, il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne, notamment de son arrêt C-383/13 M. A, N. R./Staatssecretaris van Veiligheid en Justitie du 10 septembre 2013, que toute irrégularité dans l'exercice des droits de la défense lors d'une procédure administrative concernant un ressortissant d'un pays tiers en vue de son éloignement ne saurait constituer une violation de ces droits et, en conséquence, que tout manquement, notamment, au droit d'être entendu n'est pas de nature à entacher systématiquement d'illégalité la décision prise. Il revient à l'intéressé d'établir devant le juge chargé d'apprécier la légalité de cette décision que les éléments qu'il n'a pas pu présenter à l'administration auraient pu influer sur le sens de cette décision et il appartient au juge saisi d'une telle demande de vérifier, lorsqu'il estime être en présence d'une irrégularité affectant le droit d'être entendu, si, eu égard à l'ensemble des circonstances de fait et de droit spécifiques de l'espèce, cette violation a effectivement privé celui qui l'invoque de la possibilité de mieux faire valoir sa défense dans une mesure telle que cette procédure administrative aurait pu aboutir à un résultat différent.
5. Si M. C soutient, sans être contredit qu'il a été privé de son droit à être entendu avant l'édiction de l'arrêté en litige, en revanche il ne fait valoir aucun élément qu'il aurait souhaité présenter à l'administration pour influer sur le sens des décisions qu'elle a prises. Par suite, le moyen tiré du défaut de procédure contradictoire et de la méconnaissance du droit d'être entendu ne peut qu'être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
7. Si M. C se prévaut de sa présence en France depuis 1999, soit une période de 24 ans à la date de la décision attaquée, toutefois il ne verse aucune pièce pour établir l'effectivité de ce séjour, en tout état de cause irrégulier puisqu'il ressort des pièces du dossier qu'il est entré irrégulièrement en France, puis qu'il s'y est maintenu en dépit de cinq obligations de quitter le territoire français prononcées à son encontre le 9 mars 2010, le 17 juin 2014, laquelle a été confirmée par le jugement du 3 février 2015 et l'ordonnance du 12 juin 2015 susvisés, le 19 janvier 2016, le 22 janvier 2018, dont la légalité est devenue définitive après l'arrêt du 12 décembre 2018 susvisé, et enfin le 21 janvier 2020, confirmée par l'ordonnance du 27 janvier 2020 susvisée. De plus, si le requérant se prévaut de la présence en France de sa femme, qui serait ressortissante française, et de leurs deux enfants, ces allégations ne sont ni étayées, ni établies, tandis qu'il ne conteste pas que ses enfants seraient majeurs comme le mentionne l'arrêté en litige. En outre M. C ne se prévaut d'aucune ressource, ni d'aucune insertion socio-professionnelle. Dans ces conditions, il ne démontre pas de liens intenses, stables et anciens sur le territoire national. Enfin, et au surplus, il ne conteste pas les infractions mentionnées par l'arrêté attaqué, à savoir dix mentions le concernant au fichier du traitement des antécédents judiciaires (TAJ) relatives à des faits de falsification de chèques, de vols, de menace de mort, de prise du nom d'un tiers, de délits routiers et d'escroquerie, qui ont permis au préfet de considérer à bon droit qu'il représentait une menace pour l'ordre public. Par suite, le préfet n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels il a pris les décisions l'obligeant à quitter le territoire français sans délai et l'interdisant de retour sur le territoire national pendant trois ans et n'a, dès lors, pas méconnu les stipulations susmentionnées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. C tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet de Tarn-et-Garonne en date du 21 décembre 2023 doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre des frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M.Ci est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. BCi et au préfet de Tarn-et-Garonne.
Délibéré après l'audience du 4 avril 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Carotenuto, présidente,
M. Hecht, premier conseiller,
Mme Pétri, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 avril 2024.
Le rapporteur,
S. HECHT
La présidente,
S. CAROTENUTOLa greffière,
F. LE GUIELLAN
La République mande et ordonne au préfet de Tarn-et-Garonne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026