mardi 16 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2307788 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SCP BOUYSSOU ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 26 décembre 2023 et le 9 janvier 2024, la société Totem France et la société Orange, représentées par Me Gentilhomme, demandent au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du 25 avril 2023 du maire de Castelmayran portant opposition à la déclaration préalable de travaux déposée concernant l'installation d'un pylône de téléphonie mobile sur un terrain cadastré section D 1058 lieudit " Camp del Bosc / Le Pinié " sur le territoire de cette commune, ensemble la décision implicite de rejet du recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au maire de Castelmayran de délivrer à la société Totem France une décision de non-opposition à déclaration préalable de travaux concernant ledit projet, sous astreinte de 500 euros par jour de retard passé un délai de 15 jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Castelmayran la somme de 5 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
-la société Orange justifie d'un intérêt lui donnant qualité pour agir dans la présente instance ;
s'agissant de la condition tenant à l'urgence :
-tant au vu de l'intérêt public attaché au déploiement du réseau de téléphonie mobile qu'au vu des intérêts propres des opérateurs, il y a toujours urgence à suspendre des décisions faisant échec à l'implantation d'un site de téléphonie mobile ;
-la partie de territoire sur laquelle la station relais en cause doit être implantée n'est pas couverte par le réseau mobile de la société Orange, les installations de téléphonie mobile se trouvant toutes hors du territoire de Castelmayran, et la couverture du réseau à l'intérieur des bâtiments n'est pas optimale ;
-aucune inertie fautive ne peut être reprochée à la société Totem France ;
s'agissant de la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :
-la décision du 25 avril 2023 n'est pas signée, en méconnaissance de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
-le maire de Castelmayran ne pouvait légalement retenir pour s'opposer au projet le motif tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;
-le motif tiré de la méconnaissance de l'article N2-2-b du règlement du plan local d'urbanisme est entaché d'illégalité.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 janvier 2024, la commune de Castelmayran, représentée par Me Sire, conclut au rejet de la requête et à l'irrecevabilité de l'intervention volontaire et demande que soit mise à la charge de la société Totem France et de la société Orange la somme de 4 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
-il n'est pas établi qu'un contrat aurait été conclu entre la société Totem France et la société Orange pour l'établissement de la couverture du réseau radiotéléphonique de sorte que cette dernière n'a aucun intérêt à intervenir s'agissant d'une instance relative à une simple décision d'opposition à déclaration préalable ;
-l'intervention volontaire de la société Orange n'a pas été présentée par un mémoire distinct, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 632-1 du code de justice administrative ;
-les cartes produites par la société Orange visant à démontrer l'amélioration par le projet du réseau 4G actuel, dépourvues de toutes explications et non datées, ne présentent pas de garanties d'objectivité et ont été élaborées pour les seuls besoins de la cause ;
-elle ne dispose pas des compétences techniques et des outils informatiques que possèdent les sociétés présentes à l'instance et un tel déséquilibre dans la charge de la preuve est contraire au principe du droit de la défense posé par les dispositions de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
-il n'existe aucune urgence à assurer la couverture du territoire communal par le réseau 4G de la société Orange dès lors que sur son propre site internet, cette dernière relève que Castelmayran et les territoires des communes limitrophes sont entièrement couverts ce réseau ;
-la condition d'urgence n'est pas satisfaite dès lors que la société Totem France a attendu huit mois après la notification de la décision d'opposition à déclaration préalable pour initier la présente procédure de référé suspension et qu'elle ne se prévaut même pas d'un changement de circonstance durant cette période ;
-la décision contestée a bien été signée par le maire ;
-le projet méconnaît les dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme ;
-le projet litigieux ne relève pas des dispositions du j) de l'article R. 421-9 qui soumet à déclaration préalable les stations de radiotéléphonie dont les locaux ou installations techniques présentent, cumulativement, une surface de plancher et une emprise au sol supérieures à 5 m² et ne dépassant pas 20 m² dès lors qu'il ne comporte pas de surface de plancher ;
-et qu'aucun des autres moyens de la requête n'est propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de cette décision.
Par un mémoire distinct en intervention volontaire enregistré le 9 janvier 2024, la société Orange, représentée par Me Gentilhomme, demande au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du 25 avril 2023 du maire de Castelmayran portant opposition à la déclaration préalable de travaux déposée concernant l'installation d'un pylône de téléphonie mobile sur un terrain cadastré section D 1058 lieudit " Camp del Bosc / Le Pinié " sur le territoire de cette commune, ensemble la décision implicite de rejet du recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au maire de Castelmayran de délivrer à la société Totem France une décision de non-opposition à déclaration préalable de travaux concernant ledit projet, sous astreinte de 500 euros par jour de retard passé un délai de 15 jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir.
Elle soutient que :
s'agissant de la condition tenant à l'urgence :
-tant au vu de l'intérêt public attaché au déploiement du réseau de téléphonie mobile qu'au vu des intérêts propres des opérateurs, il y a toujours urgence à suspendre des décisions faisant échec à l'implantation d'un site de téléphonie mobile ;
-la partie de territoire sur laquelle la station relais en cause doit être implantée n'est pas couverte par le réseau mobile de la société Orange ;
-aucune inertie fautive ne peut être reprochée à la société Totem France ;
s'agissant de la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :
-la décision du 25 avril 2023 n'est pas signée, en méconnaissance de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
-le maire de Castelmayran ne pouvait légalement retenir pour s'opposer au projet le motif tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;
-le motif tiré de la méconnaissance de l'article N2-2B du règlement du plan local d'urbanisme est entaché d'illégalité.
Vu :
-les autres pièces du dossier ;
-la requête n° 2306495 enregistrée le 25 octobre 2023 tendant à l'annulation de la décision contestée.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 10 janvier 2023, en présence de Mme Tur, greffière d'audience :
-le rapport de M. B,
-les observations de Me Gentilhomme, représentant la société Totem France et la société Orange, qui a repris ses écritures, a indiqué abandonner le moyen tiré de ce que la décision contestée n'est pas signée et a notamment insisté sur le fait que si la parcelle assiette du projet se trouve effectivement en zone naturelle, elle présente en réalité le caractère de terres agricoles et a ajouté que le seul fait qu'un terrain soit placé en zone naturelle dans un PLU ne témoigne pas d'une volonté de protection absolue de ce terrain, en relevant par ailleurs l'existence d'un projet d'urbanisation,
-les observations de Me Chevallier substituant Me Sire, représentant la commune de Castelmayran, qui a repris ses écritures en relevant, s'agissant de la condition tenant à l'urgence, qu'alors que la demande porte sur le réseau 4G, les cartes produites dans l'instance concernent le réseau 5G, qui a rappelé que le projet en litige est situé à proximité immédiate d'une pommeraie et que la responsabilité du maire serait engagée en cas de déclenchement d'un incendie, qui a également précisé que la zone AU envisagée sera en réalité largement amputée dans le cadre du futur PLUiH, enfin a pointé le fait qu'une injonction de délivrance d'une décision de non-opposition à déclaration préalable de travaux équivaut dans les faits à une décision irréversible,
-et les observations de M. A, qui a indiqué n'être pas opposé dans l'absolu à l'installation d'une antenne de téléphonie mobile sur le territoire de la commune, précisant souhaiter que l'emplacement du dispositif soit le plus approprié possible, et qui a indiqué que, lui-même client de l'opérateur Orange, il n'a constaté aucun problème de couverture sur le territoire communal.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, la société Totem France et la société Orange demandent au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision du 25 avril 2023 du maire de Castelmayran portant opposition à la déclaration préalable de travaux enregistrée sous le n° DP 82 031 23 C0004 concernant l'installation d'un pylône de téléphonie mobile sur un terrain cadastré section D 1058 lieudit " Camp del Bosc / Le Pinié " sur le territoire de cette commune.
Sur l'intervention en défense de la société Orange :
2. Dès lors qu'il apparaît que le pylône litigieux est destiné au déploiement du réseau de téléphonie mobile opéré par la société Orange, celle-ci a intérêt à la suspension de la décision en litige et son intervention dans la présente instance est donc recevable.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ".
Sur la condition tenant à l'urgence :
4. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire, à la date à laquelle le juge des référés se prononce.
5. Eu égard à l'intérêt public qui s'attache à la couverture du territoire national par les réseaux de téléphonie mobile et aux intérêts propres des sociétés requérantes, en particulier de la société Orange qui a pris des engagements vis-à-vis de l'Etat quant à la couverture du territoire par son réseau, et à la circonstance, non sérieusement contestée, que le territoire de la commune de Castelmayran n'est que partiellement couvert par le réseau de téléphonie mobile de l'opérateur s'agissant notamment de la couverture à l'intérieur des bâtiments, enfin dès lors qu'il ne ressort pas des pièces versées dans l'instance que la société Totem France aurait fait montre d'inertie, la condition d'urgence doit être regardée comme remplie.
Sur la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :
6. En premier lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ".
7. Il ressort des énonciations de la décision du 25 avril 2023 que, pour s'opposer à la déclaration préalable présentée par Totem France, le maire de Castelmayran a relevé que " la défense incendie à proximité du terrain est insuffisante, que la commune ne réalisera pas le renforcement et que de ce fait le projet serait de nature à porter atteinte à la sécurité publique ", en contrariété, donc, avec les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme. Toutefois, il n'est pas sérieusement contesté dans l'instance que le pylône litigieux ne présente aucun risque particulier d'incendie. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que l'arrêté du 21 avril 2023 est entaché d'une erreur d'appréciation au regard de ces dispositions apparaît propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de cette décision.
8. En deuxième lieu, la décision en cause énonce que " le projet présenté ne permet pas une intégration adaptée aux paysages, et n'est pas en adéquation avec la préservation de l'espace naturel communal ", ce en méconnaissance de l'article N2-2-b du règlement du plan local d'urbanisme qui stipule que sont autorisées les constructions et installations nécessaires à des équipements collectifs dès lors qu'elles ne sont pas incompatibles avec l'exercice d'une activité agricole, pastorale ou forestière du terrain sur lequel elles sont implantées et qu'elles ne portent pas atteinte à la sauvegarde des espaces naturels et des paysages. Cependant, il ressort des pièces versées dans l'instance que le paysage environnant, hétérogène avec des constructions avoisinantes, ne présente ni caractère ni intérêt particuliers alors même que le terrain d'assiette est située en zone N, peu important par ailleurs que le village soit situé dans une zone de présomption de prescription archéologique, et la commune n'établissant pas par les pièces qu'elle produit qu'il existerait une covisibilité entre le projet litigieux et l'église Saint-Maffre, distante de 600 mètres et qui est protégée au titre des monuments historiques. Enfin, le projet porte sur un pylône treillis qui permet une vue traversante et assure ainsi une certaine transparence. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que le maire ne pouvait légalement retenir, pour s'opposer à ce projet, le motif tiré de ce qu'il méconnaît les dispositions de l'article N2-2-b du règlement du PLU, voire des dispositions de l'article de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme, apparaît propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
9. En dernier lieu, l'article L. 421-1 du code de l'urbanisme dispose que : " Les constructions, même ne comportant pas de fondations, doivent être précédées de la délivrance d'un permis de construire () ". Aux termes de l'article L. 421-4 du même code : " Un décret en Conseil d'Etat arrête la liste des constructions, aménagements, installations et travaux qui, en raison de leurs dimensions, de leur nature ou de leur localisation, ne justifient pas l'exigence d'un permis et font l'objet d'une déclaration préalable () ". Selon l'article L. 421-5 du même code, un décret en Conseil d'Etat arrête la liste des constructions, aménagements, installations et travaux qui, par dérogation aux dispositions des articles L. 421-1 à L. 421-4, sont dispensés de toute formalité au titre de ce code en raison, notamment, de leur très faible importance.
10. Si, en principe, toute construction nouvelle est subordonnée, en vertu des dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'urbanisme, à la délivrance préalable d'un permis de construire, les articles L. 421-4 et L. 421-5 du même code prévoient néanmoins un certain nombre d'exceptions.
11. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de l'urbanisme : " Les constructions nouvelles doivent être précédées de la délivrance d'un permis de construire, à l'exception : () / b) Des constructions mentionnées aux articles R. 421-9 à R. 421-12 qui doivent faire l'objet d'une déclaration préalable. ". Et aux termes de l'article R. 421-9 du même code : " En dehors du périmètre des sites patrimoniaux remarquables, des abords des monuments historiques et des sites classés ou en instance de classement, les constructions nouvelles suivantes doivent être précédées d'une déclaration préalable, à l'exception des cas mentionnés à la sous-section 2 ci-dessus : / a) Les constructions dont soit l'emprise au sol, soit la surface de plancher est supérieure à cinq mètres carrés et répondant aux critères cumulatifs suivants : / - une hauteur au-dessus du sol inférieure ou égale à douze mètres ; / - une emprise au sol inférieure ou égale à vingt mètres carrés ; / - une surface de plancher inférieure ou égale à vingt mètres carrés ; () / j) Les antennes-relais de radiotéléphonie mobile et leurs systèmes d'accroche, quelle que soit leur hauteur, et les locaux ou installations techniques nécessaires à leur fonctionnement dès lors que ces locaux ou installations techniques ont une surface de plancher et une emprise au sol supérieures à 5 m² et inférieures ou égales à 20 m². ".
12. La commune de Castelmayran demande dans les écritures en défense qu'elle a produites dans la présente instance que soit substitué le motif tiré de ce que le projet, qui prévoit l'implantation d'un pylône pour support d'antennes et d'une zone technique clôturée et qui crée une emprise au sol de 20 m2 mais pas de surface de plancher, ne relève donc pas des dispositions du j) de l'article R. 421-9 du code de l'urbanisme. Toutefois, ces dispositions ne sauraient être interprétées comme exigeant que le projet comporte impérativement une surface de plancher. Dès lors, la substitution sollicitée doit être écartée.
13. Les deux conditions auxquelles l'article L. 521-1 du code de justice administrative subordonne la suspension de l'exécution d'une décision administrative étant réunies, il y a lieu, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 25 avril 2023 du maire de Castelmayran.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
14. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre au maire de Castelmayran de délivrer à la société Totem France une décision de non-opposition à la déclaration préalable de travaux enregistrée sous le n° DP 82 031 23 C0004, à titre provisoire. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
15. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge la société Totem France et la société Orange, qui ne sont pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Castelmayran demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune de Castelmayran une somme globale de 1 000 euros au titre des frais exposés par la société Totem France et la société Orange et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : L'intervention de la société Orange est admise.
Article 2 : L'exécution de la décision du 25 avril 2023 du maire de Castelmayran est suspendue, au plus tard jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité.
Article 3 : Il est enjoint au maire de Castelmayran de délivrer à la société Totem France une décision de non-opposition à la déclaration préalable de travaux enregistrée sous le n° DP 82 031 23 C0004, à titre provisoire.
Article 4 : La commune de Castelmayran versera à la société Totem France et la société Orange une somme globale de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête de la société Totem France et de la société Orange ainsi que les conclusions de la commune de Castelmayran présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Totem France, à la société Orange et à la commune de Castelmayran.
Fait à Toulouse, le 16 janvier 2024.
Le juge des référés,
B. B
La greffière,
P. TUR
La République mande et ordonne au préfet de Tarn-et-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
la greffière en chef,
ou par délégation, la greffière,
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