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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2400057

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2400057

vendredi 31 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2400057
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantBILLON NATHALIE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 janvier 2024, M. D C, représenté par Me Billon, demande au tribunal :

1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 3 janvier 2024 par lequel le préfet des Pyrénées-Orientales l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé son pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire d'une durée de trois ans ;

3°) d'enjoindre au préfet des Pyrénées-Orientales de procéder au réexamen de sa situation ;

4°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil de la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle ou, dans l'hypothèse où il ne serait pas admis à l'aide juridictionnelle totale, sur le seul fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté a été pris par une autorité incompétente pour ce faire ;

- il n'a pas été précédé de la procédure contradictoire prévue par les articles L. 122-1 et L. 122-2 du code des relations entre le public et l'administration et a été pris en méconnaissance de son droit à être entendu ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas suffisamment motivée ;

- elle n'a pas été précédée d'un examen suffisant de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'une erreur de fait dès lors qu'il a justifié d'un domicile stable en France ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision lui refusant un délai de départ volontaire n'est pas suffisamment motivée ;

- elle est dépourvue de base légale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- le préfet n'a pas pris en compte les éléments de sa situation personnelle et s'est estimé, à tort, en situation de compétence liée ;

- il a commis une erreur de fait en considérant qu'il existait un risque de fuite ;

- cette décision est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- la décision fixant le pays de renvoi n'est pas suffisamment motivée ;

- elle n'a pas été précédée d'un examen suffisant de sa situation personnelle ;

- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français et de la décision lui refusant un délai de départ volontaire ;

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire n'est pas suffisamment motivée ;

- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français et de la décision lui refusant un délai de départ volontaire.

La requête a été communiquée au préfet des Pyrénées-Orientales, qui n'a pas produit d'observations.

Par une ordonnance du 17 janvier 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 17 avril 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Dans cette affaire, la présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa demande, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Poupineau,

- et les observations de Me Billon, représentant M. C.

Considérant ce qui suit :

1. Par la présente requête, M. D C, ressortissant algérien, entré en France au cours de l'année 2018 selon ses déclarations, demande l'annulation de l'arrêté du 3 janvier 2024 par lequel le préfet des Pyrénées-Orientales l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé son pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire d'une durée de trois ans.

Sur l'admission de M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ".

3. M. C a demandé le bénéfice de l'aide juridictionnelle et cette demande n'a pas encore été examinée. Il y a lieu, par suite, dans les circonstances particulières de l'espèce et eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur sa requête, de prononcer son admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'arrêté pris dans son ensemble :

4. En premier lieu, l'arrêté attaqué est signé par M. B A, directeur de la citoyenneté et de la migration, conformément à la délégation de signature qui lui a été consentie par le préfet des Pyrénées-Orientales, par un arrêté du 6 novembre 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du département le 9 novembre 2023. Par suite le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.

5. En deuxième lieu, il résulte de l'ensemble des dispositions du livre VI du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le législateur a entendu déterminer l'ensemble des règles de procédures administrative et contentieuse auxquelles sont soumises les décisions par lesquelles l'autorité administrative signifie à l'étranger l'obligation dans laquelle il se trouve de quitter le territoire français, fixe son pays de destination et lui fait interdiction de revenir sur le territoire. Dès lors, les dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration, qui fixent les règles générales de procédure applicables aux décisions devant être motivées en vertu de l'article L. 211-2 du même code et prévoient notamment la mise en œuvre d'une procédure contradictoire préalable à leur édiction, ne peuvent être utilement invoquées par M. C à l'encontre de l'arrêté attaqué.

6. En troisième et dernier lieu, le droit d'être entendu préalablement à toute décision qui affecte sensiblement et défavorablement les intérêts de son destinataire constitue l'une des composantes du droit de la défense et fait partie des principes généraux du droit de l'Union européenne ayant la même valeur que les traités. Il garantit à toute personne la possibilité de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours de la procédure administrative, afin que l'autorité compétente soit mise à même de tenir compte de l'ensemble des éléments pertinents pour fonder sa décision. Ce droit n'implique pas systématiquement l'obligation, pour l'administration, d'organiser, de sa propre initiative, un entretien avec l'intéressé, ni même d'inviter ce dernier à produire ses observations, mais suppose seulement que, informé de ce qu'une décision lui faisant grief est susceptible d'être prise à son encontre, il soit en mesure de présenter spontanément des observations écrites ou de solliciter un entretien pour faire valoir ses observations orales. Enfin, une atteinte à ce droit n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle la décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision, ce qu'il lui revient, le cas échéant, d'établir devant la juridiction saisie.

7. En l'espèce, il ressort des mentions de l'arrêté attaqué que le requérant a été entendu par les services de gendarmerie de Saillagouse le 3 janvier 2024. Le requérant n'allègue pas avoir sollicité en vain un entretien avec les services préfectoraux, ou qu'il aurait été empêché de communiquer des informations utiles relatives notamment à sa situation personnelle avant que ne soit pris l'arrêté. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de son droit d'être entendu doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

8. En premier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français vise les dispositions de l'article L. 611-1, 4° et 5° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et expose les considérations de fait sur lesquelles le préfet s'est fondé pour prononcer la décision en litige. Elle mentionne également des éléments suffisants sur sa situation personnelle. Par suite, contrairement à ce que soutient le requérant, elle est suffisamment motivée.

9. En deuxième lieu, il ne ressort ni de l'arrêté attaqué, ni d'aucune autre pièce du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen suffisant de la situation personnelle de M. C avant de décider de son éloignement du territoire français.

10. En troisième lieu, si le requérant soutient que le préfet des Pyrénées-Orientales a commis une erreur de fait en relevant qu'il ne justifiait pas d'un domicile stable en France alors qu'il avait communiqué son bail ainsi qu'une facture de fourniture d'électricité, il ressort des termes mêmes de la décision attaquée, que l'absence de domicile stable ne constitue pas le motif de la mesure d'éloignement prononcée à l'encontre de M. C.

11. En quatrième et dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

12. M. C, qui déclare être entré en France au cours de l'année 2018, se prévaut de la durée de son séjour, de la présence de son père, en situation de handicap, de ses frères, nés en France, et de sa compagne, enceinte, et mère d'un enfant issu d'une précédente union. Toutefois, il est constant que le requérant réside en France en dépit d'une interdiction judiciaire du territoire français d'une durée de cinq ans prononcée par le tribunal correctionnel de Toulouse le 2 juillet 2020 et d'une obligation de quitter de territoire du préfet de la Haute-Garonne en date du 6 avril 2022. De plus, il n'a produit aucune pièce susceptible d'établir la présence en France de son père et de ses frères et ne conteste pas que, comme l'a relevé le préfet dans son arrêté, sa mère demeure en Algérie où il a nécessairement conservé des attaches personnelles pour y avoir vécu la majeure partie de son existence. Par ailleurs, il ne justifie pas de la réalité du concubinage allégué en se bornant à produire une attestation de sa supposée concubine, rédigée en des termes très généraux, un contrat de bail du 15 octobre 2023 et une facture d'électricité du 15 novembre 2023 établis à son seul nom et mentionnant une adresse différente de celle de l'intéressée, et un avis d'imposition émis en 2023 pour les revenus de l'année 2021, dont les mentions relatives à sa domiciliation sont contredites par le bail produit et par ses propres déclarations lors de son audition par les services de la gendarmerie le 3 janvier 2024. Enfin, il ne justifie pas d'une intégration particulière par la seule circonstance qu'il a effectué quelques missions en intérim pendant les mois de février à mai 2023 et de juillet à novembre de la même année alors qu'il a été condamné par un jugement du tribunal correctionnel de Toulouse en date du 2 juillet 2020 à une peine d'emprisonnement de 30 mois pour des faits d'extorsion avec violences ayant entraîné une incapacité totale de travail n'excédant pas 8 jours, " de menace ou de contrainte de signature, promesse, secret, fonds, valeur ou bien ". Dans ces conditions, en l'obligeant à quitter le territoire français, le préfet des Pyrénées-Orientales n'a pas porté d'atteinte disproportionnée au droit de M. C au respect de sa vie privée et familiale. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit donc être écarté.

En ce qui concerne la décision refusant un délai de départ volontaire :

13. En premier lieu, la décision portant refus de délai de départ volontaire vise les dispositions des 1° et 3° de l'article L. 612-2 et 4°, 5° et 8° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et précise également les éléments de fait retenus par le préfet des Pyrénées-Orientales pour refuser d'accorder un délai de départ volontaire à M. C. Elle contient ainsi l'exposé suffisant des considérations de droit et de fait qui la fondent. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cette décision doit être écarté.

14. En deuxième lieu, il ne ressort ni de l'arrêté attaqué, ni d'aucune autre pièce du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen suffisant de la situation personnelle de M. C et se serait estimé, à tort, en situation de compétence liée.

15. En troisième lieu, il résulte de ce qui précède que le requérant n'établit pas que la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale. Dès lors, l'exception d'illégalité de cette décision soulevée à l'appui des conclusions dirigées contre la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire n'est pas fondée et doit ainsi être écartée.

16. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. () ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. " Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; / () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ".

17. Pour refuser d'accorder un délai de départ volontaire à M. C, le préfet des Pyrénées-Orientales a retenu que l'intéressé se maintenait en France de manière irrégulière, que, démuni de document de voyage et d'identité et sans domicile stable, il ne justifiait pas de garanties de représentation effective et qu'il s'était soustrait à l'exécution de précédentes mesures d'éloignement. Si M. C fait valoir que, justifiant d'un domicile stable, le risque de fuite n'était pas caractérisé, il ne conteste pas avoir fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement prise par le préfet de la Haute-Garonne par un arrêté, devenu définitif, du 6 avril 2022, et s'être abstenu de l'exécuter. Dans ces conditions, le préfet des Pyrénées-Orientales a pu légalement refuser d'accorder un délai de départ volontaire à M. C en se fondant sur les dispositions précitées.

18. En cinquième et dernier lieu, le moyen soulevé par M. C et tiré de l'erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 12 du présent jugement.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

19. En premier lieu, l'arrêté contesté vise les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. De plus, il rappelle la nationalité du requérant et mentionne que ce dernier n'établit pas être exposé à des peines ou traitements prohibés par l'article 3 de la convention. La décision fixant le pays de destination comporte, ainsi, les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle est fondée. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cette décision doit être écarté.

20. En deuxième lieu, il ne ressort ni de l'arrêté attaqué, ni d'aucune autre pièce du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen suffisant de la situation personnelle de M. C avant de fixer son pays de destination.

21. En troisième et dernier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français et refusant un délai de départ volontaire n'étant pas illégales, M. C n'est pas fondé à exciper de leur illégalité pour contester la décision fixant le pays de destination.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

22. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. () ". Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".

23. D'une part, la décision prononçant à l'encontre de M. C une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans vise l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et expose les motifs pour lesquels il a fixé la durée de cette interdiction à trois ans en reprenant les critères énumérés à l'article L. 612-10 du même code. Dans ces conditions, la décision litigieuse, qui comporte l'énoncé des considérations de fait et de droit sur lesquelles elle repose, est suffisamment motivée.

24. En second lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français et refusant un délai de départ volontaire n'étant pas illégales, M. C n'est pas fondé à exciper de leur illégalité pour contester la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire national.

25. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet des Pyrénées-Orientales en date du 3 janvier 2024. Par suite, ses conclusions à fin d'annulation et d'injonction ainsi que celles présentées au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : M. C est admis à l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La requête de M. C est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D C, à Me Billon et au préfet des Pyrénées-Orientales.

Délibéré après l'audience du 17 mai 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Poupineau, présidente,

Mme Rousseau, conseillère,

M. Frindel, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 mai 2024.

La présidente-rapporteure,

V. POUPINEAU

L'assesseure la plus ancienne,

M. ROUSSEAULa greffière,

B. RODRIGUEZ

La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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