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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2400090

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2400090

mardi 16 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2400090
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantBRANGEON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 8 janvier et 22 avril 2024, M. A B, représenté par Me Brangeon, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 4 décembre 2023 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours en fixant le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer un certificat de résidence algérien portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai de 15 jours suivant la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, dans l'hypothèse où il ne serait pas admis admise à l'aide juridictionnelle, de mettre cette somme à la charge de l'Etat sur le seul fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

S'agissant de la décision de refus de séjour :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- elle méconnait les dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle viole les stipulations du point 7 de l'article 6 de l'accord franco-algérien et est entachée d'erreur d'appréciation au regard de ces stipulations ;

- le préfet s'est estimé à tort lié par l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) ;

- la décision attaquée viole les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- la décision attaquée est dépourvue de base légale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnait les dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;

- elle viole les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences d'une exceptionnelle gravité sur sa situation ;

S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation ;

S'agissant de la décision fixant le délai de départ volontaire :

- la décision attaquée est entachée d'erreur de droit et dépourvue de base légale ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière, dès lors qu'il n'a pas été mis en mesure de présenter ses observations préalablement à son édiction ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen ;

- le préfet s'est cru à tort en situation de compétence liée ;

- la décision attaquée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense enregistré le 29 janvier 2024, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 10 avril 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de Mme Héry a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant algérien né le 13 septembre 1979, est entré en France selon ses déclarations en novembre 2016 ou en décembre 2017. Suite à son mariage le 15 décembre 2017 avec une ressortissante française, il a été mis en possession d'un certificat de résident en qualité de conjoint de français valable du 29 décembre 2017 au 28 décembre 2018. M. B, qui a fait l'objet d'un mandat de dépôt le 20 septembre 2018, a été condamné par jugement du tribunal correctionnel de Nancy du 13 mars 2020 à 4 ans d'emprisonnement pour acquisition, détention, transport et offre ou cession non autorisés de stupéfiants. Par arrêté du 3 mars 2021, dont la légalité a été confirmée par jugement du tribunal administratif de Lille du 6 mai 2021, la préfète du Bas-Rhin a obligé M. B à quitter le territoire français sans délai en fixant le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de 3 ans. M. B a sollicité le 21 mars 2023 la délivrance d'un certificat de résident en qualité d'étranger malade. Par sa requête, il demande l'annulation de l'arrêté du 4 décembre 2023 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours en fixant le pays de destination.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision de refus de séjour :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui :/ 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". En application des dispositions de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. "

3. La décision attaquée vise notamment les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 sur lesquelles le préfet de la Haute-Garonne s'est fondé et mentionne, outre la date et le sens de l'avis du collège de médecins de l'OFII, les éléments de fait relatifs à la situation personnelle et familiale de M. B. Le préfet, qui n'avait pas à faire état de tous les éléments de la situation du requérant ni, en raison des règles gouvernant le secret médical, à préciser la nature de ses difficultés de santé et les éléments sur lesquels il s'est fondé pour estimer qu'un traitement était disponible en Algérie, a ainsi suffisamment motivé sa décision.

4. En deuxième lieu, il ne ressort ni de la motivation de la décision attaquée ni des pièces du dossier que le préfet de la Haute-Garonne se serait cru en situation de compétence liée par l'avis émis par le collège de médecins de l'OFII.

5. En troisième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention "vie privée et familiale" est délivré de plein droit :/ () 7. Au ressortissant algérien, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays () ".

6. Il appartient à l'autorité administrative, lorsqu'elle envisage de refuser la délivrance d'un titre de séjour à un ressortissant étranger qui en fait la demande au titre des stipulations de l'article 6 paragraphe 7 de l'accord franco-algérien, de vérifier, au vu de l'avis émis par le collège de médecins de l'OFII, que cette décision ne peut avoir de conséquences d'une exceptionnelle gravité sur l'état de santé de l'intéressé et, en particulier, d'apprécier, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, la nature et la gravité des risques qu'entraînerait un défaut de prise en charge médicale dans son pays d'origine. Lorsque le défaut de prise en charge risque d'avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur la santé de l'intéressé, l'autorité administrative ne peut légalement refuser le titre de séjour sollicité que s'il existe des possibilités de traitement approprié de l'affection en cause dans le pays d'origine. Si de telles possibilités existent mais que l'étranger fait valoir qu'il ne peut pas en bénéficier, soit parce qu'elles ne sont pas accessibles à l'ensemble de la population, eu égard notamment au coût du traitement ou à l'absence de mode de prise en charge adapté, soit parce qu'en dépit de leur accessibilité, des circonstances exceptionnelles tirées des particularités de sa situation personnelle l'empêcheraient d'y accéder effectivement, il appartient à cette même autorité, au vu de l'ensemble des informations dont elle dispose, d'apprécier si l'intéressé peut ou non bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine.

7. La décision attaquée a été prise après avis du 7 juillet 2023 du collège de médecins de l'OFII, lequel a estimé que l'état de santé de M. B nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité mais que l'intéressé peut, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans son pays d'origine, y bénéficier effectivement d'un traitement approprié et que son état de santé lui permet de voyager sans risque.

8. M. B, qui a levé le secret médical, produit des certificats médicaux émis notamment par le service de gastro-entérologie et pancréatologie de l'hôpital de Rangueil de Toulouse ou par des médecins généralistes de Toulouse et faisant état de ce qu'il souffre d'une maladie de Crohn nécessitant un traitement par biothérapie sous forme d'injection sous cutanée tous les 14 jours d'Hyrimoz, dont la substance active est l'Adalimumab, ainsi qu'un suivi spécialisé et sous haute surveillance, l'absence de traitement pouvant entraîner de graves conséquences sur son état de santé. S'il soutient que ce traitement n'est pas disponible en Algérie, les seuls éléments produits à l'appui de la requête, constitués d'une part d'une attestation établie le 6 juillet 2022 par un médecin spécialiste en maladies infectieuses et parasitaires à Relizane (Algérie) mentionnant que l'Adalimumab n'est pas commercialisée dans la nomenclature pharmaceutique en Algérie et d'autre part, d'une capture d'écran d'un extrait de la nomenclature nationale des produits pharmaceutiques disponibles en Algérie au 28 février 2023, ne permettent pas d'établir qu'il ne pourrait pas avoir accès à cette molécule ou à un traitement alternatif de portée équivalente ni à un suivi spécifique. Ainsi, les éléments produits par M. B ne suffisent pas à contester sérieusement l'avis émis par le collège de médecins de l'OFII et pour établir que, du fait de sa pathologie, il ne pourra pas bénéficier effectivement en Algérie d'un traitement approprié à son état de santé. Par suite, le moyen tiré de la violation des stipulations précitées du point 7 de l'article 6 de l'accord franco-algérien doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de ce que le préfet de la Haute-Garonne aurait commis une erreur d'appréciation au regard de ces stipulations doit être écarté.

9. En quatrième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, notamment de la demande de titre de séjour présentée par M. B, qu'il aurait sollicité la délivrance d'un titre de séjour au titre de la vie privée et familiale, ni que le préfet aurait examiné d'office s'il pouvait prétendre à la délivrance d'un titre de séjour sur ce fondement. Dès lors, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

10. En cinquième et dernier lieu, pour l'ensemble des motifs qui viennent d'être énoncés, le moyen tiré d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision attaquée sur la situation de M. B doit être écarté.

11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision de refus de séjour doivent être rejetées.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

12. En premier lieu, les conclusions à fin d'annulation de la décision de refus de séjour étant rejetées, le moyen tiré du défaut de base légale de la décision attaquée, en raison de l'illégalité de la décision de refus de séjour, doit être écarté.

13. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants :/ () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour () ". L'article L. 613-1 du même code dispose : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour () ".

14. Lorsqu'une obligation de quitter le territoire français assortit un refus de séjour, la motivation de cette mesure se confond avec celle du refus de titre de séjour dont elle découle nécessairement et n'implique pas, par conséquent, dès lors que ce refus est lui-même motivé, de mention spécifique pour respecter les exigences des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.

15. Ainsi qu'il a été dit au point 3 du présent jugement, la décision de refus de séjour prise à l'encontre de M. B est suffisamment motivée. Dès lors, le moyen tiré de ce que la décision obligeant le requérant à quitter le territoire français serait entachée d'un défaut de motivation doit être écarté.

16. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. " Il résulte des dispositions du livre VI du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le législateur a entendu déterminer l'ensemble des règles de procédure auxquelles sont soumises les décisions portant obligation de quitter le territoire français ainsi que les décisions accessoires. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration doit être écarté comme inopérant.

17. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ;2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

18. Il ressort des pièces du dossier que M. B est entré en France en novembre 2016 ou en décembre 2017, au plus tôt à l'âge de 37 ans. Il est divorcé de son épouse française et aucun enfant n'est né de cette union. Le requérant, qui a été condamné à quatre ans d'emprisonnement en mars 2020 et a fait l'objet en mars 2021 d'une obligation de quitter le territoire français sans délai prononcée par la préfète du Bas-Rhin, ne justifie pas, par la seule production de quelques attestations de connaissances au contenu au demeurant stéréotypé, d'une intégration particulière ni d'attaches privées ou familiales en France. Il n'établit pas être isolé en Algérie, où il a vécu la majeure partie de sa vie, ni ne pouvoir y bénéficier d'un traitement adapté à son état de santé. Dès lors, en décidant de l'obliger à quitter le territoire français, le préfet de la Haute-Garonne n'a pas porté au droit au respect de la vie privée et familiale du requérant une atteinte disproportionnée au but en vue duquel elle a été prise.

19. En cinquième et dernier lieu, pour les motifs énoncés précédemment, le moyen tiré de l'erreur manifeste dans les conséquences de la décision attaquée sur la situation de M. B doit être écarté.

20. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision obligeant M. B à quitter le territoire français doivent être rejetées.

En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :

21. En premier lieu, si M. B soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit et est dépourvue de base légale, il n'assortit ces moyens d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé.

22. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision./ L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas./ Elle peut prolonger le délai accordé pour une durée appropriée s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. L'étranger est informé par écrit de cette prolongation ". Il résulte de ces dispositions législatives qu'en dehors de l'hypothèse de rejet d'une demande expresse d'un délai supérieur à trente jours, la décision fixant le délai de départ volontaire n'a pas le caractère d'une décision devant être motivée au sens de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, M. B, qui n'allègue ni n'établit avoir demandé un délai de départ supérieur à trente jours, ne peut utilement soutenir que la décision attaquée serait insuffisamment motivée.

23. En troisième lieu, M. B n'établit pas, en tout état de cause, qu'il aurait été mis dans l'impossibilité de faire état auprès des services préfectoraux de circonstances particulières susceptibles de justifier l'octroi d'un délai de départ volontaire supérieur au délai de droit commun de 30 jours.

24. En quatrième lieu, il ne ressort ni de la décision attaquée, ni des pièces du dossier que le préfet de la Haute-Garonne n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation personnelle de M. B ou qu'il se serait estimé en situation de compétence liée.

25. En cinquième et dernier lieu, les éléments invoqués par M. B n'étant pas de nature à justifier qu'un délai de départ volontaire supérieur à 30 jours devrait lui être accordé, le moyen tiré de ce que le préfet de la Haute-Garonne aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision attaquée sur sa situation doit être écarté.

26. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision fixant le délai de départ volontaire doivent être rejetées.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

27. En premier lieu, la décision attaquée vise notamment l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les articles L. 721-3 à L. 721-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle mentionne que M. B n'établit pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. Elle est, par suite, suffisamment motivée. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisance de sa motivation doit être écarté.

28. En second lieu, ainsi qu'il a été dit précédemment, M. B n'établit pas qu'il ne pourrait pas bénéficier en Algérie d'un traitement adaptés à son état de santé. Par suite, en fixant l'Algérie comme pays de destination, le préfet de la Haute-Garonne n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation de la situation du requérant.

29. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision fixant le pays de renvoi doivent être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

30. Les conclusions à fin d'annulation de M. B étant rejetées, ses conclusions susvisées aux fins d'injonction et d'astreinte doivent l'être également, dès lors que le présent jugement ne nécessite aucune mesure d'exécution au regard des dispositions des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative.

Sur les frais liés au litige :

31. Les conclusions de M. B tendant à l'application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées, l'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Brangeon et au préfet de la Haute-Garonne.

Délibéré après l'audience du 2 juillet 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Héry, présidente,

Mme Sarraute, première conseillère,

Mme Douteaud, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 juillet 2024.

La présidente-rapporteure,

F. HÉRY

L'assesseure la plus ancienne,

N. SARRAUTE

La greffière,

M. C

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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