vendredi 19 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2400322 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | JOUBIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et une pièce complémentaire, enregistrées le 18 et 19 janvier 2024, M. A B, représenté par Me Joubin, demande à la juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre, à titre provisoire, à l'aide juridictionnelle ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de ne pas exécuter son arrêté du
22 mai 2023 portant obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, à destination de C, et prononçant une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans et de mettre fin à sa rétention administrative ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat les entiers dépens et une somme de 1 200 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 et, dans l'hypothèse où il ne serait pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle, sur le seul fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il n'a pas contesté l'arrêté en date du 22 mai 2023 dans le délai prévu à l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors qu'il est actuellement placé en rétention administrative et exposé à la mise à exécution imminente de la mesure d'éloignement dont il fait l'objet, un vol ayant été réservé pour le dimanche 21 janvier à destination de C ;
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à son droit de mener une vie privée et familiale normale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, à l'intérêt supérieur de son enfant protégé par les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et au droit de cet enfant de bénéficier d'une prise en charge médicale et éducative adaptée à son état de santé ;
- son épouse, qui est enceinte, et ses deux enfants, vivent en France ; elle a déposé une demande d'admission au séjour en qualité de parent d'un enfant malade auprès de la préfecture de la Haute-Garonne le 28 novembre 2023; son fils aîné, qui est âgé de deux ans, est en cours de diagnostic d'un trouble neurodéveloppemental grave ; il doit rester aux côtés de son épouse afin que son fils puisse bénéficier effectivement du suivi pluridisciplinaire qui a été mis en œuvre durant l'été 2023 et qui permettra de réduire son handicap ; la présence de ses deux parents est nécessaire pour assurer sa stabilité ; la grossesse de son épouse est à risque, à raison de son diabète gestationnel.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Carotenuto, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté en date du 22 mai 2023, le préfet de la Haute-Garonne a fait obligation à M. B de quitter le territoire français sans délai et a fixé son pays de destination. Par la présente requête, M. B, qui n'a pas contesté la mesure d'éloignement dont il a fait l'objet, demande à la juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de mettre fin à l'exécution de son arrêté du 22 mai 2023 et à sa rétention administrative.
2. D'une part, aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
3. Eu égard à son office, qui consiste à assurer la sauvegarde des libertés fondamentales, il appartient au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de prendre, en cas d'urgence, toutes les mesures qui sont de nature à remédier à bref délai aux effets résultant d'une atteinte grave et manifestement illégale portée, par une autorité administrative, à une liberté fondamentale.
4. Toutefois, la procédure spéciale mise en place par l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers en France pour contester une obligation de quitter le territoire français non assortie d'un délai de départ volontaire présente des garanties au moins équivalentes à celles des procédures régies par le livre V du code de justice administrative, dont elle est par suite exclusive. Il en va toutefois autrement dans le cas où les modalités selon lesquelles il est procédé à l'exécution d'une obligation de quitter le territoire français emportent des effets qui, en raison de changements dans les circonstances de droit ou de fait survenus depuis l'intervention de cette mesure et après que le juge, saisi sur le fondement du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a statué ou que le délai prévu pour le saisir a expiré, excèdent ceux qui s'attachent normalement à sa mise à exécution.
5. D'autre part, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Aux termes du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant susvisée : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
6. Pour justifier des circonstances de droit ou de fait nouvelles depuis l'arrêté du préfet de la Haute-Garonne en date du 22 mai 2023, M. B soutient que cette décision porte une atteinte grave et manifestement illégale au droit au respect de sa vie privée et familiale, à l'intérêt supérieur de son enfant et au droit de celui-ci de bénéficier d'une prise en charge médicale et éducative adaptée à son état de santé, et fait état de la présence en France de son épouse, qui est enceinte, de leurs deux enfants et de l'état de santé de son fils ainé, qui souffre d'un trouble neurodéveloppemental sévère pour lequel le diagnostic n'est pas encore définitivement fixé. Toutefois, l'épouse de M. B, également de nationalité algérienne, était en situation irrégulière à la date de l'arrêté en litige. S'il est allégué qu'elle a, depuis, présenté une demande d'admission au séjour en qualité de parent d'un enfant malade, le requérant n'établit pas que ce dossier de demande de titre de séjour dont il a produit une copie, et auquel est joint un courrier de Mme B daté du 27 novembre 2023, aurait été effectivement transmis à la préfecture et serait, à la date de la présente ordonnance, en cours d'instruction. A cet égard, la seule production d'une lettre du 18 janvier 2024 établie par une personne bénévole de la Cimade attestant que ledit dossier a été adressé par ses soins aux services de la préfecture sous pli recommandé avec avis de réception est insuffisante pour l'établir. Par ailleurs, il n'apparait pas que la grossesse de Mme B, qui est enceinte de cinq mois et souffre d'un diabète gestationnel, présenterait un risque particulier l'empêchant de voyager et de rejoindre avec ses enfants C, pays de destination de la mesure d'éloignement de son époux. Enfin, les différents documents médicaux versés à l'instance par M. B, dont des certificats médicaux établis en janvier 2024, ne suffisent pas à établir que le suivi pluridisciplinaire dont bénéficierait son fils aîné depuis l'été 2023, qui comprend des soins en orthophonie, des séances de psychomotricité et de sociabilisation en crèche, ne pourrait être assuré en C. Dès lors, dans les circonstances de l'espèce, il n'est pas porté atteinte de manière grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales garanties par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et par le paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
7. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence d'une situation d'urgence, qu'il y a lieu de rejeter la requête de M. B en toutes ses conclusions, selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative, sans qu'il y ait lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre le requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à Me Joubin.
Une copie en sera adressée au préfet de la Haute-Garonne.
Fait à Toulouse, le 19 janvier 2024.
La juge des référés,
S. CAROTENUTO
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
la greffière en chef,
ou par délégation la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026