mardi 16 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2400620 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | CHAMBARET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 1er février, 7 et 29 mars, 17 avril, 27 mai et 3 juin 2024, ces deux derniers mémoires n'ayant pas été communiqués, Mme D épouse B, représentée par Me Chambaret, demande au tribunal :
1°) d'annuler des décisions du 14 décembre 2023 par lesquelles le préfet du Tarn a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
S'agissant de la décision de refus de séjour :
- la décision attaquée est intervenue à l'issue d'une procédure irrégulière, en méconnaissance de l'article 1er de l'arrêté du 27 décembre 2016 ;
- son droit à être entendue a été méconnu ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen au regard de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation au regard de son état de santé et de celui de son époux ;
- elle viole les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- son droit à être entendue a été méconnu ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée en droit ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation au regard de son état de santé et de celui de son époux ;
- elle viole les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 mai 2024, le préfet du Tarn conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme C épouse B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du Royaume de Maroc en matière de séjour et d'emploi du 9 octobre 1987 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
-le rapport de Mme Héry,
-et les observations de Me Chambaret, représentant Mme C épouse B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C épouse B, ressortissante marocaine née le 1er janvier 1954, est entrée en France selon ses déclarations le 7 janvier 2017 en compagnie de son époux. Elle a sollicité le 28 mars 2023 la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étranger malade ou de parent d'enfant français, ou son admission exceptionnelle au séjour. Mme C épouse B demande l'annulation des décisions du 14 décembre 2023 par lesquelles le préfet du Tarn a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent./ A cet effet, doivent être motivées les décisions qui :/ 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police (). " En application des dispositions de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
3. La décision attaquée comporte les considérations utiles de droit et de fait sur lesquelles le préfet du Tarn s'est fondé pour refuser de délivrer un titre de séjour à Mme C épouse B. Le préfet, qui n'avait pas à viser les articles de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 dès lors qu'il ne s'est pas fondé sur cet accord, ni à faire état de tous les éléments de la situation de la requérante et notamment de la procédure suivie pendant l'instruction de sa demande de titre de séjour en qualité d'étranger malade, a ainsi suffisamment motivé sa décision.
4. En deuxième lieu, il ne ressort ni de la motivation de la décision attaquée, qui mentionne notamment que Mme C épouse B a sollicité son admission exceptionnelle au séjour et qu'elle ne justifie d'aucune circonstance exceptionnelle, ni des pièces du dossier que le préfet du Tarn n'aurait pas procédé à l'examen de la demande de titre de séjour présentée par Mme C épouse B sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
5. En troisième lieu, le droit d'être entendu au sens de la jurisprudence de la Cour de justice fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Il appartient donc aux Etats membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause.
6. L'étranger qui sollicite un titre de séjour, en raison même de l'accomplissement de cette démarche qui tend à son maintien régulier sur le territoire français, est en mesure de faire valoir, lors du dépôt de sa demande, toute circonstance ou pièce utile qu'il juge utile de soumettre à l'autorité administrative. Il a donc la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause. Par suite, Mme C épouse B, qui était en mesure de présenter toutes observations utiles à l'appui de sa demande de titre de séjour, n'est pas fondée à soutenir que son droit à être entendu aurait été méconnu.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 27 décembre 2016 visé ci-dessus : " L'étranger qui dépose une demande de délivrance ou de renouvellement d'un document de séjour pour raison de santé est tenu, pour l'application des articles R. 313-22 et R. 313-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de faire établir un certificat médical relatif à son état de santé par le médecin qui le suit habituellement ou par un médecin praticien hospitalier. / A cet effet, le préfet du lieu où l'étranger a sa résidence habituelle lui remet un dossier comprenant une notice explicative l'informant de la procédure à suivre et un certificat médical vierge, dont le modèle type figure à l'annexe A du présent arrêté. "
8. Si Mme C épouse B soutient que la notice explicative mentionnée à l'article 1er de l'arrêté du 27 décembre 2016 cité ci-dessus ne lui a pas été remise, alors au demeurant que le préfet produit à l'appui de ses écritures copie de la lettre qui lui a été adressée le 18 août 2023 mentionnant l'envoi de cette notice, il ne ressort pas des pièces du dossier que la méconnaissance de cette obligation aurait privé la requérante, en l'espèce, d'une garantie ou aurait eu une influence sur l'avis rendu par le collège de médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII). Dès lors, le moyen tiré de ce que la décision attaquée aurait été prise à l'issue d'une procédure irrégulière doit être écarté.
9. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable./ La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat./ Sous réserve de l'accord de l'étranger et dans le respect des règles de déontologie médicale, les médecins de l'office peuvent demander aux professionnels de santé qui en disposent les informations médicales nécessaires à l'accomplissement de cette mission. Les médecins de l'office accomplissent cette mission dans le respect des orientations générales fixées par le ministre chargé de la santé./ Si le collège de médecins estime dans son avis que les conditions précitées sont réunies, l'autorité administrative ne peut refuser la délivrance du titre de séjour que par une décision spécialement motivée (). "
10. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins du service médical de l'OFII qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous les éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.
11. La décision attaquée a été prise après avis du 23 octobre 2023 du collège de médecins de l'OFII, lequel a estimé que l'état de santé de Mme C épouse B nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité mais que l'intéressée peut, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans son pays d'origine, y bénéficier effectivement d'un traitement approprié et que son état de santé lui permet de voyager sans risque.
12. Les éléments que Mme C épouse B, qui a levé le secret médical, verse au dossier, constitués tout d'abord d'un certificat médical établi le 29 février 2024 par un médecin généraliste et mentionnant d'une part, que la requérant présente une insuffisance rénale chronique sévère de stade V, nécessitant " théoriquement " une dialyse et traitée par Aranesp et Furosémide et qui nécessitera probablement dans les mois à venir une dialyse ou une greffe et, d'autre part, qu'elle n'est pas en état de prendre soin de son époux grabataire, ensuite d'un certificat établi par le même médecin le 7 mars 2024 précisant que l'époux de la requérante présente des séquelles invalidantes et définitives d'un accident vasculaire cérébral survenu le 14 février 2023, dont une hémiplégie gauche le contraignant à rester alité, des troubles de la déglutition ayant nécessité une gastrostomie et une incontinence urinaire et fécale et que l'état de dépendance de ce dernier nécessite la présence constante de son fils à ses côtés, ne suffisent pas à contester sérieusement l'avis émis par le collège de médecins de l'OFII et à établir que, du fait de la pathologie rénale dont elle souffre, Mme C épouse B ne pourra pas bénéficier effectivement d'un traitement approprié à son état de santé au Maroc. Si la requérante soutient que son fils demeurant en France, chez lequel elle est hébergée avec son époux, serait le seul à même de prendre soin du couple, elle ne justifie toutefois pas que ses autres enfants demeurant au Maroc, à propos duquel elle est taisante, ne pourraient pas la prendre en charge avec son époux, ni au surplus qu'il n'existerait pas de structures au Maroc à même de leur prodiguer les soins nécessaires. Ainsi, Mme C épouse B ne justifie pas être dans l'impossibilité de bénéficier d'un traitement adapté à son état de santé et d'un suivi médical approprié dans son pays d'origine et les éléments produits par cette dernière ne permettent pas de remettre en cause l'avis du collège de médecins de l'OFII que le préfet du Tarn s'est approprié. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste dans l'appréciation de la situation de Mme C épouse B au regard notamment des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de la situation de son époux doit être écarté.
13. En sixième et dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
14. Il ressort des pièces du dossier que Mme C épouse B déclare être entrée en France le 7 janvier 2017 à l'âge de 63 ans, en compagnie de son époux. Ce dernier, qui a fait l'objet le 14 novembre 2017 d'une décision de refus de séjour assortie d'une obligation de quitter le territoire français, fait également l'objet d'une décision de refus de séjour et d'une obligation de quitter le territoire français édictées par le préfet du Tarn le 14 décembre 2023. Si la requérante soutient que la présence de son fils majeur de nationalité française est indispensable aux côtés d'elle-même et de son époux, eu égard à leurs graves difficultés de santé, elle n'établit pas être isolée au Maroc, où elle a vécu la majeure partie de sa vie et où vivent ses autres enfants, également majeurs, dont il n'est en tout état de cause pas justifié qu'ils ne pourraient pas prendre soin de la requérante et de son époux. Dès lors, le moyen tiré de la violation des stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
15. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision de refus de séjour doivent être rejetées.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
16. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants :/ () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour () ". L'article L. 613-1 du même code dispose : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour (). "
17. Ainsi qu'il a été dit au point 3 du présent jugement, la décision de refus de séjour est suffisamment motivée. Dès lors, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'un défaut de motivation en droit doit être écarté, la circonstance que le préfet du Tarn ait visé l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sans préciser l'alinéa applicable à la situation de Mme C épouse B étant sans incidence sur sa légalité.
18. En deuxième lieu, lorsqu'il est statué sur une demande de délivrance ou de renouvellement d'un titre de séjour, l'étranger ne saurait ignorer qu'il pourra faire l'objet d'une mesure d'éloignement. Durant la période d'instruction de son dossier, il est appelé à préciser les motifs qui, selon lui, sont susceptibles de justifier que lui soit accordé un droit au séjour en France et qui feraient donc obstacle à ce qu'il soit tenu de quitter le territoire français, ainsi qu'à fournir tous les éléments venant à l'appui de sa demande. Il doit en principe se présenter personnellement aux services de la préfecture et il lui est donc possible d'apporter toutes les précisions qu'il juge utiles. Ainsi, la seule circonstance que le préfet n'a pas, préalablement à l'édiction d'une mesure d'éloignement, et de sa propre initiative, expressément informé l'étranger qu'il serait susceptible d'être contraint de quitter le territoire français, en l'invitant à formuler ses observations sur cette éventualité, n'est pas de nature à faire regarder l'étranger comme ayant été privé de son droit à être entendu au sens du principe général du droit de l'Union européenne tel qu'il est notamment exprimé au 2 de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.
19. Mme C épouse B soutient ne pas avoir été entendue avant qu'il ne lui soit fait obligation de quitter le territoire français. Toutefois, cette mesure fait suite à l'examen par le préfet du droit au séjour de l'intéressée, à la suite de sa demande de délivrance d'un titre de séjour. Dans un tel cas, aucune obligation d'information préalable ne pesait sur le préfet. Il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intéressée ait sollicité en vain un entretien avec les services préfectoraux ni qu'elle ait été empêchée de présenter des observations avant que ne soit prise la décision litigieuse. Dans ces conditions, Mme C épouse B n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière, du fait qu'elle n'a pas été mise en mesure de présenter ses observations.
20. En troisième et dernier lieu, pour les motifs énoncés précédemment, les moyens tirés dans l'erreur manifeste dans l'appréciation de la situation de Mme C épouse B au regard notamment de ses difficultés de santé et de celles de son époux et de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés.
21. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision obligeant Mme C épouse B à quitter le territoire français doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par Mme C épouse B, au titre des frais exposés par lui/elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C épouse B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D épouse B et au préfet du Tarn.
Délibéré après l'audience du 2 juillet 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Héry, présidente,
Mme Sarraute, première conseillère,
Mme Douteaud, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 juillet 2024.
La présidente-rapporteure,
F. HÉRY
L'assesseure la plus ancienne,
N. SARRAUTE
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au préfet du Tarn en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026