jeudi 4 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2401057 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | PINSON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 février 2024, M. C E B, représenté par Me Pinson, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 janvier 2024 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne, à titre principal, de l'admettre au séjour à titre exceptionnel et de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié " ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement de la somme de 1 200 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision dans son ensemble
- elle a été signée par une autorité incompétente ;
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français
- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité affectant la décision portant refus de titre de séjour ;
- elle porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination
- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité affectant la décision portant obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 mai 2024, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 15 mai 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Pétri.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant béninois né le 5 décembre 1991, est entré sur le territoire français le 8 septembre 2016, muni d'un visa de long séjour portant la mention " étudiant ", valable du 31 août 2016 au 31 août 2017. Il a sollicité son admission exceptionnelle au séjour en France le 2 juin 2023. Par un arrêté du 12 janvier 2024, le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de cette décision.
Sur l'arrêté dans son ensemble :
2. En premier lieu, par un arrêté du 13 mars 2023 publié le 15 mars suivant au recueil des actes administratifs spécial (n° 31-2023-099) de la préfecture de la Haute-Garonne, le préfet de ce département a donné délégation à Mme D A, adjointe à la directrice des migrations et de l'intégration, pour signer les décisions défavorables au séjour et les mesures d'éloignement. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteure de l'acte doit être écarté.
Sur la décision portant refus de titre de séjour :
3. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. ".
4. Pour justifier l'ancienneté et la continuité de sa présence sur le territoire français depuis plus de sept ans, M. B produit, concernant l'année 2016, une attestation de résidence dans un foyer de jeunes travailleurs, un relevé de livret A ouvert dans une agence bancaire située à Limoges, et un accord d'inscription dans un institut universitaire de technologie. Concernant l'année 2017, il se prévaut d'une attestation d'affiliation à la caisse primaire d'assurance maladie de Chartres. Au titre de l'année 2021, il produit des relevés de compte, un résultat de test rapide du VIH ou du VHC et une preuve de la première injection du vaccin contre la Covid-19. Au titre de l'année 2022, il produit des factures de téléphone à son nom comprenant une adresse située à Toulouse, des preuves de voyage entre Toulouse et Paris, une facture relative à l'achat d'une table dans un magasin situé à Toulouse, une attestation d'élection de domicile à la Croix-Rouge française, une carte d'admission à l'aide médicale d'Etat, des relevés de compte qui démontrent des achats effectués à Toulouse, une demande d'autorisation de travail signée par la SAS RSI peinture, une promesse d'embauche signée par cette même société, ou encore une attestation de suivi dans le service de gastro-entérologie de l'hôpital Lariboisière à Paris. Concernant enfin l'année 2023, il produit des relevés de compte qui démontrent des achats à Toulouse, un relevé des versements de l'assurance maladie, une ordonnance, des bulletins de salaire au titre des mois de janvier, février, mars et mai 2023, un contrat d'extra signé avec la société SB Montaudran pour effectuer une activité de restauration, et un avis d'imposition pour les revenus 2022. Si ces pièces démontrent la présence ponctuelle de M. B sur le territoire français entre les années 2016 et 2023, de manière irrégulière, elles ne sont toutefois pas de nature à démontrer le caractère habituel de ce séjour, étant en outre précisé que le requérant ne produit pas ou peu de pièces pour les années 2018 à 2020. Par ailleurs, il ne justifie pas d'une insertion professionnelle depuis son entrée en France, la seule demande d'autorisation de travail formée par la SAS RSI peinture étant à cet égard insuffisante, de même que les quatre fiches de rémunération émises par la société SB Montaudran et le contrat d'extra signé avec cette société. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que le préfet de la Haute-Garonne aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant d'admettre M. B au séjour au titre de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
5. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 4 que M. B n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
6. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir d'ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
7. Il ressort des termes de la décision attaquée que M. B n'est pas dépourvu de liens personnels dans son pays d'origine, où résident son père et sa sœur et où il a vécu jusqu'à l'âge de vingt-cinq ans. S'il se prévaut à ce titre de ce que son père et sa sœur ont vocation à s'installer en France, il est constant qu'à la date de la décision attaquée, tous deux résidaient au Bénin. Par ailleurs, le requérant n'établit pas l'existence de liens stables, intenses et continus sur le territoire français. Par suite, le moyen tiré de l'atteinte disproportionnée portée au droit au respect de la vie privée et familiale garanti par les dispositions citées au point précédent doit être écarté.
Sur la décision fixant le pays de destination :
8. Il résulte de ce qui a été dit aux points 5 à 7 que M. B n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français à l'encontre de la décision fixant le pays de destination.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles aux fins d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. CEi B, à Me Pinson et au préfet de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 13 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Carotenuto, présidente,
M. Hecht, premier conseiller,
Mme Pétri, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2024.
La rapporteure,
M. PETRI
La présidente,
S. CAROTENUTO
La greffière,
F. LE GUIELLAN
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026