LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2401262

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2401262

mardi 2 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2401262
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantSAHEL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, un mémoire et des pièces complémentaires enregistrés les 4 mars, 5 avril et 8 mai 2024, M. C B, représenté par Me Sahel, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 5 février 2024 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de l'admettre au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de l'expiration d'un délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

- elle est entachée d'un défaut de compétence ;

- elle est entachée d'une motivation insuffisante et incohérente en ce qu'elle qu'il serait célibataire et ne justifierait pas de liens familiaux stables en France ;

- elle n'a pas été précédée d'un examen complet de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur dans l'appréciation de son comportement au regard d'une menace à l'ordre public ;

- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que protégé par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle ;

- elle porte atteinte à l'intérêt supérieur de l'enfant ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est privée de base légale ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation et des conséquences qu'elle emporte sur sa vie privée et familiale ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

- elle est privée de base légale ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense enregistré le 13 mai 2024, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, modifiée ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Molina-Andréo, présidente-rapporteure,

- et les observations de Me Sahel, représentant M. B, en présence de ce dernier.

Considérant ce qui suit :

1. M. C B, ressortissant algérien né le 27 septembre 1994, déclare être entré sur le territoire français le 12 mars 2019. Le 3 décembre 2021, M. B a sollicité son admission au séjour au titre de la vie privée et familiale en se prévalant de sa qualité de parent de deux enfants français. Par un arrêté du 5 février 2024, le préfet de la Haute-Garonne a refusé de l'admettre au séjour, l'a obligé à quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

2. En premier lieu, par un arrêté du 12 janvier 2024 publié le 15 janvier 2024 au recueil spécial des actes administratifs n° 31-2024-018, le préfet de la Haute-Garonne a donné délégation de signature à Mme E A, directrice des migrations et de l'intégration par intérim, à l'effet de signer notamment les décisions défavorables au séjour à quelque titre que ce soit. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision attaquée portant refus de séjour doit être écarté comme manquant en fait.

3. En deuxième lieu, la décision attaquée vise les textes dont elle fait application, à savoir notamment le 4° de l'article 6 de l'accord franco-algérien. Elle indique que si cet accord régit le séjour en France des ressortissants algériens, aucune de ses stipulations n'empêche l'administration française de refuser l'admission au séjour en se fondant sur des motifs tenant à l'ordre public. Elle ajoute que l'examen du bulletin n° 2 du casier judiciaire du requérant révèle que celui-ci a été condamné le 15 octobre 2018 par le tribunal correctionnel d'Agen à une peine d'emprisonnement de trois mois avec sursis pour vol et le 17 août 2021 par le tribunal correctionnel de Toulouse à une peine d'emprisonnement de quatre mois pour des faits de rébellion et de vol en réunion, à la suite de quoi, il a été incarcéré à compter du 5 juin 2023 pour exécuter cette peine, qu'eu égard à la gravité et le caractère répété des faits pour lesquels il a été récemment condamné à une peine d'emprisonnement ferme, sa présence sur le territoire français constitue une menace à l'ordre public et que d'ailleurs la commission du titre de séjour a rendu un avis défavorable à la délivrance d'un titre de séjour. La circonstance que la motivation de la décision en litige serait partiellement erronée, à la supposer établie, n'est pas de nature à établir l'existence d'un vice de forme tiré du défaut de motivation, dès lors que le caractère suffisant de la motivation d'une décision administrative s'apprécie indépendamment du bien-fondé des motifs retenus par son auteur. Dans ces conditions, la décision de refus de séjour, qui comporte l'énoncé des circonstances de droit et de fait qui en constituent le fondement, est suffisamment motivée au regard de exigences des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.

4. En troisième lieu, il ressort de la motivation même de la décision en litige que le préfet de la Haute-Garonne a procédé à un examen particulier de la situation du requérant.

5. En quatrième lieu, pour refuser de délivrer un certificat de résidence à M. B, le préfet de la Haute-Garonne a considéré que sa présence sur le territoire français constituait une menace pour l'ordre public. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du bulletin n°2 de son casier judiciaire, que M. B a été condamné le 15 octobre 2018 par le tribunal correctionnel d'Agen à une peine d'emprisonnement de trois mois avec sursis pour vol et le 17 août 2021 par le tribunal correctionnel de Toulouse à une peine d'emprisonnement de quatre mois pour des faits de rébellion et vol en réunion, et qu'il a été incarcéré à compter du 5 juin 2023 pour exécuter cette peine. Eu égard à la nature des faits commis par M. B pour lesquels il a été condamné, ainsi qu'au caractère répété des infractions commises jusqu'à une période encore récente à la date de la décision en litige, le préfet de la Haute-Garonne n'a pas commis d'erreur d'appréciation en estimant que sa présence en France constituait une menace pour l'ordre public et que cette circonstance faisait obstacle à la délivrance d'un titre de séjour.

6. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et liberté d'autrui ".

7. M. B, qui déclare être entré sur le territoire français en 2019, se prévaut de la présence de sa compagne, Mme D, de nationalité française et des deux enfants, nés en France en 2021 et 2022, de leur relation. Toutefois, il ne ressort pas des pièces jointes au dossier, et en particulier des quatre photographies non datées produites, des deux attestations sur l'honneur rédigées par Mme D et de l'attestation d'une psychomotricienne, compte tenu des termes peu circonstanciés dans lesquelles elles sont rédigées, que le requérant partagerait une vie commune avec la mère de ses enfants, ni qu'il participerait à leur éducation et à leur entretien. A l'inverse, il ressort des pièces produites par le préfet de la Haute-Garonne, et en particulier des courriels, non contestés, de Mme D adressés aux services de la préfecture les 18 juillet 2022 et 26 février 2023 ayant comme objet " demande d'annulation de titres de séjour ", ainsi que du rapport d'enquête de communauté de vie réalisée le 29 septembre 2022 par la direction départementale de la sécurité publique de la Haute-Garonne, que le couple est désormais séparé et que le requérant, qui a pu se montrer violent et menaçant vis-à-vis de la mère de ses enfants, ne prend pas de nouvelles de ces derniers. Par ailleurs, si le requérant soutient qu'il a été recruté dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée à compter du 2 juin 2022 au sein de la société " Triangle Propreté ", il ne ressort pas des pièces du dossier, en l'absence de production de tout bulletin de salaire et alors que l'emploi en cause correspond à un emploi à temps partiel d'une durée mensuelle de 77,94 heures par mois et que le requérant a été incarcéré à compter du mois de juin 2023, que ce dernier aurait bénéficié d'une quelconque intégration professionnelle en France à la date de la décision en litige. Dans ces conditions, et alors que le maintien de M. B sur le territoire français résulte en partie de la non-exécution d'une précédente mesure d'éloignement prise à son encontre le 29 octobre 2020 et qu'il ne justifie pas être dépourvu de toute attache dans son pays d'origine, le préfet de la Haute-Garonne n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en édictant la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste dans l'appréciation de la situation personnelle du requérant doit être écarté.

8. En sixième lieu, aux termes des stipulations de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale () ".

9. Il ne ressort pas des pièces du dossier, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, que le requérant contribuerait à l'entretien et l'éducation de ses enfants. En tout état de cause, la décision attaquée n'a ni pour objet ni pour effet de séparer les enfants de l'un ou l'autre de leur parent. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées du 1. de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant ne peut qu'être écarté comme inopérant.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

10. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

11. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 5 et 7, M. B n'est pas fondé à soutenir que le préfet de la Haute-Garonne aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

12. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision fixant le pays de renvoi.

13. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 7, M. B n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

14. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté préfectoral du 5 février 2024.

Sur les autres conclusions de la requête :

15. Dès lors que le présent jugement rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles relatives aux frais de l'instance ne peuvent qu'être également rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à C B et au préfet de la Haute-Garonne.

Délibéré après l'audience du 18 juin 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Molina-Andréo, présidente,

Mme Soddu, première conseillère,

Mme Biscarel, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 juillet 2024.

La présidente-rapporteure,

B. MOLINA-ANDRÉO

La première assesseure,

N. SODDU

La greffière,

S. BALTIMORE

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions