vendredi 22 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2401275 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | HERRMANN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 mars 2024, M. C A, représenté par Me Elmosnino, demande au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du 13 décembre 2023 par laquelle le directeur de l'Ecole nationale de l'aviation civile (ENAC) a mis fin à sa scolarité ;
2°) de mettre à la charge de l'ENAC la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
s'agissant de la condition tenant à l'urgence :
-la décision litigieuse préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation en ce que, alors qu'il est ingénieur du contrôle de la navigation aérienne (ICNA) stagiaire, elle aura pour effet d'emporter sa radiation du corps et de le priver de la perception de son traitement, affectant ainsi sa situation financière et obérant notamment le paiement du loyer de son appartement ;
-la formation supérieure du master management et contrôle du trafic aérien (MCTA) se concilie très difficilement avec un arrêt de plusieurs années le temps d'attendre une décision au fond ;
-il y a en tout état de cause présomption d'urgence dès lors que, dans l'hypothèse d'une annulation au fond de la décision querellée, celui-ci aura vraisemblablement déjà produit tous ses effets sur sa situation ;
s'agissant de la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :
-le motif fondant la décision litigieuse tiré de ce qu'il aurait rencontré d'importantes difficultés en début de scolarité est entaché d'une erreur de qualification juridique et donc illégal ;
-en retenant le motif tenant à l'existence d'une décision d'arrêt de formation prise par le chef adjoint de la navigation aérienne de Nouvelle-Calédonie consécutivement à une commission de formation en unité (CFU), le directeur de l'ENAC s'est à tort estimé lié par une telle décision préalable et a ainsi commis une erreur de droit et une erreur de qualification juridique des faits, ce d'autant qu'il n'est pas établi que la CFU s'est légalement réunie et qu'en outre cette décision d'arrêt de formation a été incompétemment prise par le chef adjoint du service de la navigation aérienne de Nouvelle-Calédonie, seul le directeur de l'ENAC ayant compétence pour prendre une telle décision ;
-il ne pouvait se voir reprocher un temps de formation anormalement long après 7 mois seulement de formation dans le déroulement de son semestre 9 ;
-en l'absence de plan de formation de semestre 9 élaboré par le responsable de formation, aucun élément ne permet de justifier de la réalité des difficultés qu'il aurait prétendument rencontrées ;
-aucune solution d'adaptation dans la pratique n'a été mise en place et aucune fiche de progression ne signale des difficultés d'apprentissages autres que celles tout à fait classiques à ce stade ni ne mentionne les reproches énoncés par la CFU ;
-le motif tiré de l'absence de proposition d'affectation est inopérant dès lors qu'il appartient au directeur de l'ENAC lui-même de rechercher si une autre affectation est possible, ce alors même que le centre de Tontouta a plusieurs fois indiqué être parfaitement disposé à le former.
Par un mémoire en défense et un mémoire complémentaire, tous deux enregistrés le 19 mars 2024, l'Ecole nationale de l'aviation civile, représentée par Me Herrmann, conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge de M. A la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
-la requête est irrecevable dès lors que M. A n'établit pas avoir fait enregistrer par le greffe du tribunal un recours en excès de pouvoir contre la décision litigieuse ;
-elle est également irrecevable en ce que la décision contestée est en quelque sorte confirmative de celle qui a été adoptée le 3 août 2023 par l'employeur public du requérant, à savoir la direction de l'aviation civile de Nouvelle-Calédonie ;
-elle est encore irrecevable au motif que la suspension réclamée aurait pour conséquence de replacer M. A dans le cycle de formation qui était le sien au jour de la décision litigieuse, ce qui revient à prendre une mesure quasi-définitive qui serait absolument identique en ses effets à celle que pourrait prendre le tribunal administratif de Toulouse dans le cadre du recours pour excès de pouvoir que l'intéressé aurait engagé au fond ;
-si, s'agissant de la condition tenant à l'urgence, M. A allègue que la décision contestée affectera sa situation financière, il apparaît qu'il est agent public de la Nouvelle-Calédonie et les rapports pécuniaires ne concernent que son employeur ;
-en tout état de cause, l'intéressé ne conteste pas ne pas avoir satisfait aux standards exigés par cette formation spécifique du master en management et contrôle du trafic aérien (MCTA), et il ne saurait utilement exciper d'une quasi-certitude de sortir diplômé de l'ENAC du cursus de contrôleur aérien ;
-le requérant n'apporte aucun élément tangible et démonstratif d'une impossibilité de poursuivre sa formation au sein d'une autre structure interne à la direction de l'aviation civile de la Nouvelle-Calédonie alors-même qu'il lui est proposé de rester en son sein eu égard à sa réussite en 2019 au concours externe d'ingénieur des systèmes électroniques de la sécurité aérienne de Nouvelle-Calédonie (IESSA-NC) ;
-le service de la navigation aérienne de Nouvelle-Calédonie était parfaitement légitime pour délivrer une décision d'arrêt de formation en unité à l'égard du stagiaire défaillant ;
-et qu'aucun des moyens de la requête n'est propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de cette décision.
Vu :
-les autres pièces du dossier ;
-la requête n° 2401299 enregistrée le 5 mars 2024 tendant à l'annulation de la décision contestée.
Vu :
- le code de l'aviation civile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 20 mars 2024, en présence de Mme Guérin, greffière d'audience :
-le rapport de M. B,
-les observations de Me Elmosnino, représentant M. A, qui a repris ses écritures,
-et les observations de Me Herrmann, représentant l'ENAC, qui a repris ses écritures.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ".
2. Il appartient au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative d'une demande tendant à la suspension d'une décision administrative, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de cette décision sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence, qui doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, justifie la suspension de l'exécution d'un acte administratif lorsque celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. L'office du juge des référés, saisi de conclusions à fin de suspension, le conduit à porter sur l'urgence une appréciation objective, concrète et globale, au vu de l'ensemble des intérêts en présence, afin de déterminer si, dans les circonstances particulières de chaque affaire, il y a lieu d'ordonner une mesure conservatoire à effet provisoire dans l'attente du jugement au fond de la requête à fin d'annulation de la décision contestée.
3. En l'espèce, si M. A allègue que la décision contestée aura pour effet d'emporter sa radiation du corps des ingénieurs du contrôle de la navigation aérienne (ICNA) et de le priver de la perception du traitement afférent, avec pour conséquence d'affecter sa situation financière, il ne conteste pas qu'il lui a été proposé par son employeur, la direction de l'aviation civile de la Nouvelle-Calédonie, de demeurer dans les effectifs dans la mesure où il a été lauréat en 2019 au concours externe d'ingénieur des systèmes électroniques de la sécurité aérienne de Nouvelle-Calédonie (IESSA-NC). Dans ces conditions, et en l'état de l'instruction, l'existence d'une situation d'urgence susceptible de conduire le juge des référés à faire usage des pouvoirs qu'il tient de l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'est pas caractérisée. Par suite, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité de la requête ni de se prononcer sur la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, il y a lieu de rejeter les conclusions de M. A tendant à la suspension de l'exécution de cette décision.
Sur les frais liés au litige :
4. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Ecole nationale de l'aviation civile, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. A, au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. A la somme demandée par l'Ecole nationale de l'aviation civile, au même titre.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de l'Ecole nationale de l'aviation civile présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A et à l'Ecole nationale de l'aviation civile.
Fait à Toulouse, le 22 mars 2024.
Le juge des référés,
B. B
La greffière,
S. GUERIN
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
la greffière en chef,
ou par délégation, la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026