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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2401820

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2401820

jeudi 4 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2401820
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantHERRMANN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 27 mars 2024, la commune de Muret, représentée par Me Herrmann, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner l'expulsion de la société PIMA et de tout occupant de son chef ainsi que l'évacuation de l'ensemble des éléments mobiliers dont elle est propriétaire, au besoin avec le concours de la force publique, de l'espace relevant du domaine public communal au droit de son local commercial sis 5 avenue Jacques Douzans, sous astreinte d'une somme de 200 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à venir ;

2°) de mettre à la charge de la société PIMA la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle expose que :

-la société PIMA occupe sans droit ni titre, avec ses équipements mobiliers, l'espace relevant du domaine public constitué par le trottoir au droit de son local commercial ;

-ces équipements mobiliers limitent la circulation double des piétons et des cycles, dans un secteur central et extrêmement passant du centre-ville et créent une situation de dangerosité et de gêne pour les usagers ;

-la mesure sollicitée ne se heurte à aucune contestation sérieuse, ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative et s'avère à la fois urgente et utile.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ".

2. Saisi sur ce fondement d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, dont l'expulsion d'occupants sans titre du domaine public, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.

3. Pour sa part, l'autorité domaniale est tenue, par application des principes régissant la domanialité publique, de veiller à l'utilisation normale et au maintien de l'intégrité du domaine public et d'exercer à cet effet les pouvoirs qu'elle tient de la législation en vigueur. À cette fin, elle peut notamment saisir le juge administratif des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'une demande tendant à ce que celui-ci prononce toute mesure utile.

4. Par ailleurs, aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique (). ". L'article L. 522-3 de ce même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

5. En l'espèce, il ressort des pièces versées dans l'instance que le maire de Muret a, par un arrêté en date du 1er janvier 2023, autorisé la société PIMA, qui exploite une pizzeria à l'enseigne " Le Mongelli ", à installer pour la période courant du 1er janvier 2023 au 31 décembre 2023 des tables et des chaises sur le trottoir au droit de son local commercial situé 5 avenue Jacques Douzans, soit sur le domaine public communal. Ayant constaté une occupation des lieux au-delà de la surface autorisée par cet arrêté ainsi que l'installation d'abord de larges parasols, puis de paravents et de jardinières, le tout formant un espace clos, et estimant que cet aménagement était de nature à entraver la circulation piétonne et des cycles en cet endroit, le maire a, par lettre du 9 octobre 2023, mis en demeure la société PIMA de retirer sans délai les panneaux rigides et les jardinières non autorisés, en vain. En conséquence, par arrêté du 28 novembre 2023, le maire a suspendu pour une durée d'un mois les effets de l'arrêté précité du 1er janvier 2023. Par exploit d'huissier du 7 mars 2024, la société PIMA a été sommée de libérer le domaine public sous 48 heures. Par la présente requête, la commune de Muret demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner l'expulsion de la société PIMA ainsi que l'évacuation de l'ensemble des éléments mobiliers dont elle est propriétaire de l'espace relevant du domaine public communal au droit de son local commercial sis 5 avenue Jacques Douzans.

6. Alors même que l'occupation des lieux par la société PIMA serait illicite et que, comme il a été dit au point 3 ci-dessus, l'autorité domaniale est tenue, en vertu des principes régissant la domanialité publique, de veiller à l'utilisation normale et au maintien de l'intégrité du domaine public, les seules pièces versées dans l'instance, notamment les clichés photographiques des lieux, ne suffisent pas à caractériser une situation de dangerosité et de gêne pour les usagers telle qu'elle puisse faire regarder comme étant satisfaites les conditions d'urgence et d'utilité exigées par l'article L. 521-3 du code de justice administrative précité pour que le juge des référés fasse usage des pouvoirs qu'il tient de ces dispositions. Il y a lieu, par conséquent, de rejeter les conclusions de la commune de Muret tendant à ce que soit prononcée l'expulsion sollicitée.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la commune de Muret est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Muret.

Fait à Toulouse, le 4 avril 2024.

Le juge des référés,

B. A

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

la greffière en chef,

ou par délégation, la greffière,

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