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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2402080

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2402080

mercredi 10 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2402080
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantMIRETE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 avril 2024, M. C D, représenté par Me Mireté, doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 5 avril 2024 par lequel le préfet de l'Hérault l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 250 euros à son conseil sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridique.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :

- elles sont entachées d'un défaut de compétence de leur auteur ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision portant refus d'octroi de délai de départ volontaire :

- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Le préfet de l'Hérault a produit des pièces qui ont été enregistrées le 9 avril 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique,

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Le Fiblec, premier conseiller, pour statuer sur les demandes présentées au titre de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Le Fiblec,

- les observations de Me Mireté, représentant M. D, qui soulève une fin de non-recevoir en faisant valoir que les pièces produites par le préfet de l'Hérault, doivent, à l'exception des pièces numérotées 3 et 4, être écartées des débats compte tenu de ce qu'elles n'ont pas été produites conformément aux dispositions de l'article R. 611-8-5 du code de justice administrative. Me Mireté soulève également deux nouveaux moyens tirés, d'une part, de ce que la décision d'éloignement est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en l'absence d'une décision portant refus de titre de séjour ou refus de renouvellement d'un titre de séjour prise à l'égard du requérant, et d'autre part, de ce que les décisions en litige sont entachées d'une erreur de fait dès lors que le préfet ne démontre pas que l'intéressé est connu des services de police, et conclut, pour les reste, aux mêmes fins par les mêmes moyens,

- les observations de M. D, qui répond aux questions du magistrat désigné,

- le préfet de l'Hérault n'étant ni présent, ni représenté

Considérant ce qui suit :

1. M. D, ressortissant algérien, né le 31 août 2000 à Oran (Algérie) déclare être entré sur le territoire français en mars 2017. Il a bénéficié, du 19 avril 2020 au 20 avril 2021, d'un titre de séjour mention " étudiant ", dont il a sollicité le renouvellement le 19 avril 2021. Par un arrêté du 23 juillet 2022, le préfet de l'Isère a refusé de lui renouveler son titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français. Par un arrêté du 5 avril 2024, le préfet de l'Hérault l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans. Par sa présente requête, M. D demande au tribunal d'annuler les décisions contenues dans ce dernier arrêté.

Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 dispose que : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente () ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de l'intéressé, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur la fin de non-recevoir soulevée par M. D :

3. Aux termes de de l'article R. 412-2 du code de justice administrative : " Lorsque les parties joignent des pièces à l'appui de leurs requêtes et mémoires, elles en établissent simultanément un inventaire détaillé. () Ces obligations sont prescrites aux parties sous peine de voir leurs pièces écartées des débats après invitation à régulariser non suivie d'effet ". Aux termes de l'article R. 611-8-5 du code de justice administrative : " () Le défendeur transmet chaque pièce par un fichier distinct sous peine de voir ces pièces écartées des débats après invitation à régulariser non suivie d'effet.() Par dérogation aux dispositions des deuxième et troisième alinéas, lorsque le défendeur entend transmettre un nombre important de pièces jointes constituant une série homogène eu égard à l'objet du litige, il peut les regrouper dans un ou plusieurs fichiers, à la condition que le référencement de ces fichiers ainsi que l'ordre de présentation, au sein de chacun d'eux, des pièces qu'ils regroupent soient conformes à l'énumération, figurant à l'inventaire, de toutes les pièces jointes à la requête. Le défendeur ne peut alors bénéficier de la dispense de transmission de l'inventaire détaillé prévue au premier alinéa. Ces obligations sont prescrites au défendeur sous peine de voir les pièces écartées des débats après invitation à régulariser non suivie d'effet. ".

4. Le préfet de l'Hérault a transmis au tribunal administratif de Toulouse, le 9 avril 2024, l'entier dossier de la procédure concernant le requérant, sous la forme de quatre fichiers numérotés de 1 à 4, alors que plusieurs pièces ont été regroupées dans les fichiers numérotés 1 et 2 et sans même que le détail de ces pièces ne figure dans l'inventaire joint. Toutefois, les dispositions précitées ne s'opposent pas, compte tenu de l'objet du litige et du caractère d'urgence de la procédure, à ce que ces pièces soient transmises sous cette forme. En tout état de cause, aucune invitation à régulariser n'ayant été adressée au préfet de l'Hérault par le tribunal administratif de Toulouse, les pièces produites ne pouvaient être écartées des débats en application des dispositions précitées. Par suite, la fin de non-recevoir soulevée sur ce point par le requérant doit être écartée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :

5. Par un arrêté du 5 décembre 2023, régulièrement publié le lendemain au recueil administratif spécial n°210 de la préfecture de l'Hérault, le préfet de l'Hérault a donné à

Mme B A, cheffe de la section éloignement, délégation à l'effet de signer tout arrêté ayant trait à une mesure d'éloignement concernant les étrangers séjournant irrégulièrement sur le territoire français. Dès lors, le moyen tiré de ce que les décisions attaquées auraient été prises par une autorité incompétente doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

6. En premier lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier, ni des termes de la décision attaquée, que l'autorité préfectorale n'aurait pas examiné la situation personnelle du requérant. Le moyen soulevé à cet égard doit donc être écarté.

7. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : /()/ 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ;()/ "

8. Il est constant que M. D a bénéficié d'un titre de séjour " étudiant " du

19 avril 2020 au 20 avril 2021 avant de se voir opposer un refus de renouvellement de ce titre assorti d'une obligation de quitter le territoire français par un arrêté du préfet de l'Isère du

23 juillet 2022 et que cette décision de refus de renouvellement de titre de séjour est devenue définitive. Par suite, le préfet de l'Hérault pouvait fonder l'obligation de quitter le territoire français en litige sur les dispositions du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sans commettre d'erreur de droit. Le moyen invoqué à cet égard doit être écarté.

9. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

10. M. D ne justifie ni d'une présence ancienne et continue sur le territoire français, ni de liens d'une particulière intensité en France, et ne démontre pas une particulière intégration sur le territoire français. En outre, il n'établit pas être dépourvu d'attaches en Algérie où résident, selon ses déclarations devant les services de gendarmerie le 5 avril 2024, ses parents, ses deux frères et sa sœur. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier, et notamment du procès-verbal d'investigations établi par les services de gendarmerie le 5 avril 2024, que M. D est connu en tant que mis en cause dans le fichier des antécédents judiciaires pour des faits de violences sur personne dépositaire de l'autorité publique avec incapacité totale de travail n'excédant pas huit jours et outrage à personne dépositaire de l'autorité publique commis en 2022 sur la commune d'Echirolles, en Isère, et qu'il a été placé en garde à vue le 4 avril 2024 pour des faits de vol à l'étalage qu'il a reconnus, de sorte que sa présence en France doit être regardée comme constituant une menace réelle et actuelle pour l'ordre public. Dans ces conditions, le préfet de l'Hérault n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels la décision litigieuse a été prise. Pour les mêmes motifs, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation. Les moyens invoqués à cet égard doivent être écartés.

En ce qui concerne la décision portant refus d'octroi de délai de départ volontaire :

11. En premier lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier, ni des termes de la décision en litige, que le préfet n'aurait pas examiné, comme il y est tenu, la situation personnelle du requérant. Le moyen d'erreur de droit invoqué à cet égard doit être écarté.

12. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 10 du présent jugement, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

13. En troisième lieu, selon l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Et selon son article L. 612-3 : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; ( )5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, () qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale () ".

14. Il résulte de l'arrêté attaqué que, pour refuser l'octroi d'un délai de départ volontaire à M. D, le préfet de l'Hérault s'est fondé sur les dispositions précitées des 1° et 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et sur les dispositions des 5° et 8° de l'article L. 612-3 du même code. En l'espèce, il résulte de ce qui a été dit au point 10 du présent jugement que le comportement de l'intéressé constitue une menace pour l'ordre public. En outre, il ressort des pièces du dossier que M. D a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement le 23 juillet 2022, qu'il ne démontre pas avoir exécutée en déclarant être parti en Belgique. Enfin, l'intéressé ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation, de sorte qu'il ne présente pas, pour cette seule raison, de garanties de représentation suffisantes au sens des dispositions du 8° de l'article L. 612-3 précité. Dans ces conditions, le préfet, a pu légalement refuser d'accorder à

M. D un délai de départ volontaire. Par suite, les moyens tirés de l'erreur de fait et de l'erreur manifeste d'appréciation dont serait entachée la décision en litige doivent être écartés.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

15. En premier lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté attaqué, ni des pièces du dossier, que le préfet n'aurait pas procédé à un examen suffisant de la situation de l'intéressé. Par suite le moyen invoqué sur ce point doit être écarté.

16. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. () ". Aux termes de l'article

L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction prévue à l'article L. 612-11 ".

17. Il résulte de ce qui a été dit aux points précédents que le requérant ne justifie ni d'une présence ancienne et continue sur le territoire français, ni de liens particulièrement intenses et stables avec la France, que sa présence sur le territoire national représente une menace pour l'ordre public et qu'il a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement le 23 juillet 2022. Dans ces conditions, le préfet de l'Hérault a pu, en l'absence de circonstances humanitaires, sans entacher sa décision d'une erreur d'appréciation, prendre à l'encontre de M. D une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée fixée à trois ans. Par suite, le moyen invoqué à cet égard doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet de l'Hérault aurait méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou qu'il aurait entaché la décision en litige d'une erreur de fait.

18. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet de l'Hérault du 5 avril 2024.

Sur les frais liés au litige :

19. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à Me Mireté la somme réclamée en application des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : M. D est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C D, à Me Mireté et au préfet de l'Hérault.

Lu en audience publique le 10 avril 2024

Le magistrat désigné,

B. LE FIBLEC Le greffier,

A. ROUZET

La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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