lundi 6 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2402125 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | REYNAUD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 9 avril 2024 et le 23 avril 2024, Mme D C et Mme B A, cette dernière étant représentée par sa fille D C en sa qualité de tutrice légale, toutes deux représentées par Me Vimini, demandent au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 23 décembre 2022 du maire de la commune de Marcillac-Vallon portant permis de construire au bénéfice de la commune de Marcillac en vue de réhabiliter un ancien presbytère en médiathèque, école de musique et une grande salle de répétition ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Marcillac-Vallon la somme de 3 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- elles disposent de la capacité pour agir en justice ;
-voisines immédiates du projet litigieux, et eu égard aux nuisances qui vont résulter de la réalisation de ce projet et à la perte de valeur vénale que leur bien va subir en conséquence de cette réalisation, elles justifient d'un intérêt leur donnant qualité pour agir ;
-le permis de construire en cause n'ayant jamais fait l'objet d'un affichage, le délai de recours contentieux n'a pas commencé à courir et leur requête au fond est donc recevable rationae temporis ;
-l'unique affichage réalisé sur un panneau de permis ne comporte pas les mentions obligatoires, en particulier la hauteur de l'extension projetée alors qu'une telle information revêt un caractère substantiel, de sorte que le délai de recours de droit commun n'a pas commencé à courir ;
-la seule production de photographies et d'un procès-verbal de constat d'état des lieux en date du 7 juin 2023, et non pas d'un constat d'affichage, n'a pas pour effet d'attester de la continuité de l'affichage sur le terrain durant 2 mois ;
-conformément à l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme, la présente requête en référé a été introduite avant l'expiration du délai de cristallisation des moyens ;
-la requête au fond a, conformément à l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme, été notifiée par lettre recommandée avec accusé de réception au titulaire du permis, soit à la commune de Marcillac-Vallon, laquelle est à la fois autorité délivrante et bénéficiaire ;
s'agissant de la condition tenant à l'urgence :
-en matière de contestation de permis de construire comme en l'espèce, l'urgence est présumée ;
-les travaux sont avancés ;
-l'urgence à installer un ascenseur et un escalier, et surtout, à cet endroit précis, n'est pas établie ;
s'agissant de la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :
-la compétence de la signataire de l'acte attaqué n'est pas établie ;
-alors que le projet en litige a pour objet la réhabilitation d'un ancien presbytère, qui doit être considéré comme un établissement recevant du public, prévoyant la modification des accès existants ainsi que l'aménagement des escaliers et d'une rampe, aucune étude de sécurité publique n'a été réalisée, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 114-1 du code de l'urbanisme ;
-le projet méconnaît l'article Ua 2 du règlement du plan local d'urbanisme ;
-il méconnaît l'article Ua 7 du règlement du plan local d'urbanisme ;
-il méconnaît les dispositions du règlement du PPRi en ce qu'elles ne permettent les extensions de constructions nécessaires aux services publics ou d'intérêt collectif que s'il s'agit de locaux techniques et en ce qu'elles proscrivent l'accroissement des capacités d'accueil ;
-le bâtiment étant inscrit en zone d'aléa fort inondation, l'extension du bâtiment est limitée à environ 102m² d'emprise au sol.
Par des mémoires en défense enregistrés le 22 avril 2024 et le 23 avril 2024, la commune de Marcillac-Vallon, représentée par Me Reynaud, conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge de Mme C et de Mme A la somme globale de 3 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
-les requérantes ne justifient pas d'un intérêt à agir, l'édification de l'extension ne modifiant d'aucune manière la situation préexistante et l'ensoleillement de la terrasse de leur bien n'étant aucunement impacté par le projet ;
-la réalité de la perte de valeur vénale de leur bien en conséquence de la réalisation du projet litigieux n'est pas établie ;
-la réalité des prétendues nuisances que générerait la réalisation du projet en cause n'est pas établie ;
-le recours des requérantes est tardif, l'affichage du permis de construire sur le terrain ayant été effectué à compter du 19 janvier 2023, en trois points différents, de manière continue durant deux mois, et cet affichage complet et régulier n'étant pas sérieusement contesté par les requérantes ;
-à titre subsidiaire, l'action des requérantes est en tout état de cause forclose, un délai de plus d'un an s'étant écoulé entre la date d'affichage du permis de construire, le 19 janvier 2023, et la date d'introduction de leur requête au fond, enregistrée le 24 janvier 2024 ;
-la condition tenant à l'urgence n'est pas satisfaite dès lors que leur demande intervient plus d'un an et 2 mois après l'affichage du permis de construire sur le terrain, que les requérantes ne justifient d'aucun préjudice, ou à tout le moins d'aucun préjudice d'une gravité suffisante ;
-en tout état de cause, il existe en l'espèce un intérêt public qui s'attache à la réalisation de l'ouvrage qui facilitera l'accès des personnes handicapées ;
-les travaux sont quasiment achevés ;
-et qu'aucun des moyens de la requête n'est propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de cette décision.
Vu :
-les autres pièces du dossier ;
-la requête n° 2400433 enregistrée le 24 janvier 2024 tendant à l'annulation de la décision contestée.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. E pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 24 avril 2024, en présence de Mme Guérin, greffière d'audience :
-le rapport de M. E,
-les observations de Me Vimini, représentant Mme C et Mme A, qui a repris ses écritures, en ajoutant qu'il ne s'agit pas d'une simple réhabilitation mais d'une construction nouvelle, soumise aux règles de hauteur,
-et les observations de Me Reynaud, représentant la commune de Marcillac-Vallon, qui a repris ses écritures, en précisant que la hauteur ne présente pas un caractère substantiel dès lors qu'il s'agit bien d'une réhabilitation et que la hauteur de l'extension ne dépasse pas celle du bâtiment actuel.
La clôture de l'instruction a été différée au 30 avril 2024.
Par un mémoire enregistré le 29 avril 2024, Mme C et Mme A concluent aux mêmes fins que leur requête.
Par un mémoire enregistré le 30 avril 2024, la commune de Marcillac-Vallon persiste dans ses écritures.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ".
2. Aucun des moyens visés ci-dessus n'est de nature, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée. Il y a dès lors lieu, sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité de la requête ni de se prononcer sur la condition relative à l'urgence, de rejeter les conclusions de Mme C et Mme A tendant à la suspension de l'exécution de cette décision.
Sur les frais liés au litige :
3. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Marcillac-Vallon, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme C et Mme A demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge solidaire de Mme C et Mme A une somme globale de 1 000 euros au titre des frais exposés par la commune de Marcillac-Vallon et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme C et Mme A est rejetée.
Article 2 : Mme C et Mme A verseront solidairement à la commune de Marcillac-Vallon une somme globale de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée Mme D C en sa qualité de représentant unique au sens et pour l'application des dispositions de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, et à la commune de Marcillac-Vallon.
Fait à Toulouse, le 6 mai 2024.
Le juge des référés,
B. E
La greffière,
S. GUERIN
La République mande et ordonne au préfet de l'Aveyron en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
la greffière en chef,
ou par délégation, la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026