lundi 13 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2402156 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | MASAROTTO ANOUCHKA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 avril 2024, M. C A, représenté par Me Masarotto, demande au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de suspendre l'exécution de la décision du 20 mars 2024 du président du conseil départemental du Tarn portant rupture de son contrat jeune majeur ;
3°) d'enjoindre au président du conseil départemental du Tarn, d'une part, de reprendre sa prise en charge au titre du contrat jeune majeur signé le 18 mars 2024 dans un délai de 48 heures suivant la notification de l'ordonnance à intervenir, d'autre part, d'adapter cette prise en charge à ses besoins particuliers notamment d'interprétariat en bengali, de suivi psychologique et de formation professionnelle, de manière à permettre la régularisation de son droit au séjour avant son 19ème anniversaire, ce sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter d'un délai de 48 heures ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, la somme de 1 000 euros à verser à son conseil en application de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle, sous réserve que son conseil renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et, dans l'hypothèse où il ne serait pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat cette même somme sur le seul fondement de l'article L. 761-1.
Il soutient que :
s'agissant de la condition tenant à l'urgence :
-le jour-même où il s'est vu notifier la décision en cause, il s'est fait interpeler par les services de police et a été placé en rétention administrative après avoir fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français et il vit depuis lors dans la plus grande précarité puisqu'il s'est retrouvé sans aucun lieu d'hébergement, sans ressource et sans aucun soutien familial ;
-la rupture du contrat jeune majeur le laisse sans accès à un cursus scolaire alors qu'il atteindra l'âge de 19 ans en décembre 2024 et qu'il doit donc régulariser sa situation administrative avant cette échéance ;
-il ne pourra pas réaliser le bilan de santé qui était prévu dans le cadre de sa prise en charge alors que son état psychologique impose la mise en place d'un suivi rapidement ;
-il ne pourra pas bénéficier de l'accompagnement nécessaire pour faire les démarches administratives de demande de titre de séjour ;
s'agissant de la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :
-le motif opposé pour justifier la décision litigieuse est entaché d'inexactitude matérielle des faits et révèle un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle ;
-en ne prenant pas en compte son instabilité psychologique pour apprécier sa situation, le conseil départemental du Tarn a entaché la décision contestée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 26 avril 2024, le département du Tarn, représenté par Me Constans, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
-en maintenant expressément son refus de réintégrer le CEP, en demandant à quitter le service et en signant le courrier indiquant explicitement que le contrat jeune majeur prenait fin, l'intéressé s'est placé lui-même dans une situation d'urgence ;
-suite à un nouvel entretien, un nouveau contrat jeune majeur pourra être signé le 2 mai 2024 ;
-et qu'aucun des moyens de la requête n'est propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de cette décision.
Vu :
-les autres pièces du dossier, notamment le recours administratif préalable obligatoire du 9 avril 2024.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 29 avril 2024, en présence de Mme Tur, greffière d'audience :
-le rapport de M. B,
-les observations de Me Masarotto, représentant M. A,
-et les observations de Me Da Silva, représentant le département du Tarn.
La clôture de l'instruction a été différée au 6 mai 2024.
Par un mémoire enregistré le 3 mai 2024, le département du Tarn a produit le nouveau contrat jeune majeur conclu avec M. A en date du 2 mai 2024.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'admission à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête, de prononcer l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle de M. A.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. Un requérant n'est recevable à demander au juge des référés d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution d'une décision à l'encontre de laquelle il a formé par ailleurs un recours en annulation que pour autant que la mesure dont il sollicite le prononcé a un objet. Si, postérieurement à l'introduction d'une requête en référé, cet objet vient à disparaître, soit au motif que la décision dont la suspension était réclamée a produit l'intégralité de ses effets, soit parce qu'une nouvelle décision de l'administration donne satisfaction au demandeur, soit enfin en raison de l'intervention de la décision du juge saisi au principal sur le recours en annulation, il n'y a pas lieu pour le juge des référés de statuer. Dans le cas où le litige ressortit à sa compétence, il est tenu de constater, au besoin d'office, la disparition de son objet.
4. Il ressort des pièces versées dans l'instance que, postérieurement à la tenue de l'audience publique, le département du Tarn a conclu un nouveau contrat jeune majeur avec M. A. L'administration doit ainsi être regardée comme ayant donné satisfaction à l'intéressé et l'objet de la présente requête a dès lors disparu. Il en résulte qu'il n'y a plus lieu pour le juge des référés de statuer sur ses conclusions tendant à la suspension de l'exécution de la décision du 20 mars 2024 susvisée ni sur ses conclusions aux fins d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
5. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de M. A présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A est provisoirement admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A, à Me Masarotto et au département du Tarn.
Fait à Toulouse, le 13 mai 2024.
Le juge des référés,
B. B
La greffière,
P. TUR
La République mande et ordonne au préfet du Tarn en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
la greffière en chef,
ou par délégation, la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026