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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2402388

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2402388

mardi 30 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2402388
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantCONTE MORGANE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 20 avril 2024, régularisée le 24 avril 2024, un mémoire et deux pièces enregistrés les 24 et 25 avril 2024, M. A B, représenté par Me Conte doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler, à titre principal, l'arrêté en date du 3 avril 2024 par lequel la préfète du Lot l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an, ainsi que l'arrêté du même jour par lequel la même autorité l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours, et à titre subsidiaire, si le tribunal devait considérer que l'arrêté du 3 avril 2024 contenant la mesure d'éloignement comporte également une décision refusant de lui octroyer un titre de séjour, d'annuler cette dernière décision, outres les autres décisions dont l'annulation est sollicitée à titre principal ;

3°) d'enjoindre à la préfète du Lot de procéder au réexamen immédiat de sa situation à compter de la notification du jugement à intervenir.

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros à son conseil, en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridictionnelle et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et, dans l'hypothèse où il ne serait pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, le versement de cette somme au seul visa de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il doit être regardé comme soutenant que :

En ce qui concerne les décisions portant refus de séjour et la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est privée de base légale et est entachée d'une erreur de droit en l'absence d'une décision portant refus de séjour ;

- à titre subsidiaire, si le tribunal considère que l'arrêté porte également refus de séjour, cette décision est insuffisamment motivée et est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des stipulations de l'article 6 (5) de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle méconnaît le principe du contradictoire ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen ;

- elle est entachée d'une erreur de droit, car il pouvait prétendre à un titre de séjour de plein droit sur le fondement de l'article 6 (5) de l'accord franco-algérien :

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa vie privée et familiale ;

En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :

- elle est privée de base légale et entachée d'une erreur de droit dans la mesure où elle est fondée sur une décision portant obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle méconnaît le principe du contradictoire ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, car il ne constitue pas une menace pour l'ordre public ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est dépourvue de base légale ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle méconnaît le principe du contradictoire ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation ;

- elle porte une atteinte au droit à un procès équitable ;

En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :

- elle est dépourvue de base légale ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, car il ne constitue pas une menace pour l'ordre public.

Par un mémoire en défense et une pièce enregistrés les 24 et 25 avril 2024, la préfète du Lot conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code des relations entre le public et l'administration,

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique,

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Le Fiblec, premier conseiller, pour statuer sur les demandes présentées au titre de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Le Fiblec,

- les observations de Me Conte, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens,

- les observations de M. B, qui répond aux questions du magistrat désigné,

- la préfète du Lot n'étant ni présente, ni représentée.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant algérien né le 20 décembre 2005 à Mostaganem (Algérie), déclare être entré sur le territoire français en mars 2020. Il a sollicité le 3 août 2023 son admission au séjour en qualité de travailleur temporaire sur le fondement de l'article 7 e) de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Par des arrêtés du 3 avril 2024, la préfète du Lot a implicitement refusé de délivrer à l'intéressé le titre de séjour sollicité, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi, l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an et l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.

Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 dispose que : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente () ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de l'intéressé, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur l'étendue du litige et sur la compétence du magistrat désigné :

3. Il résulte des dispositions des articles L. 614-1, L. 614-8 et L. 732-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qu'en cas de placement en rétention ou d'assignation à résidence d'un étranger en situation irrégulière, les requêtes dirigées contre les décisions faisant obligation de quitter le territoire et interdiction de retour sur ce territoire prises à son encontre, les décisions fixant le délai de départ volontaire et le pays de destination, ainsi que la décision d'assignation à résidence en procédant, doivent être instruites et jugées selon les dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, ces dispositions et celles de l'article R. 776-17 du code de justice administrative font obstacle à ce que le magistrat désigné en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, saisi de la situation d'un étranger placé en centre de rétention administrative ou assigné à résidence à la suite d'une décision de refus de séjour assortie d'une obligation de quitter le territoire français, examine la décision de refus de séjour qui relève de la compétence de la formation collégiale du tribunal administratif.

4. En l'espèce, par un arrêté du 3 avril 2024 la préfète du Lot a assigné

M. B à résidence dans le département du Lot pour une durée de quarante-cinq jours. Il résulte de ce qui a été dit au point 1 du présent jugement que, par l'arrêté du même jour portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de renvoi et interdisant à l'intéressé le retour sur le territoire français pour une durée d'un an, la préfète du Lot a implicitement rejeté la demande de titre de séjour sollicitée par ce dernier, qui a présenté, le cas échéant, des conclusions aux fin d'annulation de cette décision. Du fait de l'assignation à résidence de M. B, le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif se trouve saisi de l'ensemble des conclusions de la requête de l'intéressé, à l'exception de celles tendant à l'annulation de la décision portant refus de titre de séjour, dont l'examen relève de la compétence d'une formation collégiale. Par suite, l'examen des conclusions dirigées contre le refus de titre de séjour doit être renvoyé devant une formation collégiale de ce tribunal.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

S'agissant de l'exception d'illégalité de la décision portant refus de séjour :

5. En premier lieu, l'arrêté en litige comporte l'ensemble des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision portant refus de titre de séjour. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision attaquée ne peut qu'être écarté.

6. En second lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant aurait sollicité un titre de séjour sur le fondement de l'article 6 (5) de l'accord franco-algérien, et la préfète du Lot ne s'est pas prononcée sur son droit au séjour sur ce fondement. Par suite, M. B ne peut utilement soutenir que la décision contestée méconnaitrait ces stipulations.

7. Il résulte de tout ce qui précède que la décision portant refus de séjour n'est pas illégale. Par voie de conséquence, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français serait privée de base légale.

S'agissant des autres moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français :

8. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 1 du présent jugement que M. B a sollicité la délivrance d'un certificat de résidence " travailleur temporaire " sur le fondement des stipulations de l'article 7 e) de l'accord franco-algérien qui a fait l'objet d'une décision implicite de rejet opposée à l'intéressé par la préfète du Lot dans son arrêté du 3 avril 2024. Par suite, il résulte de ce qui vient d'être dit et de ce qui a été dit aux points 5 à 7 du présent jugement que le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français serait entachée d'un défaut de base légale et d'une erreur de droit en l'absence d'une décision portant refus de séjour.

9. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué comporte les considérations de droit et de fait sur lesquelles la décision portant obligation de quitter le territoire français est fondée. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

10. En troisième lieu, il résulte de l'ensemble des dispositions du livre VI du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le législateur a entendu déterminer l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises les décisions par lesquelles l'autorité administrative signifie à l'étranger l'obligation dans laquelle il se trouve de quitter le territoire français, des décisions par lesquelles l'administration octroie ou refuse un délai de départ volontaire, fixe le pays à destination duquel il sera reconduit et lui interdit le retour sur le territoire français. Dès lors, les dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration, qui fixent les règles générales de procédure applicables aux décisions devant être motivées en vertu de l'article L. 211-2 du même code et prévoient notamment la mise en œuvre d'une procédure contradictoire préalable à leur édiction, ne peuvent être utilement invoquées à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

11. En quatrième lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté attaqué, ni des pièces du dossier, que la préfète n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation du requérant. Par suite, le moyen d'erreur de droit invoqué sur ce point doit être écarté.

12. En cinquième et dernier lieu, d'une part, l'autorité préfectorale ne peut légalement obliger un étranger à quitter le territoire français si celui-ci réunit les conditions d'attribution de plein droit d'un titre de séjour. Et aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () /5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ; () ".

13. D'autre part, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

14. En l'espèce, s'il est constant que M. B, qui déclare être entré sur le territoire français en mars 2020 à l'âge de quatorze ans, a été placé sous tutelle par une ordonnance du

18 octobre 2022 du juge de la protection des mineurs du tribunal judiciaire de Toulouse, a été pris en charge par les services du conseil départemental de la Haute-Garonne en tant que mineur non accompagné de plus de seize ans et a été confié à l'association " Lot pour Toits " depuis le 12 avril 2023, dont il justifie être salarié sur un poste d'agent de maintenance, depuis le 3 octobre 2023 jusqu'au 30 septembre 2024, et s'il se prévaut de notes sociales valorisant son parcours, établies par les équipes en charge de son suivi au sein de cette association, ces éléments ne sont pas de nature à lui permettre de démontrer une intégration sociale ou professionnelle particulière sur le territoire français. Si le requérant se prévaut par ailleurs d'être en couple avec une ressortissante française depuis un an, il ne justifie pas, au regard de cette seule relation, avoir fixé le centre de ses intérêts privés en France, alors qu'il n'établit pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine. Dans ces conditions, la préfète du Lot n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels la décision litigieuse a été prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de ce que la décision contestée serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation de M. B et le moyen tiré de ce que cette décision serait entachée d'une erreur de droit en raison de ce qu'il pouvait prétendre à un titre de séjour de plein droit sur le fondement de l'article 6 (5) de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 doivent être écartés.

En ce qui concerne les décisions portant refus de délai de départ volontaire et portant interdiction de retour sur le territoire français :

15. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / () / "

16. Il résulte de l'arrêté attaqué que, pour refuser l'octroi d'un délai de départ volontaire à M. B la préfète du Lot s'est fondée sur les dispositions précitées du 1° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en retenant que son comportement constituait une menace pour l'ordre public. A cet égard, si la préfète du Lot indique que M. B est connu des forces de sécurité intérieure pour des faits de détention de stupéfiants du 18 août 2020 et des faits d'usage illicite de stupéfiants du 31 juillet 2023, a été mis en examen pour des faits commis en 2022 de transport non autorisé de stupéfiants, ainsi que de détention et d'acquisition non autorisée de stupéfiants, a été placé en détention provisoire dans un établissement pénitentiaire pour mineur C et a été placé dans un centre éducatif fermé à compter du 4 octobre 2022, elle n'a versé aux débats aucun élément de nature à établir la réalité et l'actualité d'une telle menace. Dans ces conditions, et alors que le requérant conteste que son comportement représente une menace pour l'ordre public, la préfète a fait une inexacte application des dispositions citées au point précédent. Par suite, M. B est fondé à obtenir l'annulation de la décision portant refus de délai de départ volontaire pour ce motif, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens soulevés à son encontre.

17. Il résulte de ce qui a été dit au point précédent, qu'il y a lieu d'annuler la décision portant refus de délai de départ volontaire et, par voie de conséquence, la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an qui, en application des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, se trouve privée de base légale.

En ce qui concerne l'arrêté portant assignation à résidence :

18. L'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; / () ".

19. Dès lors que la mesure portant assignation à résidence est fondée sur la décision portant refus de délai de départ volontaire et que cette dernière décision est elle-même entachée d'illégalité, il y a lieu, par voie de conséquence, d'annuler cette mesure.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

20. Aux termes de l'article L. 614-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision de ne pas accorder de délai de départ volontaire est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 731-1, L. 731-3,

L. 741-1 et L. 743-13, et le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cette fin rappelle à l'étranger son obligation de quitter le territoire français dans le délai qui lui sera fixé par l'autorité administrative en application des articles L. 612-1 ou L. 612-2. Ce délai court à compter de sa notification. ".

21. Il résulte de ces dispositions que lorsque le magistrat désigné prononce l'annulation d'une décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire à un étranger obligé de quitter le territoire français, il lui appartient uniquement de rappeler à l'étranger l'obligation qui lui est faite de quitter le territoire français dans le délai qui lui sera fixé par l'autorité administrative, sans qu'il appartienne au juge administratif d'enjoindre au préfet de fixer un délai de départ. Dans ces conditions, les conclusions à fin d'injonction de la requête de M. B qui tendaient à ce qu'il soit enjoint à la préfète du Lot de procéder au réexamen immédiat de sa situation à compter de la notification du jugement à intervenir, doivent être rejetées.

Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :

22. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Conte de la somme de 1 250 euros au titre de l'application combinée des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que Me Conte renonce à percevoir la part contributive allouée par l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée au requérant par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 250 euros sera versée à

M. B sur le fondement des seules dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Les conclusions de la requête de M. B tendant à l'annulation de la décision refusant de lui délivrer un titre de séjour contenue dans l'arrêté de la préfète du Lot du 3 avril 2024 sont renvoyées devant une formation collégiale du présent tribunal.

Article 3 : L'arrêté de la préfète du Lot du 3 avril 2024 portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français sans délai, fixation du pays de renvoi et interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an est annulé en tant qu'il porte refus de délai de départ volontaire et interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.

Article 4 : L'arrêté de la préfète du Lot du 3 avril 2024 portant assignation à résidence est annulé.

Article 5 : Sous réserve de l'admission définitive de M. B à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Conte renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Conte une somme de 1 250 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée au requérant par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 250 euros sera versée à M. B sur le fondement des seules dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 6 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 7 : Conformément aux dispositions de l'article L. 614-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il est rappelé à M. B qu'il est obligé de quitter le territoire français en application de la décision de la préfète du Lot du 3 avril 2024, dans le délai qui lui sera fixé par l'autorité administrative.

Article 8 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Conte et à la préfète du Lot.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 avril 2024.

Le magistrat désigné,

B. LE FIBLEC La greffière,

V. BRIDET

La République mande et ordonne à la préfète du Lot, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

N°2402388

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