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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2402505

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2402505

lundi 29 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2402505
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantMERCIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 26 avril 2024, Mme A C, représentée par Me Mercier, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de la prendre en charge avec son fils dans le cadre de l'hébergement d'urgence sans délai à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle, sous réserve que son conseil renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État et, dans l'hypothèse où elle ne serait pas admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat cette même somme sur le seul fondement de l'article L. 761-1.

Elle soutient que :

-sa demande d'asile vient d'être rejetée définitivement par la CNDA et l'OFII lui a notifié la fin de sa prise en charge l'obligeant à quitter leur hébergement ;

-elle appelle sans relâche les services du " 115 " afin d'obtenir une mise à l'abri pour elle et son fils âgé de quatre ans, en vain ;

-ils se trouvent à la rue dans des conditions d'extrême précarité depuis un mois et cette situation impacte considérablement leur état de santé physique et psychique ;

-ils sont dans une situation de grande détresse matérielle, sanitaire et sociale ;

-elle justifie d'une particulière vulnérabilité en raison du jeune âge de son enfant, qui par ailleurs souffre d'asthme et suit un traitement médicamenteux au long cours ;

-la situation médicale de son fils est manifestement incompatible avec une vie à la rue ;

-en refusant de les prendre en charge, le préfet porte une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté fondamentale que constitue le droit à un hébergement d'urgence.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 de ce code : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 de ce code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".

2. L'usage par le juge des référés des pouvoirs qu'il tient des dispositions de l'article L. 521-2 précité est subordonné à la condition qu'une urgence particulière rende nécessaire l'intervention dans les quarante-huit heures d'une mesure de sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle il est porté atteinte. La seule circonstance qu'une atteinte à une liberté fondamentale serait avérée n'est pas de nature à caractériser l'existence d'une situation d'urgence particulière justifiant l'intervention du juge des référés dans le très bref délai prévu par les dispositions de l'article L. 521-2. Il appartient ainsi au requérant de justifier dans tous les cas de l'urgence, laquelle ne saurait être regardée comme remplie en l'absence d'éléments concrets, propres à chaque espèce, de nature à établir l'urgence des mesures sollicitées dans le cadre de cette procédure particulière de référé qui implique l'intervention du juge dans les plus brefs délais.

3. En l'espèce, si Mme C affirme qu'après avoir été définitivement déboutée de l'asile par décision de la Cour nationale du droit d'asile du 11 mars 2024, elle s'est vu notifier par l'OFII la fin de l'hébergement dont elle bénéficiait jusqu'alors, elle ne produit dans l'instance aucune pièce permettant au juge des référés de vérifier la véracité de cette allégation et, en tout état de cause, de connaître la date de fin de cette prise en charge. A défaut de tout autre élément de nature à expliciter sa situation réelle et actuelle, le relevé d'appels aux services du 115 versé dans l'instance ne fournissant aucune information à cet égard, l'intéressée n'établit pas l'existence d'une situation d'urgence au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative. Par suite, et sans qu'il y ait lieu de rechercher si la condition tenant à l'existence d'une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale est remplie, il y a lieu de rejeter la requête de Mme C selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 précité du même code, sans qu'il soit besoin par ailleurs d'admettre l'intéressée au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

O R D O N N E :

Article 1er : Mme C n'est pas admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme C est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C et à Me Mercier.

Une copie en sera adressée au préfet de la Haute-Garonne.

Fait à Toulouse, le 29 avril 2024.

Le juge des référés,

B. B

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

la greffière en chef,

ou par délégation, la greffière,

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