mercredi 15 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2402556 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SCP CABINET MOUNIELOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique enregistrés les 29 avril et 14 mai 2024, la commune de Bachas, représentée par Me Lacombe-Bouviale, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner l'expulsion de M. A B, ainsi que tout occupant de son chef, de l'appartement situé dans le bâtiment B - ancienne école de Bachas - occupé sans droit ni titre, avec l'assistance d'un serrurier et le concours de la force publique si besoin est, sous astreinte de 500 euros par jour de retard à compter de la signification de l'ordonnance à intervenir ;
2°) de mettre la somme de 2 000 euros à la charge de M. B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle expose que :
- depuis 1995, l'ancienne école située au lieu-dit " les enclos ", qui a fermé en 1973, a été transformée en habitation ; en l'absence de délibération prononçant leur déclassement, les lieux relèvent toujours du domaine public communal ; en 1999, elle a entrepris des travaux de rénovation et y a fait aménager des appartements qu'elle a mis en location ; ignorante des règles de la domanialité publique, elle a conclu des baux de droit commun avec ses locataires dont un au bénéfice de M. B ; suite à un épisode de sécheresse, le bâtiment a subi des dégâts mettant en cause sa solidité et elle a choisi d'entreprendre de lourds travaux de rénovation ; le 4 mars 2022, après avoir arrêté les travaux à entreprendre, elle a notifié à M. B son congé à compter du 30 septembre 2022 ; malgré les rappels effectués, M. B ne donnera pas suite à ce congé et occupe donc le bien sans droit ni titre depuis maintenant deux années ;
- sa présence dans les lieux bloque l'avancement du chantier dont l'ouverture a été prononcée le 4 mars 2024 ; les désordres s'aggravent et mettent en danger la solidité du bâtiment et la sécurité de ses occupants ;
Par un mémoire, enregistré le 13 mai 2024, M. A B, représenté par Me Mouniélou, conclut au rejet de la requête, demande, à titre subsidiaire, qu'une éventuelle astreinte ne soit prononcée qu'à compter du 1er novembre 2024 et, en tout état de cause, que la somme de 1 200 euros soit mise à la charge de la commune au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le juge administratif est incompétent eu égard à l'appartenance du bien au domaine privé communal ; la commune n'établit pas qu'elle n'a pas déclassé ce bien de son domaine public ; à tout le moins, elle aurait dû prendre une telle décision de déclassement ; une telle décision peut être implicite et ressortir de plusieurs indices concordants ;
- les conclusions sont irrecevables pour défaut d'urgence ; la commune ne peut justifier de l'urgence à ordonner son expulsion par la production d'une étude de faisabilité datant de février 2021 ; elle a attendu un an après la production de cette étude pour lui donner son congé ; une procédure parallèle a été introduite devant le juge des contentieux de la protection par assignation notifiée le 29 septembre 2023 ; l'expertise attestant de la dangerosité des locaux n'a pas été établie de manière contradictoire ;
- compte tenu des délais nécessaires à son relogement, l'astreinte dont serait accompagné l'ordre de quitter les lieux pourrait ne commencer à courir qu'à compter du 1er novembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Gueguein pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 14 mai 2024 à 14 h 00, en présence de Mme Guérin, greffière d'audience :
- le rapport de M. Gueguein, juge des référés,
- les observations de Me Lacombe-Bouviale, représentant la commune,
- et les observations de Me Ricci, substituant Me Mouniélou, représentant M. B.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, la commune de Bachas demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner l'expulsion, sans délai et sous astreinte, de M. B de l'appartement qu'il occupe illicitement au sein du bâtiment B de l'ancienne école située 33 rue du Canigou à Bachas.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ".
3. Saisi sur ce fondement d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, dont l'expulsion d'occupants sans titre du domaine public, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.
Sur l'exception d'incompétence de la juridiction administrative :
4. Relèvent des juridictions administratives, sous réserve de dispositions législatives spéciales, et sauf dans le cas de voie de fait ou dans celui où s'élève une contestation sérieuse en matière de propriété, les litiges nés de l'occupation sans titre du domaine public que celle-ci résulte de l'absence de tout titre d'occupation ou de l'expiration, pour quelque cause que ce soit, du titre précédemment détenu.
5. Aux termes de l'article L. 2111-1 du code général de la propriété des personnes publiques : " Le domaine public d'une personne publique () est constitué des biens lui appartenant qui sont soit affectés à l'usage direct du public, soit affectés à un service public pourvu qu'en ce cas ils fassent l'objet d'un aménagement indispensable à l'exécution des missions de ce service public ".
6. Il n'est pas contesté que le logement occupé par M. B est situé dans un ensemble de bâtiments qui abritaient initialement une école et un logement de fonction et appartenaient donc au domaine public communal affecté au service public de l'enseignement. En l'absence de décision de déclassement de ces bâtiments au sein du domaine privé de la commune, la seule circonstance que suite à la fermeture de l'école, ils ont été aménagés pour leur donner un usage d'habitation est indifférente sur leur appartenance au domaine public communal. M. B, qui ne peut utilement invoquer l'engagement d'une action devant le juge des protections du tribunal judiciaire ni l'existence d'une décision implicite de déclassement, n'est donc pas fondé à soutenir que la juridiction administrative serait incompétente pour connaître du présent litige.
Sur les conclusions aux fins d'expulsion :
7. Aux termes de l'article L. 2122-1 du code général de la propriété des personnes publiques : " Nul ne peut, sans disposer d'un titre l'y habilitant, occuper une dépendance du domaine public d'une personne publique mentionnée à l'article L. 1 ou l'utiliser dans des limites dépassant le droit d'usage qui appartient à tous ".
8. Il résulte de l'instruction, et n'est pas réellement contesté par M. B, que dans le courant de l'année 2016, le bâtiment abritant le logement qu'il occupe a subi des désordres très importants de nature à remettre en cause la sécurité de sa structure, que la commune a choisi, après avoir fait réaliser des études de faisabilité, d'entreprendre des travaux de rénovation nécessitant la libération de son appartement, qu'il a refusé de quitter les lieux à compter du 30 septembre 2022, après une demande en ce sens lui accordant un délai de prévenance de six mois, et qu'il se maintient depuis irrégulièrement dans le logement. De plus, l'opération de travaux initiée par un ordre de service du 4 mars 2024, dont le cofinancement dépend des délais de réalisation, a été mise en suspens le même jour par le maître d'œuvre au motif de l'impossibilité de les exécuter tant que les lieux seront habités. En outre, M. B n'a fait état au cours de la procédure d'aucun élément autre que ceux résultant de son absence de diligences dans la recherche d'une nouvelle habitation pour justifier que son expulsion ne soit pas ordonnée ou qu'un délai supplémentaire lui soit accordé. Il s'ensuit que les conditions d'urgence et d'utilité exigées par l'article L. 521-3 du code de justice administrative sont satisfaites et la mesure d'expulsion sollicitée ne se heurte à aucune contestation sérieuse.
9. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu d'ordonner l'expulsion sans délai de M B, occupant sans droit ni titre de l'appartement situé au 33 rue du Canigou à Bachas, sous peine d'en être expulsé avec le concours de la force publique qu'il appartiendra à la commune de requérir. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte de 50 euros par personne et par jour de retard, à défaut d'exécution dans un délai d'une semaine à compter de la notification de la présente ordonnance.
Sur les conclusions relatives aux frais de l'instance :
10. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de M. B la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint à M. B de quitter l'appartement situé 33 rue du Canigou à Bachas, sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter d'un délai d'une semaine suivant la notification de la présente ordonnance, sous peine d'en être expulsé avec le concours de la force publique.
Article 2 : M. B versera la somme de 1 000 euros à la commune de Bachas en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B et à la commune de Bachas.
Une copie en sera transmise au préfet de la Haute-Garonne.
Fait à Toulouse, le 15 mai 2024.
Le juge des référés,
S. GUEGUEINLa greffière,
S. GUÉRIN
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
la greffière en chef,
ou par délégation, la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026