mardi 21 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2402702 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | GOUTAL ALIBERT & ASSOCIES AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 mai 2024, Mme B C, représentée par Me Sabatté, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 15 mars 2024 par lequel le président de Toulouse Métropole a fixé la date de consolidation de son accident de service survenu le 2 octobre 2021 au 5 octobre 2021 et a refusé de prendre en charge, au titre de l'accident de service, les arrêts de travail et les soins à compter du 5 octobre 2021 ;
2°) d'enjoindre à Toulouse Métropole de la placer provisoirement en congé pour invalidité temporaire imputable au service, dans l'attente du jugement au fond de sa requête en annulation de l'arrêté du 15 mars 2024, dans un délai de quinze jours à compter de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de Toulouse Métropole la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
s'agissant de la condition tenant à l'urgence :
-elle est privée de ses droits à plein traitement ;
- alors que son plein traitement correspondait encore au mois de février 2024 à une rémunération mensuelle brute de 2 291,02 euros, elle était destinataire au mois d'avril 2024 d'un bulletin de paie révélant un indu de rémunération d'un montant brut de 28 287,41 euros ;
- le montant net de sa rémunération en avril 2024 était de 918,06 euros, semblant correspondre au seul versement de l'indemnité de coordination dont bénéficient les agents placés en disponibilité pour raisons de santé ;
- un arrêté du 8 avril 2024 fait référence expressément à son placement en disponibilité sans traitement à compter du 7 octobre 2023 ;
- l'avis d'impôt 2023 démontre par ailleurs qu'elle vit seule, qu'elle est mère de deux enfants à charge et qu'elle ne bénéficie d'aucune autre source de rémunération ;
- elle fait l'objet d'une saisie sur rémunération de la CPAM depuis le mois d'août 2023 pour un montant au principal de 2 737,41 euros ;
- elle a été informée par courrier de son établissement bancaire du 25 avril 2024 d'une saisie à tiers pour un montant de 326,00 euros ;
- le fait qu'elle soit privée d'une part substantielle de sa rémunération à plein traitement la place désormais dans l'impossibilité de couvrir ses charges incompressibles ;
- elle est désormais placée en disponibilité sans traitement, de sorte qu'elle cesse de bénéficier de tous les avantages attachés à la position d'activité ;
s'agissant de la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité des décisions contestées :
- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente faute de justifier d'une délégation de signature régulière ;
- il est entaché d'une erreur de droit dès lors qu'il procède au retrait de l'arrêté du 23 mars 2022 l'ayant placée en congé pour invalidité temporaire imputable au service (CITIS) à compter du 2 octobre 2021 jusqu'à sa reprise du travail, créateur de droits, au-delà du délai de quatre mois suivant l'édiction de l'arrêté en méconnaissance de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- Toulouse Métropole a commis une erreur de droit en ne recherchant pas si les arrêts de travail et les soins postérieurs à la date de consolidation retenue ne continuaient pas d'entretenir un lien direct, même non exclusif, avec l'accident de service du 2 octobre 2021 ;
- Toulouse Métropole a commis une erreur d'appréciation non seulement en fixant la consolidation au 5 octobre 2021, mais également en ne retenant pas l'existence d'un lien direct entre l'accident de service du 2 octobre 2021 et ses arrêts de travail et soins depuis le 5 octobre 2021.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 mai 2024, Toulouse Métropole, représentée par Me Kaczmarczyk, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme C la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les conclusions à fin d'injonction sont irrecevables dès lors qu'une éventuelle suspension de l'exécution de l'arrêté attaqué n'implique pas nécessairement son placement provisoire en CITIS ;
s'agissant de la condition tenant à l'urgence :
- la requérante n'affirme ni ne démontre être privée de toute source de revenus ou d'économies ;
- elle cotiserait pour une assurance complémentaire santé, souscrite manifestement après l'expertise de janvier 2024, à compter du 6 février 2024, une telle assurance s'accompagnant généralement d'un maintien de salaire ;
- elle ne produit pas ses relevés bancaires ;
- elle n'établit pas que les revenus dont elle dispose ne lui permettraient pas de faire face à ses charges mensuelles, hors charges de confort ;
- elle se prévaut de frais d'électricité d'un montant de 95,03 euros (190,06 euros pour 2 mois) sans produire le détail du décompte alors que ce montant parait particulièrement élevé, eu égard au fait que les frais de chauffage et d'eau chaude (70,36 euros et 97,85 euros) sont déjà inclus dans son loyer ;
- si la requérante évoque des frais d'Internet et de téléphonie d'un montant de 189,69 euros mensuels, il ressort des factures produites par l'intéressée pour le mois d'avril 2024 que cette facturation comprend 88,14 euros au titre de services ponctuels fournis par des tiers ;
- quant aux frais de cantine et d'ALAE d'environ 100 euros par mois entre novembre et décembre 2023, rien n'atteste qu'ils sont encore acquittés à ce jour par la requérante ;
- elle argue de ce qu'elle ferait l'objet d'une saisie sur rémunération de la CPAM depuis le mois d'août 2023 pour un montant au principal de 2 737,41 euros ainsi que d'une saisie à tiers pour un montant de 326,00 euros pour le mois d'avril sans établir si et pour quel montant des prélèvements sont effectués à ce titre mensuellement ;
- elle avait parfaitement connaissance de ce que son placement en CITIS, impliquant son maintien à plein traitement, n'était que provisoire, dans l'attente de la décision de Toulouse Métropole à intervenir sur sa demande de prise en charge de ses arrêts de travail au titre d'un accident de service ;
- alors que les services l'ont invitée à formuler une demande de congé de longue maladie, qui aurait permis à l'intéressée de continuer à bénéficier de droits à congés rémunérés complétés le cas échéant d'un complément de rémunération, elle n'en a rien fait ;
s'agissant de la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :
- le signataire de l'arrêté attaqué justifie d'une délégation de signature régulière ;
- l'arrêté du 23 mars 2022 revêtait un caractère provisoire donc non créateur de droit et pouvait être retiré à tout moment en application des articles 37-5 et 37-9 du décret du 30 juillet 1987 ;
- à supposer même que l'arrêté du 23 mars 2022 soit analysé comme une décision de reconnaissance d'imputabilité, créatrice de droit, l'arrêté attaqué se prononce dans le même sens en tant qu'il fait droit à la demande de reconnaissance de l'imputabilité au service de l'accident du 2 octobre 2021 ;
- il ne peut sérieusement être reproché à Toulouse Métropole de ne pas avoir examiné si les arrêts de travail adressés à compter du 5 octobre 2021 étaient en lien avec l'accident, point sur lequel elle s'est au contraire prononcée de manière éclairée ;
- la date de consolidation fixée au 5 octobre 2021 apparait parfaitement cohérente tant avec les circonstances de l'accident qu'avec les éléments médicaux du dossier ;
- les certificats médicaux produits par la requérante ne permettent pas d'établir un lien direct et certain entre les arrêts de travail postérieurs au 5 octobre 2021 et son accident de service ;
- à compter du 3 octobre 2022, elle a repris ses fonctions à temps partiel thérapeutique, avant d'être de nouveau arrêtée à compter du 7 octobre 2022 mais n'a pas sollicité de prise en charge de ses arrêts de travail et soins postérieurs à cette reprise au titre de son accident de service du 2 octobre 2021.
Des pièces complémentaires, enregistrées le 17 mai 2024, ont été produites par Mme C.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 4 mai 2024 sous le n° 2402701 tendant à l'annulation de la décision contestée ;
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Michel pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 17 mai 2024 à 11h00 en présence de M. Subra de Bieusses, greffier d'audience :
- le rapport de Mme Michel, juge des référés,
- les observations de Me Sabatté, représentant Mme C, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et ajoute que l'injonction provisoire demandée est recevable, que l'intéressée n'est plus en position d'activité, que sa situation statutaire n'est d'ailleurs pas claire, qu'il ressort de la pièce complémentaire produite qu'elle ne bénéficie d'aucune garantie de prévoyance donc ne perçoit aucun complément de rémunération, que les frais d'électricité ne sont pas extravagants eu égard au coût de l'énergie, qu'elle a produit la dernière facture de cantine en sa possession, qu'elle n'a pas été invitée à demander un congé de longue maladie, à supposer même qu'elle aurait été placée en congé de longue maladie, ses droits à plein traitement n'auraient pu courir que jusqu'au 5 octobre 2022 et elle serait aujourd'hui en demi-traitement, qu'il n'y a pas de preuve de la publication régulière de la délégation de signature de M. D, que le Conseil d'Etat dans sa décision n° 465818 n'a pas suivi les conclusions du rapporteur public sur cette affaire s'agissant des modalités d'information en cas de placement provisoire en CITIS, que l'arrêté du 23 mars 2022 ne vise ni le courrier d'information ni le formulaire adressés à l'intéressée ni les dispositions de l'article 37-9 du décret du 30 juillet 1987 et la place en CITIS jusqu'à sa reprise d'activité et non jusqu'à expertise médicale, que Toulouse Métropole n'explique pas pourquoi elle a attendu le 8 janvier 2024 pour diligenter une expertise médicale ce qui tend à démontrer que le placement en CITIS était définitif, que la reprise d'activité de Mme C se faisant trop attendre Toulouse Métropole a entendu revenir sur cette décision, que le retrait porte sur la durée du CITIS et non sur le principe de l'imputabilité au service, que la déclaration d'accident de service mentionne bien que tout le membre supérieur gauche a été affecté alors que le Dr A se fonde sur une électromyographie de la seule main gauche, qu'il y a seulement eu une tentative de reprise de son stage afin d'être titularisée mais elle a été orientée vers le médecin du travail lequel a estimé qu'elle n'était pas apte à reprendre au 3 octobre 2022, que Toulouse Métropole ne justifie pas d'un arrêté de réintégration,
- et les observations de Me Kaczmarczyk, représentant Toulouse Métropole, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et ajoute que Mme C est placée aujourd'hui en demi-traitement, que la situation était connue de l'intéressée, qu'elle justifie de la preuve de l'affichage de la délégation de signature, qu'elle n'a pas pu diligenter d'expertise dans le délai de quatre mois et a donc communiqué un courrier d'information à Mme C sur le caractère provisoire du CITIS, que cette dernière a accepté le placement provisoire du CITIS par formulaire, que ce placement provisoire valait jusqu'à décision finale de l'administration, que le délai d'expertise est sans incidence sur le caractère provisoire de son placement en CITIS, que le maintien en CITIS n'est pas créateur de droit, que l'électrisation qu'elle a subie a été sans gravité, qu'elle est atteinte d'une pathologie intrinsèque et indépendante de l'accident de service, que le dernier certificat médical mentionne des difficultés d'ordre personnel pouvant expliquer ses symptômes, qu'elle a cessé de produire des arrêts de travail à compter du 30 septembre 2022, qu'elle a été réintégrée quelques jours dans le cadre d'un mi-temps thérapeutique en 2022, que le conseil médical a été saisi pour régulariser sa situation en vue d'un placement en congé sans traitement.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
Sur les conclusions à fin de suspension :
En ce qui concerne l'urgence :
2. La condition d'urgence à laquelle est subordonnée le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision administrative contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre.
3. Eu égard aux effets pécuniaires de la décision dont la suspension est demandée, en particulier la perception par Mme C d'un traitement réduit à 918,06 euros nets au lieu d'un plein traitement à hauteur de 1 591,07 euros nets et un indu de rémunération d'un montant de 23 093,48 euros nets dont elle serait redevable, compte tenu de sa situation personnelle, l'intéressée étant célibataire avec deux enfants à charge, sans aucune autre source de revenus et justifiant de la réalité des charges mensuelles qu'elle doit supporter à l'exception d'une somme de 88,14 euros au titre de services ponctuels de téléphonie, et alors que Toulouse Métropole allègue sans l'établir que ses services l'auraient invitée à formuler une demande de congé de longue maladie qui lui aurait permis de continuer à bénéficier de droits à congés rémunérés, la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative doit être regardée, dans les circonstances de l'espèce, comme remplie.
En ce qui concerne l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :
4. Les moyens invoqués par Mme C à l'appui de sa demande de suspension et tirés d'une erreur de droit tenant à la rétroactivité illégale de l'arrêté du 15 mars 2024 au regard des articles 37-5, 37-9 du décret du 30 juillet 1987 et de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration, et d'erreurs d'appréciation quant à la date de consolidation de son état de santé au 5 octobre 2021 et à l'existence d'un lien direct entre l'accident de service du 2 octobre 2021 et ses arrêts de travail et soins depuis le 5 octobre 2021 sont de nature, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
5. Dans ces conditions, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de sa requête, Mme C est fondée à demander la suspension de l'exécution de l'arrêté du président de Toulouse Métropole du 15 mars 2024.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. () ". Dans le cas où les conditions posées par l'article L. 521-1 du code de justice administrative sont remplies, le juge des référés peut non seulement suspendre l'exécution d'une décision administrative, même de rejet, mais aussi assortir cette suspension d'une injonction, s'il est saisi de conclusions en ce sens, ou de l'indication des obligations qui en découleront pour l'administration. Toutefois, les mesures qu'il prescrit ainsi, alors qu'il se borne à relever l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige, doivent présenter un caractère provisoire. Il suit de là que le juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, ne peut, sans excéder sa compétence, ordonner une mesure qui aurait des effets en tous points identiques à ceux qui résulteraient de l'exécution par l'autorité administrative d'un jugement annulant la décision administrative contestée.
7. La suspension de la décision en litige implique, eu égard aux motifs retenus au titre du doute sérieux quant à sa légalité, que Mme C soit placée, à titre provisoire, en congé d'invalidité temporaire imputable au service. Il ne résulte pas de l'instruction que l'intéressée aurait repris son activité, en octobre 2022 comme le soutient sans l'établir Toulouse Métropole ou même à la date de la présente ordonnance. Par suite, et alors qu'une telle injonction n'est pas irrecevable eu égard à ce qui a été dit au point 5, il y a lieu d'enjoindre au président de Toulouse Métropole de placer Mme C à titre provisoire, dans l'attente du jugement au fond, en congé pour invalidité temporaire imputable au service, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à ce titre à la charge de Mme C, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Toulouse Métropole une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par Mme C et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de l'arrêté du président de Toulouse Métropole du 15 mars 2024 est suspendue.
Article 2 : Il est enjoint au président de Toulouse Métropole de placer Mme C à titre provisoire, dans l'attente du jugement au fond, en congé pour invalidité temporaire imputable au service, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : Toulouse Métropole versera à Mme C une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions présentées par Toulouse Métropole sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B C et à Toulouse Métropole.
Fait à Toulouse, le 21 mai 2024.
La juge des référés, Le greffier,
L. MICHELF. SUBRA DE BIEUSSES
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
la greffière en chef,
ou par délégation, la greffière,
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