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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2403299

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2403299

jeudi 13 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2403299
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantAMARI-DE-BEAUFORT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et mémoire enregistrés le 3 juin 2024 et le 13 septembre 2024, M. A, représenté par Me Amari-de-Beaufort, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 12 janvier 2024 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de l'admettre au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an et a fixé le pays de renvoi ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer un titre de séjour l'autorisant à travailler ou, à titre subsidiaire de réexaminer sa situation dès la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat les entiers dépens ainsi que la somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

Sur la décision portant refus de séjour :

- elle est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que le préfet s'est fondé sur l'avis du collège des médecins de l'OFII ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que le préfet ne s'est fondé que sur ce même avis ;

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 611-3 9° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que son état de santé nécessite une prise en charge médicale ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Sur la décision portant fixation du pays de renvoi :

- elle est entachée d'un défaut d'examen au regard des stipulations de l'article 3 de la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que le préfet n'a pas pris en compte les circonstances humanitaires propres à la situation de M. A qui justifient de ne pas édicter d'interdiction de retour ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 août 2024, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Par une ordonnance du 16 octobre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 31 octobre 2024 à 12h00.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 14 mai 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Clen, rapporteur,

- et les observations de Me Amari de Beaufort, représentant M. A, également présent.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant marocain né le 6 octobre 1986, a bénéficié d'une autorisation provisoire de séjour pour motifs de santé le 23 juillet 2019 qui a été régulièrement renouvelée jusqu'au 10 mars 2021. Il a demandé son admission au séjour en qualité d'étranger malade le 9 décembre 2020. Par un arrêté du 19 février 2021, dont la légalité a été confirmée par un arrêt de la cour administrative d'appel de Toulouse le 13 octobre 2022, le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. M. A a sollicité une nouvelle fois son admission au séjour en qualité d'étranger malade le 22 août 2023. Par un nouvel arrêté du 12 janvier 2024, le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. M. A demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable./ La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat./ Sous réserve de l'accord de l'étranger et dans le respect des règles de déontologie médicale, les médecins de l'office peuvent demander aux professionnels de santé qui en disposent les informations médicales nécessaires à l'accomplissement de cette mission. Les médecins de l'office accomplissent cette mission dans le respect des orientations générales fixées par le ministre chargé de la santé. / Si le collège de médecins estime dans son avis que les conditions précitées sont réunies, l'autorité administrative ne peut refuser la délivrance du titre de séjour que par une décision spécialement motivée () ".

3. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins du service médical de l'OFII qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous les éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.

4. Pour rejeter la demande d'admission au séjour de M. A, le préfet de la Haute-Garonne s'est fondé sur l'avis du 26 octobre 2023 du collège de médecins l'OFII, lequel a estimé que l'état de santé de M. A nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, mais qu'eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il peut y bénéficier effectivement d'un traitement approprié à sa pathologie. Il ressort des pièces du dossier que M. A, souffre de plusieurs pathologies dont les soins nécessaires sont disponibles au Maroc. S'agissant de l'algie vasculaire de la face, M. A bénéficie d'un traitement consistant en la prise de succinate de sumatriptan appelé Imiject ou Imigrane en France, et vendu au Maroc sous le nom C. Ainsi, il est constant que celui-ci peut bénéficier au Maroc d'un médicament ayant le même principe actif que l'Imiject. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A ne pourrait bénéficier au Maroc des traitements alternatifs, mentionnés dans l'avis de la Haute autorité de santé du 16 mai 2018, telle que notamment l'oxygénothérapie pour son algie vasculaire de la face chronique sévère. Certes, le requérant verse notamment à l'instance des ordonnances établies par son neurologue le 28 mai 2024 et le 2 septembre 2024, ainsi qu'un certificat médical établi par son médecin traitant le 30 août 2024, ces documents, au demeurant postérieurs à l'arrêté en litige, ne sont pas de nature à remettre en cause l'avis du collège de médecins de l'OFII dès lors que, comme il a été dit, il peut bénéficier d'un traitement au Maroc ayant le même principe actif que ce médicament. Enfin, M. A ne produit aucun élément de nature à établir qu'il ne pourrait bénéficier d'aucune prise en charge du coût des soins dont il a besoin, notamment dans le cadre du régime d'assistance médicale existant au Maroc, en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, le préfet de la Haute-Garonne, dont rien ne permet d'établir qu'il se serait estimé lié par l'avis précité, a pu rejeter, sans erreur de droit, ni erreur d'appréciation, la demande de titre de séjour présentée par M. A sur le fondement des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il s'ensuit que les moyens invoqués à cet égard doivent être écartés.

5. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

6. S'il est constant que M. A est entré en France le 13 octobre 2018 et qu'il a bénéficié d'une autorisation provisoire de séjour en raison de son état de santé du 23 juillet 2019 au 22 octobre 2019, il n'établit pas avoir fixé le centre de ses intérêts sur le territoire national. A cet égard, il soutient avoir résidé chez son père en France, mais ne produit aucune pièce de nature à l'établir alors qu'il n'est pas contesté qu'il est célibataire et sans enfant et que ses parents résident au Maroc où il a vécu jusqu'à l'âge de trente-deux ans. Par suite, l'arrêté contesté n'a pas porté au droit de M. A au respect de la vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit donc être écarté.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

7. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de ce que la décision en litige serait illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de séjour doit être écarté.

8. Aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français :/ () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. () ".

9. Ainsi qu'il a été dit précédemment au point 4 du présent jugement, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé au Maroc, M. A ne démontre pas qu'il ne pourrait pas y bénéficier effectivement des soins requis par son état de santé. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 611-3 9° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

10. En troisième et dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 6, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

11. En premier lieu, aux termes des stipulations de l'article 3 de la convention européenne des droits de l'homme : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

12. Si M. A soutient qu'il sera exposé à des traitements inhumains ou dégradants en raison pour lui de l'impossibilité de se soigner dans son pays d'origine au regard de l'indisponibilité de son traitement au Maroc et de l'absence d'aide à domicile pour l'aider à suivre son traitement, il résulte de ce qui a été dit au point 4 que l'indisponibilité de son traitement médicamenteux n'est pas établie. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut d'examen au regard des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentale

13. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 6 du présent jugement, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

14. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de ce que la décision en litige serait illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté

15. En deuxième lieu, M. A ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, relatives aux interdictions de retour sur le territoire français prises à l'encontre d'étrangers s'étant maintenu en France au-delà du délai de départ volontaire, dès lors que la décision en litige n'a pas été prise sur ce fondement.

16. En troisième et dernier lieu, Aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. " Et selon son article L. 612-10 : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".

17. Il est constant que M. A, entré en France le 13 octobre 2018, a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement le 19 février 2021, qu'il n'a pas exécutée. Ainsi qu'il a été dit au point 6, l'intéressé ne justifie d'aucun lien sur le territoire français, alors que ses parents résident dans son pays d'origine, ni de circonstances humanitaires qui feraient obstacle à ce que l'autorité administrative édicte à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Dans ces conditions, nonobstant l'absence de menace pour l'ordre public que représenterait sa présence en France, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation.

18. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet de la Haute-Garonne du 12 janvier 2024.

Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :

19. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées à fin d'injonction doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

20. La présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions présentées par M. A sur le fondement des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

21. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à Me Amari-de-Beaufort la somme réclamée en application des dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Amari-de-Beaufort et au préfet de la Haute-Garonne.

Délibéré après l'audience du 30 janvier 2025, à laquelle siégeaient :

M. Clen, président,

M. Quessette, premier conseiller,

Mme Lejeune, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 février 2025.

Le président-rapporteur,

H. CLEN

L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,

L. QUESSETTELa greffière,

F. SOLANA

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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