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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2403302

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2403302

mercredi 5 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2403302
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantNIVET GUILLEM

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 3 juin 2024, M. C A, représenté par Me Nivet, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté n° 2024-31-577 du 29 mars 2024 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a rejeté sa demande de délivrance d'un titre de séjour, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;

2°) d'enjoindre au préfet de Haute-Garonne de lui délivrer un titre de séjour provisoire pour motif d'études, ou à défaut une carte de séjour portant la mention " travailleur temporaire ", dans un délai de deux semaines à compter de l'ordonnance à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

-l'urgence est présumée satisfaite dans l'hypothèse, comme en l'espèce, d'un recours devant le juge des référés dirigé contre une un refus de titre de séjour ou une mesure d'éloignement ;

-l'exécution forcée de la mesure d'éloignement prise à son encontre, prévue pour le 6 juin 2024, est imminente ;

-son recours au fond contre la décision litigieuse est recevable ratione temporis dès lors que celle-ci ne lui a jamais été notifiée ;

-la compétence du signataire de l'acte attaqué n'est pas établie ;

-en estimant qu'il " ne démontre pas poursuivre sa formation au sein du BTP CFA Occitanie à Toulouse Muret " et ne démontre donc pas qu'il remplit les conditions posées par l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ce alors qu'il bénéficie d'un contrat d'apprentissage au sein du CFA de Haute-Garonne et justifie d'une promesse d'embauche à l'issue de sa formation dans l'entreprise familiale de son père, le préfet a entaché l'arrêté contesté d'une erreur de fait ;

-cet arrêté est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;

-il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Vu :

-les autres pièces du dossier ;

-la requête n° 2403080 enregistrée le 24 mai 2024 tendant à l'annulation de la décision contestée.

Vu :

-la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Il ressort des pièces versées dans l'instance, en particulier des énonciations de l'arrêté du préfet de la Haute-Garonne du 29 mars 2024 susvisé, que M. A, ressortissant tunisien né le 30 juin 2005, serait selon ses déclarations entré en France au mois de juillet 2021, dans des conditions indéterminées. L'intéressé a, en date du 21 juin 2023, sollicité la délivrance d'un titre de séjour en se prévalant d'un contrat d'apprentissage. Par l'arrêté querellé, le préfet a rejeté cette demande, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cet arrêté.

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-2 de ce code : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique (). ". L'article L. 522-3 de ce même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3. En l'espèce, M. A semble justifier la saisine du juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative par le fait qu'il a fait l'objet d'un arrêté du préfet de l'Aude en date du 7 mai 2024 décidant son placement au centre de rétention administrative de Perpignan et que l'exécution forcée de la mesure d'éloignement prise à son encontre par le préfet de la Haute-Garonne est imminente. Toutefois, il ne soutient aucunement dans ses écritures que ce dernier, en édictant l'arrêté contesté du 29 mars 2024, aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale.

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ".

5. En admettant même que M. A puisse être regardé comme ayant entendu saisir le juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'intéressé ne conteste pas dans sa requête le motif que lui a opposé le préfet de la Haute-Garonne pour lui refuser la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile tiré de ce qu'il ne justifie pas détenir un visa de long séjour, motif qui suffisait à fonder légalement ce refus, ni ne critique le motif tiré de ce qu'un contrat de travail conclu dans le cadre d'une formation en apprentissage ne permet pas la délivrance d'un titre de séjour " travailleur temporaire " sur le fondement de l'article L. 421-3 du même code. Dans ces conditions, aucun des moyens invoqués par le requérant à l'encontre de la décision contestée n'est manifestement de nature, au vu de la demande et en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux quant à sa légalité. Il y a lieu, par suite, sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité ni de se prononcer sur la condition relative à l'urgence, de rejeter la présente requête selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 précité du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A et à Me Nivet.

Une copie en sera adressée au préfet de la Haute-Garonne et au préfet de l'Aude.

Fait à Toulouse, le 5 juin 2024.

Le juge des référés,

B. B

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

la greffière en chef,

ou par délégation, la greffière,

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