mercredi 19 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2403501 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | CAZANAVE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 juin 2024, transmise au tribunal administratif de Toulouse par une ordonnance de renvoi du 10 juin 2024 de la magistrate désignée du tribunal administratif de Montpellier, M. F G B C, représenté par Me Cazanave, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 6 juin 2024 par lequel le préfet du Tarn lui a retiré sa carte de séjour temporaire mention " vie privée et familiale ", l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans ;
3°) d'enjoindre au préfet du Tarn de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale " ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 000 euros à son conseil, en application des dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle et l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant retrait de titre de séjour :
- elle est entachée d'un défaut de compétence de son auteur ;
- elle méconnaît le principe du contradictoire et les droits de la défense ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'un défaut de compétence de son auteur ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation et des conséquences qu'elle emporte sur sa situation personnelle ;
En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 612-2 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de renvoi :
- elle est entachée d'un défaut de compétence de son auteur ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est disproportionnée et entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense et des pièces complémentaires, enregistrés le 17 juin 2024, le préfet du Tarn conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique,
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Zabka, conseiller, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Zabka,
- les observations de Me Cazanave, représentant M. C, absent, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens,
- le préfet du Tarn n'étant ni présent, ni représenté.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant camerounais, déclare être entré sur le territoire français pour la première fois le 6 septembre 2012. Il est revenu en France après une première mesure d'éloignement et s'est maintenu sur le territoire national en dépit d'une nouvelle mesure d'éloignement prise à son encontre le 13 février 2018. Par un arrêté du 10 juillet 2019, le préfet de la Sarthe a pris à son encontre une nouvelle obligation de quitter le territoire français sans délai, assortie d'une interdiction de retour pendant une durée d'un an. Le 21 août 2020, l'intéressé a déposé auprès de la préfecture de la Vendée une demande de titre de séjour en qualité de père d'enfant français. Par un arrêté du 8 novembre 2020, le préfet de ce département a rejeté cette demande, a obligé l'intéressé à quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays de destination. M. C F a demandé l'annulation de cet arrêté préfectoral devant le tribunal administratif de Nantes, lequel a transmis le dossier le 21 septembre 2021 au tribunal administratif de Toulouse pour le jugement des conclusions dirigées contre les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination. Par un jugement en date du
8 octobre 2021, le magistrat désigné du tribunal administratif de Toulouse a annulé l'arrêté du
8 novembre 2020 en tant qu'il porte obligation de quitter le territoire français sans délai et fixation du pays de destination et a enjoint à l'administration préfectorale de réexaminer la situation de l'intéressé. Par un arrêté du 4 octobre 2022, le préfet du Tarn a refusé de délivrer à l'intéressé un titre de séjour et a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours en fixant le pays de renvoi. Par un arrêté du 11 janvier 2023, le préfet du Tarn l'a assigné à résidence dans le département du Tarn pour une durée de quarante-cinq jours. Par un jugement du 24 janvier 2023, le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Toulouse, a annulé l'arrêté du 4 octobre 2022 en tant qu'il porte obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de renvoi. Par un jugement du 24 octobre 2023, le tribunal administratif de Toulouse a également annulé le refus de séjour opposé au requérant le 4 octobre 2022 et a enjoint au préfet du Tarn de lui délivrer un titre de séjour. Le 5 juin 2024, l'intéressé s'est vu délivrer, par le préfet du Tarn, un titre de séjour mention " vie privée et familiale ". Le même jour, l'autorité préfectorale lui a retiré son titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 432-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et l'a interdit de retour pour une durée de
trois ans. Enfin, par un arrêté du 8 juin 2024, le préfet du Tarn l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Par sa présente requête, M. C demande au tribunal d'annuler ces arrêtés.
Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 dispose que : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente () ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de l'intéressé, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur la compétence du magistrat désigné :
3. Il résulte des dispositions des articles L. 614-1, L. 614-8 et L. 732-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qu'en cas de placement en rétention ou d'assignation à résidence d'un étranger en situation irrégulière, les requêtes dirigées contre les décisions faisant obligation de quitter le territoire et interdiction de retour sur ce territoire prises à son encontre, les décisions fixant le délai de départ volontaire et le pays de destination, ainsi que la décision d'assignation à résidence en procédant, doivent être instruites et jugées selon les dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, ces dispositions et celles de l'article R. 776-17 du code de justice administrative font obstacle à ce que le magistrat désigné en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, saisi de la situation d'un étranger placé en centre de rétention administrative ou assigné à résidence à la suite d'une décision de refus de séjour assortie d'une obligation de quitter le territoire français, examine la décision portant refus ou retrait d'une autorisation de séjour accordée au titre de la protection temporaire qui relève de la compétence de la formation collégiale du tribunal administratif.
4. En l'espèce, par un arrêté du 8 juin 2024, le préfet du Tarn a assigné M. C à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Du fait de cette assignation à résidence, le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif se trouve saisi de l'ensemble des conclusions de la requête de l'intéressé, à l'exception de celles tendant à l'annulation de la décision portant retrait de titre de séjour, dont l'examen relève de la compétence d'une formation collégiale. Par suite, l'examen des conclusions dirigées contre le refus de séjour doit être renvoyé devant une formation collégiale de ce tribunal.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
5. En premier lieu, par un arrêté du 12 janvier 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour, le préfet du Tarn a donné à M. A D, directeur de la citoyenneté et de la légalité, délégation à l'effet de signer notamment les mesures d'éloignement et les décisions les assortissant. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué du 6 juin 2024 doit être écarté.
6. En deuxième lieu, M. C ne peut utilement se prévaloir d'une méconnaissance de son droit à un procès équitable prévu par l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors que ces stipulations ne sont applicables qu'aux procédures contentieuses suivies devant les juridictions lorsqu'elles statuent sur des droits ou des obligations de caractère civil ou sur des accusations en matière pénale.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
8. En l'espèce, M. C déclare être entré en France le 6 septembre 2012. S'il se prévaut de la présence de sa compagne et de leur enfant mineur sur le territoire français, il n'apporte aucun élément au soutien de ses allégations de nature à justifier de la réalité de cette relation à la date de la décision attaquée et de qu'il entretiendrait des liens d'une particulière intensité. Par ailleurs, l'intéressé ne démontre pas qu'il serait dépourvu d'attaches dans son pays d'origine, le Cameroun, où il a vécu la majeure partie de sa vie. En outre, il ne fait pas état d'une intégration sociale ou professionnelle d'une particulière intensité sur le territoire français. De plus, il ressort des pièces du dossier, et notamment du bulletin n°2 du casier judiciaire de M. C, qu'il a été condamné par le tribunal correctionnel du Mans, le 14 juin 2019, à une peine de
dix mois d'emprisonnement dont cinq mois avec sursis assorti d'une mise à l'épreuve pendant deux ans pour des faits de violence suivi d'une incapacité n'excédant pas huit jours sur sa conjointe en situation de handicap et des faits de violence par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité. Au surplus, l'intéressé ne conteste pas avoir de nouveau été interpellé, le 5 juin 2024, pour des faits de violences ayant entrainé une incapacité de travail de huit jours sur sa compagne. A cet égard, il ressort des termes de l'ordonnance de placement sous contrôle de placement judiciaire de Castres, en date du
6 juin 2024, qu'il est reproché à M. C d'avoir asséné un coup de poing au visage de sa compagne avant d'exhiber un couteau devant elle, et ce, en état de récidive légale. Enfin, il ressort de l'audition de Lucie Brenon du 5 juin 2024 et de la fiche de transmission d'informations préoccupantes du 8 février 2024 que M. C aurait commis des faits de violence à l'encontre de son enfant mineur,. Dès lors, la présence en France de l'intéressé doit être regardée comme constituant une menace pour l'ordre public. Dans ces conditions, le préfet du Tarn n'a pas méconnu les stipulations précitées de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, le préfet n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation. Par suite, les moyens invoqués à cet égard doivent donc être écartés.
9. En quatrième et dernier lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
10. Si M. C fait valoir qu'il est le père d'une fille de cinq ans née sur le sol français, toutefois, d'une part, il n'établit pas participer à l'entretien et à l'éducation de celle-ci et, d'autre part, comme indiqué au point 8 du présent jugement, l'enfant du requérant fait l'objet d'une fiche de transmission d'informations préoccupantes en date du 8 février 2024 adressée à la direction des services départementaux de l'éducation nationale du Tarn. Par suite, c'est sans méconnaître les stipulations précitées de la convention internationale relative aux droits de l'enfant du
26 janvier 1990 que le préfet du Tarn a pris la décision attaquée.
En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :
11. Aux termes des dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". L'article L. 612-3 de ce même code précise que : " Le risque mentionné au 3° de l'article
L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () / 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité (), qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale. ".
12. Il résulte de l'arrêté attaqué que, pour refuser le délai de départ volontaire à M. C, le préfet du Tarn s'est fondé sur les dispositions du 1° et 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et celles du 4°, 5° et 8° de l'article L. 612-3 du même code. En l'espèce, il résulte de ce qui a été dit au point 8 du présent jugement que le comportement du requérant constitue une menace pour l'ordre public. Par ailleurs, lors de son audition du
5 juin 2024, l'intéressé a explicitement déclaré vouloir rester en France et il ne démontre pas disposer d'un hébergement effectif et permanent, de sorte qu'il ne présente pas de garanties de représentation au sens des dispositions 8° de l'article L. 612-3 précité. Dans ces conditions, et en l'absence de circonstance particulière, le préfet du Tarn a pu légalement refuser d'accorder à
M. C un délai de départ volontaire. Par suite, le moyen soulevé à cet égard doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de renvoi :
13. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 5 du présent jugement, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.
14. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué comporte l'énoncé de l'ensemble des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision fixant le pays de renvoi. Par suite, ce dernier est suffisamment motivé et le moyen soulevé en ce sens doit être écarté.
15. En troisième lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté attaqué ni des éléments versés au dossier, que le préfet se serait abstenu de procéder, comme il y est tenu, à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de M. C. Par suite, le moyen soulevé à cet égard doit être écarté.
16. En quatrième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 8 du présent jugement, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
17. En cinquième et dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 10 du présent jugement, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
18. En premier lieu, l'arrêté attaqué comporte l'énoncé de l'ensemble des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
19. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / () ". L'article L. 612-10 de ce même code précise que : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / () ".
20. Il résulte de ce qui a été dit aux points précédents que M. C ne démontre pas participer à l'entretien et à l'éducation de son enfant mineur et qu'il n'établit pas bénéficier de liens d'une particulière intensité sur le territoire national. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier, et notamment du bulletin n°2 du casier judiciaire, que la présence en France du requérant présente une menace pour l'ordre public. En outre, il n'est pas démontré que cette interdiction de retour sur le territoire français et ses modalités présenteraient pour M. C un caractère disproportionné au regard de sa situation personnelle. Dans ces conditions, le préfet du Tarn a pu, sans entacher sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle, prendre à l'encontre du requérant une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans.
21. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet du Tarn du 6 juin 2024.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
22. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions aux fins d'injonction présentées par le requérant.
Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :
23. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à Me Cazanave la somme réclamée en application des dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du
10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : M. C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Les conclusions de la requête de M. C tendant à l'annulation de la décision portant retrait de la carte de séjour contenue dans l'arrêté du préfet du Tarn en date du 6 juin 2024 sont renvoyées en formation collégiale du présent tribunal.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. F G B C, à
Me Cazanave et au préfet du Tarn.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juin 2024.
Le magistrat désigné,
N. ZABKA Le greffier,
M. E
La République mande et ordonne au préfet du Tarn, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026