lundi 19 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2404358 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | JAUFFRET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrés le 19 juillet et le 5 août 2024, la société Jinjiang Immobilier France, représentée par Me Fabbri, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution du permis d'aménager n° PA 009 306 23 00002 délivré par le maire de la commune de Tarascon-sur-Ariège le 28 mai 2024 à la société par actions simplifiée CONUCA, pour la construction d'une station-service et d'une station de lavage sur la parcelle cadastrée B 1372 après division dans ladite commune.
Elle soutient que :
s'agissant de la condition tenant à l'urgence :
-le début des travaux de construction est imminent, le permis étant affiché sur le terrain depuis le 28 mai 2024, et en tout état de cause, l'urgence est présumée à la suite de la délivrance d'un permis d'aménager, en raison du caractère difficilement réversible de la construction du bâtiment autorisé ;
s'agissant de la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :
-le permis contesté ne respecte pas la servitude de passage bénéficiant aux seuls titulaires de celle-ci, au nombre desquels ne figure pas le bénéficiaire dudit permis ;
- la méconnaissance par le permis contesté des stipulations de l'acte de servitude crée des problèmes de sécurité pour les usagers, notamment en raison de l'encombrement prévisible par les poids lourds utilisés pour la construction envisagée, ainsi que de la nature des produits transportés, sur une route très souvent verglacée et enneigée en hiver, parmi des véhicules légers ;
- le permis contesté ne respecte pas les règles d'accès par le chemin le plus court et le moins dommageable ;
- le permis contesté prévoit un raccordement à une canalisation appartenant à la requérante, alors que cette canalisation est grevée d'une servitude au profit de cette dernière ;
- la notice paysagère, notamment en présence d'un monument historique sur le site, n'est pas assez précise ni explicite ;
- le permis contesté ne prévoit pas un traitement adapté de la pollution du site.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 août 2024, le maire de la commune de Tarascon-sur Ariège, représentée par Me Izembard, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la société Jinjiang Immobilier France au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
-à titre principal, d'une part, la société requérante ne présente aucun intérêt à agir, le fait d'être " voisin " du site de construction ne suffisant pas à lui seul à établir cet intérêt, d'autre part, ne respecte pas les dispositions de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme en ne produisant aucun titre de propriété du terrain ou du bâtiment proches de la parcelle sur laquelle se situera la construction litigieuse ;
-à titre subsidiaire, aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 août 2024, la société CONUCA, représentée par Me Jauffret, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 6 000 euros soit mise à la charge de la société Jinjiang Immobilier France au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la société requérante ne présente aucun intérêt à agir, le fait d'être " voisin " du site de construction ne suffisant pas à lui seul à établir cet intérêt ;
- aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.
Vu :
-les autres pièces du dossier ;
-la requête n° 2404374 enregistrée le 19 juillet 2024 tendant à l'annulation de la décision contestée.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 5 août 2024, en présence de Mme Guérin, greffière d'audience :
-le rapport de M. A,
-les observations de Me Fabbri, représentant la société Jinjiang Immobilier France, qui a repris ses écritures, annonçant qu'il allait produire à titre de pièce complémentaire le titre de propriété de la société, et insistant sur le fait que les seules questions majeures de sécurité qu'il a soulevées dans le cadre de l'instance suffisent à établir l'intérêt à agir de la société, que la servitude en question ne concerne pas que la requérante, que la nécessité de respecter le principe du plus court trajet s'explique par ces questions majeures de sécurité, et qu'au moins une partie des eaux usées seront déversées dans des canalisations dont la société requérante est propriétaire,
- les observations de Me Martinez, représentant le maire de la commune de Tarascon-sur-Ariège, qui a repris ses écritures en défense et insisté sur l'absence de qualité à agir de la société requérante, ainsi que sur l'incompétence de la juridiction administrative pour se prononcer sur la question des servitudes,
- et les observations de Me Jauffret, représentant la société CONUCA, qui a repris ses écritures, et a développé les mêmes moyens et donné les mêmes précisions que ceux signalés par Me Martinez.
Les parties ont été informées que la clôture de l'instruction était différée au 7 août 2024 à 16 heures.
La société Jinjiang Immobilier France a produit des pièces complémentaires enregistrées le 5 août 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Le maire de la commune de Tarascon-sur-Ariège a délivré le 28 mai 2024 à la société CONUCA un permis d'aménager pour construire une station-service et une station de lavage, d'une surface totale de 3 024 mètres carrés, sur la parcelle cadastrée B 1372. Par la présente requête, la société Jinjiang Immobilier France, propriétaire d'un immeuble situé à proximité de ladite parcelle, demande au juge des référés de suspendre à titre provisoire l'exécution de ce permis d'aménager.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense quant à l'absence d'intérêt à agir de la requérante :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement (). "
3. D'autre part, aux termes de l'article A. 424-8 du même code : " () Le permis est délivré sous réserve du droit des tiers : il vérifie la conformité du projet aux règles et servitudes d'urbanisme. Il ne vérifie pas si le projet respecte les autres réglementations et les règles de droit privé. Toute personne s'estimant lésée par la méconnaissance du droit de propriété ou d'autres dispositions de droit privé peut donc faire valoir ses droits en saisissant les tribunaux civils, même si le permis respecte les règles d'urbanisme ". Il résulte de ces dispositions que le permis d'aménager a pour seul objet de vérifier la conformité du projet qu'il autorise avec la règlementation d'urbanisme et est délivré sous réserve des droits des tiers au nombre desquels appartiennent, notamment, les droits conférés par les servitudes de droit privé. Dès lors, il n'appartient ni à l'administration ni au juge administratif de vérifier la validité d'une servitude de droit privé ou l'étendue de la servitude dont le pétitionnaire entend se prévaloir, pas davantage qu'il ne leur appartient de vérifier si l'autorisation délivrée ne porte pas atteinte à une servitude grevant le terrain d'assiette du projet.
4. En l'espèce, il résulte des plans fournis dans les écritures en défense ainsi que des précisions données lors de l'audience par les conseils de la commune de Tarascon-sur-Ariège et de la société CONUCA, et il n'est d'ailleurs pas contesté par la requérante, que les bâtiments appartenant à cette dernière sont situés sur des parcelles éloignées d'environ 200 mètres du terrain d'assiette de la future construction, et alors même que ces bâtiments sont séparés dudit terrain d'assiette par un bâtiment appartenant à la société EDF, une rivière et un terrain nu propriété de la commune de Tarascon-sur-Ariège, l'unité foncière en litige devant être pour sa part entourée de merlons de 1,50 mètre de hauteur et de clôtures végétales qui masqueront intégralement les installations.
5. Dans ces conditions, la société requérante, qui ne saurait sérieusement soutenir que se trouvent directement affectées les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient, ne peut être regardée comme ayant intérêt à agir contre le permis d'aménager litigieux, étant précisé d'une part, que les méconnaissances des servitudes qu'elle invoque ne ressortissent pas au juge administratif, d'autre part, qu'elle se borne à des assertions et des hypothèses concernant les risques de sécurité liés à la circulation des poids lourds, notamment par l'entrée commune desservant son site d'implantation et celui des futures station-service et station de lavage. Par suite, il y a lieu d'accueillir la fin de non-recevoir soulevée en défense par la commune de Tarascon-sur-Ariège et la société CONUCA quant à l'irrecevabilité de la requête de la société Jinjiang Immobilier France pour défaut d'intérêt à agir contre le permis d'aménager litigieux.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête et la seconde fin de non-recevoir présentée par la commune de Tarascon-sur-Ariège, que la requête de la société Jinjiang Immobilier France doit être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société Jinjiang Immobilier France une somme globale de 2 000 euros à verser à la commune de Tarascon-sur-Ariège et à la société CONUCA au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société Jinjiang Immobilier France est rejetée.
Article 2 : La société Jinjiang Immobilier France versera une somme globale de 2 000 euros à la commune de Tarascon-sur-Ariège et à la société CONUCA au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Jinjiang Immobilier France, à la commune de Tarascon-sur-Ariège et à la société CONUCA.
Fait à Toulouse, le 19 août 2024.
Le juge des référés,
G. A
La greffière,
S. GUÉRIN
La République mande et ordonne au préfet de l'Ariège en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
la greffière en chef,
ou par délégation, la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026