jeudi 20 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2404374 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SCP BOUYSSOU ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires enregistrées le 19 juillet 2024 et le 5 août 2024, la SAS Jinjiang Immobilier France, représentée par Me Fabbri, demande au tribunal d'annuler le permis de construire accordé le 28 mai 2024 à la SAS Conuca par le maire de Tarascon-sur-Ariège en vue de la construction d'une station-service et de mettre à la charge de tout succombant la somme de 3 600 euros à lui verser en application des dispositions L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense en date du 20 septembre 2024, la commune de Tarascon-sur-Ariège, représentée par Me Izembard, conclut à titre principal à l'irrecevabilité de la requête et à titre subsidiaire à son rejet, et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la société requérante en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Un mémoire présenté par la SAS Conuca, représentée par Me Jauffret, a été enregistré le 3 octobre 2024 et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. D'une part, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : () / 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ". L'article R. 612-1 du même code dispose que : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser () ".
2. D'autre part, aux termes des dispositions de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction
4. Le tribunal a, par un courrier du 4 septembre 2024, sollicité de la SAS Jinjiang Immobilier France qu'elle régularise sa requête en faisant état des circonstances justifiant de son intérêt à agir contre la décision attaquée.
5. Dans un courrier du 18 septembre 2024, la SAS Jinjiang Immobilier France fait valoir qu'elle exploite un site industriel à proximité immédiate du lieu du projet de construction de la station-service attaquée. Elle soutient que l'utilisation par les futurs usagers de la même voie d'accès ainsi que des mêmes canalisations d'eaux usées que sa société causerait une atteinte aux conditions d'occupation, d'utilisation et de jouissance de son bien en raison du risque d'encombrement que cela implique. Elle soutient également que cette nouvelle activité va induire un préjudice d'exploitation et une mise en danger de ses employés et prestataires en raison du transport pour les besoins de son exploitation de produits dangereux. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que les parcelles d'assises de la société SAS Jinjiang Immobilier France sont séparées des parcelles du projet d'espèce par un cours d'eau, un bâtiment et par un terrain vierge appartenant à la Commune de Tarascon-sur-Ariège et se trouvent ainsi séparées du projet d'une distance d'environ 300 mètres du projet litigieux. Par ailleurs, si l'intéressée invoque des nuisances, il ne ressort pas des pièces du dossier que les activités habituelles menées sur le site puissent être source de nuisances notamment pour la jouissance de son exploitation, au regard en particulier de la distance qui la sépare de la construction de la société Conuca. Enfin, la société requérante ne démontre pas davantage que l'aspect extérieur et l'utilisation de ce bâtiment seraient de nature à porter atteinte à son cadre d'exploitation ou que la circulation dans le secteur en serait affectée. Par suite, la SAS Jinjiang Immobilier France ne démontre pas que les travaux autorisés sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de sa propriété. Elle ne dispose pas, dès lors, d'un intérêt à agir contre la décision attaquée.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de la SAS Jinjiang Immobilier France est manifestement irrecevable et doit dès lors être rejetée en application des dispositions du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Sur l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
7. Ces dispositions s'opposent à ce qu'il soit fait droit aux conclusions présentées par la SAS Jinjiang Immobilier France à l'encontre de la commune de Tarascon-sur-Ariège et de la SAS Conuca, qui ne sont pas la partie perdante dans la présence instance.
8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la SAS Jinjiang Immobilier France la somme réclamée par la commune de Tarascon-sur-Ariège et la société Conuca sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de SAS Jinjiang Immobilier France est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Tarascon-sur-Ariège et la société Conuca sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la SAS Jinjiang Immobilier France, à la SAS Conuca et à la commune de Tarascon-sur-Ariège.
Fait à Toulouse, le 20 février 2025.
Le président de la 3ème chambre,
P. GRIMAUD
La République mande et ordonne au préfet de l'Ariège, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026