vendredi 16 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2404469 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | COHEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 juillet 2024, Mme D A, représentée par Me Cohen, demande au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) de suspendre l'exécution de la décision du 15 juillet 2024 par laquelle le préfet du Tarn a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité ;
3°) d'enjoindre au préfet du Tarn de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement des entiers dépens du procès et le versement d'une somme de 1 500 euros à son conseil sur le fondement des dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et, dans l'hypothèse où il ne serait pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, le versement de cette même somme au seul visa de l'article L. 761-1 précité.
Elle soutient que :
s'agissant de la condition tenant à l'urgence :
-alors même que Mme A a déposé, à la demande de la préfecture du Tarn, une nouvelle demande de titre de séjour en qualité de parent d'enfant français, elle ne s'est vu délivrer qu'une autorisation ne l'autorisant pas à travailler, l'empêchant ainsi de subvenir aux besoins de sa fille mineure, et alors même qu'elle est susceptible de conclure un contrat de travail à durée indéterminée, pourvu qu'elle soit munie préalablement de ladite autorisation ;
- alors que le père de son enfant aidait financièrement l'intéressée jusqu'au mois de mai 2024, celui-ci est désormais privé de revenus et n'est donc plus en mesure de payer le loyer de la mère, qui cumule désormais des arriérés, le propriétaire ayant au surplus demandé à l'intéressée de quitter les lieux sous quinzaine ;
s'agissant de la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :
-la décision est entachée d'un défaut de motivation ;
- le préfet ne s'est pas livré à un examen particulier de la situation de l'intéressée ;
- le préfet a commis une erreur de droit en retenant des motifs qui ne sont pas exigés par l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le préfet a commis une erreur de droit en estimant que les dispositions de l'article L. 441-8 du même code font obstacle à la délivrance d'un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français, alors même qu'elle est entrée en métropole en tant que partenaire d'un pacte civil de solidarité conclu avec un ressortissant français ;
- la décision porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale de l'intéressée ;
- la décision méconnaît les dispositions de l'article 3, 1°) de la convention internationale des droits de l'enfant en empêchant l'intéressée de subvenir aux besoins de sa fille.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 août 2024, le préfet du Tarn conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
s'agissant de la condition tenant à l'urgence :
-Mme A est entrée sur le territoire métropolitain dépourvue de l'autorisation spéciale prévue pour les étrangers titulaires d'une carte de séjour à Mayotte ;
- elle a conclu un pacte civil de solidarité de complaisance avec un ressortissant français pour entrer sur le territoire métropolitain, partant, s'est placée elle-même dans une situation qui l'exposait à un refus de titre de séjour et des conditions particulièrement précaires, alors même qu'elle a des chances sérieuses de s'intégrer professionnellement à Mayotte et d'y subvenir aux besoins de sa fille mineure ;
- l'atteinte au droit à la vie privée et familiale n'est pas disproportionnée ;
s'agissant de la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :
-la décision est suffisamment motivée, tant en droit qu'en fait ;
- il n'a commis aucune erreur de droit ni aucune erreur manifeste d'appréciation, puisque la requérante est bien dépourvue de l'autorisation spéciale susmentionnée et a conclu un pacte civil de solidarité de complaisance ;
- la décision contestée ne porte atteinte ni aux dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni à celles de l'article 3, 1°) de la convention internationale des droits de l'enfant.
Vu :
-les autres pièces du dossier ;
-la requête n° 2404477 enregistrée le 24 juillet 2024 tendant à l'annulation de la décision contestée.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. E pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 9 août 2024, en présence de Mme Guérin, greffière d'audience :
-le rapport de M. E,
-et les observations de Me Cohen, représentant M. F, qui a repris ses écritures et a insisté premièrement, sur l'absence de nécessité d'une autorisation spéciale d'entrée sur le territoire de la métropole pour l'intéressée, deuxièmement, sur le fait que la demande initiale de titre de séjour aurait dû être réexaminée après l'annulation du premier refus du préfet du Tarn par ledit jugement, d'autant plus que le préfet lui-même est à l'origine du problème, car il a imposé à la requérante de déposer une nouvelle demande, enfin, que Mme A a décidé de dissoudre le pacte civil de solidarité qui la liait à M. C moins de neuf mois après l'avoir conclu, car ce dernier fréquentait une autre femme,
- le préfet du Tarn n'étant ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, née le 16 avril 1997 à Moroni (Comores), de nationalité comorienne, déclare être entrée illégalement à Mayotte en 2000. Son séjour a été régularisé à Mayotte le 4 décembre 2019 par l'obtention d'un titre de séjour " parent d'enfant français ", ce titre étant arrivé à expiration le 15 février 2023. Le 12 mai 2022, elle a conclu à Mayotte avec M. B C, ressortissant français, un pacte civil de solidarité, dissous le 1er mars 2023, qui lui a permis d'entrer avec lui sur le territoire métropolitain le 18 juin 2022. Le 30 décembre suivant, elle a sollicité en métropole le renouvellement de son titre de séjour, qui lui a été refusée par le préfet du Tarn le 11 avril 2023, décision annulée par un jugement n° 2302125 du tribunal administratif de Toulouse en date du 26 janvier 2024. Elle a renouvelé sa demande de titre de séjour le 12 février 2024, demandant à la préfecture de lui délivrer un récépissé l'autorisant à travailler. Le 14 mai 2024, elle a obtenu un récépissé de la préfecture, qui ne l'autorisait toutefois pas à travailler. Par la présente requête, la requérante demande au juge des référés de suspendre l'arrêté du 15 juillet 2024 du préfet du Tarn portant à nouveau refus du titre de séjour " parent d'enfant français " sollicité.
Sur la demande d'admission à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête, de prononcer l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle de Mme A.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ".
En ce qui concerne la condition tenant à l'urgence :
4. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
5. En l'espèce, la décision contestée refusant à l'intéressée la délivrance du titre de séjour demandé, alors même qu'elle établit pouvoir être embauchée à court terme et ne plus être en mesure de subvenir seule, sans travail, à l'entretien de sa fille mineure, caractérise une situation d'urgence au sens de l'article L. 521-1 précité.
Sur la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :
6. En premier lieu, la décision contestée, qui détaille les considérations de droit et de fait ayant amené le préfet du Tarn à la prendre, ne saurait se voir reprocher par la requérante une motivation insuffisante.
7. En deuxième lieu, en se bornant à affirmer, sans apporter d'éléments probants au soutien de ce moyen, que le préfet du Tarn ne se serait pas livré à un examen particulier de sa situation, la requérante ne saurait soutenir à bon droit que ledit moyen est susceptible de prospérer.
8. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. " Aux termes de l'article L. 441-8 du même code : " Sans préjudice des dispositions des articles L. 233-1 et L. 233-2, les titres de séjour délivrés par le représentant de l'Etat à Mayotte, à l'exception des titres délivrés en application des dispositions des articles L. 233-5, L. 421-11, L. 421-14, L. 421-22, L. 422-10, L. 422-11, L. 422-12, L. 422-14, L. 424-9, L. 424-11 et L. 426-11 et des dispositions relatives à la carte de résident, n'autorisent le séjour que sur le territoire de Mayotte. Les ressortissants de pays figurant sur la liste, annexée au règlement (CE) n° 539/2001 du Conseil du 15 mars 2001 fixant la liste des pays tiers dont les ressortissants sont soumis à l'obligation de visa pour franchir les frontières extérieures des Etats membres, qui résident régulièrement à Mayotte sous couvert d'un titre de séjour n'autorisant que le séjour à Mayotte et qui souhaitent se rendre dans un autre département, une collectivité régie par l'article 73 de la Constitution ou à Saint-Pierre-et-Miquelon doivent obtenir une autorisation spéciale prenant la forme d'un visa apposé sur leur document de voyage. Ce visa est délivré, pour une durée et dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat, par le représentant de l'Etat à Mayotte après avis du représentant de l'Etat du département ou de la collectivité régie par l'article 73 de la Constitution ou de Saint-Pierre-et-Miquelon où ils se rendent, en tenant compte notamment du risque de maintien irrégulier des intéressés hors du territoire de Mayotte et des considérations d'ordre public. L'autorisation spéciale prenant la forme d'un visa mentionnée au présent article est délivré de plein droit à l'étranger qui demande l'asile lorsqu'il est convoqué par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides pour être entendu. Les conjoints, partenaires liés par un pacte civil de solidarité, descendants directs âgés de moins de vingt et un ans ou à charge et ascendants directs à charge des citoyens français bénéficiant des dispositions du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne relatives aux libertés de circulation sont dispensés de l'obligation de solliciter l'autorisation spéciale prenant la forme d'un visa mentionnée au présent article. "
9. Sous la qualification de " visa ", ces dispositions instituent une autorisation spéciale, délivrée par le représentant de l'État à Mayotte, que doit obtenir l'étranger titulaire d'un titre de séjour délivré à Mayotte dont la validité est limitée à ce département, lorsqu'il entend se rendre dans un autre département. La délivrance de cette autorisation spéciale, sous conditions que l'étranger établisse les moyens d'existence lui permettant de faire face à ses frais de séjour et les garanties de son retour à Mayotte, revient à étendre la validité territoriale du titre de séjour qui a été délivré à Mayotte, pour une durée qui ne peut en principe excéder trois mois.
10. Les dispositions de l'article L. 441-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui subordonnent ainsi l'accès aux autres départements de l'étranger titulaire d'un titre de séjour délivré à Mayotte à l'obtention de cette autorisation spéciale, font obstacle à ce que cet étranger, s'il gagne un autre département sans avoir obtenu cette autorisation, puisse prétendre dans cet autre département à la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions de droit commun et en particulier de plein droit de la carte de séjour temporaire telle que prévue à l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
11. En l'espèce, le préfet du Tarn a rejeté la demande de titre de séjour présentée par Mme A en qualité de mère d'un enfant de nationalité française au motif, notamment, que l'intéressée, titulaire d'une carte de séjour temporaire délivrée à Mayotte et valable jusqu'au 15 février 2023, s'est rendue sur le territoire métropolitain de la France le 18 juin 2022, sans être titulaire de l'autorisation spéciale prévue par les dispositions précitées. Il ressort des pièces du dossier que la requérante est entrée sur le territoire métropolitain de la France alors qu'elle était liée par un pacte civil de solidarité à un ressortissant français, et qu'en conséquence, elle n'avait pas besoin de disposer d'une autorisation spéciale spécifique pour elle-même.
12. Toutefois, il n'est pas contesté que le 12 février 2024, date du dépôt de sa nouvelle demande de titre de séjour, la requérante avait dissous le pacte civil de solidarité susmentionné le 1er mars 2023, au demeurant à peine neuf mois après la conclusion dudit pacte, et qu'elle se trouvait donc dépourvue de toute autorisation spéciale, laquelle est à durée limitée, lui permettant de se maintenir sur le territoire métropolitain. En conséquence, eu égard à ce qui a été dit précédemment, la requérante ne saurait reprocher au préfet du Tarn ni d'avoir commis une erreur de droit quant aux dispositions des articles L. 423-7 et L. 441-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni d'avoir entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
13. En quatrième lieu, la requérante, qui a vécu à Mayotte de 2000 à 2019, est entrée depuis le 18 juin 2022 seulement sur le territoire métropolitain, ne justifie plus d'aucune autorisation spéciale valide pour séjourner en métropole après la dissolution de son pacte civil de solidarité avec M. C le 1er mars 2023, est célibataire et a déclaré en 2017 un enfant français né à Mayotte, le père y résidant encore, ne justifie pas de liens personnels et familiaux d'une intensité particulière, stables et durables sur le territoire métropolitain alors qu'elle ne démontre pas être isolée aux Comores où résident toujours ses parents et à Mayotte, où réside, comme il a été dit, le père de sa fille, enfin, ne justifie pas d'une intégration professionnelle particulièrement aboutie alors même qu'elle ne dispose d'aucune expérience sur le territoire français, la promesse d'embauche qu'elle avance n'étant pas susceptible, en tout état de cause, de justifier ladite intégration, ne saurait reprocher au préfet du Tarn d'avoir porté une atteinte disproportionnée à son droit à la vie privée et familiale.
14. En cinquième et dernier lieu, la requérante ne saurait pas davantage reprocher au préfet du Tarn d'avoir méconnu les dispositions de l'article 3, 1°) de la convention internationale des droits de l'enfant, la décision contestée n'ayant pas pour effet de séparer Mme A de sa fille mineure, puisque rien ne fait obstacle à ce que la cellule familiale ne se reconstitue aux Comores, pays dont Mme A est ressortissante et où elle s'est en tout état de cause rendue du 19 juillet au 30 août 2021, accompagnée de sa fille, laquelle pourrait y vivre dans de bonnes conditions et y poursuivre une scolarité, quand bien même elle serait née en France. De surcroît, la requérante n'établit aucun obstacle qui lui interdirait de retourner à Mayotte, où, comme il a été dit, elle a vécu de 2000 à 2019, pour s'y voir délivrer le titre de séjour sollicité.
15. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée, à défaut de doute sérieux de la décision en date du 15 juillet 2024, décision par laquelle le préfet du Tarn a rejeté sa demande de titre de séjour, à demander la suspension de l'exécution de ladite décision.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
16. Il résulte de ce qui précède que, les conclusions à fins de suspension étant rejetées, par voie de conséquence, les conclusions à fins d'injonction et d'astreinte susvisées doivent l'être également.
Sur les dépens :
17. La présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions de Mme A présentées sur le fondement de l'article R. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 s'opposent à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante à la présente instance, la somme demandée Mme A au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme D A est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D A, à Me Cohen et au préfet du Tarn.
Fait à Toulouse, le 16 août 2024.
Le juge des référés,
G. E
La greffière,
S. GUÉRIN
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
la greffière en chef,
ou par délégation, la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026