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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2404503

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2404503

vendredi 9 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2404503
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantNACIRI

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Toulouse a été saisi en référé-suspension (article L. 521-1 du code de justice administrative) par Mme D E, mineure, contestant le refus de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de lui accorder les conditions matérielles d'accueil. La requérante soutenait que sa demande d'asile constituait une nouvelle demande et non un réexamen, suite à un arrêt de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 26 février 2024. Le juge des référés a rejeté la requête, considérant que la condition d'urgence n'était pas établie, les requérants étant toujours hébergés, et a écarté les moyens d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA).

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 juillet 2024, Mme D E, représentée par sa mère, Mme F E et son père M. A C et ayant pour avocat Me Naciri, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) de prononcer, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 6 juillet 2024 par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;

3°) d'enjoindre à l'OFII de lui accorder les conditions matérielles d'accueil ainsi qu'à ses parents en leur qualité de représentant légal dans le délai de cinq jours suivant l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) d'enjoindre à l'OFII de lui verser les allocations pour demandeurs d'asile non perçues depuis le mois d'avril 2024 dans le même délai de cinq jours et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

5°) de mettre à la charge de l'OFII la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 et, dans l'hypothèse où elle ne serait pas admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, sur le seul fondement de l'article L. 761-1.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que la décision attaquée, qui emporte la fin de sa prise en charge ainsi que de celle de ses parents en centre d'accueil pour demandeur d'asile, les prive de tout hébergement, qu'en l'absence de versement de l'allocation pour demandeur d'asile, ils sont privés des ressources nécessaires pour pourvoir à ses besoins, et ils ne pourront pas financer le voyage pour se rendre à la convocation de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans le cadre de l'examen de sa demande d'asile, alors que cette audition permet au demandeur d'asile d'exposer les motifs de sa demande, de compléter ou de rectifier son récit écrit et de clarifier les éventuelles zones d'ombre ;

- la décision est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions du 3° de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ce que la demande d'asile présentée en son nom par sa mère constitue une nouvelle demande d'asile et non une demande de réexamen, la Cour nationale du droit d'asile ayant jugé, par un arrêt du 26 février 2024, que la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides rejetant la demande d'asile de son père rendue le 24 août 2023, antérieurement à sa naissance, ne pouvait être réputée avoir été prise à son égard ;

- elle est pour les mêmes motifs entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation.

Par un mémoire en défense enregistré le 7 août 2024 à 9h20, l'office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la requête est irrecevable en raison de la création d'une voie de recours à délai contraint par les dispositions de l'article L. 921-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- les requérants sont toujours hébergés de sorte qu'il n'y a pas d'urgence ;

- la décision n'est entachée ni d'erreur de droit ni d'erreur manifeste d'appréciation ;

- les conclusions tendant au versement rétroactif des conditions matérielles d'accueil depuis le mois d'avril 2024 ne ressortent pas de la compétence du juge des référés.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 25 juillet 2024 sous le n° 2404502 par laquelle la requérante demande l'annulation au fond de la décision.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Lequeux, conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue le 7 août 2024 à 14 heures en présence de Mme Guerin, greffière d'audience :

- le rapport de Mme Lequeux, juge des référés,

- et les observations de Me Naciri, représentant Mme E, qui reprend en les précisant les moyens de la requête,

- l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'étant ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D E, ressortissante guinéenne, est née le 28 octobre 2023 en France. Ses parents, Mme F E et M. A E ont présenté une demande d'asile. Cette demande a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) par une décision du 24 août 2023, qui été confirmée le 26 février 2024 par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) mais annulée en tant qu'elle concernait l'enfant D E dont l'OFPRA avait été informée de la naissance dès le 15 novembre 2023 par ses parents. La CNDA a renvoyé l'examen de la demande d'asile de D devant l'OFPRA. Le 6 mai 2024, cette dernière a formé un recours administratif préalable obligatoire à l'encontre de la décision du 19 mars 2024 de la directrice territoriale de l'office français de l'intégration et de l'immigration (OFII) lui refusant le bénéfice des conditions matérielles d'accueil.

Sur la demande d'admission, à titre provisoire, de Mme E au bénéfice de l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ".

3. Eu égard aux circonstances de l'espèce et aux délais dans lesquels la juge des référés doit se prononcer, il y a lieu, en application des dispositions précitées, d'admettre Mme E au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :

4. Aux termes de l'article L. 555-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version issue de la modification apportée par le 1° du IV de l'article 72, de la loi du 26 janvier 2024 : " Les décisions qui refusent, totalement ou partiellement, au demandeur d'asile le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ou qui y mettent fin, totalement ou partiellement, peuvent être contestées devant le tribunal administratif selon la procédure prévue à l'article L. 921-1 ". Aux termes de l'article L. 921-1 de ce code : " Lorsqu'une disposition du présent code prévoit qu'une décision peut être contestée selon la procédure prévue au présent article, le tribunal administratif peut être saisi dans le délai de sept jours à compter de la notification de la décision. Sous réserve de l'article L. 921-4, il statue dans un délai de quinze jours à compter de l'introduction du recours ". Aux termes de l'article 86 de la loi du 26 janvier 2024, l'article 72 entre en vigueur à une date fixée par décret en conseil d'Etat. Le décret du 14 juillet 2024 pris pour l'application de cette loi est entré en vigueur au lendemain de sa publication.

5. Si une décision de refus de bénéfice des conditions matérielles d'accueil peut désormais être contestée par la procédure spéciale instituée par l'article L. 921-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, par laquelle le juge administratif doit statuer dans un délai de 15 jours, les dispositions précitées ne sont entrées en vigueur qu'à compter du 15 juillet 2024 et pour les décisions prises à compter de cette date. Par suite, la requête de Mme E présentée contre une décision implicite de rejet du 6 juillet 2024 est recevable et la fin de non-recevoir opposée en défense doit être écartée.

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

6. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

En ce qui concerne l'urgence :

7. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être apprécie objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce.

8. La décision litigieuse, qui refuse le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à la famille de l'enfant mineure D E, place cette enfant, seulement âgée de dix mois, et ses parents dans une situation de grande précarité en les privant du bénéfice de l'allocation pour demandeur d'asile et d'un hébergement alors que la requérante allègue, sans être contredite en défense, être sans ressources. Dès lors, et alors même qu'aucune décision d'expulsion n'aurait été prise à l'encontre de ses parents, cette décision porte atteinte de manière suffisamment grave et immédiate à la situation de la requérante et de ses parents pour que la condition d'urgence exigée par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative soit regardée comme remplie.

En ce qui concerne le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

7. D'une part, aux termes de l'article L. 521-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque la demande d'asile est présentée par un étranger qui se trouve en France accompagné de ses enfants mineurs, la demande est regardée comme présentée en son nom et en celui de ses enfants ". B part, aux termes de l'article L. 531-23 du même code : " Lorsqu'il est statué sur la demande de chacun des parents présentée dans les conditions prévues à l'article L.521-3, la décision accordant la protection la plus étendue est réputée prise également au bénéfice des enfants. Cette décision n'est pas opposable aux enfants qui établissent que la personne qui a présenté la demande n'était pas en droit de le faire ". L'article L. 521-13 de ce code fait obligation au demandeur d'asile de " coopérer avec l'autorité administrative compétente en vue d'établir son identité, sa nationalité ou ses nationalités, sa situation familiale, son parcours depuis son pays d'origine ainsi que, le cas échéant, ses demandes d'asile antérieures " et, aux termes de l'article L. 531-5 du même code, " de présenter, aussi rapidement que possible, tous les éléments nécessaires pour étayer sa demande d'asile. () ". L'article L. 531-9 du même code dispose : " Si des éléments nouveaux sont présentés par le demandeur d'asile alors que la procédure concernant sa demande est en cours, ils sont examinés, dans le cadre de cette procédure, par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides s'il n'a pas encore statué ou par la Cour nationale du droit d'asile si elle est saisie ". Enfin, aux termes de l'article L. 531-12 du même code : " L'Office français de protection des réfugiés et apatrides convoque le demandeur d'asile à un entretien personnel (). Il peut s'en dispenser dans les situations suivantes : / 1° Il s'apprête à prendre une décision reconnaissant au demandeur la qualité de réfugié à partir des éléments en sa possession ; / 2° Des raisons médicales, durables et indépendantes de la volonté de l'intéressé interdisent de procéder à l'entretien. " Et aux termes de l'article L. 532-3 du même code : " La Cour nationale du droit d'asile ne peut annuler une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et lui renvoyer l'examen de la demande d'asile que lorsqu'elle juge que l'office a pris cette décision sans procéder à un examen individuel de la demande ou en se dispensant, en dehors des cas prévus par la loi, d'un entretien personnel avec le demandeur et qu'elle n'est pas en mesure de prendre immédiatement une décision positive sur la demande de protection au vu des éléments établis devant elle. () "

8. Il résulte de la combinaison de ces différentes dispositions qu'il appartient à l'étranger présent sur le territoire français et souhaitant demander l'asile de présenter une demande en son nom et, le cas échéant, en celui de ses enfants mineurs qui l'accompagnent et de faire valoir, s'il y a lieu, les craintes propres de persécution de ses enfants lors de l'entretien prévu à l'article L. 531-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il en va également ainsi en cas de naissance ou d'entrée en France d'un enfant mineur postérieurement à l'enregistrement de sa demande, l'étranger étant tenu d'informer dans les meilleurs délais l'Office de cette naissance ou entrée, y compris lorsque l'Office a déjà statué sur sa demande.

9. En cas de naissance ou d'entrée en France d'un enfant mineur antérieurement à l'entretien avec l'étranger, la décision rendue par l'Office est réputée l'être à l'égard du demandeur et de l'enfant, sauf si celui-ci établit que la personne qui a présenté la demande n'était pas en droit de le faire. Si cette naissance ou cette entrée intervient postérieurement à l'entretien avec l'étranger, et si l'enfant se prévaut de craintes propres de persécution, il appartient à l'OFPRA de convoquer à nouveau l'étranger afin qu'il puisse, le cas échéant, faire valoir de telles craintes. Lorsque l'Office est informé de ces craintes postérieurement à sa décision sur la demande de l'étranger, il lui appartient en outre de réformer cette décision afin d'en tenir compte. Il en est ainsi y compris après l'enregistrement d'un recours devant la CNDA.

10. Dans ces différents cas, lorsque l'OFPRA n'a pas procédé à un tel examen individuel des craintes propres de l'enfant ou s'est abstenu de convoquer l'étranger à un nouvel entretien, il appartient, en cas de recours, à la CNDA d'annuler la décision de l'OFPRA et de lui renvoyer l'examen des craintes propres de l'enfant si, d'une part, elle n'est pas en mesure de prendre immédiatement une décision positive sur la demande de protection de l'enfant au vu des éléments établis devant elle et, B part, elle estime que l'absence de prise en compte de l'enfant ou de ses craintes propres par l'Office n'est pas imputable au parent de cet enfant.

11. Aux termes de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil peuvent être refusées, totalement ou partiellement, au demandeur dans les cas suivants : () / 3° Il présente une demande de réexamen de sa demande d'asile ; (). La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur ".

12. Il résulte de l'instruction que Mme E a, postérieurement à la décision de l'OFPRA du 24 août 2023, donné naissance à son enfant, Mme D E le 28 octobre 2023, et en a informé l'Office le 15 novembre, qui a enregistré une demande d'asile à son nom le 1er décembre 2023 et ce avant que la CNDA ne rejette définitivement la demande d'asile qu'elle avait présentée en son nom propre par une décision du 26 février 2024. Il ressort également de cette décision de la CNDA que la décision de l'OFPRA du 24 août 2023 a été annulée par la Cour motif pris de ce que les craintes énoncées pour l'enfant n'avaient pas donné lieu à un examen individuel et que l'Office n' avait procédé, ni à une réformation de sa décision, ni à un nouvel entretien de ses parents, alors que les craintes propres invoquées pour leur enfant n'avaient pu être évoquées lors de l'entretien mené avec sa mère dans le cadre de la demande d'asile de cette dernière. Dans ces conditions, la demande d'asile de la requérante, qui n'a pas été examinée par l'OFPRA, présente le caractère d'une demande nouvelle et non d'une demande de réexamen. Par suite, le moyen tiré de ce que la directrice territoriale de l'OFII ne pouvait, sans entacher sa décision d'erreur de droit au regard des dispositions précitées du 3° de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lui refuser le bénéfice des conditions matérielles d'accueil au motif que sa demande d'asile constituait une demande de réexamen, est propre, en l'état de l'instruction, à faire naître un doute sérieux quant à la légalité cette décision.

13. Il résulte de ce qui précède que les deux conditions prévues par l'article L. 521-1 du code de justice administrative sont remplies. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens invoqués, il y a lieu de prononcer la suspension de l'exécution de la décision du 19 mars 2024 de la directrice territoriale de l'OFII.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

14. La présente ordonnance implique seulement que l'OFII octroie à titre provisoire à Mme E le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, en ce inclus le versement de l'allocation pour demandeur d'asile. Cette suspension n'implique en revanche pas le versement rétroactif de l'aide aux demandeurs d'asile, les conclusions présentées en ce sens devant être rejetées. Par suite, il y a lieu de lui enjoindre d'y procéder dans un délai de cinq jours à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 50 euros par jour de retard.

Sur les conclusions présentées au titre des dispositions combinées de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :

15. Sous réserve de l'admission définitive de Mme E à l'aide juridictionnelle et que Me Naciri renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, l'OFII versera à cette dernière la somme de 1 000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

O R D O N N E :

Article 1er : Mme E est admise à l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : L'exécution de la décision de la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration en date du 6 juillet 2024 est suspendue.

Article 3 : Il est enjoint à l'Office français de l'immigration et de l'intégration d'octroyer à titre provisoire à Mme E le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, en ce inclus le versement de l'allocation pour demandeur d'asile, dans un délai de cinq jours à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 50 euros par jour de retard.

Article 4 : L'Office français de l'immigration et de l'intégration versera à Me Naciri une somme de 1 000 euros au titre du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme F E, à M. A C, représentant leur fille mineure Mme D E, à Me Naciri et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Fait à Toulouse, le 9 août 2024.

La juge des référés,

A. LEQUEUXLa greffière,

S. GUERIN

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

la greffière en chef,

ou par délégation, la greffière,

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