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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2404644

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2404644

mercredi 12 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2404644
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantATCM AVOCATS ASSOCIÉS

Résumé IA

Cette décision du Tribunal Administratif de Toulouse concerne un litige relatif à la construction d’un complexe sportif par la commune de Saint-Sauveur. La commune demande, par voie de référé-provision, le paiement de sommes provisionnelles à plusieurs sociétés (Charpente Bois Goubie JP, EG BAT, Coucoureux, Lacaze Carrelage, Decos 2000, Cassin TP, SETI, Technisphère) pour des travaux de levée de réserves et de reprise de désordres. La solution retenue par le juge des référés n’est pas explicitée dans l’extrait fourni, mais la demande se fonde sur la responsabilité contractuelle des entreprises, notamment pour les ouvrages réceptionnés avec réserves et pour le bâtiment non réceptionné. Les textes appliqués incluent le code de justice administrative (article L. 761-1 pour les frais de justice) et les principes de la garantie contractuelle des marchés publics.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 30 juillet et 17 décembre 2024, la commune de Saint-Sauveur, représentée par Me Fernandez-Begault, demande à la juge des référés :

1°) de condamner la société Charpente Bois Goubie JP à lui payer la somme provisionnelle de 396 euros HT, majorée des intérêts légaux, correspondant au coût des travaux de levée des réserves incombant à cette société ;

2°) de condamner la société EG BAT à lui payer la somme provisionnelle de 18 571 euros HT, majorée des intérêts légaux, correspondant au coût des travaux de levée des réserves incombant à cette société (396 euros) et aux travaux de reprise du désordre acoustique affectant la salle omnisport (18 175 euros) ;

3°) de condamner la société Coucoureux à lui payer la somme provisionnelle de 3 631 euros HT, majorée des intérêts légaux, correspondant au coût des travaux de levée des réserves incombant à cette société ;

4°) de condamner la société Lacaze Carrelage et Chape fluide à lui payer la somme provisionnelle de 4 636 euros HT, majorée des intérêts légaux, correspondant au coût des travaux de levée des réserves incombant à cette société ;

5°) de condamner la société Decos 2000 à lui payer la somme provisionnelle de 2 207 euros HT, majorée des intérêts légaux, correspondant au coût des travaux de levée des réserves incombant à cette société ;

6°) de condamner la société Cassin TP Voierie Bâtiment et Terrassement à lui payer la somme provisionnelle de 45 255 euros HT, majorée des intérêts légaux, correspondant au coût des travaux de levée des réserves incombant à cette société (3 500 euros), à la part lui incombant pour la reprise des désordres affectant le court de tennis extérieur n°2 (38 618 euros), et les désordres affectant le sol du local de rangement du bâtiment tennis (3 137 euros) ;

7°) de condamner la société d'études techniques et industrielles (SETI) à lui payer la somme provisionnelle de 12 873 euros HT, majorée des intérêts légaux, correspondant à la part lui incombant pour la reprise des désordres affectant le court de tennis extérieur n°2 ;

8°) de condamner la société Technisphère à lui payer la somme provisionnelle de 10 131 euros HT, majorée des intérêts légaux, correspondant à la part lui incombant pour la reprise des désordres affectant la ventilation de la halle de tennis ;

9°) de condamner chacune de ces sociétés à lui verser une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle a entrepris la construction d'un complexe sportif ;

- la maîtrise d'œuvre du projet a été assurée par un groupement conjoint composé de M. E D, architecte, mandataire du groupement, M. B C, architecte, la société SETI, bureau d'études techniques " structures et VRD ", la société Techisphère, bureau d'études techniques " fluides ", la société Polygonum Paysages, paysagiste, la société Dano Bat, économiste, et la société Gamba Acoustique, acousticien, pour un forfait provisoire sur la mission de base, d'un montant de 431 935,40 euros TTC, selon l'acte d'engagement du 19 juin 2013 ;

- le marché public de travaux a été décomposé en treize lots, attribués, notamment :

- à la société Charpente Bois Goubie JP, pour le lot n°2 charpente et façades bois, d'un montant porté par un avenant n°2 du 29 novembre 2019, à 269 983,63 euros HT,

- à la société EG BAT, pour le lot n°3, " couverture, étanchéité " d'un montant de 265 914,91 euros HT,

- à la société Coucoureux, pour le lot n°6 " menuiseries intérieures " d'un montant, porté par avenant à 77 190,97 euros HT,

- à la société Lacaze Carrelage et Chape fluide, pour le lot n°7 " revêtements de sol durs, faïences, sols souples " d'un montant porté par avenant à de 86 230 euros HT,

- à la société Decos 2000, pour le lot n°8, " peintures " d'un montant de 43 042,47 euros HT,

- au groupement composé de la société Cassin TP Voierie Bâtiment et Terrassement, mandataire et de la société Arnaud Sports, pour le lot n°12 " VRD " d'un montant porté par avenant à 1 400 000 euros HT.

- une réception a été prononcée avec réserves pour le terrain de football extérieur, les courts de tennis extérieurs, le bâtiment du club de football et le bâtiment du dojo ;

- le bâtiment du club de tennis, abritant les courts de tennis intérieurs, n'a pas été achevé et n'est pas en état d'être réceptionné ; les titulaires du marché ne s'entendent pas sur leurs responsabilités respectives ;

- les ouvrages sont en outre affectés de désordres ;

- sur sa requête, un expert judiciaire a été désigné par ordonnance du 4 janvier 2022 ;

- il a rendu son rapport le 21 avril 2023 ;

- il précise des non-façons, non-conformités et des désordres ;

- les inachèvements et réserves non levés portent sur des ouvrages réceptionnés, ainsi que, pour une partie sur le bâtiment du tennis non réceptionné ;

- pour les ouvrages réceptionnés, les entreprises restent tenues de lever les réserves au titre de leur garantie contractuelle ;

- l'inachèvement du bâtiment du tennis, non réceptionné, relève aussi de la responsabilité contractuelle ;

- le nettoyage des charpentes à la charge de Charpentes bois/Goubie JP est chiffré à 396 euros HT ;

- le nettoyage et la reprise des couvertines à la charge de EG/BAT est chiffré à 396 euros HT ;

- la reprise d'épaufrure d'angle du bar et le remplacement des portes des toilettes et du vestiaire n°4, ainsi que la fourniture et la pose des stores à la charge de la société Coucoureux sont chiffrés à 834 euros HT + 2 797 euros HT ;

- la salissure et les tâches sur le carrelage, à la charge de Lacaze Carrelage et Chape fluide et Decos 2000, sont chiffrés à la charge pour la première à 4 636 euros HT et 2 207 euros HT ;

- les travaux autour des tennis extérieurs (pose d'un caniveau à grille transversal au piétonnier, façon de cunette côté Nord et Ouest pour éloigner les eaux, siphon pour évacuer la flaque, raccourcissement de la tige filetés du filet du court n°2), autour du bâtiment tennis (reprise à la résine du pied de façade, piquage du crépis du muret avant raccord, reprise du pied de poteau en bois, remplacement du seuil de la menuiserie) et sur le passage (élargissement de 20 à 30 cm remblais ponctuel à glisser sous la bâche, à charge de Cassin TP Voierie Bâtiment et Terrassement), sont chiffrés à 3 500 euros HT ;

- les non-conformités et les désordres affectent des ouvrages réceptionnés et le bâtiment du tennis non réceptionné ;

- en ce qui concerne les désordres affectant les ouvrages réceptionnés, il s'agit d'une part, d'un défaut d'acoustique dans la salle omnisport et, d'autre part, de fissures dans le revêtement du court de tennis extérieur n°2 ;

- le défaut d'acoustique provient de la pose incorrecte du pare vapeur par rapport au bac acier ; il n'était pas apparent lors de la réception ; il limite l'usage de la salle et relève de la garantie décennale ; il est imputable à EG BAT ; le chiffrage des réparations est de 18 175 euros HT ;

- les fissures qui affectent le court de tennis extérieur n°2, et nécessitent d'importants travaux de reprise, ont fait l'objet de réserves lors des opérations de réception, toujours non-levées, et qui engagent la responsabilité contractuelle de SETI, au titre de la conception et de Cassin TP Voierie Bâtiment et Terrassement, pour un coût de 12 873 euros HT, pour la première et 38 618 euros HT pour la seconde ; les désordres sont tout à la fois de nature contractuelle et de nature décennale ;

- en ce qui concerne le sol du local de rangement du bâtiment de tennis, non réceptionné, le désordre résulte d'un cloquage généralisé, dû à un incident en cours de chantier, causé par Cassin TP Voierie Bâtiment et Terrassement, entrainant l'impropriété du local ; le coût de la reprise est de 3 137 euros HT ;

- la ventilation de la halle de tennis est défectueuse et ne permet pas l'évacuation de l'humidité ambiante ; ce désordre est imputable à une erreur de conception par la société Technisphère ; le coût de la reprise du désordre, déduction faite de la valeur de l'amélioration est de 10 131 euros HT ;

- ces chiffrages représentent la créance non sérieusement contestable de la commune ;

- l'entreprise SETI n'apporte pas d'éléments remettant en cause les constats de l'expert ;

- ses demandes reconventionnelles ne sont pas fondées car l'immeuble n'est pas achevé ; sa créance n'est ni certaine, ni liquide, ni exigible ;

- la société Technisphère fait également valoir une créance ;

- or, le marché n'est pas achevé, et l'expert lui-même admet que ses calculs sont approximatifs, sur la base d'éléments souvent partiels et tronqués ;

- la société Cassin TP Voierie Bâtiment et Terrassement prétend être en attente du paiement de plusieurs situations, correspondant à des travaux réalisés, alors que la créance de la commune serait modique ;

- mais tel n'est pas le cas, compte tenu des nombreuses réserves non-façons et désordres ;

- l'expert lui-même admet que ses calculs sont approximatifs, sur la base d'éléments souvent partiels et tronqués ;

- la société Cassin TP Voierie Bâtiment et Terrassement n'apporte pas d'éléments de nature à remettre en cause l'imputabilité des désordres affectant le court extérieur n°2 et le sol du local de rangement du bâtiment du tennis.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 septembre 2024, la SARL Cassin TP, représentée par Me Alengrin, conclut :

1°) au rejet de la requête ;

2°) subsidiairement à ce que la société SETI soit condamnée à la relever et la garantir indemne de toutes les sommes qui pourraient être mises à sa charge au titre des travaux de reprise des cours de tennis extérieur ;

3°) condamner la commune de Saint-Sauveur à lui verser une somme provisionnelle de 16 597 euros HT, majorée de la TVA au taux applicable, au titre des sommes lui restant dues ;

4°) de mettre à la charge de toute partie succombant une somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle n'a pas procédé aux travaux concernant les réserves, dont le coût est évalué à 3 500 euros HT, car la commune ne l'a pas payée ;

- certains points mentionnés en réserves sont des oublis en phase de conception, comme la pose d'un caniveau à grille transversal au niveau piétonnier et l'élargissement de 30 cm sous la bâche, ce qui constitue une contestation sérieuse ;

- l'expert a retenu un défaut d'exécution principal et une faute secondaire de conception, s'agissant de la fissuration du terrain de tennis extérieur, ce qui est particulièrement contestable ;

- en effet il lui a été demandé par le maître d'œuvre de modifier l'ouvrage par rapport à la demande initiale ;

- sur le plan DCE 402 PRO du mois de septembre 2016, il était prévu deux courts extérieurs aux côtes 120.30 NGF et 120.90 NGF, avec une circulation centrale et sans mur de soutènement ;

- par mail en date du 8 mars 2017, soit pendant la phase de négociation, la société SETI a demandé la rotation des terrains, la suppression de la bande de circulation et proposé de réaliser les terrains au même niveau, à savoir à la côte 120.95 NGF ; c'est donc la société SETI qui a demandé la modification, sans prévoir aucun mur de soutènement ;

- la société SETI est donc bien seule à l'origine de la modification ;

- or, elle n'a prévu à ce stade aucun mur de soutènement et propose de remonter le terrain côté parking ;

- par avenant n°2, l'adaptation des terrains a été formalisée, avec un traitement à la chaux et suppression de la circulation centrale ;

- les essais de plaque ont été réalisés le 4 septembre 2019, avec un résultat conforme concernant les terrains de tennis extérieurs, PL 14 et PL 15 ;

- ces modalités de construction ont été validées par le Bureau d'études ;

- les travaux réalisés par la société Cassin TP sont donc conformes à ses obligations contractuelles, modifiées par la maîtrise d'oeuvre, et aux règles de l'art ;

- les essais et sondages réalisés en cours d'expertise n'ont permis de relever aucune non-conformité dans la réalisation des travaux ;

- la société SETI a mal conçu les modifications intervenues par avenant n°2 ;

- d'ailleurs l'expert n'a prévu aucune intervention de reprise sur ses ouvrages ;

- au contraire, il a préconisé exclusivement la réalisation d'un mur de soutènement, prenant pour base le devis Cassin TP et en doublant la longueur de ce mur : 70 m au lieu de 35 ; il s'agit donc bien d'un mur qui aurait dû être prévu au stade de la conception, lorsqu'il a été procédé par la société SETI au changement d'orientation des terrains et au relèvement des terrains sans aucune mesure de soutènement ;

- la société SETI doit donc la garantir s'agissant des désordres concernant les cours extérieurs ;

- en ce qui concerne le revêtement dans le local du tennis intérieur, elle a toujours contesté que le cloquage soit la conséquence du dégât des eaux qui s'est produit et pour lequel elle est par ailleurs assurée ; l'expert n'a relevé aucun élément de nature à établir que le cloquage résulterait d'un dégât des eaux, alors qu'une nappe phréatique est présente sous le dallage, à une profondeur de 0,80m ;

- il est tout à fait vraisemblable que le local subisse une remontée d'humidité, qui entraîne un cloquage de la résine du sol, dans la mesure où il n'a pas été réalisé d'ouvrage d'étanchéité, lequel aurait dû être prévu lors de la conception ;

- d'ailleurs lors de la reprise des cours de tennis intérieurs, il a été profité de la réparation pour faire mettre en œuvre un complexe anti-remontée d'humidité sous le dallage des cours, qui n'avait pas été prévu non plus ;

- il s'agit en toute hypothèse d'une demande fondée sur la responsabilité contractuelle de la société Cassin TP, qui implique la preuve d'une faute d'exécution, d'un préjudice et d'un lien de causalité entre les deux ; rien de tel n'est établi ;

- en ce qui concerne l'apurement des comptes, l'expert a retenu que la somme lui restant due au titre du solde du marché après avenant était de 4 039 euros HT, dont il a été convenu de déduire une somme de 2 700 euros HT, d'après certificat apposé sur le DGD de la concluante, à titre de diverses retenues, soit en définitive 1 339 euros HT ;

- par ailleurs, elle s'est vu confier des travaux d'étanchéité du sol de la halle de tennis, ouvrage indispensable et omis initialement, par ordre de service n°9, établi en ce sens le 12 novembre 2020 par le maître d'œuvre à la demande du maître de l'ouvrage, pour un montant de 15.258,60 euros HT ;

- cette commande aurait dû faire l'objet d'un avenant ; il n'en reste pas moins que les travaux ont été commandés et ont été exécutés ;

- sa créance se monte donc à 16 597 € HT.

Par des mémoires enregistrés les 21 novembre 2024 et 7 janvier 2025, la SA SETI, représentée par Me De La Marque, conclut :

1°) à titre principal au rejet de la requête de la commune et au rejet des demandes de garantie de la société Cassin TP ;

2°) à titre subsidiaire à ce que la société Cassin TP soit condamnée à la garantir de toute condamnation prononcée à son encontre ;

3°) en tout état, à ce que le montant des sommes accordées à la commune sur le désordre réparé soit limité à 25% ;

4°) à ce que la commune de Saint-Sauveur soit condamnée à lui payer une somme de 12 778 euros HT assortie de la révision applicable à hauteur de 996,68 euros et des intérêts moratoires courant depuis le 11 avril 2024 ;

5°) à ce qu'une somme de 3 000 euros, soit mise à la charge de tout succombant à lui verser au titre de l'article 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la créance n'est pas non sérieusement contestable ;

- les conclusions de l'expert ne sont pas claires ;

- s'agissant des fissures du tennis extérieur n°2, il n'y a pas de défaut de conception dès lors que les talus situés au bord du courts de tennis ne portent aucune trace d'érosion ;

- en effet, le talus réalisé reste parfaitement en place, il n'y a ni érosion, ni tassement, ni mouvement ; le désordre résulte seulement d'une mauvaise exécution de l'entreprise contrairement à ce que cette dernière expose ;

- on notera que la fissure relevée est située à l'opposé du point de talus le plus pentu ; il eût été logique que la fissure apparaisse contre le point le plus critique du talus, ce qui n'est pas le cas ;

- la société Cassin TP tire du seul fait que l'expert préconise comme travaux de reprise la création d'un mur de soutènement, que la cause du désordre vient d'un défaut de conception ; mais cette conclusion n'est étayée par aucune démonstration technique probante ;

- en outre, le mur de soutènement en cause faisait partie d'une autre opération sous maîtrise d'ouvrage de la communauté de communes, et non de la commune, et ainsi hors du marché de la société SETI ;

- SETI a souligné à l'entreprise Cassin TP le décalage de niveau des terrains par rapport au plan DCE ; l'adaptation des niveaux par l'entreprise s'est produite en cours d'exécution de son marché ;

- l'avis sans observation donné dans la suite a été obtenu après échanges avec l'entreprise sur les conséquences de cette exécution et dont SETI a eu de la part de l'entreprise Cassin TP des garanties sur la prise en compte des conséquences de cette adaptation ;

- la conception et la réalisation du mur dont la hauteur est liée au niveau du terrain fini ne relèvent pas de la responsabilité de la société SETI ;

- ce mur a été exécuté par l'entreprise Cassin TP dans le cadre d'un autre marché sous une autre maîtrise d'ouvrage et une autre maîtrise d'œuvre ;

- elle doit être garantie intégralement par la société Cassin TP puisque celle-ci a visiblement commis une erreur d'exécution dans la réalisation de son ouvrage, en réalisant le court de tennis concerné à une altimétrie non prévue et en réalisant un mur de soutènement ne permettant pas de retenir le remblai sur lequel est réalisé le court de tennis en cause ;

- au surplus, une somme de 12 778 euros HT lui est due, à laquelle doit être ajoutée une révision de prix, contractuellement prévue, à hauteur de 996,68 euros, soit un total de 13 774,68 euros HT, pour lequel elle a établi une note d'honoraires N°12 le 11 mars 2024 ;

- il est faux de dire que ses ouvrages ne sont pas achevés.

Par des mémoires enregistrés les 22 novembre 2024 et 6 janvier 2025, la SA Technisphère, représentée par Me Gendre, conclut :

1°) à titre principal, au rejet de la requête de la commune ;

2°) subsidiairement, à la compensation des sommes auxquelles elle pourrait être éventuellement condamnée et la créance qu'elle détient sur la commune ;

3°) à ce que la commune soit condamnée à lui payer une somme de 4 438,21 euros qu'elle reste lui devoir après compensation ;

4°) à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la commune à lui verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que la créance de la commune n'est pas non sérieusement contestable, compte tenu des sommes qu'elle lui doit encore au titre du marché, soit un total de 14 569,21 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 janvier 2025, la SELARL LGA, es-qualité de liquidateur judicaire de la société Charpente Bois Goubie JP, représentée par Me Giraudier, conclut :

1°) au rejet de la requête de la commune ;

2°) à titre reconventionnel, à ce que la commune soit condamnée à lui payer une provision d'un montant total de 16 136,29 € TTC (13 446,91 € HT), au titre des sommes lui restant dues ;

3°) à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de toute partie succombant à lui verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'action en référé de la commune est irrecevable du fait de l'ouverture de la procédure collective : la commune n'a déclaré aucune créance à la procédure collective de la société Charpente Bois Goubie JP ;

- elle est elle-même fondée à solliciter le paiement, à titre de provision, de 16 136,29 euros TTC.

Par ordonnance en date du 7 janvier 2025, la clôture de l'instruction a été fixée au 23 janvier 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal par intérim a désigné Mme Wolf, présidente honoraire, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. La commune de Saint-Sauveur a entrepris la construction d'un complexe sportif, regroupant plusieurs activités dans un même lieu : tennis, football, arts martiaux, impliquant la réalisation de trois bâtiments : club de football, club de tennis dont courts de tennis couverts et dojo, d'un terrain de football extérieur et de courts de tennis extérieurs. La maîtrise d'œuvre a été confiée à un groupement conjoint, composé de M. A D, architecte mandataire du groupement, M. B C, architecte, la société SETI, bureau d'études techniques " structure et VRD ", la société Technisphère, bureau d'études fluides, la société Polygonum paysage, paysagiste, la société DANO Bât, économiste, la société Gamba acoustique, acousticien. L'acte d'engagement a été signé le 19 juin 2013. 13 lots ont été attribués, dont le lot n°2 " charpente et façades bois " attribué à la société Charpente bois Goubie JP, le lot n°3 " couverture, étanchéité, attribué à la société EG BAT, le lot n°6 " menuiseries intérieures " attribué à la société Coucoureux, le lot n° 7 " revêtements de sols durs, faïences, sols souples ", attribué à la société Lacaze Carrelages et Chape fluide, le lot n°8 " peintures " attribué à la société Decos 2000, le lot n°12 " VRD " attribué à la société Cassin, travaux publics voierie bâtiment et terrassements, étant par ailleurs précisé que la pose des stores relevant du lot n° 4 dont la société Miroiterie des Anciens Ets Malzac, placée en liquidation, était titulaire, a été sous-traitée à la société Coucoureux.

2. En septembre et le 6 octobre 2020, des réceptions ont été prononcées avec réserves pour le terrain de football extérieur, les courts de tennis extérieurs, le bâtiment du club de football et le bâtiment du dojo. Seules les réserves relatives aux espaces verts ont été levées. Compte tenu des non-façons, non-conformités et désordres observés, la commune de Saint-Sauveur a, le 20 avril 2021, demandé au juge des référés du tribunal de céans, de désigner un expert, lequel a rendu son rapport le 20 avril 2023.

3. Au cours de l'expertise plusieurs réserves ont pu être levées. L'expert relève néanmoins dans son rapport des non-façons, non-conformités, et désordres qu'il impute à des entreprises titulaires du marché. La commune de Saint-Sauveur, se fondant sur ces conclusions, demande au juge des référés de condamner ces entreprises à lui payer des indemnités provisionnelles. Par son ordonnance du 4 janvier 2022, le juge des référés avait entre autres missions, demandé à l'expert, de fournir tous éléments propres à permettre au juge du contrat compétent, éventuellement saisi du litige, d'établir le compte entre les parties. En défense, certains défendeurs demandent la compensation entre la créance de la commune et les créances qu'ils font eux-mêmes valoir au titre du solde du marché.

Sur la provision :

4. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ". Il résulte de ces dispositions que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude.

5. Par ailleurs, il résulte implicitement mais nécessairement des dispositions de l'article R. 541-1 du code de justice administrative que le juge des référés dispose du pouvoir d'apprécier si l'éventualité d'une compensation entre créances réciproques est de nature à rendre sérieuse ou non la contestation de l'obligation invoquée par la partie qui demande la provision.

En ce qui concerne les conclusions dirigées contre la société Cassin TP Voierie Bâtiment et Terrassement :

6. La commune de Saint-Sauveur, se fondant sur les conclusions de l'expert judiciaire, demande la condamnation de l'entreprise Cassin TP à lui payer la somme provisionnelle de 45 255 euros HT, majorée des intérêts légaux, correspondant au coût des travaux de levée des réserves incombant à cette société (3 500 euros), à la part lui incombant pour la reprise des désordres affectant le court de tennis extérieur n°2 (38 618 euros), et les désordres affectant le sol du local de rangement du bâtiment tennis (3 137 euros).

7. La société Cassin ne conteste pas devoir prendre à sa charge le coût de la levée de diverses réserves pour une somme globale de 3 500 euros. En revanche, alors que l'expert s'est borné dans son rapport à affirmer que le cloquage du revêtement de sol du local de rangement résultait d'un dégât des eaux en cours de chantier, ce qu'aurait admis la société Cassin TP. La société Cassin TP soutient a contrario que la preuve d'un lien entre le dégât des eaux et le cloquage du revêtement de sol n'a jamais été rapportée et qu'en outre, s'agissant de la mise en cause de sa responsabilité contractuelle, aucune faute d'exécution de sa part n'est établie.

8. Pour autant il incombait à la société Cassin TP de livrer à la commune un sol conforme. Sa responsabilité est engagée, dès lors que le sol livré est cloqué, en l'absence de preuve par la titulaire du marché que le désordre résulte d'une clause étrangère échappant à son contrôle. La créance de la commune de Saint-Sauveur est non sérieusement contestable sur ces deux points.

9. S'agissant du court de tennis extérieur, la commune agit à titre principal sur le fondement de la garantie de parfait achèvement, subsidiairement sur le fondement de la garantie décennale, ce qu'elle n'est, en tout état de cause, pas recevable à faire, dès lors qu'elle avait émis des réserves à la réception de l'équipement portant sur les mêmes non-conformités que celles qui sont en litige.

10. Le mail de mars 2017, produit en pièce n°7, montre que, lors de la consultation, il y a eu une négociation entre la société SETI et la société Cassin TP pour la mise au point du marché avec des modification techniques du positionnement des courts de tennis, mis à la même hauteur. La configuration, sans nouvelles études préalables, des courts de tennis résulte donc à part égale des société SETI et Cassin TP, avec la modification géométrique altimétrique et le traitement à la chaux pour consolider les talus. Le rehaussement des talus d'environ 60 à 70 cm, les exposant davantage aux aléas météorologiques et en particulier à la dessication, est imputables au maître d'œuvre tout autant qu'à l'entreprise de travaux. Dans ces conditions, la créance de la commune de Saint-Sauveur à l'encontre de la société Cassin TP, au titre des désordres affectant le court extérieur de tennis, est non sérieusement contestable seulement à hauteur de 50% du coût des réparations, soit 25 745,55 euros.

11. Il résulte de ce qui précède que la créance non sérieusement contestable de la commune de Saint-Sauveur à l'encontre de la société Cassin TP se monte à 32 382,25 euros HT. La somme de 32 382,25 euros HT, doit être majorée des intérêts légaux à compter du 30 juillet 2024.

12. La société Cassin TP fait valoir détenir une créance non sérieusement contestable à l'encontre de la commune de Saint-Sauveur, d'un montant de 16 597 euros HT, correspondant à hauteur de 15 258,60 euros HT aux dépenses engagées en exécution d'un ordre de service n°9 daté du 12 novembre 2020 et pour le surplus au solde du marché de 4 039 euros HT, dont il y a lieu de déduire une somme de 2 700 euros HT à titre de diverses retenues, soit 1 339 euros HT.

13. Toutefois, même si le juge des référés a demandé à l'expert judiciaire de fournir tous éléments propres à permettre au juge du contrat compétent, éventuellement saisi du litige, d'établir le compte entre les parties, il ne résulte pas de l'instruction que la société Cassin TP ait mis en œuvre la procédure de règlement du marché. Les seules indications apportées par l'expert, en réponse à sa mission, ne confèrent pas à la créance que la société Cassin TP prétend détenir à l'encontre de la commune de Saint-Sauveur, un caractère non sérieusement contestable.

14. Dans ces conditions, il y a lieu de condamner la société Cassin TP à payer à la commune de Saint-Sauveur la somme provisionnelle de 32 382,25 euros HT, majorée des intérêts légaux à compter du 30 juillet 2024.

En ce qui concerne les conclusions dirigées contre la société SETI :

15. La commune de Saint-Sauveur, se fondant sur les conclusions de l'expert judiciaire, demande la condamnation de la société d'études techniques et industrielles (SETI) à lui payer la somme provisionnelle de 12 873 euros HT, majorée des intérêts légaux, correspondant à la part lui incombant pour la reprise des désordres affectant le court de tennis extérieur n°2.

16. Compte tenu de ce qui a été dit au point 10 de la présente ordonnance, les désordres portant sur le court extérieur n°2, sont imputables à 50% à la société SETI. Dans ces conditions, la créance de 12 873 euros HT de la commune de Saint-Sauveur à l'encontre de la société SETI est non sérieusement contestable. Cette somme doit être majorée de l'intérêt au taux légal à compter du 30 juillet 2024.

17. La société SETI, se fondant sur les conclusions de l'expert judiciaire, fait valoir détenir une créance non sérieusement contestable à l'encontre de la commune de Saint-Sauveur, d'un montant de 12 778 euros HT assortie de la révision applicable à hauteur de 996,68 euros et des intérêts moratoires courant depuis le 11 avril 2024.

18. Toutefois, même si le juge des référés a demandé à l'expert judiciaire de fournir tous éléments propres à permettre au juge du contrat compétent, éventuellement saisi du litige, d'établir le compte entre les parties, il ne résulte pas de l'instruction que la société SETI ait mis en œuvre la procédure de règlement du marché. Les seules indications apportées par l'expert, en réponse à sa mission, ne confèrent pas à la créance que la société SETI prétend détenir à l'encontre de la commune de Saint-Sauveur, un caractère non sérieusement contestable.

19. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de condamner la société SETI à payer à la commune de Saint-Sauveur une somme provisionnelle de 12 873 euros HT majorée de l'intérêt au taux légal à compter du 30 juillet 2024.

En ce qui concerne les conclusions dirigées contre la société Technisphère :

20. La commune de Saint-Sauveur, se fondant sur les conclusions de l'expert judiciaire, demande la condamnation de la société Technisphère à lui payer la somme provisionnelle de 10 131 euros HT, majorée des intérêts légaux, correspondant à la part lui incombant pour la reprise des désordres affectant la ventilation de la halle de tennis. La société Technisphère ne conteste pas sa responsabilité dans le désordre affectant la halle de tennis, qui n'a pas été réceptionnée.

21. La société Technisphère fait également valoir détenir une créance non sérieusement contestable à l'encontre de la commune de Saint-Sauveur de 14 569,21 euros TTC, comparant ainsi une dépense TTC à une dépense HT. Le total de 9 252,01 euros TTC serait le solde du marché. La société Technisphère a, en outre, émis deux factures le 31 mars 2024, au vu du rapport de l'expert, correspondant, l'une à une modification de programme pour un surcoût de 3 943,20 euros TTC et à des travaux supplémentaires pour un surcoût de 1 374 euros TTC.

22. Toutefois, même si le juge des référés a demandé à l'expert judiciaire de fournir tous éléments propres à permettre au juge du contrat compétent, éventuellement saisi du litige, d'établir le compte entre les parties, il ne résulte pas de l'instruction que la société Technisphère ait mis en œuvre la procédure de règlement du marché. Les seules indications apportées par l'expert, en réponse à sa mission, ne confèrent pas à la créance que la société Technisphère prétend détenir à l'encontre de la commune de Saint-Sauveur, un caractère non sérieusement contestable.

23. Par suite, il y a lieu de condamner la société Technisphère à payer à la commune de Saint-Sauveur une somme provisionnelle de 10 131 euros HT, majorée de l'intérêt au taux légal à compter du 30 juillet 2024.

En ce qui concerne les conclusions dirigées contre la société Charpente Bois Goubie JP :

24. La commune de Saint-Sauveur, se fondant sur les conclusions de l'expert judiciaire, demande la condamnation la société Charpente Bois Goubie JP à lui payer la somme provisionnelle de 396 euros HT, majorée des intérêts légaux, correspondant au coût du nettoyage des charpentes que la société a posées, réceptionnées avec réserves ou non réceptionnées.

25. Si les dispositions de l'article L. 622-21 du code de commerce d'où résulte le principe de la suspension ou de l'interdiction de toute action en justice de la part des créanciers à compter du jugement d'ouverture de la procédure de redressement judiciaire réservent à l'autorité judiciaire la détermination des modalités de règlement des créances sur les entreprises en état de liquidation judiciaire, il appartient au juge administratif, s'agissant des créances qui relèvent de sa compétence, d'examiner si la personne publique demanderesse a droit à réparation, de fixer le montant des indemnités qui lui sont dues à ce titre par l'entreprise défaillante ou son liquidateur et de prononcer une condamnation, sans préjudice des suites que la procédure judiciaire est susceptible d'avoir sur le recouvrement de ces créances. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par la SELARL LGA en sa qualité de liquidateur judiciaire de la société Charpente Bois Goubie JP doit être écartée.

26. La SELARL LGA ne conteste pas la créance de la commune de Saint-Sauveur à l'encontre de la société Bois Goubie JP.

27. Elle fait valoir détenir une créance non sérieusement contestable à l'encontre de la commune de Saint-Sauveur de 13 446,91 euros HT, soit 16 136,29 euros TTC, au titre du solde du marché, en tenant compte des révisions de prix.

28. Toutefois, même si le juge des référés a demandé à l'expert judiciaire de fournir tous éléments propres à permettre au juge du contrat compétent, éventuellement saisi du litige, d'établir le compte entre les parties, il ne résulte pas de l'instruction que la société Charpente Bois Goubie JP ait mis en œuvre la procédure de règlement du marché. Les seules indications apportées par l'expert, en réponse à sa mission, ne confèrent pas à la créance que la société Charpente Bois Goubie JP prétend détenir à l'encontre de la commune de Saint-Sauveur, un caractère non sérieusement contestable.

29. Par suite, il y a lieu de condamner la SELARL LGA, en sa qualité de liquidateur judiciaire de la société Charpente Bois Goubie JP à payer à la commune de Saint-Sauveur la somme provisionnelle de 396 euros HT, majorée de l'intérêt au taux légal à compter du 30 juillet 2024.

En ce qui concerne les conclusions dirigées contre la société Coucoureux :

30. La commune de Saint-Sauveur demande que la société Coucoureux soit condamnée à lui payer la somme provisionnelle de 3 631 euros HT, majorée des intérêts légaux, correspondant au coût des travaux de levée des réserves incombant à cette société. Il s'agit d'une part, du coût de la reprise d'épaufrure d'angles du bar et du remplacement des portes des toilettes du vestiaire n°4 pour un montant de 834 euros HT, et d'autre part, de la fourniture et la pose de stores, pour un montant 2 797 euros HT.

31. La société Coucoureux, mise en cause, n'a pas présenté d'observations. Elle doit par conséquent être regardée comme admettant que la somme de 834 euros HT est non sérieusement contestable.

32. En revanche, il résulte de l'instruction, que c'est à titre de sous-traitant de la société Miroiterie des Anciens Ets Malzac, titulaire du lot n°4, que la fourniture et pose de stores lui est réclamée.

33. S'il appartient, en principe, au maître d'ouvrage qui entend obtenir la réparation des conséquences dommageables d'un vice imputable à la conception ou à l'exécution d'un ouvrage de diriger son action contre le ou les constructeurs avec lesquels il a conclu un contrat de louage d'ouvrage, il lui est toutefois loisible, dans le cas où la responsabilité du ou des cocontractants ne pourrait pas être utilement recherchée, de mettre en cause, sur le terrain quasi-délictuel, la responsabilité des participants à une opération de construction avec lesquels il n'a pas conclu de contrat de louage d'ouvrage, mais qui sont intervenus sur le fondement d'un contrat conclu avec l'un des constructeurs. Il peut, à ce titre, invoquer, notamment, la violation des règles de l'art ou la méconnaissance de dispositions législatives et réglementaires mais ne saurait se prévaloir de fautes résultant de la seule inexécution, par les personnes intéressées, de leurs propres obligations contractuelles.

34. Dans ces conditions, la commune de Saint-Sauveur, qui se fonde sur l'inexécution d'obligations contractuelles de la société Coucoureux, ne saurait rechercher la responsabilité de cette société.

35. Il résulte de ce qui précède qu'il y a seulement lieu de condamner la société Coucoureux à payer à la commune de Saint-Sauveur la somme provisionnelle de 834 euros HT, majorée de l'intérêt au taux légal depuis le 30 juillet 2024.

En ce qui concerne les conclusions dirigées contre les sociétés EG BAT, Lacaze Carrelage et Chape fluide et DECOS 2000 :

36. Les conclusions de la commune de Saint-Sauveur sont fondées sur l'absence de reprise des travaux par ces entreprises malgré les réserves posées à la réception de leur lot.

37. Aucune de ces entreprises, bien que mises en cause, n'a produit d'observations en défense. La créance de la commune de Saint-Sauveur est donc non sérieusement contestable.

38. Par suite, il y a lieu de condamner la société EG BAT à payer à la commune de Saint-Sauveur une indemnité provisionnelle de 18 571 euros HT, la société Lacaze Carrelage et Chape fluide à lui payer une indemnité provisionnelle de 4 636 euros HT et la société Decos 2 000 à lui payer une indemnité provisionnelle de 2 207 euros HT.

39. Ces sommes doivent être majorées des intérêts au taux légal à compter du 30 juillet 2024.

En ce qui concerne les appels en garanties entre les sociétés SETI et Cassin TP :

40. Ces sociétés ont été condamnées, sans solidarité, à payer à la commune de Saint-Sauveur une provision, dans la limite de leurs parts respectives dans les désordres affectant le court de tennis extérieur n°2. Par suite il n'y a pas lieu de faire droit à leurs demandes tendant à ce que chacune garantisse l'autre.

Sur les frais du litige :

41. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La société Cassin TP est condamnée à payer à la commune de Saint-Sauveur une somme provisionnelle de de 32 382,25 euros HT, majorée des intérêts légaux à compter du 30 juillet 2024.

Article 2 : La société SETI est condamnée à payer à la commune de Saint-Sauveur la somme provisionnelle de 12 873 euros HT majorée de l'intérêt au taux légal à compter du 30 juillet 2024.

Article 3 : La société Technisphère est condamnée à payer à la commune de Saint-Sauveur la somme provisionnelle de 10 131 euros HT, majorée de l'intérêt au taux légal à compter du 30 juillet 2024.

Article 4 : La SELARL LGA, en sa qualité de liquidateur judiciaire de la société Charpente Bois Goubie JP, est condamnée à payer à la commune de Saint-Sauveur la somme provisionnelle de 396 euros HT, majorée de l'intérêt au taux légal à compter du 30 juillet 2024.

Article 5 : La société Coucoureux est condamnée à payer à la commune de Saint-Sauveur la somme provisionnelle de 834 euros HT, majorée de l'intérêt au taux légal depuis le 30 juillet 2024.

Article 6 : La société EG BAT est condamnée à payer à la commune de Saint-Sauveur la somme provisionnelle de 18 571 euros HT, majorée de l'intérêt au taux légal à compter du 30 juillet 2024.

Article 7 : La société Lacaze Carrelage et Chape fluide est condamnée à payer à la commune de Saint-Sauveur la somme provisionnelle de 4 636 euros HT, majorée de l'intérêt au taux légal, à compter du 30 juillet 2024.

Article 8 : La société Decos 2 000 est condamnée à payer à la commune de Saint-Sauveur la somme provisionnelle de 2 207 euros HT, majorée de l'intérêt au taux légal à compter du 30 juillet 2024.

Article 9 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 10 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Saint-Sauveur, à la société d'études techniques et industrielles (SETI), à la société Technisphère, à la SELARL LGA, liquidateur judiciaire, à la société Etanchéité Générale du Bâtiment (EG BAT) à la société Coucoureux, à la société Lacaze Carrelage et Chape Fluide, à la société Decos 2000, à la société Cassin TP Voierie Bâtiment Terrassement.

Fait à Toulouse, le 12 février 2025.

La juge des référés,

A. WOLF

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

la greffière en chef,

ou par délégation la greffière.

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