lundi 16 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2405595 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS THALAMAS LACLAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 septembre 2024, la société à responsabilité limitée (SARL) KM, représentée par Me Tesseyre, demande à la juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de suspendre les effets de l'arrêté du 10 septembre 2024 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a procédé à la fermeture administrative de son établissement exploité sous l'enseigne " Top Coiffure " situé 169, rue Henri Desbals à Toulouse, pour une durée de 90 jours ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 037 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que la fermeture administrative porte atteinte à l'équilibre économique de la société à brève échéance et est de nature à entraîner des conséquences économiques irréparables ; elle ne dispose pas d'une importante trésorerie ; au regard du chiffre d'affaires journalier moyen et des charges fixes et salariales moyennes ainsi que du paiement de la taxe sur la valeur ajoutée, en l'absence d'activité, elle ne pourra régler ses charges à brève échéance ; la privation temporaire d'activité la placera, compte tenu de son activité de coiffeur, dans l'impossibilité de rattraper le chiffre d'affaires perdu pendant la durée de la fermeture administrative de l'établissement ;
- l'arrêté porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit de locataire de disposer des biens pris à bail, à la liberté du commerce et de l'industrie et à la liberté d'entreprendre ;
- l'infraction de travail dissimulé par dissimulation d'emploi salarié n'est pas caractérisée ;
- en l'absence d'élément intentionnel caractérisé et compte tenu de la bonne foi de l'employeur, l'arrêté fondé sur l'article L. 8272-2 du code du travail est illégal.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 septembre 2024, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la situation d'urgence de l'établissement doit être appréciée au regard de la mesure de fermeture administrative temporaire en cours ; l'urgence de cette mesure permet de faire cesser un trouble manifeste à l'ordre public social constaté ; la situation financière de l'entreprise ne peut pas être prise en compte s'agissant d'une mesure administrative permettant de prévenir un trouble à l'ordre public social ;
- aucune atteinte grave et manifestement illégale n'a été portée aux libertés fondamentales invoquées, ces libertés devant s'exercer dans le respect de la loi et des règlements ;
- l'infraction, par ailleurs non contestée par la société requérante, a bien été relevée à l'encontre de l'établissement, les procès-verbaux d'audition semblent témoigner d'une pratique récurrente de travail dissimulé et le fait que des faux documents d'identité aient été présentés à l'employeur ne peut le dispenser d'effectuer une vérification ; les conditions mentionnées à l'article L. 8272-2 du code du travail sont réunies pour justifier l'arrêté contesté.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code procédure pénale ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Carotenuto, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue le 13 septembre 2024 en présence de Mme Tur, greffière d'audience :
- le rapport de Mme Carotenuto,
- les observations de Me Thalamas substituant Me Tesseyre, représentant la SARL KM qui reprend et précise ses écritures. Il insiste sur l'urgence, tenant aux conséquences financières de la fermeture de l'établissement, qui n'est pas réellement contestée par le préfet de la Haute-Garonne, sur l'infraction relevée qu'il appartiendra au tribunal judiciaire, devant lequel le gérant est convoqué le 10 février 2025, de caractériser, sur la situation de travail illégal qui ne concernerait in fine qu'une seule personne, qui a travaillé à l'insu du gérant, les deux autres salariés ayant présenté des documents d'identité italiens qui étaient des faux, le gérant ne pouvant en être tenu responsable. Il rappelle que l'élément intentionnel fait défaut et soulève l'erreur de droit commise par le préfet de la Haute-Garonne, qui considère que le gérant devait entreprendre une procédure de vérification s'agissant d'étrangers amenés à exercer une activité professionnelle, dès lors que les deux salariés avaient justifié être de nationalité italienne,
- et les observations de M. A représentant le préfet de la Haute-Garonne, qui renvoie à ses écritures et rappelle que la mise en œuvre de l'article L. 8272-2 du code du travail n'est pas subordonnée au caractère intentionnel des agissements reprochés et que les procès-verbaux d'audition du gérant révèlent une mauvaise gestion de l'établissement ainsi que la commission d'infractions au code du travail justifiant la mesure de fermeture administrative.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. La société à responsabilité limitée (SARL) KM, qui exploite un salon de coiffure sous l'enseigne " Top Coiffure " et dont M. B est le gérant, a fait l'objet, le 21 mars 2024, d'un contrôle effectué par la direction départementale de l'emploi, du travail, des solidarités de Haute-Garonne au cours duquel les agents ont constaté la présence dans l'établissement de trois personnes en position de travail en situation irrégulière sur le territoire français, dont une personne non déclarée. A la suite d'une procédure contradictoire initiée le 14 août 2024, le préfet de la Haute-Garonne, se fondant sur les constatations du rapport établi le 22 mars 2024 par la direction départementale de l'emploi, du travail, des solidarités de Haute-Garonne, a, par un arrêté en date du 10 septembre 2024, pris au visa de l'article L. 8272-2 du code du travail, ordonné la fermeture administrative de l'établissement de la SARL KM pour une durée de 90 jours. Par la présente requête, la SARL KM demande à la juge des référés, saisie sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la suspension des effets de cet arrêté.
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ".
3. Lorsqu'un requérant fonde son action non sur la procédure de suspension régie par l'article L. 521-1 du code de justice administrative mais sur la procédure de protection particulière instituée par l'article L. 521-2 de ce code, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.
4. Pour justifier de l'urgence, la SARL KM soutient que la fermeture de son établissement pour une durée de 90 jours est de nature à porter atteinte à son équilibre économique à brève échéance et à entraîner des conséquences économiques irréparables. Elle produit à l'appui de cette allégation un relevé de son compte courant au 11 septembre 2024 mentionnant un solde créditeur de 1 273,55 euros et une attestation de son expert-comptable selon laquelle, pour la période de janvier à décembre 2023, le chiffre d'affaires journalier moyen s'est élevé à 396,72 euros, les charges fixes mensuelles moyennes à 1 862,35 euros et les charges du personnel mensuelles moyennes à 6 141,25 euros. Toutefois, cette attestation n'établit aucun prévisionnel de trésorerie pour la période de fermeture et n'est accompagnée d'aucun document comptable, notamment bilans et comptes de résultat, qui permettrait d'apprécier de façon certaine la situation d'ensemble de la société. Par la production de ces seuls éléments, la société requérante ne justifie ainsi pas, au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'une situation d'urgence impliquant qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans un délai de quarante-huit heures.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence d'une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, que la requête de la SARL KM doit être rejetée, y compris les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la SARL KM est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la SARL KM et au préfet de la Haute-Garonne.
Fait à Toulouse, le 16 septembre 2024.
La juge des référés,
S. CAROTENUTOLa greffière,
P. TUR
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
la greffière en chef,
ou par délégation la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026