mardi 8 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2405641 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | NACIRI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 septembre 2024, M. C A, représenté par Me Naciri, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 30 août 2024 par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration lui a refusé le rétablissement des conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil et de lui verser l'allocation pour demandeur d'asile à titre rétroactif à compter du 9 août 2024, et ce dans un délai de sept jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, en tout état de cause, de procéder au réexamen de sa demande dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le versement de la somme de 1 500 euros à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et, dans l'hypothèse où il ne serait pas admis à l'aide juridictionnelle, le versement de cette même somme au seul visa de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- la décision attaquée est privée de base légale, car la décision portant cessation des conditions matérielles d'accueil a été prise au motif qu'il ne s'était pas rendu au lieu d'hébergement proposé dans le délai de cinq jours, la décision attaquée est fondée sur le motif tiré de l'absence de justification des raisons du non-respect des obligations auxquelles il avait consenti lors de l'acceptation de l'offre de prise en charge de l'OFII, qui ne correspond pas à l'un des cas dans lesquels les conditions matérielles d'accueil peuvent être retirées selon les dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et la décision attaquée ne précise pas les obligations qu'il a méconnues ;
- elle est entachée d'une erreur de droit résultant d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 septembre 2024, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun moyen de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive n° 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Le Fiblec, premier conseiller, pour statuer sur les demandes présentées au titre des articles L. 921-1, L. 921-2, L. 921-3, L. 921-4, L. 922-1 et
L 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Le Fiblec,
- les observations de Me Naciri, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens ;
- les observations de M. A, assistée par M. B, interprète en langue ourdou, qui répond aux questions du magistrat désigné,
- l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'était ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant pakistanais, né le 1er décembre 2001 à Sargodha (Pakistan), déclare être entré en France en juin 2023. Il a sollicité son admission au bénéfice de l'asile. Le 1er août 2023, il a accepté l'offre de prise en charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration au titre des conditions matérielles d'accueil. Le 4 septembre 2023, il a fait l'objet d'une décision de la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de Rennes portant cessation des conditions matérielles d'accueil. Le 9 août 2024, il a sollicité le rétablissement des conditions matérielles d'accueil auprès des services de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Par une décision du 30 août 2024, la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de Toulouse lui a refusé le rétablissement des conditions matérielles d'accueil. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de l'intéressé, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, la décision attaquée vise les dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, mentionne que M. A a fait l'objet d'une décision de cessation des conditions matérielles d'accueil du 4 septembre 2023 au motif qu'il n'a pas rejoint le lieu d'hébergement vers lequel il a été orienté dans les cinq jours, indique que les motifs évoqués par le requérant ne justifient pas des raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti lors de l'acceptation de l'offre de prise en charge de l'OFII et conclut, qu'après examen de ses besoins et de sa situation personnelle et familiale, il ne peut être donné une suite favorable à sa demande. Il s'ensuit que la décision en litige expose les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde et qu'elle doit dès lors être regardée comme suffisamment motivée. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Il est mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : () / 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes ; () / Lorsque la décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil a été prise en application des 1°, 2° ou 3° du présent article et que les raisons ayant conduit à cette décision ont cessé, le demandeur peut solliciter de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le rétablissement des conditions matérielles d'accueil. L'office statue sur la demande en prenant notamment en compte la vulnérabilité du demandeur ainsi que, le cas échéant, les raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acception initiale des conditions matérielles d'accueil. ".
5. Il résulte de la décision en litige, indiquant que la décision portant cessation des conditions matérielles d'accueil a été prise au motif que M. A ne s'était pas rendu au lieu d'hébergement proposé dans le délai de cinq jours et indiquant également qu'elle est, elle-même, fondée sur le motif tiré de ce que le requérant ne justifie pas des raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti lors de l'acceptation de l'offre de prise en charge de l'OFFI, que la décision portant cessation des conditions matérielles doit être regardée comme ayant été prise en application du 3° des dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à savoir que l'intéressé n'a pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile, et que le motif opposé au requérant doit être regardé comme tiré de l'absence de cessation des raisons qui ont conduit à cette décision, au sens de ces mêmes dispositions. Ainsi, la décision attaquée doit être regardée comme retenant la circonstance que le requérant n'a pas rejoint le lieu d'hébergement proposé dans un délai de cinq jours et comme ne s'étant pas, lors de sa demande de rétablissement des conditions matérielles d'accueil, soumis à cette obligation. Dès lors, la décision litigieuse n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 551-16 précité. Par suite, le moyen tiré de ce que cette décision serait privée de base légale au regard de ces dispositions ne peut qu'être écarté.
6. En troisième lieu, si M. A soutient que la décision de l'OFII en date du 4 septembre 2023 n'a pas prononcé un retrait total de ses conditions matérielles d'accueil, il ressort des pièces du dossier que cette décision a mis totalement fin aux dites conditions matérielles d'accueil dont il bénéficiait. En outre, il ne ressort ni de la motivation de la décision attaquée, ni d'aucune pièce du dossier, que la directrice territoriale de l'OFII n'aurait pas procédé à un examen complet de la situation du requérant au regard de l'ensemble des conditions matérielles d'accueil pour lui refuser le rétablissement de celles-ci. Enfin, si le requérant soutient que les raisons pour lesquelles il n'a pas rejoint le lieu d'hébergement proposé dans le délai de cinq jours étaient sérieuses et légitimes à la date de la cessation des conditions matérielles d'accueil, ces circonstances sont sans incidence sur la légalité de la décision en litige. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit résultant du défaut d'examen réel et sérieux de la situation de M. A doit être écarté.
7. En quatrième et dernier lieu, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que les raisons ayant conduit à la décision de cessation des conditions matérielles d'accueil ont cessé. Par ailleurs, il ressort de la fiche d'évaluation de vulnérabilité, en date du 29 août 2024, que si M. A a indiqué ne disposer d'aucune ressource, il est actuellement hébergé, avec sa famille, par un dispositif d'hébergement d'urgence pour une durée de six mois. Dès lors, ces éléments ne permettent pas de caractériser une situation de particulière vulnérabilité dans laquelle se trouverait le requérant. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation de la situation personnelle de l'intéressé doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision de la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 30 août 2024.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
9. Le présent jugement rejette les conclusions à fin d'annulation et n'implique aucune mesure d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction sous astreinte doivent donc être rejetées.
Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à Me Naciri la somme réclamée en application des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à Me Naciri et au directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
B. LE FIBLECLe greffier,
B. ROETS
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
200
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026