mercredi 30 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2406122 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SCP BOUYSSOU ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 octobre 2024 et un mémoire complémentaire enregistré le 23 octobre 2024, la société ATC France, représentée par Me Peyronne, demande au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du 29 mai 2024 par laquelle le maire de Rabastens a retiré la décision tacite de non-opposition à la déclaration préalable n° 081 220 24 T0049 déposée le 15 mars 2024 au nom et pour le compte de la société ATC France ;
2°) de suspendre l'exécution de la décision du 29 mai 2024 par laquelle le maire de Rabastens s'est opposé à la déclaration préalable n° 081 220 24 T0049 déposée le 15 mars 2024 au nom et pour le compte de la société ATC France ;
3°) de suspendre la décision du 24 septembre 2024 par laquelle le maire de Rabastens a rejeté le recours gracieux formé par la société ATC France ;
4°) d'enjoindre à la commune de Rabastens de délivrer un certificat ou une décision de non-opposition à la déclaration préalable du 15 mars 2024, dans un délai de 15 jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, d'enjoindre à la commune de reprendre l'instruction de la déclaration préalable du 15 mars 2024 et de statuer à nouveau sur cette demande dans un délai de 15 jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de la commune de Rabastens la somme de 3.000 euros à lui verser en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
Elle soutient que :
en ce qui concerne la condition relative à l'urgence :
- il ne peut lui être reproché le temps mis à introduire une action contentieuse en référé depuis la décision provisoire d'opposition du 26 juillet 2023, dès lors qu'elle a cherché une solution technique afin de répondre aux derniers motifs opposés par la commune ;
- la circonstance qu'une " towerco " n'aurait pas conclu un engagement avec un opérateur de téléphonie mobile lors de la présentation de la déclaration préalable, demeure indifférente pour l'appréciation de l'urgence, eu égard à la finalité de l'ouvrage projeté à savoir la nécessité de garantir le déploiement du réseau et le respect des engagements souscrits par les opérateurs de téléphonie qu'elles hébergent sur leurs structures vis-à-vis de l'État ;
- les cartes de couverture établies par la société Orange contredisent les affirmations selon lesquelles le territoire de la commune de Rabastens est très bien couvert par le réseau 4G d'Orange et la valeur probante des cartes de couverture réseau établies par les opérateurs est admise ;
- la décision du 15 novembre 2018 de l'ARCEP qui a autorisé la société Orange à utiliser les fréquences dans les bandes 900 Mhz, 1800 Mhz et 2,1 Ghz ne s'inscrit pas dans le cadre du programme New Deal Mobile mais dans celui d'une autorisation d'émettre générale ;
- la décision d'opposition à déclaration préalable fait obstacle à l'implantation d'un pylône de téléphonie mobile et porte atteinte à l'intérêt général attaché à l'implantation de ce type d'ouvrage, qui se traduit notamment à travers les obligations de couverture, de continuité du service, de libre accès et d'égalité de traitement qui sont mises à la charge des opérateurs de téléphonie mobile par l'Etat ;
- le pylône doit permettre la couverture des terrains longeant la D988, la D13, la C20 et l'axe TER ;
-la décision porte atteinte aux intérêts propres de la société Orange, dont elle est la mandataire, en l'empêchant de répondre aux engagements qu'elle a pris vis-à-vis de l'Etat en matière de couverture du territoire ;
en ce qui concerne les moyens propres à créer un doute sérieux :
- le plan de prévention des risques naturels " mouvement de terrain, effondrement des berges du Tarn et de ses affluents " (PPRN) n'est pas opposable faute de preuve que les mesures de publicité de l'arrêté l'approuvant aient été effectuées ou qu'il ait été annexé au plan local d'urbanisme ;
- il n'est pas opposable aux demandes d'autorisation d'urbanisme ;
- la commune a commis une erreur de fait en estimant qu'elle avait prévu la réalisation d'un massif de fondation en contrariété avec les dispositions de l'article II.3.1 du plan de prévention des risques naturels prévisibles " mouvement de terrain- effondrement des berges sur la rivière du Tarn ", le projet n'emportant pas la réalisation de ce type de fondation ;
- les dispositions de l'article II .3.1 du plan de prévention des risques naturels ne peuvent lui être opposées dès lors qu'il existe une nécessité technique d'établir le projet sur la parcelle AS n°45 ; l'installation de l'antenne-relais permettra la couverture de la D988, la D13, la C20 et l'axe TER et que la parcelle AS n°45 est la seule à être plane et accessible depuis la route départementale D988,il est inenvisageable d'installer une antenne-relais le long de la route de Saint Sulpice D13, car la couverture de la route départementale D988 et de la route communale C20 y serait imparfaite ;
- son projet ne méconnait pas l'article R.111-2 du code de l'urbanisme, il ne présente pas, au regard de ses caractéristiques un risque avéré à la sécurité publique, lequel n'est pas démontré ;
- le terrain d'assiette du projet se situe au sein de la zone A du plan local d'urbanisme de Rabastens, il n'existe pas, dans le règlement de zone correspondant, d'obstacle à la constructibilité de cette parcelle ;
- le pylône pourra être édifié sans réalisation de fondations enterrées, ainsi que le prévoit la déclaration préalable du 15 mars 2024, permettant d'éviter tout risque de déstabilisation des sols.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 octobre 2024 et une pièce complémentaire enregistrée le 24 octobre 2024, la commune de Rabastens, représentée par Me Izembard, conclut au rejet de la requête et demande qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la société ATC France en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
en ce qui concerne la condition tenant à l'urgence :
- la société s'est placée elle-même en situation d'urgence en mettant une année pour déposer un nouveau dossier de demande après la suspension de l'arrêté du 10 novembre 2022 du juge des référés ;
- la décision ne porte pas une atteinte grave et immédiate aux intérêts que la société entend défendre, c'est en effet la société Orange SA qui a été autorisée à exploiter le réseau ouvert au public par une décision du 15 novembre 2018 de l'ARCEP, de sorte que la société ATC France ne peut prétendre que les inétrêts ou engagements pris par la société Orange seraient compromis sans démontrer l'existence d'un mandat ou d'un contrat ;
- la société ne démontre pas en quoi les objectifs du calendrier établi par l'ARCEP ne seraient pas remplis à ce jour ;
- la route départementale 13, sur laquelle ne passent pas plus de 5000 véhicules par jour, n'est pas un axe routier prioritaire qui devrait comme tel être couvert par les opérateurs ;
- il y a déjà sur le territoire de la commune de Rabastens et dans la zone choisie une couverture du réseau 4 G satisfaisante, ce qui rend inutile d'implanter une antenne relai à l'endroit envisagé ;
- les cartes de l'ARCEP montrent que le territoire de la commune de Rabastens est très bien couvert par le réseau internet mobile 4 G d'Orange, comme pour la couverture voix et SMS ;
- les cartes jointes à la requête sont des documents internes à la société ATC France contredites par les données publiques figurant sur le site de l'ARCEP et ne constituent pas des preuves suffisantes ;
- les arguments généraux tirés des obligations en matière de couverture du réseau national ne peuvent suffire à considérer que la décision porte une atteinte grave et immédiate aux intérêts que représente la société ;
en ce qui concerne les moyens propres à créer un douté sérieux :
- la commune a fait application du règlement de l'article II 3.1 du PPRN applicable dans les zones rouges dites " aléa fort de recul " et opposable, dès lors qu'il a été publié le 20 décembre 2022 et affiché en mairie ; ces dispositions interdisent l'implantation des pylônes avec un massif de fondation en zone rouge R2 et aucune impossibilité technique ne démontre que cette antenne ne pourrait être réalisée ailleurs ;
- le second motif d'opposition fondé sur l'article R.111-2 n'est pas infondé au regard de l'aléa fort de recul du terrain qui représente un risque pour la sécurité publique et qui était connu lors de l'instruction de la demande d'autorisation ;
- aucune prescription spéciale n'aurait pu être édictée dans la mesure où elle aurait nécessairement remis en cause le projet.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- l'ordonnance ordonnance n° 2303596 du 17 juillet 2023 du juge des référés ;
- la requête n° 2406067 enregistrée le 4 octobre 2024 tendant à l'annulation de la décision contestée.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Arquié, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 24 octobre 2024 à 10 heures, en présence de Mme Tur, greffière d'audience, Mme Arquié a lu son rapport et a entendu :
- les observations de Me Peyronne, représentant la société ATC France, qui a repris en les précisant les moyens développés dans ses écritures et insiste sur le fait que l'urgence est toujours actuelle au regard de ses obligations et de la couverture de la commune, et sur le fait que le nouveau projet ne touche plus au sous-sol, ni ne déstabilise le sol et ne méconnait plus ainsi les prescriptions du PPRN ;
- et les observations de Me Martinez représentant la commune de Rabastens, qui a repris ses écritures en insistant sur le fait que la société s'obstine à s'implanter en zone rouge du PPRN alors que le risque de mouvement des berges du Tarn est d'autant plus d'actualité que le phénomène de mouvement de recul et d'effondrement des berges du Tarn s'accélère, raison pour laquelle la commune souhaite que la société trouve un autre terrain, et indique qu'un massif de fondation hors sol demeure un massif de fondation.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. La société ATC France, spécialisée dans l'hébergement des réseaux de télécommunication et la réalisation d'infrastructures permettant notamment d'accueillir les équipements techniques des opérateurs de téléphonie mobile, a déposé le 17 octobre 2022 auprès des services de la commune de Rabastens une déclaration préalable enregistrée sous le n° DP 81 220 22T0141 ayant pour objet la réalisation, sur la parcelle cadastrée AS n° 0045 situé lieudit la Poulaillère, d'une antenne de radiotéléphonie comprenant notamment l'édification d'un pylône treillis d'une hauteur de 30 mètres. Par un arrêté du 10 novembre 2022, le maire de Rabastens s'est opposé à cette déclaration préalable. Par une ordonnance n° 2303596 du 17 juillet 2023, le juge des référés a suspendu l'exécution de cet arrêté, ensemble celle de la décision du 27 mars 2023 rejetant le recours gracieux formé par la société ATC France contre cette décision et enjoint à la commune de Rabastens de reprendre l'instruction de la déclaration préalable du 17 octobre 2022 et de statuer à nouveau sur cette demande dans un délai de 15 jours à compter de la notification de cette ordonnance. A l'issue d'une nouvelle instruction, le maire de Rabastens s'est de nouveau opposé, par arrêté du 26 juillet 2023, à la déclaration préalable. Le 15 mars 2024, la société ATC France a déposé une nouvelle déclaration préalable n° DP 81 220 24T0049 pour l'installation d'une antenne-relais sur la parcelle AS n°45 qui a bénéficié d'une autorisation tacite de non-opposition. Par un premier arrêté du 29 mai 2024, pris au terme d'une procédure contradictoire, le maire de Rabastens a procédé au retrait de la décision tacite de non- opposition et par un second arrêté du même jour s'est opposé à la déclaration préalable du 15 mars 2024. Enfin, le recours gracieux formé par la société ATC France a été rejeté par une décision du 24 septembre 2024. La société ATC France demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution des deux arrêtés du 29 mai 2024 et de la décision du 24 septembre 2024.
Sur les conclusions aux fins de suspension :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ".
En ce qui concerne la condition tenant à l'urgence :
3. Pour apprécier la satisfaction de la condition d'urgence requise par l'article L. 521-1 du code de justice administrative pour suspendre l'exécution d'une décision d'opposition à une déclaration préalable de travaux d'implantation d'une antenne de téléphonie mobile opposée à un constructeur, il y a lieu de prendre en compte l'intérêt public qui s'attache à la couverture du territoire national par le réseau de téléphonie mobile 3G, 4G ou 5G et la finalité de l'infrastructure projetée, qui a vocation à être exploité par au moins un opérateur ayant souscrit des engagements avec l'Etat et dont le réseau ne couvre que partiellement le territoire de la commune concernée. La circonstance que ce constructeur n'aurait pas, pour le projet en litige, conclu un engagement avec l'un au moins des opérateurs de communication électronique engagés auprès de l'Etat ne permet pas d'estimer insatisfaite la condition d'urgence
4. La couverture du territoire national par les réseaux de téléphonie mobile tant 3G que 4G répond à un intérêt public ainsi qu'aux intérêts propres de l'opérateur pour le compte duquel la construction est envisagée, en l'occurrence la société Orange, laquelle a pris des engagements vis-à-vis de l'Etat quant à la couverture du territoire par son réseau. La société requérante verse aux débats des cartes de couverture réseau, dont il résulte que le territoire de la commune de Rabastens et de celle voisine de Couffouleux est imparfaitement couvert par le réseau de téléphonie, spécialement pour ce qui concerne l'axe ferré réseau TER et l'axe routier route D13 et qu'un gain de couverture est attendu à l'intérieur des bâtiments, des véhicules circulant sur la D13 ou des trains TER ainsi que pour environ 1 000 personnes résidant sur le territoire de ces communes. La commune de Rabastens conteste l'urgence en faisant valoir des cartes de couverture réseau mises en ligne sur le site internet de l'ARCEP qui montrent la couverture de l'ensemble du territoire national par les réseaux de l'opérateur. Toutefois ces cartes, qui ont une portée indicative, ne comportent pas le niveau de détail de celles de l'opérateur produites par la société requérante. Par ailleurs, la circonstance que la société ATC n'ait pas produit le contrat conclu avec la société Orange est, eu égard à ce qui a été dit au point 3, sans incidence. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier que la société Orange a été autorisée par le propriétaire de la parcelle AS n° 0045 à exécuter les travaux litigieux et envisage d'installer ses antennes sur le pylône appartenant à la société ATC France. En outre, la décision du 15 novembre 2018 par laquelle l'ARCEP a autorisé la société Orange à utiliser les fréquences dans les bandes 900 Mhz, 1800 Mhz et 2,1 Ghz ne s'inscrit pas dans le cadre du programme new deal mobile mais dans celui d'une autorisation générale d'émettre conditionnée par le respect d'objectifs en matière de couverture réseau, de sorte que la circonstance que la commune de Rabastens ne soit pas ciblée au titre de ce programme est à cet égard sans incidence. Enfin, alors qu'elle a déposé un nouveau projet le 15 mars 2024 à la suite de l'ordonnance n° 2303596 du 17 juillet 2023 susvisée ayant suspendu un premier arrêté d'opposition à déclaration préalable, puis introduit le 30 juillet 2024 dans les délais de recours contentieux, un recours gracieux contre les arrêtés du 29 mai 2024 portant retrait tacite de la décision de non-opposition et opposition à la déclaration préalable du 15 mars 2024, la société ATC France ne peut être regardée comme ayant, par son inertie et de son fait, contribué à créer la situation d'urgence. Dans ces conditions, la condition d'urgence posée par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doit être regardée comme remplie.
En ce qui concerne la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité des décisions contestées :
5. Il résulte des dispositions de l'article II.3.1 " interdictions en zone rouge " du PPRN " mouvement de terrain, effondrement des berges du Tarn et de ses affluents " publié et opposable, que l'implantation de pylônes, poteaux ou antennes nécessitant la réalisation d'un massif de fondation, sauf impossibilité technique de les réaliser ailleurs, (étude géotechnique à fournir) est interdite en zone rouge et que cette interdiction est applicable en zone non urbanisée.
6. En l'espèce, si le PPRN, a classé le terrain d'assiette du projet en zone rouge R2 et qu'aucune étude géotechnique n'a été fournie avec la déclaration préalable, il résulte de l'instruction que le projet litigieux d'implantation d'un pylône prévoit la réalisation d'un massif sans fondation, " hors sol ". Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que la décision est entachée d'erreur de fait en estimant qu'était prévue la réalisation d'un massif de fondation en contrariété avec les dispositions de l'article II.3.1 du plan de prévention des risques naturels prévisibles " mouvement de terrain- effondrement des berges sur la rivière du Tarn ", est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions contestées.
7. Aux termes de l'article R. 111-2 du même code : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ".
8. En vertu de ces dispositions, lorsqu'un projet de construction est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publiques, le permis de construire ou le certificat d'urbanisme ne peut être refusé que si l'autorité compétente estime, sous le contrôle du juge, qu'il n'est pas légalement possible, au vu du dossier et de l'instruction de la demande, de l'accorder en l'assortissant de prescriptions spéciales qui, sans apporter au projet de modifications substantielles nécessitant la présentation d'une nouvelle demande, permettraient d'assurer la conformité de la construction aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect.
9. Le moyen tiré de ce que le maire de Rabastens ne pouvait légalement, en l'absence de toute démonstration du risque, se fonder sur les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme tel qu'il a été ci-dessus visé et analysé pour s'opposer à sa déclaration préalable apparaît également propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité des décisions contestées.
10. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, en l'état de l'instruction, aucun des autres moyens n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées.
11. Les deux conditions auxquelles l'article L. 521-1 du code de justice administrative subordonne la suspension de l'exécution d'une décision administrative étant réunies, il y a lieu d'ordonner la suspension de l'exécution des arrêtés du 29 mai 2024 du maire de la commune de Rabastens ainsi que celle de la décision du 24 septembre 2024.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
12. En l'état de l'instruction, l'exécution de la présente ordonnance implique nécessairement qu'il soit enjoint au maire de la commune de Rabastens de délivrer à la société ATC France, à titre provisoire, un certificat de non-opposition à sa déclaration préalable, dans le délai de 15 jours suivant sa notification.
Sur les frais liés au litige :
13. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société ATC France, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Rabastens demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune de Rabastens une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par la société ATC France et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution des arrêtés du 29 mai 2024 du maire de la commune de Rabastens ainsi que celle de la décision du 24 septembre 2024 rejetant le recours gracieux formé par la société ATC France contre ces décisions sont suspendues, au plus tard jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur leur légalité.
Article 2 : Il est enjoint à la commune de Rabastens de délivrer, à titre provisoire, un certificat de non-opposition à déclaration préalable à la société ATC France dans le délai de 15 jours suivant la notification de la présente ordonnance.
.
Article 3 : La commune de Rabastens versera à la société ATC France une somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de la société ATC France et les conclusions de la commune de Rabastens présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetés.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à la société ATC France et à la commune de Rabastens.
Fait à Toulouse le 30 octobre 2024
La juge des référés,
Céline ARQUIÉ
La greffière,
Pauline TUR
La République mande et ordonne au préfet du Tarn, en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
la greffière en chef,
ou par délégation, la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026