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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2406137

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2406137

lundi 28 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2406137
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantMOMASSO MOMASSO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 8 octobre 2024 et un mémoire enregistré le 25 octobre 2024, M. A B, représenté par Me Momasso Momasso, demande au juge des référés :

1) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2) de suspendre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision du 10 septembre 2024 par laquelle le préfet du Tarn a décidé de l'expulser du territoire français, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

3) d'ordonner au préfet du Tarn de lui délivrer une autorisation de séjour l'autorisant à travailler, dans le délai de 15 jours suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, sur le fondement de l'article L. 911-1 du code de justice administrative ;

4) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 500 euros au bénéfice de Me Momasso Momasso sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative ou, subsidiairement, sur le seul fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il est entré sur le territoire français en mars 1981 ;

- la condition d'urgence est remplie car il est susceptible d'être libéré à compter du 30 octobre 2024 et il réside en France depuis 43 ans et justifie d'un emploi à la fin de son incarcération ;

- au titre de la légalité externe, l'arrêté n'a pas été signé par une autorité compétente ; il méconnaît l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors le magistrat qui a rendu sa décision le 4 mai 2024 au tribunal judiciaire d'Albi est le même que celui qui siégeait à la commission d'expulsion ;

- l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation et n'a pas été précédé d'un examen sérieux de sa situation ; il n'a commis aucune infraction de nature à porter une atteinte grave à l'ordre public ;

- ses sœurs et son frère sont de nationalité française et trois d'entre eux résident à Graulhet, de même que sa fille, jeune majeure de nationalité française ; il a une promesse d'embauche dans l'entreprise où il a déjà travaillé plusieurs années ; il est bien intégré et a été scolarisé de septembre 1981 à juin 1989 ; il a exercé la profession de jardinier de 1993 à 1994 ; en 1994, il a effectué une première année d'apprentissage en alternance dans la maçonnerie ; il a effectué un CAP en plomberie électroménager en 1996 puis a suivi une formation au CAP/BEP froid ; en 2002, il a monté une entreprise ; en 2005, il a suivi une formation CAP/BEP d'agent d'entretien et hygiène des locaux puis a été ouvrier spécialisé de juillet 2007 à décembre 2009 puis de février 2010 à mars 2011, agent de préfabrication et enfin des missions d'intérim de 2011 à 2013 ; il a travaillé de septembre 2013 à mai 2019 dans une mégisserie qui lui offre un contrat à durée indéterminée après son incarcération ; il a préparé sa réinsertion en s'inscrivant au forum social et dispose d'un logement à Carmaux ; depuis son incarcération, il a bénéficié d'une remise de peine de 63 jours en raison de sa bonne conduite ; il a formé une demande de protection auprès du juge des tutelles pour que ses sœurs exercent à sa place les actes d'administration et de gestion et est convoqué le 15 novembre 2024 ;

- aucune menace grave à l'ordre public ne peut être retenue à son encontre alors qu'il ne totalise que 34 mois de détention en comptabilisant les peines fermes et celles assorties du sursis ; la décision d'expulsion est disproportionnée ;

- l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales a été méconnu compte tenu de la durée de son séjour en France où réside régulièrement sa mère, toutes ses sœurs, son frère et sa fille, du fait qu'il a quitté l'Algérie à l'âge de 5 ans et qu'il n'y a aucune attache familiale après le décès de son père ; ses frères et sœurs et sa fille ont effectué une demande de parloir.

Par un mémoire en défense enregistré le 18 octobre 2024, le préfet du Tarn conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- M. B est entré en France à l'âge de 6 ans et y a séjourné avec une carte de résident de 10 ans entre 1991 et 2021 ; lors du renouvellement, lui a été attribué le 27 juin 2023 un certificat de résidence algérien d'un an valable jusqu'au 27 juillet 2024 ; sa mère et ses sept sœurs et frères vivent en France ;

- il représente une menace grave pour l'ordre public compte tenu des condamnations mentionnées dans l'arrêté attaqué ;

- M. B n'entretient pas de relations avec sa fille majeure et ne contribue pas à son entretien ; les seuls permis de visite accordés concernent sa sœur ; dans ces conditions, compte tenu du risque de récidive et de la réitération des faits, l'expulsion ne porte pas atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale ; compte tenu des faits de violence sans incapacité commis sur son ex-concubine, il ne peut bénéficier d'une mesure de protection contre l'expulsion ;

- l'urgence n'est pas caractérisée compte tenu de la menace qu'il représente pour l'ordre public ;

- la décision a été signée par le secrétaire général de la préfecture qui assure l'intérim du préfet ;

- le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant ; sa décision est suffisamment motivée en fait et en droit ; M. B a fait l'objet d'un examen attentif de sa situation ;

- aucune erreur d'appréciation n'a été commise ; M. B ne démontre aucune volonté de s'intégrer ;

- ses garanties d'insertion professionnelle sont faibles ;

- il a été condamné à plusieurs reprises ce qui révèle le peu de considération et de respect qu'il accorde aux lois et aux autorités françaises ; cette mesure d'expulsion peut également être considérée comme une mesure préventive pour éviter de futurs délits et comme un moyen de dissuasion envoyant un message que les menaces à l'ordre public ne sont pas tolérées, quel que soit le temps de résidence.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 2 octobre 2024 sous le n° 2406013 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 28 octobre 2024 à 10 h 30 en présence de Mme Tur, greffière d'audience :

- le rapport de M. C,

- et les observations de Me Momasso Momasso représentant M. B, qui persiste dans ses écritures, fait valoir que l'urgence est constituée, que M. B est père d'un enfant français, que les condamnations qui ont été prononcées sont légères, sont des condamnations de droit commun qui ont donné lieu à des travaux d'intérêt général ou du sursis, que M. B a été condamné en dernier lieu à 9 mois fermes avec deux ans de sursis probatoire, que l'expulsion l'empêche d'effectuer son sursis probatoire et d'indemniser la victime, qu'il n'a plus de famille en Algérie, où il n'a jamais vécu et où son père est enterré, qu'il n'a pas fait appel de sa condamnation dès lors qu'il a admis sa faute, que sa fille a demandé un parloir et ne l'a pas obtenu,

- le préfet du Tarn n'étant ni présent ni représenté.

La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

1. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique dispose : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () " et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ".

En ce qui concerne l'urgence :

3. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit faire l'objet d'une appréciation globale.

4. D'une part, eu égard à son objet et à ses effets, une décision prononçant l'expulsion d'un étranger du territoire français porte, en principe, par elle-même atteinte, de manière grave et immédiate, à la situation de la personne qu'elle vise et crée, dès lors, une situation d'urgence justifiant que soit, le cas échéant, prononcée la suspension de cette décision. Si le préfet fait valoir que la bonne insertion de M. B n'est pas garantie et que les inquiétudes sur la préservation de l'ordre public peuvent justifier que l'arrêté portant expulsion ne soit pas suspendu, il apparaît que M. B a fait l'objet d'une remise de peine pour bonne conduite de 63 jours et qu'il est susceptible d'être libéré à compter de la fin octobre 2024, qu'il s'est inscrit au forum social pour préparer sa réinsertion et a demandé au juge des tutelles à être placé sous la protection de ses sœurs. Il justifie d'un logement et d'une promesse d'embauche en contrat à durée indéterminée de la part d'une entreprise où il a travaillé du 2 septembre 2013 au 31 mai 2019. Le préfet du Tarn n'avance aucun autre élément de nature à renverser la présomption d'urgence. Par ailleurs, il ne résulte pas de l'instruction qu'eu égard à la personnalité de l'intéressé, l'urgence qui s'attacherait à l'exécution de la mesure d'expulsion sans attendre que le tribunal statue au fond sur sa légalité l'emporterait sur l'urgence à en suspendre les effets. Dès lors, la condition d'urgence doit être regardée comme remplie.

Sur le doute sérieux :

5. Aux termes aux termes de l'article L. 631-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut décider d'expulser un étranger lorsque sa présence en France constitue une menace grave pour l'ordre public, sous réserve des conditions propres aux étrangers mentionnés aux articles L. 631-2 et L. 631-3 ". L'article L. 631-2 du même code dispose que : " Ne peut faire l'objet d'une décision d'expulsion que si elle constitue une nécessité impérieuse pour la sûreté de l'État ou la sécurité publique et sous réserve que l'article L. 631-3 n'y fasse pas obstacle : () 3° L'étranger qui réside régulièrement en France depuis plus de dix ans (). Par dérogation au présent article, peut faire l'objet d'une décision d'expulsion en application de l'article L. 631-1 l'étranger mentionné aux 1° à 4° du présent article lorsque les faits à l'origine de la décision d'expulsion ont été commis à l'encontre de son conjoint, d'un ascendant ou de ses enfants ou de tout enfant sur lequel il exerce l'autorité parentale. () ". L'article L. 631-3 du même code dispose que : " Ne peut faire l'objet d'une décision d'expulsion qu'en cas de comportements de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de l'État, dont la violation délibérée et d'une particulière gravité des principes de la République énoncés à l'article L. 412-7, ou liés à des activités à caractère terroriste, ou constituant des actes de provocation explicite et délibérée à la discrimination, à la haine ou à la violence contre une personne déterminée ou un groupe de personnes : 1° L'étranger qui justifie par tous moyens résider habituellement en France depuis qu'il a atteint au plus l'âge de treize ans ; / 2°) l'étranger qui réside régulièrement en France depuis plus de vingt ans ; (). Par dérogation au présent article, l'étranger mentionné aux 1° à 5° peut faire l'objet d'une décision d'expulsion en application des articles L. 631-1 ou L. 631-2 lorsque les faits à l'origine de la décision d'expulsion ont été commis à l'encontre de son conjoint, d'un ascendant ou de ses enfants ou de tout enfant sur lequel il exerce l'autorité parentale. () ".

6. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

7. L'arrêté contesté a été pris, après avis favorable de la commission d'expulsion, au motif que M. B a été condamné le 13 décembre 1995 à trois mois d'emprisonnement avec sursis pour délit de fuite et vol en réunion, le 16 octobre 2000 à quatre mois d'emprisonnement pour délit de fuite, blessure par conducteur en état d'ivresse, outrage et rébellion, le 4 mai 2004 à 5 mois d'emprisonnement pour inexécution d'un travail d'intérêt général, à 300 euros d'amende et 120 heures de travaux d'intérêt général pour délit de fuite ; le 25 juillet 2012 à une amende pour usage de stupéfiants, le 7 janvier 2019, à trois mois d'emprisonnement avec sursis pour menace réitérée de destruction dangereuse pour les personnes, le 11 janvier 2021 à 60 jours-amende pour recel, le 5 février 2024, à 140 heures de travail d'intérêt général à accomplir dans un délai de 18 mois et à quatre mois d'emprisonnement encouru en cas de non-respect des obligations de suspension du permis de conduire, le 21 février 2024, à 750 euros d'amende et une suspension du permis de conduire pendant 3 mois, et enfin le 2 mai 2024, à 15 mois d'emprisonnement donc 6 avec sursis probatoire pour rébellion et violence sans incapacité par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité. Le préfet du Tarn en a conclu que M. B " s'inscrit dans une trajectoire de délinquance inquiétante mettant ainsi en exergue le peu de considération et de respect qu'il accorde aux lois et aux autorités françaises ". Il relève " une réitération d'infractions de gravité croissante, sans perspective de réinsertion sociale, familiale et manifestement sans la moindre velléité de renoncer à cette escalade dans la délinquance " et fait valoir en défense que cette mesure d'expulsion peut également être considérée comme une mesure préventive pour éviter de futurs délits et comme un moyen de dissuasion envoyant un message que les menaces à l'ordre public ne sont pas tolérées, quel que soit le temps de résidence. Toutefois, compte tenu de la durée de séjour en France de l'intéressé, de ses perspectives de réinsertion, de la circonstance que M. B, né le 3 novembre 1975, n'a vécu en Algérie qu'entre sa naissance et l'âge de 5 ans et demi, que toute sa famille vit en France, qu'il n'est pas contesté que ses sept frères et sœurs de même que sa fille sont de nationalité française, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

8. Eu égard aux motifs de la présente ordonnance, il y a lieu uniquement d'enjoindre au préfet territorialement compétent de délivrer à M. B, dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision, sans qu'il y ait lieu de faire droit à la demande d'astreinte.

Sur les frais liés à l'instance :

9. M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que M. B soit admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre définitif et que Me Momasso Momasso renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de sa mission d'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 800 euros à verser à Me Momasso Momasso en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.

O R D O N N E :

Article 1er : M.Ba est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : L'exécution de l'arrêté du préfet du Tarn du 10 septembre 2024 est suspendue.

Article 3 : Il est enjoint au préfet du Tarn de délivrer à M.Ba une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai d'un mois à compter de l'ordonnance à intervenir en application de l'article L. 911-2 du code de justice administrative.

Article 4 : L'État versera à Me Momasso Momasso une somme de 800 (huit cents) euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de l'admission définitive de M.Ba au bénéfice de l'aide juridictionnelle et de la renonciation de Me Momasso Momasso à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de sa mission d'aide juridictionnelle.

Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à M. ABa, à Me Momasso Momasso et au préfet du Tarn.

Fait à Toulouse, le 28 octobre 2024.

Le juge des référés,

AlainCx

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

la greffière en chef,

ou par délégation, la greffière,

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