mardi 15 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2406252 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SARASQUETA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 octobre 2024, M. AC V, M. AA W, M. AF W, M. E I, M. Q I, M. Q L F, M. X J, M. AE, M. C A, M. U M, M. AD, M. N B, M. R S, M. P T, M. Y O, M. K Z, M. D G, M. AB et M. L H, représentés par Me Francos et Me Saraquesta, demandent au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de suspendre les effets de la décision par laquelle le préfet de la Haute-Garonne a accordé le concours de la force publique en vue de procéder à l'expulsion du logement qu'ils occupent situé 50, avenue de Grande-Bretagne, à Toulouse, appartenant à la société Selectirente ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que leur expulsion est prévue le 16 octobre 2024 ;
- la mise à exécution de la procédure d'expulsion porte une atteinte grave et manifestement illégale au droit au respect de la dignité humaine ;
- elle porte atteinte au droit au respect de la vie privée, en les privant de leur domicile, garantie par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et au droit de ne pas être soumis à des traitements inhumains ou dégradants protégé par l'article 3 de la même convention ;
- elle méconnaît l'intérêt supérieur de l'enfant protégé par le paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- elle occasionne un trouble manifestement excessif à l'ordre public ;
- ils sont des mineurs isolés et ont sollicité le conseil départemental afin d'être pris en charge ; ils n'ont pas de perspective de relogement ; certains souffrent de pathologies chroniques.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Constitution ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le code des procédures civiles d'exécution ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Carotenuto, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
2. Il résulte de l'instruction que M. V et autres occupent un immeuble situé 50, avenue de Grande-Bretagne, à Toulouse, appartenant à la société Selectirente. Le juge du contentieux de la protection de Toulouse, statuant en qualité de juge des référés, saisi par la société Selectirente, a, par une ordonnance du 2 août 2024, dont les requérants ont relevé appel, ordonné aux requérants de libérer les lieux dès la signification de ladite ordonnance et précisé qu'à défaut pour les requérants d'avoir volontairement libéré les lieux, la société Selectirente pourra, à l'expiration du délai de deux mois après la signification d'un commandement de quitter les lieux, faire procéder à leur expulsion ainsi qu'à celle de tous occupants de leur chef, au besoin avec l'assistance de la force publique et d'un serrurier. Un commandement de quitter les lieux a été signifié aux occupants le 8 aout 2024. Enfin, un procès-verbal de " tentative d'expulsion " a été dressé le 9 octobre 2024 par un commissaire de justice qui, se heurtant à un refus des occupants de quitter les lieux, indique s'être " retiré afin de requérir la force publique " en vue de procéder à l'" expulsion par la force ". En se bornant à produire, dans la présente instance, une attestation sur l'honneur, du 14 octobre 2024, par laquelle une personne affirme " avoir été présent[e] lors de l'échange téléphonique ce jour avec la commissaire de justice en charge de l'expulsion (). Elle nous a confirmé que le concours de la force publique a été accordé par la préfecture et que l'expulsion aurait lieu ce mercredi 16/10 ", les requérants ne mettent pas le juge des référés à même de s'assurer qu'une telle décision a effectivement été prise par l'autorité préfectorale et donc d'en apprécier la légalité. Dans ces conditions, les conclusions présentées par les requérants sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative doivent être rejetées selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 précité du même code ainsi que, par voie de conséquence, leurs conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. V et autres est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. AC V en sa qualité de représentant unique au sens et pour l'application des dispositions de l'article R. 751-3 du code de justice administrative.
Une copie en sera adressée au préfet de la Haute-Garonne.
Fait à Toulouse, le 15 octobre 2024.
La juge des référés,
S. CAROTENUTO
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
la greffière en chef,
ou par délégation la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026