mercredi 20 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2407019 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | LASPALLES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 novembre 2024, Mme E B et Mme C D, représentées par Me Laspalles, demandent au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'admettre Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de les reprendre en charge dans le cadre de l'hébergement d'urgence, dans un lieu adapté à leur situation, dans le délai de 24 heures suivant la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 et, en cas de rejet de la demande d'aide juridictionnelle, sur le seul fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- la condition d'urgence est satisfaite eu égard à la grande précarité et vulnérabilité de leur situation ; elles sont isolées ; Mme D souffre de diabète type 1 nécessitant plusieurs injections d'insuline par jour ; son état de santé, qui se dégrade de jour en jour, est incompatible avec une vie à la rue ; les conditions de vie actuelles sont un facteur de risque de décompensation médicale ;
- leur situation particulière les place sans doute parmi les familles les plus vulnérables ; la rupture et l'absence de leur prise en charge depuis le 11 novembre dernier constitue une carence caractérisée des autorités de l'Etat dans l'application des dispositions de l'article L. 345-2-2 du code de l'action sociale et des familles et porte une atteinte grave et manifestement illégale à leur dignité humaine et à leur droit à l'hébergement d'urgence.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Carotenuto, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
2. Aux termes des dispositions de l'article L. 345-2 du code de l'action sociale et des familles : " Dans chaque département est mis en place, sous l'autorité du représentant de l'Etat, un dispositif de veille sociale chargé d'accueillir les personnes sans abri ou en détresse, de procéder à une première évaluation de leur situation médicale, psychique et sociale et de les orienter vers les structures ou services qu'appelle leur état. Cette orientation est assurée par un service intégré d'accueil et d'orientation, dans les conditions définies par la convention conclue avec le représentant de l'Etat dans le département prévue à l'article L. 345-2-4. / Ce dispositif fonctionne sans interruption et peut être saisi par toute personne, organisme ou collectivité ". En vertu des dispositions de l'article L. 345-2-2 du même code : " Toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d'hébergement d'urgence () ".
3. Il appartient aux autorités de l'Etat, sur le fondement des dispositions citées ci-dessus, de mettre en œuvre le droit à l'hébergement d'urgence reconnu par la loi à toute personne sans abri qui se trouve en situation de détresse médicale, psychique ou sociale. Une carence caractérisée dans l'accomplissement de cette mission peut faire apparaître, pour l'application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale lorsqu'elle entraîne des conséquences graves pour la personne intéressée. Il incombe au juge des référés d'apprécier dans chaque cas les diligences accomplies par l'administration en tenant compte des moyens dont elle dispose ainsi que de l'âge, de l'état de la santé et de la situation de famille de la personne intéressée.
4. Mme B, ressortissante algérienne âgée de cinquante-trois ans, déclare être entrée en France au mois d'avril 2024, avec sa fille, Mme D, âgée de vingt ans et atteinte d'un diabète de type 1. Elles ont été hébergées dans le cadre du dispositif d'hébergement d'urgence du 31 juillet au 3 août 2024, puis du 16 septembre au 11 novembre 2024. Elles font valoir qu'elles sont dépourvues de solution d'hébergement et vivent à la rue depuis, en dépit des appels répétés au numéro d'urgence 115 et des courriers électroniques adressés par leur conseil au préfet de la Haute-Garonne les 14, 15 et 18 novembre 2024. Mme D expose que de telles conditions de vie sont incompatibles avec son état de santé qui se serait aggravé et produit, notamment, un certificat médical établi le 19 septembre 2024 par le docteur A, diabétologue au CHU Rangueil, selon lequel elle souffre d'un diabète de type 1 nécessitant plusieurs injections d'insuline par jour ainsi qu'une auto surveillance glycémique pluriquotidienne et que " sans accès à son traitement, elle risque une décompensation aigüe pouvant être fatale. Sans régularité du traitement, elle risque des complications chroniques graves sur plusieurs organes " ainsi qu'un compte rendu de passage aux urgences du CHU de Toulouse du 16 novembre 2024 mentionnant que la requérante souffrait d'un déséquilibre de diabète, en raison d'une rupture de traitement à la suite d'un vol de ses médicaments, et indique une sortie après une nuit d'hospitalisation, avec une prescription médicale. Toutefois, cette pathologie ne place pas Mme D dans une situation de vulnérabilité particulière dès lors qu'elle bénéficie d'un traitement pour sa prise en charge. Au demeurant, il est constant que Mme D n'a pas déposé de demande de titre de séjour en raison de son état de santé. En outre, les requérantes n'apportent aucune information sur leur situation familiale ni sur les motifs de leur venue en France et leurs conditions de vie depuis le mois d'avril 2024 alors qu'il ressort du relevé d'appels aux services du 115 qu'elles n'ont contacté lesdits services qu'à partir du 28 juillet 2024. En l'état de l'instruction, les éléments invoqués, y compris ceux d'ordre médical, ne suffisent pas à caractériser une situation de détresse médicale, psychique ou sociale telle que Mme B et Mme D doivent être regardées comme prioritaires par rapport aux autres familles en attente d'un hébergement alors que le dispositif d'hébergement d'urgence dans le département est saturé. Dans ces conditions, Mme B et Mme D ne sont pas fondées à soutenir que l'Etat aurait fait preuve d'une carence caractérisée à leur endroit et porterait une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales dont elles se prévalent.
5. Il résulte de ce qui précède, que la requête de Mme B et Mme D doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative, sans qu'il y ait lieu, d'admettre Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme B n'est pas admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme E B, à Mme C D et à Me Laspalles.
Une copie en sera adressée au préfet de la Haute-Garonne.
Fait à Toulouse, le 20 novembre 2024.
La juge des référés,
S. CAROTENUTO
La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
la greffière en chef,
ou par délégation la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
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01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026