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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2407086

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2407086

jeudi 5 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2407086
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantDIALEKTIK AVOCATS AARPI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces complémentaires enregistrées les 21 et 27 novembre 2024, M. B A, représenté par Me Ducos-Mortreuil, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler les arrêtés du 19 novembre 2024 par lesquels le préfet de l'Aveyron l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et l'a assigné à résidence ;

3°) d'annuler la décision par laquelle le préfet de l'Aveyron l'a signalé aux fins de

non-admission dans le système d'information Schengen pour la durée de l'interdiction de retour ;

4°) d'enjoindre au préfet de l'Aveyron de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;

5°) d'enjoindre au préfet de l'Aveyron de supprimer son signalement aux fins de

non-admission dans le système d'information Schengen ;

6°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à son conseil par l'application combinée des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 et, dans l'hypothèse où il ne serait pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, de mettre à la charge de l'Etat cette même somme par la seule application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Sur l'ensemble des décisions attaquées :

- elles ont été prises par une autorité incompétente ;

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est de nature à emporter des conséquences excessives sur sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

Sur la décision portant refus d'octroi d'un départ volontaire :

- elle est entachée d'une insuffisance de motivation en fait ;

- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

Sur la décision portant fixation du pays de renvoi :

- elle est entachée d'un défaut de motivation en fait ;

- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

Sur la décision de signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle méconnait les dispositions de l'article L. 613-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

Sur la décision portant assignation à résidence :

- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnait les dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 novembre 2024, le préfet de

l'Aveyron conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code des relations entre le public et l'administration,

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique,

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Cuny, conseillère, pour statuer sur les demandes présentées au titre des articles L. 921-1, L. 921-2, L. 921-3, L. 921-4, L. 922-1 et

L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Cuny,

- les observations de Me Ducos-Mortreuil, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins et soulève un moyen nouveau tiré méconnaissance des dispositions du 8° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile par la décision portant refus de délai de départ volontaire dès lors qu'il dispose de garanties de représentations ;

- les observations de M. A, qui répond aux questions de la magistrate désignée,

- le préfet de l'Aveyron n'étant ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant tunisien, né le 19 juin 2000 à El Guettar (Tunisie), déclare être entré en France au cours de l'année 2022. Par deux arrêtés du

19 novembre 2024, le préfet de l'Aveyron l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Par sa présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler ces arrêtés ainsi que la décision par laquelle le préfet de l'Aveyron l'a signalé aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen.

Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 dispose que : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente () ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de l'intéressé, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :

3. Par un arrêté du 18 septembre 2023 publié le même jour au recueil spécial des actes administratifs n°12-2023-220, le préfet de l'Aveyron a donné délégation de signature à Mme Véronique Ortet, secrétaire générale de la préfecture, à l'effet de signer notamment tous les arrêtés et décisions relevant des attributions de l'Etat dans le département de Vaucluse, à l'exception de certains actes au nombre desquels ne figurent pas les décisions litigieuses. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des actes doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

4. En premier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire vise les dispositions et les stipulations dont elle application, notamment le 1°, 2° et 6° de l'article

L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il retrace les conditions d'entrée et de séjour en France de M. A, les conditions de son interpellation et mentionne les principaux éléments relatifs à sa situation personnelle. Par suite, la décision attaquée portant l'obligation de quitter le territoire est suffisamment motivée.

5. En deuxième lieu, il ne ressort ni de la motivation de la décision attaquée, ni d'aucune pièce du dossier, que le préfet de l'Aveyron n'aurait pas procédé à un examen complet de la situation de M. A. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle doit être écarté.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français () est édictée après vérification du droit au séjour, en tenant notamment compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et des considérations humanitaires pouvant justifier un tel droit. (.. ;) ".

7. Il ressort des pièces du dossier que M. A déclare être entré sur le territoire français à la fin de l'année 2022, soit depuis moins de deux ans à la date de la décision attaquée. S'il se prévaut de liens personnels sur le territoire français, l'intensité et l'ancienneté de sa relation avec une ressortissante française n'est pas établie par la seule production d'un certificat d'hébergement rédigé par sa compagne, d'une attestation rédigée par le propriétaire du logement occupé pas cette dernière et de plusieurs photographies. En outre, s'il soutient vivre sous le même toit que cette dernière depuis le mois de février 2024, il ressort des pièces du dossier que le courrier du 19 août 2024 envoyé par son ancien employeur a été adressé à une adresse différente de celle de sa conjointe et que, le 19 novembre 2024, le justificatif de domicile qu'il a produit à la suite de son interpellation ne mentionnait pas son nom. S'il verse un nouveau justificatif de domicile aux pièces du dossier, il est constant que ce dernier a été établi postérieurement à la date de la décision litigieuse. S'agissant de son insertion professionnelle, s'il ressort des pièces du dossier qu'il a travaillé sans discontinuité entre les mois de décembre 2022 et août 2024, il n'exerçait plus aucune activité professionnelle à la date de l'arrêté litigieux. S'il fait état d'une perspective d'embauche pour le compte de la société SA2P, cet élément est également postérieur à la décision litigieuse. Enfin, M. A n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où réside ses parents et sa sœur. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que le préfet de l'Averyon aurait méconnu les dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en édictant à son encontre une décision portant obligation de quitter le territoire français dès lors qu'il ne bénéficiait d'aucun droit au séjour. Pour les mêmes motifs, il n'est pas fondé à fonder que la décision litigieuse est de nature à emporter des conséquences excessives sur sa situation personnelle.

8. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1- Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".

9. Il résulte de ce qui a été dit ci-dessus, et notamment des considérations de fait énoncée au point 7 que M. A n'établit pas avoir noué des liens d'un intensité particulière sur le territoire français, ni y avoir fixé le centre de ses intérêts privés et familiaux. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :

10. En premier lieu, la décision portant refus de délai de départ volontaire vise les dispositions et les stipulations dont elle fait application, notamment les articles L. 612-2 et

L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle souligne ensuite son entrée irrégulière sur le territoire français, l'absence de dépôt de demande de titre de séjour, son intention explicite de ne pas conformer à une mesure d'éloignement, son impossibilité de présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité établissent le risque que M. A se soustraie à la mesure d'éloignement. Par suite, la décision attaquée portant refus de délai de départ volontaire est suffisamment motivée.

11. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que doit être écarté le moyen invoqué par M. A tiré de ce que la décision portant refus de délai de départ volontaire devrait être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire.

12. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3o Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. " Selon l'article L. 612-3 du même code: " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1o L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () 4o L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français; () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8,

L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ".

13. S'il ressort des pièces du dossier que M. A dispose d'un document de voyage en cours de validité, il ressort des termes de la décision attaquée que, pour établir l'existence d'un risque de soustraction à la mesure d'éloignement et, ainsi, refuser d'accorder à M. A un délai de départ volontaire, le préfet de l'Aveyron s'est également fondé sur les 1° et 4° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il résulte de l'instruction que le préfet de l'Aveyron aurait pris la même décision s'il s'était fondé uniquement sur ces deux motifs, voire sur un seul d'entre eux. Par suite, et dès lors que

M. A ne conteste pas le bien-fondé de ceux-ci, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

14. En quatrième lieu, si M. A soutient que le préfet de l'Aveyron a entaché sa décision portant refus de délai de départ volontaire d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il vit à Millau avec sa compagne et dispose d'un document d'identité, il ressort des pièces du dossier qu'il a explicitement déclaré, lors de son audition du 18 novembre 2024, qu'il ne se conformerait pas à une obligation de quitter le territoire qui pourrait lui être faite et qu'il a résidé irrégulièrement sur le territoire depuis près de deux ans. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

15. En premier lieu, la décision fixant le pays de destination vise les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et indique que M. A n'établit pas être exposé à des traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, la décision fixant le pays de destination est suffisamment motivée.

16. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que doit être écarté le moyen invoqué par M. A tiré de ce que la décision fixant le pays de renvoi devrait être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire.

En ce qui concerne la décision portant signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen :

17. Aux termes de l'article L. 613-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel est notifiée une interdiction de retour sur le territoire français est informé qu'il fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, conformément à l'article 24 du règlement (UE) n° 2018/1861 du Parlement européen et du Conseil du 28 novembre 2018 sur l'établissement, le fonctionnement et l'utilisation du système d'information Schengen (SIS) dans le domaine des vérifications aux frontières, modifiant la convention d'application de l'accord de Schengen et modifiant et abrogeant le règlement (CE) n° 1987/2006 / Les modalités de suppression du signalement de l'étranger en cas d'annulation ou d'abrogation de l'interdiction de retour sont fixées par voie réglementaire ".

18. Il ressort des pièces du dossier, et notamment de l'article 3 du dispositif de l'arrêté du 19 novembre 2024 par lequel le préfet de l'Aveyron a obligé M. A à quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays de destination que ce dernier l'a également informé de son signalement aux fins de non admission dans le système d'information Schengen pour la durée de l'interdiction de retour. Dans son mémoire en défense, le préfet de l'Aveyron soutient que cet article ne constitue qu'une simple mesure d'information et que le signalement n'a pas été inscrit en l'absence d'interdiction de retour prise à l'encontre de M. A. Toutefois, en l'absence d'élément probant permettant d'établir l'absence effectif de signalement du requérant au système d'information Schengen, une telle mention portée dans le dispositif de l'arrêté concerné implique nécessairement que la décision d'inscription a effectivement été prise quand bien même le préfet de l'Aveyron n'a pas assorti ses décisions portant obligation de quitter le territoire français et refus de délai de départ volontaire d'une interdiction de retour sur le territoire français. Par suite, M. A est fondé à soutenir que la décision portant inscription aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen est entachée d'une erreur de droit.

19. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens dirigés contre décision de signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, que M. A est fondé à en demander l'annulation.

En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :

20. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que doit être écarté le moyen invoqué par M. A tiré de ce que la décision portant assignation à résidence devrait être annulé par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire.

21. En second lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ".

22. D'une part, si M. A fait valoir que l'obligation de quitter le territoire français le concernant fait l'objet d'un recours contentieux pendant, cette circonstance n'est pas de nature à lui ôter toute force exécutoire dès lors qu'un tel recours ne revêt aucun caractère suspensif. Dès lors, le préfet de l'Aveyron pouvait légalement assigner M. A à résidence sur le fondement des dispositions du 1° de l'article L. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. D'autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier que, à la date de l'arrêté litigieux, l'éloignement de M. A ne demeurait pas une perspective raisonnable. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait commis une erreur de droit au regard des dispositions précitées en l'assignant à résidence.

23. Il résulte de tout ce qui précède que M. A est seulement fondé à demander l'annulation de la décision par laquelle le préfet de l'Aveyron l'a signalé aux fins de

non-admission dans le système d'information Schengen pour la durée de l'interdiction de retour. Par suite, il n'est pas fondé à demander l'annulation des arrêtés du 19 novembre 2024 par lesquels le préfet de l'Aveyron l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et l'a assigné à résidence.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

24. D'une part, le rejet des conclusions à fin d'annulation des arrêtés du

19 novembre 2024 par lesquels le préfet de l'Aveyron l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et l'a assigné à résidence implique le rejet, par voie de conséquence, des conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet de l'Aveyron de procéder au réexamen de la situation de M. A dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir

25. D'autre part, l'annulation de la décision par laquelle le préfet de l'Aveyron a signalé M. A aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen pour la durée de l'interdiction de retour implique nécessairement qu'il supprime ce signalement. Il y a lieu pour le tribunal d'ordonner cette suppression.

Sur les frais liés au litige :

26. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par M. A sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

DÉCIDE :

Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La décision par laquelle le préfet de l'Aveyron l'a signalé aux fins de

non-admission dans le système d'information Schengen pour la durée de l'interdiction de retour est annulée.

Article 3 : Il est enjoint au préfet de l'Averyon de supprimer le signalement de M. A aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Ducos-Mortreuil et au préfet de l'Aveyron.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2024.

La magistrate désignée,

L.CUNYLa greffière,

V. BRIDET

La République mande et ordonne au préfet de l'Aveyron, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

N°2407086

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