jeudi 30 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2407405 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | LAGORCE & BILLIAUD AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 décembre 2024, Mme B A, représentée par Me Lévi, demande au juge des référés :
1°) d'enjoindre le centre hospitalier de Montauban de lui communiquer son formulaire de retraite anticipée pour invalidité, rectifié, ainsi que l'ensemble des documents de fin de contrat, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
2°) de condamner le centre hospitalier de Montauban à lui payer une indemnité provisionnelle de 5 000 euros en réparation de son préjudice ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Montauban une somme de 1 500 euros à lui verser sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- elle était fonctionnaire du centre hospitalier de Montauban ;
- elle a été déclarée inapte de façon définitive et absolue à son poste et à tout autre poste avec mise à la retraite d'office, ce qui l'a étonnée car elle avait envisagé un reclassement ;
- elle a demandé à plusieurs reprises et en vain que lui soient communiqués son dossier de retraite ainsi que le montant de retraite auquel elle pourrait prétendre ;
- le formulaire qui lui a été finalement envoyé comportait de nombreuses erreurs ;
- elle demande la communication du formulaire de demande de retraite rectifié et les documents de fin de contrat ;
- elle a pour seules ressources le RSA.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 décembre 2024, le centre hospitalier de Montauban, représenté par Me Lagorce-Billiaud, conclut :
1°) au rejet de la requête ;
2°) à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme A à lui verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- Mme A exerçait ses fonctions au centre hospitalier de Montauban en qualité d'agent des services hospitalier, agent titulaire de la fonction publique hospitalière ;
- elle a fait l'objet d'une décision d'attribution d'un congé de longue maladie le 14 octobre 2019, et est en disponibilité d'office pour maladie depuis le 5 juin 2022, dans la mesure où elle a épuisé ses droits à congés ;
- le 24 janvier 2023, le conseil médical s'est réuni en formation restreinte et a déclaré Mme A inapte de façon absolue et définitive à son poste et à tout autre poste, au vu du compte-rendu de l'expertise rédigé par le médecin agréé ;
- le 8 février 2023, le conseil médical s'est de nouveau réuni en formation plénière et a statué en faveur de la mise à la retraite pour invalidité de Mme A ;
- en réponse à un courrier de Mme A du 13 mars 2023, le centre hospitalier a expliqué à Mme A avoir suivi l'avis du comité médical, ayant statué en faveur de la mise à la retraite pour invalidité et lui a communiqué les éléments de calcul du montant de sa pension ; il l'a également informée que, pour le chiffrage des droits à la retraite, elle devait transmettre à la CNRACL les documents attendus à la caisse ;
- les conclusions fondée sur l'article R. 541-1 du code de justice administrative sont irrecevables, faute de demande préalable ;
- en outre, Mme A ne présente aucun moyen à leur appui ;
- le centre hospitalier de Montauban s'est conformé à ses obligations depuis le début de la procédure de mise à la retraite de Mme A ;
- les conclusions aux fins de communication de document ne sont pas recevables dans le cadre d'un référé provision ;
- aucune des conclusions de la requêtes ne sont fondées.
Par ordonnance du 18 décembre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 8 janvier 2025.
Le président du tribunal par intérim a désigné Mme Wolf, présidente honoraire, pour statuer sur les demandes de référé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, née le 27 octobre 1974, était aide-soignante titulaire au centre hospitalier de Montauban. Elle a bénéficié d'un congé de longue maladie à compter du 14 octobre 2019, puis été placée en disponibilité d'office pour maladie depuis le 5 juin 2022, car elle avait épuisé ses droits à congés statutaires. Successivement, le 24 janvier 2023, le conseil médical en formation restreinte a déclaré Mme A inapte de façon absolue et définitive à son poste et à tout autre poste, au vu des conclusions de l'expertise du médecin agréé, puis le 8 février 2023, le conseil médical, réuni en formation plénière, a statué en faveur de la mise à la retraite pour invalidité de Mme A. Le 16 mai 2023, le centre hospitalier de Montauban a écrit au conseil de Mme A qu'il lui incombait de transmettre son dossier à la CNRACL, qui pourrait chiffrer sa pension.
2. Mme A, insatisfaite de ces réponses, demande que le juge des référés condamne le centre hospitalier de Montauban à lui payer une indemnité provisionnelle de 5 000 euros et ordonne à l'établissement de lui communiquer les formulaires de demande de retraite rectifiés et ses documents de fin de contrat.
3. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie ".
4. En premier lieu, si Mme A allègue une faute du centre hospitalier de Montauban dans la gestion de sa fin de carrière et sa mise à la retraite, et l'absence d'information, ces allégations ne sont assorties d'aucun moyen juridique, ni argument de nature à lui conférer une créance, non sérieusement contestable, à l'encontre de l'établissement.
5. Par suite, ses conclusions indemnitaires, au demeurant non précédées d'une réclamation indemnitaire préalable, doivent être rejetées.
6. En second lieu, les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint au centre hospitalier de Montauban, de produire à Mme A, des documents, au surplus non clairement précisés, sont irrecevables dans le cadre d'un référé provision.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée.
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge du centre hospitalier de Montauban, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, à verser à Mme A. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de Mme A une somme à verser au centre hospitalier de Montauban sur ce même fondement.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du centre hospitalier de Montauban, fondées sur l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au centre hospitalier de Montauban.
Fait à Toulouse, le 30 janvier 2025.
La juge des référés,
A. Wolf
La République mande et ordonne au préfet du Tarn-et-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
la greffière en chef,
ou par délégation, la greffière,
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01/06/2026
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