mardi 17 juin 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2503729 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | HACHEM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 mai 2025, M. B A, représenté par Me Hachem, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) à titre principal, d'annuler les décisions du 20 mai 2025 par lesquelles le préfet du Tarn l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et l'a interdit de retour pour une durée de trois ans ainsi que l'arrêté de la même date par lequel le préfet du Tarn l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;
3°) à titre subsidiaire, d'annuler les décisions du 20 mai 2025 par lesquelles le préfet du Tarn a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et l'a interdit de retour pour une durée de trois ans ainsi que l'arrêté de la même date par lequel le préfet du Tarn l'a assigné à résidence pour une durée de
quarante-cinq jours
4°) d'enjoindre au préfet du Tarn de procéder au réexamen de situation dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
5°) de mettre à la charge de l'État les entiers dépens ainsi qu'une somme de 1 200 euros à verser à son conseil par l'application combinée des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
-elle est inexistante ;
-elle a été prise par une autorité incompétente ;
-elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;
-elle est entachée d'une erreur de fait ;
-elle méconnaît les dispositions des articles L.435-1 et L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est dépourvue de base légale dès lors qu'elle se fonde sur une décision portant refus de titre de séjour inexistante ;
-elle a été prise par une autorité incompétente ;
-elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;
-elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :
- elle est dépourvue de base légale dès lors qu'elle se fonde sur une décision portant refus de titre de séjour inexistante ;
-elle a été prise par une autorité incompétente ;
-elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;
-elle est entachée d'une erreur de fait ;
-le préfet s'est estimé en situation de compétence liée ;
- elle méconnaît les objectifs de la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil et du 16 décembre 2008 et les dispositions de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est dépourvue de base légale dès lors qu'elle se fonde sur une décision portant refus de titre de séjour inexistante ;
-elle méconnaît les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
-elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans :
- elle est dépourvue de base légale dès lors qu'elle se fonde sur une décision portant refus de titre de séjour inexistante ;
-elle a été prise par une autorité incompétente ; -elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;
-elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne l'arrêté portant assignation à résidence pour une durée de quarante-cinq jours :
- il est dépourvu de base légale en raison de l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de renvoi et interdiction de retour pour une durée de trois ans ;
-il a été pris par une autorité incompétente ;
-il est entaché d'une insuffisance de motivation ;
-il méconnaît les stipulations de l'article 5 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'hommes et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er juin 2025, le préfet du Tarn conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil et du 16 décembre 2008 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Cuny, conseillère, pour statuer sur les demandes présentées au titre des articles L. 921-1, L. 921-2, L. 921-3, L. 921-4, L. 922-1 et L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Cuny, qui a soulevé d'office, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, un moyen d'ordre public tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à l'annulation de la décision portant refus de titre de séjour dès lors qu'elles sont dirigées contre une décision inexistante ;
- les observations de Me Hachem, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens ;
- les observations de M. A, qui répond aux questions de la magistrate désignée ;
- le préfet du Tarn n'étant ni présent, ni représenté.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant tunisien, né le 2 mars 2007 à Cebbala (Tunisie), déclare être entré sur le territoire français au cours de l'année 2021. Par deux arrêtés du 20 mai 2025, dont l'annulation est demandée, le préfet du Tarn l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi, l'a interdit de retour sur le territoire pour une durée de trois ans et l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.
Sur les conclusions au titre de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de l'intéressé, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 20 mai 2025 portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de renvoi et interdiction de retour pour une durée de trois ans :
En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation de la décision portant refus de séjour :
3. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité () 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public () ; ".
4. Il ressort des termes de l'arrêté litigieux qu'il a été pris sur le fondement du 1° et du 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui permet au préfet d'édicter une obligation de quitter le territoire français à l'encontre de l'étranger qui ne justifie pas être rentré régulièrement sur le territoire français et s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour et dont le comportement constitue une menace pour l'ordre public. En outre, aucune décision portant refus d'admission au séjour ne figure dans le dispositif de l'arrêté litigieux. Enfin, si M. A a déclaré, lors de son audition du 19 mai 2025, avoir rendez-vous avec son assistante sociale le 30 mai 2025 afin de déposer une demande de titre de séjour, cette seule circonstance n'est pas de nature à établir qu'il a effectivement déposé une demande de titre. Dans ces conditions, les conclusions tendant à l'annulation de la décision portant refus de séjour, inexistante, sont irrecevables et doivent être rejetées.
En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de renvoi et interdiction de retour pour une durée de trois ans :
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
5. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que la décision portant obligation de quitter le territoire français est fondée sur les 1° et 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, et dès lors que la décision litigieuse n'est pas fondée sur le 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le moyen tiré de ce qu'elle devrait être annulé dès lors qu'elle se fonde sur une décision portant refus de séjour inexistant ne peut qu'être écarté.
6. En deuxième lieu, par un arrêté du 21 octobre 2024, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial n°81-2024-10-00023, le préfet du Tarn a donné délégation à Madame Annabelle Ravni, secrétaire générale adjointe de la préfecture du Tarn, pour signer les mesures d'éloignement et les décisions les assortissant. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté.
7. En troisième lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire, vise les dispositions et les stipulations dont elle fait application, notamment l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle retrace les conditions d'entrée et de séjour en France de M. A, sa situation pénale et mentionne les principaux éléments relatifs à sa situation personnelle. Par suite, la décision attaquée portant l'obligation de quitter le territoire est suffisamment motivée.
8. En quatrième et dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
9. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des termes de la décision attaquée, que M.'Hamdi, qui déclare être entré sur le territoire français au cours de l'année 2021, à l'âge de quatorze ans, a été placé auprès des services de l'aide sociale à l'enfance jusqu'au 1er mars 2025, date à laquelle il est devenu majeur. S'il produit une promesse d'embauche établie le 20 février 2025 pour occuper un emploi d'agent technique, dont il ressort qu'il a réalisé une formation en apprentissage au sein de la société " Dmfibre, " il ressort des pièces du dossier qu'il a été interpellé et placé en garde-à-vue le 19 mai 2025 pour des faits de violence sur sa conjointe enceinte, dont il reconnaît la matérialité. S'il soutient oralement, lors de l'audience, fait l'objet d'un suivi psychologique depuis plusieurs mois, il ne l'établit pas. En outre, il ressort des extraits du fichier de traitement des antécédents judiciaires qu'il a été mis en cause le 4 novembre 2023 pour des faits de vol aggravé par deux circonstances et recel de biens provenant d'un vol, le 3 janvier 2024 pour des faits de vol et le 31 juillet 2024 pour des faits de conduite sans permis. Enfin, il n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine, où résident ses parents et sa sœur. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision litigieuse porte une atteinte disproportionnée à son droit de mener une vie privée et familiale normale au regard du but poursuivi. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
S'agissant de la décision portant refus de délai de départ volontaire :
10. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 5 que le moyen tiré de ce que la décision portant refus de délai de départ volontaire devrait être annulée dès lors qu'elle se fonde sur une décision portant refus de séjour inexistant ne peut qu'être écarté.
11. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 6 que le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée doit être écarté.
12. En troisième lieu, la décision portant refus de délai départ volontaire vise les dispositions dont elle fait application, notamment les articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle précise que le comportement de
M. A constitue une menace à l'ordre public, qu'il est entré et se maintient irrégulièrement sur le territoire français, qu'il n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour, qu'il a déclaré explicitement son intention de ne pas se conformer à la mesure d'éloignement et qu'il ne dispose pas de garanties de représentation suffisante compte tenu de l'absence de documents de voyage ou d'identité ou d'un domicile. Par suite, la décision attaquée portant refus de délai de départ volontaire est suffisamment motivée.
13. En quatrième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée, ni des pièces du dossier que le préfet du Tarn se soit estimé en situation de compétence liée pour refuser d'accorder à M. A un délai de départ volontaire.
14. En cinquième lieu, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'une erreur de fait n'est assorti d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé. Il ne peut, dès lors, qu'être écarté.
15. En sixième et dernier lieu, aux termes de l'article 7 de la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 : " () S'il existe un risque de fuite, ou si une demande de séjour régulier a été rejetée comme étant manifestement non fondée ou frauduleuse, ou si la personne concernée constitue un danger pour l'ordre public, la sécurité publique ou la sécurité nationale, les États membres peuvent s'abstenir d'accorder un délai de départ volontaire ou peuvent accorder un délai inférieur à sept jours ". Aux termes de l'article
L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3o de l'article
L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1o L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () 4o L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; () 8o L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité () Qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale (). ".
16. M. A soutient que le risque de fuite n'est pas établi dès lors qu'il bénéficie d'une promesse d'embauche et d'une adresse stable. Toutefois, la promesse d'embauche dont il bénéficie n'est pas de nature à écarter le risque de fuite. En outre, il ne produit aucun élément probant quant au lieu de résidence effectif et permanent dont il se prévaut. Enfin, il ne conteste pas les autres motifs opposés par l'autorité administrative pour considérer que le risque de fuite est établi. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des objectifs de la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil et du 16 décembre 2008, des dispositions de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :
17. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 5 que le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de renvoi devrait être annulée dès lors qu'elle se fonde sur une décision portant refus de séjour inexistant ne peut qu'être écarté.
18. En second lieu, aux termes des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile " un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ". Il appartient à l'étranger qui conteste son éloignement de démontrer qu'il y a des raisons sérieuses de penser que, si la mesure incriminée était mise à exécution, il serait exposé à un risque réel de se voir infliger des traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
19. Si M. A se prévaut de l'insécurité dans son pays d'origine, il ne fait valoir aucune crainte personnelle. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés.
S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans :
20. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 5 que le moyen tiré de ce que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans devrait être annulée dès lors qu'elle se fonde sur une décision portant refus de séjour inexistant ne peut qu'être écarté.
21. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 6 que le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée doit être écarté.
22. En troisième lieu, la décision portant interdiction de retour vise les articles
L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne avec une précision suffisante les considérations de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
23. En quatrième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. /Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ". L'article L. 612-10 du même code énonce : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. ".
24. Il résulte de ce qui a été dit au point 9, que M. A, dont le comportement constitue une menace pour l'ordre public, n'établit ni la nature ni l'intensité de ses liens avec la France. Dans ces conditions et nonobstant l'absence d'une précédente mesure d'éloignement, la décision portant interdiction de retour pour une durée de trois ans n'est entachée d'aucune erreur d'appréciation. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 20 mai 2025 portant assignation à résidence pour une durée de quarante-cinq jours :
25. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que doit être écarté le moyen invoqué par M. M.'Hamedi tiré de ce que l'arrêté portant assignation à résidence devrait être annulée par voie de conséquence de l'annulation de l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixation du pays de renvoi et interdiction de retour pour une durée de trois ans.
26. En deuxième lieu, par un arrêté du 21 octobre 2024, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial n°81-2024-10-00023, le préfet du Tarn a donné délégation à Madame Annabelle Ravni, secrétaire générale adjointe de la préfecture du Tarn, pour signer les mesures d'assignation à résidence. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté.
27. En troisième lieu, l'arrêté contesté vise les dispositions et stipulation dont il fait application, et notamment les articles L. 731-1 et L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il précise que M. A a fait l'objet le 20 mai 2025 d'un arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai, qu'il ne peut immédiatement quitter le territoire français et que son éloignement demeure une perspective raisonnable. Par suite, il est suffisamment motivé.
28. En quatrième et dernier lieu, si les modalités d'application d'une mesure d'assignation à résidence apportent nécessairement des restrictions à l'exercice de certaines libertés, en particulier la liberté d'aller et venir, elle ne présente pas, compte tenu de sa durée et de ses modalités d'exécution, le caractère d'une mesure privative de liberté ni au sens de l'article 5 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, M. A ne peut utilement soutenir que l'arrêté litigieux méconnaît les stipulations de l'article 5 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et ce moyen ne peut qu'être écarté.
29. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation des arrêtés du 20 mai 2025 par lesquels le préfet du Tarn l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi, l'a interdit de retour pour une durée de trois ans et l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Il y a lieu de rejeter, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction, tendant à l'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ainsi que celles tendant à la mise à la charge de l'Etat le paiement des entiers dépens.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié M. B A, à Me Hachem et au préfet du Tarn.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 juin 2025.
La magistrate désignée,
L. CUNY
Le greffier,
B. ROETS La République mande et ordonne au préfet du Tarn en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en cheffe
N°2503729
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026