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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2601583

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2601583

mardi 17 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2601583
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCOHEN-TAPIA

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de M. B... qui demandait une injonction au préfet de statuer sur sa demande de titre de séjour. Le juge estime que la demande n'est pas recevable car un rejet implicite de sa demande de renouvellement était déjà intervenu, faisant ainsi obstacle à la mesure sollicitée. La décision s'appuie sur les articles L. 521-3 et L. 522-3 du code de justice administrative ainsi que sur les articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 février 2026, M. A... B..., représenté par Me Cohen-Tapia, demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

d’enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de se prononcer sur sa situation administrative à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

de mettre à la charge de l’Etat le versement de la somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de lui rembourser les droits de plaidoirie prévus à l’article L. 723-3 du code de la sécurité sociale.


Il soutient que :
- la condition d’urgence est caractérisée, le refus de l’administration depuis plus d’un an de lui remettre un titre de séjour vie privée et familiale, ou à tout le moins, de rendre une décision sur sa situation administrative, met en péril la vie privée et familiale de son couple et de sa famille ;
- il ne peut rester indéfiniment dans cette situation précaire ;
- le comportement de l’administration méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.


La présidente du tribunal a désigné M. Le Fiblec, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ». Aux termes de son article L. 522-3 : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ». Enfin, aux termes du premier alinéa de son article R. 522-1 : « La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit (...) justifier de l’urgence de l’affaire ».
En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l’article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave.
Aux termes de l’article R. 431-12 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L’étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu’il précise (…) ». Aux termes de l’article R. 432-1 du même code : « Le silence gardé par l’administration sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet. ». Enfin, aux termes de l’article R. 432-2 de celui-ci : « La décision implicite mentionnée à l’article R. 432-1 naît au terme d’un délai de quatre mois. (…) ».
En l’espèce, M. B... a déposé le 23 avril 2025 auprès de la préfecture de la Haute-Garonne une demande de renouvellement de son titre de séjour. En l’absence de réponse à sa demande dans un délai de quatre mois, une décision implicite de rejet est née le 23 août 2025, antérieurement à l’introduction de la présente requête. Il en résulte que la mesure qu’il sollicite dans la présente instance aurait pour effet de faire obstacle à l’exécution de cette décision rejetant implicitement sa demande de titre de séjour et ne saurait, dès lors, être prononcée par le juge des référés statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative. Eu égard à l’intervention de cette décision, la demande formée par M. B... sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative doit donc être rejetée dans toutes ses conclusions, en ce compris celles présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative.





O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....


Une copie en sera adressée au préfet de la Haute-Garonne.


Fait à Toulouse, le 17 mars 2026.




Le juge des référés,







Briac LE FIBLEC



La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
la greffière en chef,
ou par délégation, la greffière,


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