Le Tribunal administratif de Toulouse, statuant en référé, a rejeté la demande d’un étranger visant à enjoindre au préfet de lui délivrer un récépissé de demande de carte de séjour portant mention « autorise son titaire à travailler ». Le juge a estimé que la condition d’urgence particulière requise par l’article L. 521-2 du code de justice administrative n’était pas caractérisée, malgré les difficultés financières alléguées. La requête a donc été rejetée en application de la procédure prévue à l’article L. 522-3 du même code.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 mars 2026, M. B... A... demande au juge des référés :
1°) d’enjoindre au préfet de la Haute-Garonne, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, de lui accorder un récépissé de demande de carte de séjour portant la mention « autorise son titulaire à travailler » dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l’État une somme de 1 000 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il se trouve dans une situation d’urgence car il est privé de la possibilité de travailler et de subvenir aux besoins de sa famille alors que sa situation financière et sociale se dégrade ;
- l’octroi d’un récépissé de demande de carte de séjour ne portant la mention « autorise son titulaire à travailler » porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au travail et au droit de mener une vie privée et familiale dès lors qu’il est privé de la possibilité de travailler et de subvenir aux besoins de sa famille ;
- le préfet méconnaît l’article R. 431-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et commet une erreur de droit en exigeant de lui la production d’une autorisation d’embauche ou d’une promesse d’embauche.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ». Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».
2. Il appartient au juge des référés d’apprécier, au vu des éléments que lui soumet le requérant comme de l’ensemble des circonstances de l’espèce, si la condition d’urgence particulière requise par l’article L. 521-2 est satisfaite, en prenant en compte la situation du requérant et les intérêts qu’il entend défendre mais aussi l’intérêt public qui s’attache à l’exécution des mesures prises par l’administration. La circonstance qu’une atteinte à une liberté fondamentale, portée par une mesure administrative, serait avérée n’est pas de nature à caractériser l’existence d’une situation d’urgence justifiant l’intervention du juge des référés dans le très bref délai prévu par les dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative. La condition d’urgence posée par cet article L. 521-2 du code de justice administrative s’apprécie objectivement et compte tenu de l’ensemble des circonstances de chaque espèce. A la différence d’une demande de suspension présentée sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, une demande présentée au titre de la procédure particulière de l’article L. 521-2 du même code implique, pour qu’il y soit fait droit, qu’il soit justifié d’une situation d’urgence particulière rendant nécessaire l’intervention d’une mesure de sauvegarde dans les quarante-huit heures.
3. En l’espèce, si M. A... soutient que le refus de lui délivrer un récépissé de demande de carte de séjour l’autorisant à travailler qui lui est opposé par le préfet de la Haute-Garonne, l’empêche de postuler ou d’accepter un emploi et détériore sa situation financière, ces seuls éléments ne suffisent pas à caractériser l’existence d’une situation d’urgence justifiant l’intervention du juge des référés dans un délai de quarante-huit heures.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A... doit être rejetée en toutes ses conclusions, selon la procédure prévue par l’article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M.B...a A....
Fait à Toulouse, le 16 mars 2026.
Le juge des référés,
P. GRIMAUD
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef,
Ou par délégation la greffière,