Le Tribunal administratif de Toulouse, statuant en référé, rejette la demande de suspension d'une décision du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) refusant une autorisation préalable. Le juge estime la requête manifestement irrecevable car elle n'était pas accompagnée de la copie de la requête en annulation, en méconnaissance de l'article R. 522-1 du code de justice administrative. La procédure de rejet est fondée sur l'article L. 522-3 du même code, qui permet d'écarter sans instruction une requête entachée d'une irrecevabilité non susceptible de régularisation en référé.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 mars 2026, M. A... B..., représenté par Me Levy, demande au juge des référés d’ordonner sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
la suspension de l’exécution de la décision du 27 février 2026 par laquelle le conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) lui a refusé la délivrance d’une autorisation préalable ;
d’enjoindre au CNAPS de lui délivrer l’autorisation préalable sollicitée à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
de mettre à la charge du CNAPS le versement de la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et le condamner aux entiers dépens du procès.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Le Fiblec, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Aux termes du premier alinéa de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ». Aux termes du second alinéa de l’article R. 522-1 de ce code : « A peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière ». En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, lorsqu'il apparaît manifeste qu'une requête est irrecevable, la rejeter par une ordonnance motivée sans instruction ni audience. Enfin, selon l’article R. 522-2 du même code, les dispositions de l’article R. 612-1 de ce code qui imposent au juge d’inviter l’auteur de conclusions entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours à les régulariser, ne sont pas applicables au juge des référés statuant en urgence.
M. B... n’a pas joint à sa requête en référé, en méconnaissance des prescriptions de l’article R. 522-1 du code de justice administrative précité, la copie de la requête en annulation de la décision contestée. Le juge des référés étant dispensé, ainsi qu’il résulte des dispositions de l’article R. 522-2 du code de justice administrative, d’inviter l’auteur d’une demande à régulariser devant lui la ou les irrecevabilités dont elle apparaît être entachée, la requête de M. B... est donc manifestement irrecevable et il y a lieu de la rejeter selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 précité.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....
Fait à Toulouse, le 17 mars 2026.
Le juge des référés,
B. LE FIBLEC
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
la greffière en chef,
ou par délégation, la greffière,