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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2602245

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2602245

lundi 30 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2602245
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Toulouse, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'invalidation du permis de conduire pour solde de points nul. Le juge estime que la condition d'urgence, exigée par l'article L. 521-1 du code de justice administrative, n'est pas établie, car la requérante n'a fourni aucune justification concrète du préjudice grave et immédiat allégué. En application de l'article L. 522-3 du même code, la requête est rejetée sans examen du doute sérieux sur la légalité de la décision.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 18 mars 2026, Mme A... B... demande au juge des référés d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision par laquelle le ministre de l'intérieur a invalidé son permis de conduire pour solde de points nul.

Elle soutient que :

S’agissant de la condition d’urgence :

- la privation de son titre de conduite est source de désorganisation dans sa vie personnelle et professionnelle.

S’agissant de la condition tenant à l’existence d’un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige :

- elle n’a jamais reçu de notifications régulières de l’avis de contravention, ni de la décision référencée « 48 SI » l’informant de l’invalidation de son titre de conduite ;
- elle n’a, par conséquent, pu exercer ses droits de la défense ;
- elle n’est pas l’auteur de l’infraction qui lui est reprochée.

Vu :
- la requête en annulation n° 2602483, enregistrée le 18 mars 2026 ;
- les autres pièces du dossier.


Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B... a commis plusieurs infractions au code de la route, ayant entraîné une succession de retraits de points sur son permis de conduire. Par une décision référencée « 48SI », qu’elle indique ne pas avoir reçue, le ministre de l’intérieur est réputé lui avoir notifié le dernier retrait de points, avoir récapitulé les décisions de retrait de points antérieures, avoir constaté un solde de points nul et la perte pour elle du droit de conduire un véhicule et lui avoir enjoint de restituer son permis de conduire à l’autorité préfectorale, dans un délai de dix jours. Par la requête susvisée, Mme B... demande au juge des référés d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision référencée « 48 SI » par laquelle le ministre de l'intérieur a invalidé son permis de conduire pour solde de points nul.

2. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ». Selon le premier alinéa de l’article R. 522-1 du même code : « La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit ( … ) justifier de l’urgence de l’affaire (…) ». Aux termes de l’article L. 522-1 de ce même code : « Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique (...) ». Toutefois, selon l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».
3. L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque son exécution porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande tendant à la suspension d’une telle décision, d’apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue.
4. La requérante soutient que la condition d’urgence est satisfaite dès lors que la privation de son titre de conduite lui cause un préjudice grave et immédiat, en particulier pour accompagner son enfant à l’école ou lors des activités sportives de ce dernier, pour pouvoir aller travailler ou encore pour aller faire des courses. La requérante n’a toutefois fourni, dans le cadre de la présente requête, au soutien de ses déclarations et de la demande de suspension qu’elle formule, aucune justification de nature à caractériser l’urgence de la situation dans laquelle elle se trouve. Dans ces conditions, la condition d'urgence, qui doit s'apprécier objectivement et globalement, n'est pas remplie. Par suite, il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête, sans qu’il soit besoin de rechercher si la condition tenant à l’existence de moyens propres à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision en cause est en l’espèce satisfaite.

ORDONNE :


Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B....

Fait à Toulouse, le 30 mars 2026.

La présidente, juge des référés,




Fabienne Billet-Ydier

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme :
La greffière en chef ou, par délégation, la greffière,

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