lundi 25 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2000084 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | juge unique |
| Avocat requérant | SELARL SIRET ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 janvier 2020 et un mémoire, non communiqué, enregistré le 21 juin 2022, Mme B A, née C, représentée par Me Jacques Siret, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision 48 SI, notifiée le 1er novembre 2019, par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté l'invalidité de son permis de conduire pour solde de points nul, ainsi que les décisions de retraits d'un point le 27 février 2016, de quatre points le 8 avril 2016, d'un point le 31 juillet 2016, d'un point le 29 juillet 2017, d'un point le 13 février 2018, d'un point le 17 février 2018, de quatre points le 9 juin 2018 et d'un point le 24 février 2019 ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'Intérieur de lui restituer un point sur son permis de conduire ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les infractions des 29 juillet 2017, 13 février 2018, 17 février 2018 et 24 février 2019 sont imputables à son conjoint ;
- les infractions des 9 juin 2018 et 24 février 2019 ont entraîné l'édition d'amendes forfaitaires majorée, réglées respectivement totalement et partiellement par la voie du recouvrement forcé, alors même que la requérante, suite à un changement d'adresse, n'a reçu aucun document contenant l'information relative au permis à points en méconnaissance des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ;
- la décision attaquée porte atteinte à sa vie privée et professionnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 février 2020, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de la requérante une somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- les points retirés consécutivement aux infractions relevées les 31 juillet 2016, 29 juillet 2017 et 13 février 2018 ont été restitués à la requérante et que par conséquent, les conclusions dirigées contre ces retraits de points sont sans objet ;
- la juridiction est incompétente pour connaître de l'imputabilité des infractions commises les 29 juillet 2017, 13 février 2018, 17 février 2018 et 24 février 2019 ;
- la requérante ayant procédé au règlement de l'intégralité de ses amendes mais n'ayant apporté ni la preuve de la réception des avis contenant l'information préalable, ni, à défaut, du recouvrement forcé de l'amende de la dernière infraction contestée, le moyen relatif à l'absence d'information préalable doit être écarté.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Billet-Ydier, vice-présidente, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public ayant été dispensé, sur sa proposition, de conclure dans cette affaire en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique, le rapport de Mme D.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, née C, a commis les 27 février 2016, 08 avril 2016, 31 juillet 2016, 29 juillet 2017, 13 février 2018, 17 février 2018, 9 juin 2018, 24 février 2019 et 15 août 2019 différentes infractions au code de la route ayant entraîné le retrait d'un point, quatre points, un point, un point, un point, un point, quatre points, un point et un point sur son permis de conduire. Par décision modèle " 48 SI " en date du 1er novembre 2019, le ministre de l'intérieur lui a notifié le dernier retrait de points, a récapitulé les décisions de retrait de points antérieures, a constaté un solde de points nul et la perte pour l'intéressée du droit de conduire un véhicule et lui a enjoint de restituer son permis de conduire dans un délai de dix jours. Par ordonnance du 1er avril 2020, le juge des référés du tribunal administratif de Bordeaux a suspendu la décision modèle " 48 SI ". Par la requête susvisée, la requérante demande l'annulation de l'ensemble de ces décisions.
Sur la recevabilité des conclusions tendant à l'annulation des retraits de points à la suite des infractions en date des 31 juillet 2016, 29 juillet 2017 et 13 février 2018 :
2. Il ressort du relevé d'information intégral relatif au permis de conduire de la requérante, édité le 25 février 2020 et produit par le ministre de l'intérieur, que les points retirés consécutivement aux infractions commises les 31 juillet 2016, 29 juillet 2017, 13 février 2018, ont été restitués. Par suite, les conclusions de la requête dirigées contre ces décisions portant retrait de points de son permis de conduire à la suite de ces infractions sont sans objet.
Sur le surplus des conclusions à fin d'annulation des décisions de retrait de points :
S'agissant des infractions commises les 9 juin 2018 et 24 février 2019 constatées par voie de radar automatique ayant donné lieu au paiement d'une amende forfaitaire majorée :
3. Il résulte du second alinéa de l'article 529-2 du code de procédure pénale qu'en l'absence de paiement ou de requête en exonération, l'amende forfaitaire est majorée de plein droit et recouvrée en vertu d'un titre rendu exécutoire par le ministère public. Conformément aux dispositions de l'article A. 37-28 du code de procédure pénale, ce titre exécutoire est adressé au contrevenant sous forme d'avis d'amende forfaitaire majorée qui contient une information suffisante au regard des exigences résultant des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Ainsi, le titulaire d'un permis de conduire à l'encontre duquel une infraction au code de la route est constatée par radar automatique et qui a payé sans objection l'amende forfaitaire majorée correspondant à cette infraction ou n'a formé aucune réclamation dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, a nécessairement reçu le formulaire d'avis d'amende forfaitaire majorée. Eu égard aux mentions dont cet avis est réputé être revêtu, l'administration doit alors être regardée comme s'étant acquittée envers le titulaire du permis de son obligation de lui délivrer les informations requises préalablement au paiement de l'amende, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre s'être vu remettre un avis inexact ou incomplet.
4. Le paiement par le contrevenant de l'amende forfaitaire majorée prévue par le second alinéa de l'article 529-2 du code de procédure pénale implique nécessairement qu'il a préalablement reçu l'avis d'amende forfaitaire majorée. Tant avant qu'elles ne soient rendues obligatoires par un arrêté du 13 mai 2011 introduisant dans le code de procédure pénale un article A. 37-28 que depuis l'entrée en vigueur de cet arrêté, le formulaire d'avis d'amende forfaitaire majorée utilisé par l'administration est revêtu de mentions qui permettent au contrevenant de comprendre qu'en l'absence de contestation de l'amende, il sera procédé au retrait de points et qui portent à sa connaissance l'ensemble des informations requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Ainsi, le paiement de l'amende forfaitaire majorée suffit à établir que l'administration s'est acquittée envers le titulaire du permis de son obligation d'information, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre que cet avis était inexact ou incomplet. Il en va autrement si le contrevenant, qui conteste les éléments du relevé d'information intégral et l'attestation de paiement établie par le comptable public produite en défense par le ministre, apporte la preuve que le paiement de l'amende forfaitaire majorée est intervenu par la voie du recouvrement forcé engagée par le comptable public.
5. La requérante conteste la réception de l'avis d'infraction et de l'amende forfaitaire majorée d'une infraction, sans toutefois préciser laquelle. Mme A, née C, soutient avoir réglé ladite amende par la voie du recouvrement forcé, ce qui l'a privée de l'information relative au permis à points délivrée sur le fondement des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Il ressort du relevé d'information intégral que suite aux infractions commises les 9 juin 2018 et 24 février 2019, constatées par radar automatique, des titres exécutoires d'amendes forfaitaires majorées ont été émis. Il ressort des attestations de paiement versées au mémoire en défense que l'intéressée s'est acquittée totalement de l'amende forfaitaire majorée relative à l'infraction du 9 juin 2018 et partiellement de l'amende forfaitaire majorée relative à l'infraction du 24 février 2019, constatées au moyen d'un radar automatique, et ce, volontairement. En outre, la requérante ne produit pas la preuve que des recouvrements forcés ont effectivement eu lieu. Ainsi, Mme A, née C, a nécessairement reçu des courriers du ministre chargé de l'intérieur l'invitant à s'acquitter de ces paiements. Il s'ensuit que l'administration doit être regardée, dans les circonstances de l'espèce, et alors que la requérante n'établit pas, à défaut de produire les documents qui lui ont été remis, que ceux-ci ne comportaient pas l'ensemble des informations exigées, comme ayant apporté la preuve qu'elle a satisfait à l'obligation d'information. Par suite, le moyen tiré de l'absence l'information relative au permis à points en méconnaissance des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route doit être écarté.
S'agissant des infractions commises les 27 février 2016, 8 avril 2016, 17 février 2018 et 15 août 2019 constatées par voie de radar automatique ayant donné lieu au paiement d'une amende forfaitaire :
6. Il résulte des arrêtés pris pour l'application des articles R. 49-1 et R. 49-10 du code de procédure pénale, notamment de leurs dispositions codifiées à l'article A. 37-15 de ce code, que lorsqu'une contravention mentionnée à l'article L. 121-3 du code de la route est constatée sans interception du véhicule et à l'aide d'un système de contrôle automatisé enregistrant les données en numérique, le service verbalisateur adresse à l'intéressé un formulaire unique d'avis de contravention, qui comprend en bas de page la carte de paiement et comporte, d'une part, les références de l'infraction dont la connaissance est matériellement indispensable pour procéder au paiement de l'amende forfaitaire et, d'autre part, une information suffisante au regard des exigences résultant des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
7. En conséquence, lorsqu'il est établi que le titulaire du permis de conduire a payé l'amende forfaitaire prévue à l'article 529 du code de procédure pénale au titre d'une infraction constatée par radar automatique, il découle de cette seule constatation qu'il a nécessairement reçu l'avis de contravention. Eu égard aux mentions dont cet avis doit être revêtu, la même constatation conduit également à regarder comme établi que l'administration s'est acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de l'amende, les informations requises en vertu des dispositions précitées, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre avoir été destinataire d'un avis inexact ou incomplet.
8. Il résulte de l'instruction, et notamment des mentions portées au relevé d'information intégral que produit le ministre de l'intérieur en défense, que d'une part les infractions commises par la requérante les 27 février 2016, 8 avril 2016, 17 février 2018 et 15 août 2019 ont été constatées sans interception du véhicule et à l'aide d'un système de contrôle automatisé enregistrant les données en numérique et que d'autre part, elle s'est acquittée du paiement des amendes forfaitaires afférentes à ces infractions. Il résulte de ces constatations que la requérante a nécessairement reçu les avis de contravention correspondant revêtus des informations requises par le code de la route. Dans ces conditions, à défaut pour elle d'établir que ces avis étaient inexacts ou incomplets, elle n'est pas fondée à soutenir que le ministre de l'intérieur, en prenant les décisions de retrait de point consécutives à ces infractions, aurait méconnu les obligations d'information prévues par les dispositions rappelées ci-dessus du code de la route.
9. Il ne résulte pas de l'instruction, pour aucune des infractions en cause, que la requérante aurait présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation de ces infractions ou de l'envoi des avis de contravention et ne fait, par ailleurs, état d'aucun élément qui serait de nature à remettre en cause l'exactitude de ces mentions. Dans ces conditions, la réalité de ces infractions doit être regardée comme établie.
En ce qui concerne le moyen tiré de ce que l'infraction ne serait pas imputable à la requérante :
10. L'appréciation de l'imputabilité à Mme A, née C, de l'infraction du 24 février 2019 relève de l'office du juge judiciaire dans le cadre de la procédure pénale. Par suite, la contestation de cette imputabilité ne constitue pas un moyen susceptible d'être invoqué devant le juge administratif à l'encontre des décisions de retraits de points prises par le ministre de l'intérieur.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les retraits successifs des points afférents aux infractions commises restant en litige ne sont pas entachés d'illégalité. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de celles-ci et de la décision " 48 SI " du 1er novembre 2019 doivent être rejetées.
Sur la demande d'injonction :
12. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation présentées par Mme A, née C, n'appelle, par lui-même, aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction présentées par la requérante doivent être rejetées.
Sur les frais de justice :
13. Si l'Etat, qui n'a pas eu recours au ministère d'avocat, demande qu'une somme de 500 euros soit mise, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à la charge de Mme A, née C, eu égard au surcroît de travail imposé par le traitement de l'ensemble des litiges relatifs aux permis de conduire, le ministre ne fait état d'aucun frais spécifiquement exposé par ses services pour assurer la défense de l'État. Par suite, sa demande ne peut être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les retraits de points consécutifs aux infractions commises les 31 juillet 2016, 29 juillet 2017, 13 février 2018.
Article 2 : Le surplus de la requête de Mme A, née C, est rejeté.
Article 3 : Les conclusions présentées par le ministre de l'intérieur au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, née C, et au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 juillet 2022.
La magistrate désignée,
F. D
La greffière,
A. BEGORRE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026