lundi 25 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2001197 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | juge unique |
| Avocat requérant | SCP CABINET MALEVILLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 10 mars et 19 octobre 2020, M. E F, représenté par Me Stéphanie Bourdeix, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 5 juillet 2019 du préfet de la Dordogne en tant qu'il a décidé de ne pas l'autoriser à se présenter aux épreuves du permis C et a retiré la décision du 1er mars 2019 portant aptitude médicale du requérant à la conduite de poids lourds pour lui substituer une autorisation à conduire les véhicules de catégorie B et B1 jusqu'au 26 juin 2024, ainsi que la décision administrative d'appel du 8 janvier 2020 par laquelle le préfet a confirmé sa décision ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Dordogne de l'autoriser à se présenter aux épreuves du permis C dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à venir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de la Dordogne de réexaminer sa demande dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à venir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 160 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'existence de l'avis de la commission d'appel du 5 décembre 2019 sur laquelle se fonde la décision du 8 janvier 2020 n'est pas établie ;
- la constitution de la commission d'appel par un arrêté du 18 septembre 2019 est contraire à l'article 10 de l'arrêté du 31 juillet 2012 dès lors que le préfet de la Dordogne ne justifie pas de la nécessité de créer une commission interdépartementale plutôt qu'une commission départementale classique et en ce qu'il n'a pas justifié de l'examen du dossier par un médecin agréé également présent en première instance ;
- l'arrêté portant création de la commission d'appel a été signé par une personne incompétente dès lors que la délégation de signature n'est pas établie ; cet arrêté n'est pas signé par les préfets de la Dordogne et de la Corrèze ;
- la décision du 8 janvier 2020 a été signée par une personne incompétente dès lors qu'il n'est pas établi que son signataire disposait d'une délégation de signature ; en tout état de cause, les personnes précédant le signataire de l'acte dans la chaîne des délégations de signature n'étaient ni empêchées ni absentes à la date à laquelle l'arrêté a été pris ;
- la décision du 8 janvier 2020 est insuffisamment motivée en ce qu'elle se contente de reprendre l'avis de la commission d'appel sans l'apprécier en méconnaissance de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle se fonde sur l'avis de la commission d'appel qui est irrégulier ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit dès lors que le préfet n'a pas exercé sa compétence en s'estimant lié par l'avis de la commission ;
- la décision du 8 janvier 2020 est illégale en ce qu'elle constitue une décision confirmative de la décision de retrait du 5 juillet 2019 qui retire la décision du 1er mars 2019, créatrice de droits à l'égard de l'intéressé et devenue définitive à défaut d'une demande de l'intéressé tendant à la retirer, d'une loi l'y autorisant ou d'un caractère illégal ;
- le préfet a méconnu les dispositions de l'article L. 241-1 du code des relations entre le public et l'administration en corrigeant unilatéralement la décision du 1er mars 2019 au motif que l'autorisation de conduite de poids lourds était une erreur s'agissant d'une décision devenue définitive ;
- les décisions attaquées, en ce qu'elles se fondent sur la prédisposition de l'intéressé à des crises d'épilepsie, présentent une erreur de fait puisque son carnet de santé établit qu'il n'a pas eu de crise d'épilepsie depuis 7 ans et remplit ainsi les critères de santé imposés pour passer les épreuves de la catégorie C ;
- le préfet a commis une erreur d'appréciation au vu des diligences et précautions du docteur ayant autorisé le requérant à conduire des poids lourds le 1er mars 2019 ;
- le préfet a méconnu les dispositions de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration en ne communiquant pas à l'intéressé, à sa demande, l'avis médical de la commission interdépartementale qui lui aurait permis de faire parvenir ses observations dans le délai de 15 jours cité par l'article mentionné ci-dessus ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 juillet 2020, le préfet de la Dordogne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- le requérant a été tenu informé du résultat des divers examens médicaux, auxquels il a apposé sa signature ;
- l'avis médical du 1er mars 2019 présentait une erreur de transcription matérielle, à savoir l'aptitude du requérant à la conduite de poids lourds, qui a été rectifiée rapidement, soit le 26 juin 2019 ;
- le préfet n'avait pas à connaître du dossier du requérant du fait du secret médical et ne peut que se référer aux avis médicaux rendus afin de fonder sa décision ;
- les autres moyens soulevés par M. F ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la route ;
- le code de la santé publique ;
- l'arrêté du 31 juillet 2012 relatif à l'organisation du contrôle médical de l'aptitude à la conduite ;
- l'arrêté du 21 décembre 2005 fixant la liste des affections médicales incompatibles avec l'obtention ou le maintien du permis de conduire ou pouvant donner lieu à la délivrance de permis de conduire de durée de validité limitée ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Billet-Ydier, vice-présidente, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public ayant été dispensé, sur sa proposition, de conclure dans cette affaire en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique, le rapport de Mme H.
Les parties n'étaient ni présentes ni réprésentées.
Considérant ce qui suit :
1. Titulaire d'un permis de conduire de catégories AM, B1 et B, M. E F a présenté les épreuves de conduite pour les catégories C et C1 de véhicule. Une visite médicale réalisée le 14 décembre 2018, a conduit à un avis d'aptitude temporaire à la conduite des véhicules groupe lourd, sous réserve d'un avis préalable d'une commission médicale primaire et d'un spécialiste. Le 11 janvier 2019, des docteurs agréés siégeant en commission ont délivré à M. F un avis d'aptitude sous condition d'avis neurologique favorable, l'intéressé ayant souffert de crises d'épilepsie entre les âges de 4 et 15 ans. Le 1er mars 2019, la commission médicale primaire a conclu à son aptitude temporaire à la conduite de véhicules légers et de poids lourds avec dispositif de correction de vision. Par décision du 5 juillet 2019, notifiée le 9 juillet suivant, le préfet de la Dordogne a rectifié l'avis du 1er mars 2019 émis par la commission médicale, portant désormais aptitude à la conduite de véhicules légers et inaptitude à la conduite de poids lourds. Par lettre du 6 août 2019, M. F a formé un recours administratif contre cette décision et sollicite la constitution d'une commission d'appel. Par lettre du 9 décembre 2019, le préfet a informé le requérant de l'avis d'inaptitude à la conduite de poids lourds rendu par la commission interdépartementale d'appel le 5 décembre 2019 et de la possibilité pour lui de présenter des observations dans un délai de 15 jours. M. F a demandé, par l'intermédiaire de son conseil, la communication de l'avis rendu par la commission d'appel sans qu'une réponse lui soit apportée. Par décision du 8 janvier 2020, notifiée le 15 janvier suivant, le préfet de la Dordogne a confirmé le refus opposé à la demande de M. F de présentation aux épreuves de conduite des catégories C et C1 à raison de son inaptitude médicale. Le requérant demande l'annulation de la décision du 5 juillet 2019, ainsi que de la décision du 8 janvier 2020, par laquelle le préfet a constaté l'inaptitude à la conduite de poids lourds de M. F ainsi que du refus au requérant de se présenter aux épreuves de conduite relative à cette catégorie.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision du 5 juillet 2019 :
2. Aux termes de l'article 10 de l'arrêté du 31 juillet 2012 relatif à l'organisation du contrôle médical de l'aptitude à la conduite : " I. ' Une commission départementale d'appel est constituée par arrêté préfectoral dans les mêmes conditions que la commission médicale primaire. A. ' Conformément à l'article R. 226-4 du code de la route, elle peut être saisie par la personne qui a fait l'objet d'un contrôle médical lorsque, à la suite de l'avis qui lui a été transmis, le préfet a rendu à son encontre une décision d'aptitude temporaire, d'aptitude avec restrictions d'utilisation du permis ou d'inaptitude. Cet appel ne suspend pas la décision préfectorale. La commission médicale d'appel, après avoir examiné la personne et consulté, si elle le juge nécessaire, le ou les médecins agréés qui ont réalisé son contrôle médical en première instance, transmet au préfet son avis motivé. "
3. La décision du 5 juillet 2019 par laquelle le préfet de la Dordogne n'a pas autorisé la présentation de M. F aux épreuves de conduite de poids lourds a été remplacée par la décision du 8 janvier 2020, prise suite à la communication de l'avis rendu par la commission médicale d'appel saisie par M. F. Les moyens dirigés contre les irrégularités de procédure entachant l'avis de la commission médicale primaire, ainsi que la décision préfectorale du 5 juillet 2019, sont inopérants.
En ce qui concerne la décision du 8 janvier 2020 :
4. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du 18 septembre 2019 portant création d'une commission interdépartementale d'appel au titre du contrôle médical de l'aptitude à la conduite de M. F a été signé par Mme D B, sous-préfète et directrice de cabinet de la préfecture de la Dordogne, pour le préfet et par délégation. Par arrêté du 11 décembre 2018, le préfet de la Dordogne a donné délégation à Mme B pour signer les correspondances, actes et pièces comptables portant sur des matières relatives à la sécurité routière. L'article 1-2 exclut expressément certaines matières dont ne relève pas la décision en litige. Ainsi, Mme B était compétente pour la signature de tels actes. La circonstance que la commission interdépartementale doit être constituée sur avis du ou des préfets concernés est sans incidence sur la compétence du signataire dès lors que la signature du ou des préfets de l'arrêté portant création de la commission n'est pas expressément requise. Le moyen tiré de l'incompétence de la signataire d'un acte de procédure doit être écarté.
5. M. F soutient que la création de la commission interdépartementale d'appel est insuffisamment motivée, que l'avis du préfet de Corrèze n'a pas été recueilli et que la commission est composée irrégulièrement. Toutefois, si le requérant peut à tout moment critiquer la légalité des règles fixées par un acte réglementaire ayant vocation à s'appliquer de façon permanente à toutes les situations entrant dans son champs d'application, la compétence de l'auteur de l'acte ainsi qu'un détournement de pouvoir, les conditions d'édiction de cet acte, les vices de forme et de procédure dont il serait entaché ne peuvent être utilement invoqués que dans le cadre du recours pour excès de pouvoir dirigé contre l'acte réglementaire lui-même et introduit avant l'expiration du délai de recours contentieux. Les moyens tirés des vices de forme et de procédure dirigés contre la création de la commission interdépartementale d'appel sont inopérants.
6. Le requérant soutient que la non communication de l'avis de la commission d'appel remet en cause son existence et vicie, dès lors, la procédure suivie par la commission d'appel. Il ressort cependant des pièces du dossier que M. F a apposé sa signature à l'avis produit par la commission d'appel à l'issu de l'examen de l'intéressé. Par suite, le moyen tiré de son inexistence doit, dès lors, être écarté.
7. Le préfet de la Dordogne a, par un arrêté du 11 décembre 2018 régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial sous le numéro 24-2018-044, a donné délégation à M. C G, directeur des sécurités, signataire de l'acte litigieux, à l'effet de signer les correspondances, actes et pièces comptables en matière de sécurité routière en cas d'absence ou d'empêchement de Mme B. Il ne ressort pas des pièces du dossier que cette dernière n'aurait pas été absente ou empêchée à la date de l'arrêté attaqué. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire doit être écarté comme manquant en fait.
8. D'une part, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par la présente loi doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Aux termes du second alinéa de l'article L. 211-6 de ce code : " Les dispositions du présent chapitre ne dérogent pas aux textes législatifs interdisant la divulgation ou la publication de faits couverts par le secret ".
9. D'autre part, les médecins chargés du contrôle médical sont tenus au secret médical dans les conditions rappelées au premier alinéa de l'article R. 4127-104 du code de la santé publique relatif aux devoirs des médecins exerçant la médecine de contrôle, aux termes duquel : " Le médecin chargé du contrôle est tenu au secret envers l'administration ou l'organisme qui fait appel à ses services. Il ne peut et ne doit lui fournir que ses conclusions sur le plan administratif, sans indiquer les raisons d'ordre médical qui les motivent ".
10. Enfin, aux termes de l'article 1 de l'arrêté du 31 juillet 2012 relatif à l'organisation du contrôle médical de l'aptitude à conduire : " Sont soumis au contrôle médical de l'aptitude à la conduite : () 3°) En application de l'article R. 221-10 du code de la route : c) Les candidats aux catégories C, D, E et à compter du 19 janvier 2013, BE, C1, C1E, D1 et D1E du permis de conduire ". Par l'arrêté du 21 décembre 2005 fixant la liste des affections médicales incompatibles avec l'obtention ou le maintien du permis de conduire ou pouvant donner lieu à la délivrance de permis de conduire de durée de validité limitée, les ministres chargés de la sécurité routière et de la santé, habilités à cet effet par les dispositions du 2° de l'article R. 226-2 du code de la route, ont fixé la liste des affections médicales incompatibles avec l'obtention ou le maintien partiel ou définitif du permis de conduire, en précisant, pour la plupart d'entre elles, les critères d'appréciation de l'incompatibilité et l'étendue de celle-ci. Les médecins chargés du contrôle médical sont tenus au secret médical dans les conditions rappelées au premier alinéa de l'article R. 4127-104 du code de la santé publique relatifs aux devoirs des médecins exerçant la médecine de contrôle, aux termes duquel : " Le médecin chargé du contrôle est tenu au secret envers l'administration ou l'organisme qui fait appel à ses services. Il ne peut et ne doit lui fournir que ses conclusions sur le plan administratif, sans indiquer les raisons d'ordre médical qui les motivent ".
11. La décision par laquelle le préfet suspend ou annule un permis de conduire, ou restreint sa validité, au motif que son titulaire est atteint d'une affection médicale incompatible avec la conduite d'un véhicule présente le caractère d'une mesure de police et doit, par suite, être motivée. Si le préfet ne peut que se référer, dans sa décision, pour en assurer la motivation, à l'avis qui lui a été communiqué par les médecins chargés du contrôle médical, lequel, conformément aux dispositions de l'article R. 4127-104 du code de la santé publique, se borne à indiquer que le titulaire du permis de conduire est inapte à la conduite d'un véhicule, il incombe aux médecins, afin d'assurer le respect des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration précitées, d'informer le titulaire des motifs médicaux sur lesquels ils se sont fondés. La signature de l'intéressé sur l'avis d'inaptitude, sous une mention selon laquelle il reconnaît avoir été informé verbalement des motifs médicaux retenus, permet ainsi de vérifier le respect de cette obligation. Il est, par ailleurs, loisible au titulaire du permis de demander communication, sur le fondement des dispositions de l'article L. 1111-7 du code de la santé publique, des documents conservés par les médecins relatifs à son état de santé.
12. Il ressort des pièces du dossier que la décision du préfet de la Dordogne du 8 janvier 2020 mentionne les dispositions de l'arrêté du 31 juillet 2012 dont il fait application, et renvoie au courrier du 9 décembre 2019 dans lequel il se réfère à l'avis médical rendu le 5 décembre 2012 le déclarant inapte. Cet avis a été signé par M. F sous une mention selon laquelle il reconnaît avoir été informé verbalement des motifs médicaux. Il s'ensuit que, par ces mentions, la décision attaquée est suffisamment motivée au sens des dispositions précitées de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Le moyen tiré d'un défaut de motivation doit, dès lors, être écarté.
13. Dans sa décision une lettre du 9 décembre 2019, le préfet a informé le requérant du sens de sa décision et de la possibilité pour lui de présenter des observations écrites ou orales dans les 15 jours suivant réception du courrier. Le requérant a précisé souhaiter déposer des observations sous réserve de la réception d'une copie de l'avis de la commission d'appel. Le préfet n'a pas répondu à cette demande et acté l'absence d'observations à l'expiration du délai prescrit. Il ressort des pièces du dossier, et il a été établi précédemment, que le requérant a bien eu connaissance de l'avis médical, sur lequel il a apposé sa signature. L'article L. 1111-7 du code des relations entre le public et l'administration dispose qu'il est, par ailleurs, loisible à toute personne de demander communication des documents conservés par les médecins relatifs à son état de santé. Ainsi, si M. F a souhaité obtenir des informations concernant son dossier médical, il aurait dû s'adresser aux médecins et non à l'administration, qui n'est pas apte à lui communiquer des informations soumises au secret médical. Le requérant ne saurait valablement invoquer la méconnaissance de l'avis médical rendu en commission d'appel pour justifier de son retard dans la présentation de ses observations. Le moyen tiré de la violation de la procédure contradictoire instituée par l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration doit, dès lors, être rejetée.
14. Aux termes de l'article 4.6 " épilepsie " de la section IV " Pratiques addictives - neurologie - psychiatrie " de l'annexe 2 de l'arrêté du 21 décembre 2005 fixant la liste des affections médicales incompatibles avec l'obtention ou le maintien du permis de conduire ou pouvant donner lieu à la délivrance de permis de conduire de durée de validité limitée en vigueur au 20 mars 2019 : "4.6.5 Épilepsie : sans suivre le moindre traitement antiépileptique, le conducteur ne doit plus avoir eu de crises pendant dix ans. Les conducteurs dont les indicateurs pronostiques sont bons peuvent être autorisés à conduire plus tôt, c'est-à-dire avant l'expiration de cette période de dix ans, après un avis médical approprié. Cela s'applique aussi à certains cas d'épilepsie dite "juvénile""
15. Le requérant soutient qu'il n'a pas eu de crise d'épilepsie depuis 7 ans. Le préfet communique en défense un avis du 14 décembre 2018 par lequel le Dr A déclare l'intéressé apte à la conduite de poids lourds sous réserve d'un examen par une commission médicale et un spécialiste. Le requérant verse au dossier l'avis médical du 11 janvier 2019 par lequel les docteurs Paris et Burosse ont rendu un avis favorable avec dispositif de correction sous réserve d'une confirmation suite à un bilan neurologique, ainsi que l'avis d'aptitude du 1er mars 2019 rendu en commission primaire. Toutefois, ces avis ont été rédigés sur un formulaire pré-rempli de type CERFA et ne comportent aucune précision permettant d'apprécier l'état de santé de l'intéressé, tout en précisant la nécessité d'aménager l'exercice de sa conduite par la mise en place d'un dispositif spécialisé. M. F ne produit ni son carnet de santé, bien que soutenant que celui-ci constitue la preuve de son absence de crises pendant un délai de 7 ans, ni n'apporte d'éléments médicaux détaillés permettant de renverser la présomption selon laquelle il ne serait pas apte à conduire. En l'absence de précisions supplémentaires, le moyen manque en fait et doit, par suite, être écarté tout comme celui tiré de l'erreur d'appréciation, l'autorité administrative ne s'est pas méprise sur la situation du requérant compte tenu, notamment, de la pathologie dont il souffre laquelle est de nature à provoquer une altération subite de ses fonctions neurologiques constituant un danger en matière de sécurité routière.
16. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 8 janvier 2020 doivent être rejetées.
Sur la demande d'injonction :
17. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. F, n'appelle, par lui-même, aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentés par le requérant doivent être rejetées.
Sur les frais de justice :
18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, soit condamné à verser à M. F, la somme qu'il demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. F est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E F et au ministre de l'intérieur.
Copie sera faite au préfet de la Dordogne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 juillet 2022.
La magistrate désignée,
F. HLa greffière,
A. BEGORRE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026