jeudi 6 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2002351 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS SEBAN NOUVELLE AQUITAINE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 juin 2020, des mémoires enregistrés les 23 septembre, 18 octobre, 8 novembre 2021, un mémoire récapitulatif enregistré le 4 janvier 2022 et des pièces complémentaires enregistrées le 13 janvier 2022, M. A C représenté par Me Romain Corbier-Labasse, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la délibération du 16 décembre 2019 par laquelle le conseil municipal de Gradignan a décidé de conclure un bail avec la société Domaine de Chevalier, ensemble le rejet implicite de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à la commune de Gradignan de convoquer le conseil municipal dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, afin de procéder à l'adoption d'une nouvelle délibération portant sur l'attribution du fermage sur le domaine viticole du château Poumey, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Gradignan la somme de 4 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête, qui n'est pas tardive, est recevable ;
- la procédure au terme de laquelle le bail rural a été attribuée est irrégulière dès lors que le délai entre la publicité de l'appel à candidatures et la date limite de dépôt des offres n'était pas suffisant pour permettre à un jeune agriculteur de mener à bien les démarches administratives lui permettant d'obtenir le bénéfice de la dotation jeune agriculteur et n'est ainsi pas compatible avec les objectifs de publicité, de transparence et de mise en concurrence ; les membres de la commission " Finances, marchés publics " n'ont pas bénéficié d'une information suffisante dès lors qu'aucune offre n'avait été émise lorsque les membres de la commission ont été convoqués ; les membres du conseil municipal n'ont pas été convoqués cinq jours francs au moins avant la séance ; ils n'ont pas été destinataires de l'ensemble de l'analyse de la commission " Finances, marchés publics " ni du cahier des charges de la consultation ;
- l'attribution du bail rural au bénéfice de la société Domaine de Chevalier méconnaît les dispositions de l'article L. 411-15 du code rural et de la pêche maritime dès lors qu'il bénéficie d'une priorité légale en tant que jeune agriculteur réalisant une installation ; son éligibilité au bénéfice de la dotation jeune agriculteur suffit à considérer qu'il entre dans cette priorité ;
- la commune de Gradignan a entaché sa décision de détournement de pouvoir dès lors qu'elle préférait conclure un bail avec la société Domaine de Chevalier, qui constitue une référence dans le secteur viticole plutôt qu'avec un jeune agriculteur ;
- en attribuant 94 points à l'offre présentée par la société Domaine de Chevalier et 92 points à celle présentée par M. C, la commission " Finances, marchés publics " n'a pas respecté le cahier des charges dès lors que sur le sous-critère " Projet d'utilisation de la marque pendant toute la durée du bail " les deux offres ont obtenu le même nombre de points alors que celle présentée par M. C était mieux-disante.
Par des mémoires en défense enregistrés les 23 août, 17 et 18 octobre 2021, des pièces complémentaires enregistrées le 9 novembre 2021, un mémoire enregistré le 30 novembre 2021, un mémoire récapitulatif enregistré le 5 février 2022 et un mémoire enregistré le 21 février 2022, la commune de Gradignan représentée par Me Damien Simon, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. C sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- à titre principal, la requête de M. C est irrecevable car tardive ;
- à titre subsidiaire, aucun des moyens soulevés n'est fondé.
La société Domaine de Chevalier, représentée par Me Wladimir Blanchy, a adressé un mémoire enregistré le 30 mai 2022.
Elle conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de M. C sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le tribunal a demandé le 6 décembre 2021, sur le fondement de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, à M. C de produire un mémoire récapitulatif.
Le tribunal a demandé le 5 janvier 2022, sur le fondement de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, à la commune de Gradignan de produire un mémoire récapitulatif.
Par une ordonnance du 2 juin 2022, la clôture d'instruction a été fixée en dernier lieu, le 16 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code rural et de la pêche maritime ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les conclusions de M. Naud, rapporteur public,
- les observations de Me Corbier-Labasse représentant M. C,
- et celles de Me Simon représentant la commune de Gradignan,
- la société Domaine de Chevalier n'était ni présente, ni représentée.
Une note en délibéré présentée pour la commune de Gradignan a été enregistrée le 23 septembre 2022.
Considérant ce qui suit :
1. La commune de Gradignan (Gironde) est propriétaire d'un vignoble d'une superficie de 12,8159 hectares dénommé " Château Poumey " en appellation Pessac-Léognan, situé sur son territoire. Le 13 avril 1995, la commune de Gradignan a donné à bail rural ces parcelles à la société Montagne et compagnie devenue société Château Pape Clément. Un congé a été délivré le 25 février 2016 avec une prise d'effet au 29 février 2020. Par un courrier du 22 juillet 2019, la société Château Pape Clément a informé la commune qu'elle ne souhaitait pas renouveler le fermage. Par une délibération du 30 septembre 2019, le conseil municipal de Gradignan a décidé du principe de la conclusion d'un nouveau bail rural de 25 ans avec tacite reconduction à compter du 1er mars 2020 et de la mise en place d'une procédure de sélection du fermier. Par une délibération du 16 décembre 2019 dont M. C demande l'annulation, le conseil municipal a décidé de conclure un tel bail avec la société Domaine de Chevalier, et a ainsi écarté la candidature de M. C.
Sur la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête :
2. D'une part, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée () ". Aux termes de l'article L. 411-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision administrative peut faire l'objet, dans le délai imparti pour l'introduction d'un recours contentieux, d'un recours gracieux ou hiérarchique qui interrompt le cours de ce délai () ".
3. D'autre part, aux termes de l'article 1er de l'ordonnance du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période : " I. ' Les dispositions du présent titre sont applicables aux délais et mesures qui ont expiré ou qui expirent entre le 12 mars 2020 et le 23 juin 2020 inclus ". Aux termes de l'article 2 de cette même ordonnance : " Tout acte, recours, action en justice, formalité, inscription, déclaration, notification ou publication prescrit par la loi ou le règlement à peine de nullité, sanction, caducité, forclusion, prescription, inopposabilité, irrecevabilité, péremption, désistement d'office, application d'un régime particulier, non avenu ou déchéance d'un droit quelconque et qui aurait dû être accompli pendant la période mentionnée à l'article 1er sera réputé avoir été fait à temps s'il a été effectué dans un délai qui ne peut excéder, à compter de la fin de cette période, le délai légalement imparti pour agir, dans la limite de deux mois ".
4. Il ressort des pièces du dossier que par un courrier du 2 janvier 2020, réceptionné le lendemain, M. C a exercé un recours gracieux à l'encontre de la délibération du 16 décembre 2019 par laquelle le conseil municipal de Gradignan a décidé de conclure un bail avec la société Domaine de Chevalier, interrompant le délai de recours. Une décision implicite de rejet de sa demande est née le 3 mars 2020. Dès lors que le délai de recours, ainsi prorogé, expirait au cours de la période comprise entre le 12 mars et le 23 juin 2020, la requête de M. C, qui a été enregistrée le 9 juin 2020 ne présente pas un caractère tardif. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par la commune de Gradignan doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5. D'une part, aux termes de l'article L. 411-15 du code rural et de la pêche maritime : " Lorsque le bailleur est une personne morale de droit public, le bail peut être conclu soit à l'amiable, soit par voie d'adjudication / () Quel que soit le mode de conclusion du bail, une priorité est réservée aux exploitants qui réalisent une installation en bénéficiant de la dotation d'installation aux jeunes agriculteurs ou, à défaut, aux exploitants de la commune répondant aux conditions de capacité professionnelle et de superficie visées à l'article L. 331-2 du présent code, ainsi qu'à leurs groupements () ". Il résulte de ces dispositions que, lorsque le propriétaire de terres agricoles destinées à être données à bail est une personne morale de droit public, l'organe délibérant, en présence de plusieurs demandes concurrentes d'attribution du bail, doit procéder à un choix en respectant les procédures et l'ordre de priorité qu'elles prévoient, au premier rang desquelles figurent les jeunes agriculteurs bénéficiant de la dotation jeunes agriculteurs réalisant une nouvelle installation comme ceux souhaitant procéder à leur première installation sur les terres ainsi données à bail.
6. D'autre part, aux termes du I de l'article D. 343-3 du code rural et de la pêche maritime : " En vue de faciliter leur première installation, il peut être accordé aux jeunes agriculteurs qui prévoient d'exercer une activité agricole au sens de l'article L. 311-1, à l'exclusion des activités aquacoles, et qui satisfont aux conditions fixées par la présente section les aides suivantes : / 1° Une dotation jeunes agriculteurs en capital () ". Aux termes de l'article D. 343-4 du même code : " Pour être éligible au bénéfice des aides mentionnées au I de l'article D. 343-3, le candidat à l'installation doit répondre aux conditions suivantes : / 1° Etre âgé de moins de quarante ans à la date du dépôt de la demande ; / 2° Etre de nationalité française ou ressortissant d'un autre Etat membre de l'Union européenne, ou ressortissant d'un pays non membre de l'Union européenne et justifier d'un titre de séjour l'autorisant à travailler sur le territoire français ; / 3° S'installer pour la première fois comme chef d'exploitation, à titre individuel ou comme associé exploitant non salarié ; / 4° Justifier, à la date du dépôt de la demande d'aide, de la capacité professionnelle agricole attestée par la possession cumulée : / -d'un diplôme, titre, ou certificat enregistré au répertoire national des certifications professionnelles, de niveau égal ou supérieur au baccalauréat professionnel spécialité " conduite et gestion de l'entreprise agricole " ou au brevet professionnel option " responsable d'entreprise agricole ", procurant une qualification correspondant à l'exercice du métier de responsable d'exploitation agricole, ou d'un diplôme reconnu par un Etat membre de l'Union européenne ou par un Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen conférant le niveau 4 agricole ; / -d'un plan de professionnalisation personnalisé mentionné à l'article D. 343-22 validé par le préfet de département ; / 5° Présenter dans le plan d'entreprise mentionné à l'article D. 343-7 un projet de développement de l'exploitation d'une durée de quatre ans viable ; / 6° S'installer sur une exploitation répondant à la définition de micro ou petite entreprise au sens de l'article 2 de l'annexe 1 du règlement (UE) n° 702/2014 de la Commission du 25 juin 2014 déclarant certaines catégories d'aides, dans les secteurs agricole et forestier et dans les zones rurales, compatibles avec le marché intérieur, en application des articles 107 et 108 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne ; / 7° S'installer sur une exploitation répondant à des exigences minimales et maximales de potentiel de production brute standard (PBS) définies par arrêté du ministre chargé de l'agriculture () ".
7. Il résulte des dispositions des articles D. 343-3 et suivants du code rural, que la réalisation d'une installation en bénéficiant de la dotation d'installation aux jeunes agriculteurs prévue au 1° du I de l'article D. 343-3 ne constitue pas un acte instantané mais la réalisation progressive, étalée dans le temps, du projet d'installation au vu duquel et pour lequel la dotation est accordée. Il résulte, par ailleurs des 6° et 7° de l'article D. 343-4, que l'octroi des aides nationales à l'installation est subordonné au respect de conditions tenant notamment aux terres exploitées.
8. Il ressort des termes de la délibération en litige du 16 décembre 2019 que pour donner à bail à la SC Domaine de Chevalier 12,8159 hectares de terres agricoles, le conseil municipal de Gradignan a estimé que M. C ne pouvait être qualifié d'exploitant réalisant une installation en bénéficiant de la dotation d'installation aux jeunes agriculteurs au sens de l'article L. 411-15 du code rural et de la pêche maritime, son dossier n'étant pas suffisamment avancé.
9. Il ressort des pièces du dossier qu'à la date de la délibération en litige, M. C avait engagé des démarches en vue de procéder à son installation et à l'obtention de la dotation jeunes agriculteurs. Par une attestation du 13 décembre 2019, le responsable du bureau de la chambre d'agriculture de la Gironde a notamment certifié que l'intéressé a réalisé un entretien " plan de professionnalisation personnalisé " afin de vérifier l'adéquation de ses compétences à son projet d'installation, possède la capacité professionnelle agricole, est éligible aux aides nationales à l'installation et que sa demande d'aide serait déposée en janvier, l'intéressé ne pouvant la soumettre sans avoir l'assurance de voir le foncier lui être attribué. Son plan de professionnalisation personnalisé a d'ailleurs été approuvé par la préfète de la Gironde le 7 janvier 2020. Ainsi, M. C, qui remplit les conditions prévues aux 1° à 4° de l'article D. 343-4 du code rural et de la pêche maritime précité, pouvait prétendre au bénéfice de la dotation jeunes agriculteurs. Dans ces conditions, eu égard aux contraintes inhérentes à la procédure de demande et d'octroi de la dotation jeunes agriculteurs, M. C doit être regardé comme un exploitant qui réalise une installation en bénéficiant de la dotation d'installation aux jeunes agriculteurs au sens des dispositions de l'article L. 411-15 du code rural et de la pêche maritime précité et bénéficie ainsi de la priorité instituée par ces mêmes dispositions. Par suite, en écartant sa candidature au profit de la société Domaine de Chevalier, qui ne bénéficiait pas de ce même régime de priorité, le conseil municipal de Gradignan a méconnu les dispositions de l'article L.411-15 du code rural et de la pêche maritime.
10. Il résulte de ce qui précède et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la délibération du 16 décembre 2019 par laquelle le conseil municipal de Gradignan a décidé de conclure un bail avec la société Domaine de Chevalier, ensemble le rejet implicite du recours gracieux, doivent être annulés.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
11. Eu égard au motif d'annulation retenu, le présent jugement implique nécessairement que le maire de la commune de Gradignan saisisse le juge compétent pour faire constater la nullité du bail rural signé avec l'attributaire et convoque son conseil municipal afin que, lorsque l'annulation aura été prononcée, il délibère à nouveau pour répartir entre les candidats potentiels, conformément aux dispositions précitées de l'article L. 411-15 du code rural et de la pêche maritime, les parcelles ainsi devenues libres. Il y a donc lieu d'enjoindre au maire de la commune de Gradignan, d'une part, de saisir le juge compétent pour faire constater la nullité du bail rural signé avec la SC Domaine de Chevalier dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir et, d'autre part, de convoquer son conseil municipal afin d'attribuer les biens en cause dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement prononçant l'annulation dudit bail. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
12. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Gradignan le versement d'une somme de 2 000 euros à verser à M. C au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, ces dispositions font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de M. C, qui n'est pas la partie perdante, le versement d'une somme à ce titre.
D E C I D E :
Article 1er : La délibération du 16 décembre 2019 par laquelle le conseil municipal de Gradignan a décidé de conclure un bail avec la société Domaine de Chevalier, ensemble le rejet implicite du recours gracieux, sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint au maire de la commune de Gradignan d'une part, de saisir le juge compétent pour faire constater la nullité du bail rural signé avec la SC Domaine de Chevalier dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir et, d'autre part, de convoquer son conseil municipal en vue d'attribuer les biens en cause dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement prononçant l'annulation dudit bail.
Article 3 : La commune de Gradignan versera la somme de 2 000 (deux mille) euros à M. C au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Les conclusions présentées par la commune de Gradignan et la société Domaine de Chevalier au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à la commune de Gradignan et à la société Domaine de Chevalier.
Délibéré après l'audience du 22 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Munoz-Pauziès, présidente,
Mme Lahitte, conseillère,
M. Bongrain, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 octobre 2022.
Le rapporteur,
A. B
La présidente,
F. MUNOZ-PAUZIÈS La greffière,
C. SCHIANO
La République mande et ordonne à la préfète de la Gironde en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026