lundi 25 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2002862 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | juge unique |
| Avocat requérant | GATA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 9 juillet 2020, 15 septembre 2020 et 22 mars 2022, M. A B, représenté par Me Henri-Michel Gata demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté référencé " 3 F " du 18 mai 2020 par laquelle la préfète de la Gironde a prononcé la suspension de son permis de conduire pour une durée de six mois ;
2°) d'enjoindre à la préfète de la Gironde de restituer à M. B son permis de conduire ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté référencé " 3 F " portant suspension de son permis de conduire lui a été irrégulièrement notifiée ;
- l'article R. 224-4 du code de la route a été méconnu dès lors qu'il ne comporte pas l'ensemble des mentions obligatoires ;
- le procès-verbal relatif à l'infraction permettant de prononcer la suspension d'un permis de conduire n'a pas été transmis à la préfète de la Gironde en méconnaissance de l'article L. 224-7 du code de la route ;
- la réalité de l'infraction n'est dès lors pas établie et l'infraction ne lui est pas imputable ;
- l'avis de rétention mentionne les vitesses enregistrée et retenue mais pas les caractéristiques de l'appareil utilisé, son homologation et le dernier contrôle annuel effectué ni même les caractéristiques du véhicule contrevenant ;
- la préfète de la Gironde a commis une erreur manifeste d'appréciation.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 17 août 2020 et 23 février 2021, la préfète de la Gironde conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
Une demande de maintien de conclusions a été envoyée à M. B le 23 février 2022.
Par un mémoire du 22 mars 2022, le requérant a confirmé maintenir ses conclusions.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la route ;
- le décret n°2001-387 du 3 mai 2001 relatif au contrôle des instruments de mesure ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Billet-Ydier, vice-présidente, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public ayant été dispensé, sur sa proposition, de conclure dans cette affaire en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les observations de Me Rondot, représentant de M. A B, absent,
- le ministre de l'intérieur n'était ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, dont le permis de conduire a fait l'objet d'une suspension administrative de 6 mois par arrêté de la préfète de la Gironde en date du 18 mai 2020 demande au tribunal l'annulation de cette décision.
2. D'une part, aux termes du cinquième alinéa de l'article L. 224-1 du code de la route : " () Lorsque le dépassement de 40 km/ h ou plus de la vitesse maximale autorisée est établi au moyen d'un appareil homologué et lorsque le véhicule est intercepté, les dispositions du présent article sont applicables au conducteur. Dans ce cas, les agents de police judiciaire adjoints mentionnés à l'article 21 du code de procédure pénale sont habilités à retenir à titre conservatoire le permis de conduire du conducteur. () ". Aux termes de l'article L. 224-2 du code de la route : " () le représentant de l'Etat dans le département peut, dans les soixante-douze heures de la rétention du permis, prononcer la suspension du permis de conduire pour une durée qui ne peut excéder six mois. () Lorsque le dépassement de 40 km/h ou plus de la vitesse maximale autorisée est établi au moyen d'un appareil homologué et lorsque le véhicule est intercepté, les dispositions du présent article sont applicables au conducteur. () ". Aux termes de l'article R. 224-4 du code de la route : " A l'issue du délai de mise à disposition mentionné à l'article R. 224-3, ou dès la fin de la période de rétention si l'intéressé en fait la demande, le permis de conduire lui est restitué par lettre recommandée avec accusé de réception si aucune mesure de suspension n'a été décidée. / Lorsqu'une mesure de suspension a été prise en application de l'article L. 224-2, elle est notifiée à l'intéressé soit directement s'il se présente au service indiqué dans l'avis de rétention, soit par lettre recommandée avec accusé de réception ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, () sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. ". Aux termes de l'article L. 121-2 du même code : " Les dispositions de l'article L. 121-1 ne sont pas applicables : 1° En cas d'urgence ou de circonstances exceptionnelles ; 2° Lorsque leur mise en œuvre serait de nature à compromettre l'ordre public ou la conduite des relations internationales ; 3° Aux décisions pour lesquelles des dispositions législatives ont instauré une procédure contradictoire particulière ; () ". Les modalités de la procédure contradictoire applicables aux décisions mentionnées à l'article L. 211-2 sont définies à l'article L. 122-1 du même code.
4. Compte tenu des conditions particulières d'urgence dans lesquelles intervient la décision par laquelle le préfet suspend un permis de conduire sur le fondement de l'article L. 224-2 du code de la route, qui doit être prise dans les 72 heures, le préfet peut légalement, en application du 1° de l'article L. 121-2 du code des relations entre le public et l'administration cité ci-dessus, se dispenser de cette formalité et n'est pas tenu de suivre une procédure contradictoire avant de prendre la décision attaquée.
5. Il ressort des pièces du dossier que M. B a été contrôlé, le 16 mai 2020 à 18 heures 25, à Lanton en Gironde, conduisant son véhicule à la vitesse retenue de 144 km/h pour une vitesse de 80 km/h autorisée, soit un dépassement de 64 km/h de la vitesse maximale autorisée. Ces circonstances étaient de nature à faire regarder le conducteur comme représentant un danger grave et immédiat pour la sécurité des usagers de la route et pour lui-même, comme l'a d'ailleurs précisé le préfet dans la décision attaquée. Ainsi, l'intéressé entrait bien dans le champ d'application des dispositions précitées. Le requérant ne peut utilement invoquer les conditions de notification de la décision attaquée pour contester l'application par le préfet des dispositions précitées.
6. Le procès-verbal d'enquête préliminaire comporte la marque, le type, le numéro d'homologation, la date de la dernière vérification du cinémomètre de marque Mercura LTI Ultrlyte n°8881, utilisé pour le contrôle. Dès lors, le moyen tiré de ce qu'aucun acte de procédure ne permet d'identifier l'appareil de contrôle utilisé doit être écarté comme manquant en fait.
7. Aux termes de l'article L. 224-7 du code de la route : " Saisi d'un procès-verbal constatant une infraction punie par le présent code de la peine complémentaire de suspension du permis de conduire, le représentant de l'Etat dans le département où cette infraction a été commise peut, s'il n'estime pas devoir procéder au classement, prononcer à titre provisoire soit un avertissement, soit la suspension du permis de conduire ou l'interdiction de sa délivrance lorsque le conducteur n'en est pas titulaire. Il peut également prononcer à titre provisoire soit un avertissement, soit la suspension du permis de conduire à l'encontre de l'accompagnateur d'un élève conducteur lorsqu'il y a infraction aux dispositions des articles L. 234-1 et L. 234-8 et aux dispositions des articles L. 235-1 et L. 235-3 ".
8. Il ressort des termes de la décision en litige que celle-ci, qui a été prise dans le délai de 72 heures, est une décision " 3 F " de sorte que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 224-7 du code de la route ne peut qu'être rejeté comme inopérant.
9. En vertu des dispositions des articles L. 224-1 à L. 224-3 et L. 224-7 du code de la route, le représentant de l'État dans le département peut prendre des mesures de suspension du permis de conduire à l'encontre des personnes soupçonnées d'avoir commis certaines infractions. Il résulte en particulier des dispositions des articles L. 224-1 et L. 224-2 que, lorsqu'un dépassement de 40 km/h ou plus de la vitesse maximale autorisée est établi au moyen d'un appareil homologué et que le véhicule est intercepté, le permis de conduire du conducteur est retenu à titre conservatoire par les officiers ou agents de police judiciaire et que le préfet peut alors, dans un délai de soixante-douze heures, en prononcer la suspension pour une durée maximale de six mois. Les décisions de suspension de permis de conduire prononcées sur le fondement de cet article constituent des mesures de police administrative prises sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, lequel contrôle, sans se limiter à vérifier l'absence d'erreur manifeste d'appréciation, tant le principe que la durée de la suspension prononcée.
10. Si M. B soutient que la durée de la suspension de son permis de conduire pour une durée de six mois, soit la durée maximale, est disproportionnée au regard des graves conséquences de cette mesure sur sa situation professionnelle, il ne ressort toutefois pas des pièces du dossier, eu égard à la gravité de l'infraction commise par lui, consistant en un dépassement de 64 km/h de la vitesse maximale autorisée, qu'en prononçant la mesure contestée, la préfète de la Gironde se serait livrée à une inexacte application des dispositions précitées. La suspension attaquée n'apparaît pas, dès lors et au vu des circonstances de l'espèce, disproportionnée ni dans son principe ni dans sa durée.
11. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, y compris ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur.
Une copie de ce jugement sera transmise, pour information, à la préfète de la Gironde.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 juillet 2022.
La magistrate désignée,
F. CLa greffière,
A. BEGORRE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026