jeudi 24 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2003945 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | TANDONNET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 3 septembre 2020 et 14 septembre 2021, M. B D, représenté par Me François Tandonnet, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 août 2020 par lequel la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer l'autorisation de défricher les parcelles cadastrées n°C-1373 et C-1375, représentant une superficie boisée totale de 0,3673 hectare, situées sur le territoire de la commune de Lucmau ;
2°) d'enjoindre à la préfète de la Gironde de lui délivrer l'autorisation sollicitée dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le signataire de l'arrêté en litige est incompétent en l'absence de délégation de signature régulièrement publiée à son bénéfice ;
- la décision est entachée d'une erreur d'appréciation du risque incendie dès lors que le terrain est classé en risque moyen par l'atlas départemental du risque incendie ; le nombre de départs de feu recensés sur la commune n'est pas de 5 sur la période 1995-2006 mais de 1 à 2 ; le terrain constituant l'assiette du projet est boisé de feuillus ; la parcelle est entourée de terrains déboisés ou bâtis ; elle est située à proximité d'une voie publique et d'une voie forestière jouant le rôle de coupe-feux ; la construction envisagée n'est pas au contact du massif forestier, une zone tampon minéralisée étant prévue ; il a pris les précautions nécessaires : bâche à eau, zone tampon ; une borne incendie est située à 500 mètres ; la zone est classée constructible au plan local d'urbanisme ; le maire ne s'est pas opposé à sa déclaration préalable pour le détachement de deux lots à bâtir et un permis de construire a été délivré le 15 mai 2019 pour la construction d'une maison individuelle et d'une annexe.
Par des mémoires en défense enregistrés les 2 septembre et 22 octobre 2021, la préfète de la Gironde conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code forestier ;
- le décret du 29 avril 2004 relatif aux pouvoirs des préfets et à l'organisation et à l'administration des services de l'Etat dans les régions et départements ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les conclusions de Mme Jaouën, rapporteure publique,
- et les observations de Me Tandonnet, représentant M. D.
Considérant ce qui suit :
1. M. B D a déposé le 19 mai 2020 une demande d'autorisation de défricher les parcelles cadastrées n°C-1373 et C-1375, représentant une superficie totale de 0,3673 hectare de bois, situées sur le territoire de la commune de Lucmau (Gironde) en vue de la construction d'une maison d'habitation et d'un garage. Par un arrêté du 19 août 2020, dont M. D demande l'annulation, la préfète de la Gironde a refusé d'accorder l'autorisation sollicitée.
2. En premier lieu, aux termes du I de l'article 45 du décret du 29 avril 2004 relatif aux pouvoirs des préfets et à l'organisation et à l'administration des services de l'Etat dans les régions et départements : " En cas d'absence ou d'empêchement du préfet, sans que ce dernier ait désigné par arrêté un des sous-préfets en fonction dans le département pour assurer sa suppléance, celle-ci est exercée de droit par le secrétaire général de la préfecture. En cas de vacance momentanée du poste de préfet, l'intérim est assurée par le secrétaire général de la préfecture. Dans les départements où est institué un préfet pour la sécurité et la défense ou un préfet adjoint pour la sécurité, ce dernier assure de droit la suppléance ou l'intérim () ".
3. L'arrêté du 19 août 2020 a été signé par M. A E, préfet délégué à la défense et à la sécurité de la zone Sud-Ouest, régulièrement habilité pour ce faire en cas d'absence ou d'empêchement du préfet. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète de la Gironde n'aurait pas été absente ou empêchée à la date d'édiction de l'arrêté en litige. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte doit être écarté comme manquant en fait.
4. En second lieu, aux termes de l'article L. 341-5 du code forestier : " L'autorisation de défrichement peut être refusée lorsque la conservation des bois et forêts ou des massifs qu'ils complètent, ou le maintien de la destination forestière des sols, est reconnu nécessaire à une ou plusieurs des fonctions suivants : () / 9° A la protection des personnes et des biens et de l'ensemble forestier dans le ressort duquel ils sont situés contre les risques naturels, notamment les incendies et les avalanches ".
5. Pour refuser de délivrer à M. D l'autorisation de défrichement attaquée, la préfète de la Gironde a estimé que la construction d'une maison au contact d'un massif boisé augmente le risque incendie pour la forêt environnante et permet difficilement de garantir la sécurité des biens et des personnes face à l'incendie, en faisant valoir que le risque feu de forêt est considéré comme moyen sur la commune de Lucmau dans l'atlas départemental d'incendie de forêt de la Gironde de 2009.
6. Il ressort des pièces du dossier que les parcelles pour lesquelles le défrichement est sollicité s'insèrent dans le massif des Landes de Gascogne, massif classé en risque très fort pour l'aléa feu de forêt par le plan interdépartemental de protection des forêts contre les incendies 2019-2029. Les parcelles se situent dans une zone très faiblement urbanisée et sont ainsi au contact direct du massif forestier. Si les essences recouvrant la parcelle ne sont pas aussi inflammables que les résineux composant l'essentiel du massif, le risque incendie, qualifié de moyen à l'échelle de la commune par l'atlas départemental du risque incendie en Gironde datant de 2009, demeure réel. Le défrichement en vue de construire une maison à usage d'habitation et une annexe contribue ainsi à l'augmentation du risque incendie des parcelles constituant l'assiette du projet tant au cours de la phase de travaux que d'utilisation à venir. Enfin, M. D ne peut utilement se prévaloir du classement en zone constructible des parcelles du plan local d'urbanisme comme de la délivrance d'autorisations d'urbanisme, qui obéissent à une législation distincte. Eu égard à la nature de l'opération envisagée et en dépit des précautions prises par M. D pour limiter le risque incendie, en refusant de délivrer l'autorisation de défrichement sollicitée, la préfète de la Gironde n'a pas entaché sa décision d'erreur d'appréciation.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 19 août 2020 doivent être rejetées, et par voie de conséquence, celles à fin d'injonction et au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B D et au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire.
Copie en sera adressée à la préfète de la Gironde.
Délibéré après l'audience du 10 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Munoz-Pauziès, présidente,
Mme Lahitte, conseillère,
M. Bongrain, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 novembre 2022.
Le rapporteur,
A. C
La présidente,
F. MUNOZ-PAUZIÈSLa greffière,
C. SCHIANO
La République mande et ordonne au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026