mercredi 21 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2004495 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | MAURY |
Vu les procédures suivantes :
Par un jugement du 16 mars 2022, le tribunal a, sur les requêtes de Mme E enregistrées sous les n°2004495 et 2004496, ordonné avant dire droit une expertise en vue de déterminer si les arrêts de travail qui lui ont été prescrits à compter du 24 novembre 2018 présentent un lien direct et certain avec l'accident de service du 15 septembre 2017, ou trouvent leur origine dans un état de santé antérieur sans lien avec cet accident, et de déterminer si l'intéressée est apte à reprendre son travail.
L'expert a déposé son rapport le 8 novembre 2022.
Par une ordonnance du 23 novembre 2022, la présidente du tribunal a liquidé et taxé les frais et honoraires de l'expert à la somme de 1 440 euros.
I. Par une requête enregistrée le 4 octobre 2020 sous le n°2004495 et des mémoires enregistrés les 21 octobre 2021, 20 décembre 2022, 10 février et 28 mars 2023 et Mme A E, représentée par Me Scaillierez, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 19 mai 2020 par laquelle le directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignations l'a placée en congé de longue maladie à plein traitement du 24 novembre 2018 au 23 novembre 2019, puis à demi-traitement du 24 novembre 2019 au 23 mai 2020 ainsi que la décision du 27 juillet 2020 portant rejet de son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la Caisse des Dépôts et Consignations une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Elle soutient que :
- la décision attaquée a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors que la composition de la commission de réforme réunie le 6 mars 2020 était irrégulière puisque seul un représentant du personnel y a participé ;
- l'avis du 6 mars 2020 est irrégulier dès lors qu'il est entaché d'erreur d'appréciation et intervient à la suite d'un rapport d'expertise établi à la demande de la commission de réforme qui, dans sa séance du 20 novembre 2019, n'a pas justifié de la nécessité d'avoir recours à une telle expertise et a désigné un médecin agréé dans un autre département que celui dans lequel elle réside et travaille ;
- elle est entachée d'erreur de droit dès lors que le directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignations s'est cru en situation de compétence liée ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation.
Par des mémoires en défense enregistré les 7 juin 2021, 19 décembre 2022 et 10 mars 2023, la Caisse des Dépôts et Consignations, représentée par Me Maury, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.
II. Par une requête enregistrée le 4 octobre 2020 sous le n° 2004496 et des mémoires enregistrés les 21 octobre 2021, 20 décembre 2022, 10 février et 28 mars 2023, Mme A E, représentée par Me Scaillierez, demande au tribunal :
1°) d'annuler la lettre du 27 mars 2020 du responsable des ressources humaines de la Caisse des Dépôts et Consignations en tant qu'elle refuse de reconnaître les arrêts de travail dont elle a fait l'objet à partir du 24 novembre 2018 comme imputables au service, qu'elle la reconnaît provisoirement inapte à reprendre le service et qu'elle l'invite à déposer une demande de congé de longue maladie ou de longue durée, ainsi que la décision portant rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à l'autorité compétente de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la Caisse des Dépôts et Consignations une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'acte attaqué est insuffisamment motivé ;
- l'avis du 6 mars 2020 est irrégulier dès lors qu'il est entaché d'erreur d'appréciation s'agissant du lien entre les arrêts de travail dont elle a fait l'objet à compter du 24 novembre 2018 et son accident de service ainsi que de la proposition de requalifier les congés auxquels ils ont donné lieu ; il intervient à la suite d'un rapport d'expertise établi à la demande de la commission de réforme qui, dans sa séance du 20 novembre 2019, n'a pas justifié de la nécessité d'avoir recours à une telle expertise et a désigné un médecin agrée dans un autre département que celui dans lequel elle réside et travaille ;
- la décision portant refus de reconnaître les arrêts de travail dont elle a fait l'objet à partir du 24 novembre 2018 comme imputables au service est entachée d'erreur d'appréciation dès lors que son état de santé est en lien direct et certain avec l'agression verbale du 15 septembre 2017 sans qu'un état antérieur ne vienne altérer ce lien ;
- la décision par laquelle elle a provisoirement été reconnue inapte à reprendre le service a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors qu'aucune disposition n'imposait à son employeur de saisir la commission de réforme et est entachée d'erreur d'appréciation ;
- la décision de requalifier certains de ses arrêts de travail en congé de longue maladie ou en congé de longue durée est entachée d'erreur d'appréciation dès lors que les troubles qui l'ont affectées sont en lien direct et certain avec l'accident de travail dont elle a été victime.
Par des mémoires en défense enregistrés les 7 juin 2021, 19 décembre 2022 et 10 mars 2023, la Caisse des Dépôts et Consignations, représentée par Me Maury, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement à intervenir est susceptible d'être fondé sur le moyen, relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à l'annulation de la lettre du 27 mars 2020 en tant qu'elle invite Mme E à déposer une demande de congé de longue maladie ou de longue durée dès lors qu'elles ne sont pas dirigées contre une décision au sens de l'article R. 421-1 du code de justice administrative.
Les parties ont également été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7-3 du code de justice administrative que, dans l'hypothèse où il serait fait droit aux conclusions à fin d'annulation de la requête, le tribunal est susceptible de faire usage des pouvoirs d'injonction d'office qu'il tient des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative et, à ce titre, d'enjoindre à la Caisse des Dépôts et Consignations de régulariser la situation de Mme E conformément aux motifs du jugement.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-15 du 11 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Denys, rapporteure ;
- les conclusions de Mme Jaouën, rapporteure publique ;
- les observations de Me Scaillierez, représentant Mme E, et de Me Maury, représentant la Caisse des Dépôts et Consignations.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E, adjoint administratif principal de seconde classe de la Caisse des Dépôts et Consignations affectée à la direction des retraites et de la solidarité à Bordeaux, a été victime le 6 novembre 2014 d'insultes et de menaces de la part d'un collègue sur son lieu de travail, dont il est résulté un syndrome de stress post-traumatique, reconnu imputable au service. Le 15 septembre 2017, Mme E a été victime d'une seconde agression par le même collègue. Elle a été placée en arrêt de maladie à cette date et a repris le travail le 2 décembre 2017, avant d'être de nouveau arrêtée à compter du 24 novembre 2018. Par une décision du 23 novembre 2017, la Caisse des Dépôts et Consignations a reconnu l'imputabilité au service de l'accident dont a été victime Mme E le 15 septembre 2017 et a décidé que les arrêts de travail et les soins médicaux seraient pris en charge jusqu'à la date de consolidation définitive de l'état de santé de l'agent. Le 5 mars 2019, l'intéressée a sollicité une reprise à temps partiel thérapeutique. Par une décision du 27 mars 2020, la Caisse des Dépôts et Consignations, qui s'est appropriée l'avis de la commission de réforme, a fixé au 5 novembre 2018 la date de consolidation de son état de santé, a admis la prise en charge des soins post-consolidation pour une période d'un an suivant cette date, mais a refusé de prendre en charge au titre de l'accident de service les arrêts de travail à compter du 24 novembre 2018 au motif que ces arrêts n'étaient pas en lien avec l'accident, estimant par ailleurs que Mme E n'était, à ce jour, pas apte à reprendre le travail. L'intéressée a formé un recours gracieux contre cette décision le 21 mai 2020, qui a été rejeté par une décision du 27 juillet 2020. Elle demande au tribunal, par une requête n° 2004496, d'annuler la décision du 27 mars 2020, en tant qu'elle refuse de reconnaître les arrêts de travail dont elle a fait l'objet à partir du 24 novembre 2018 comme imputables au service, qu'elle la reconnait provisoirement inapte à reprendre le service et qu'elle l'invite à déposer une demande de congé de longue maladie ou de longue durée, ainsi que la décision portant rejet de son recours gracieux. Par un arrêté du 19 mai 2020, le directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignations a placé Mme E en congé de longue maladie à plein traitement du 24 novembre 2018 au 23 novembre 2019, puis à demi-traitement du 24 novembre au 23 mai 2020 inclus. Mme E a formé un recours gracieux contre cette décision le 2 juillet 2020, qui a été rejeté le 27 juillet 2020. Elle demande au tribunal, par une requête n° 2004495 d'annuler l'arrêté du 19 mai 2020 et la décision du 27 juillet 2020. Par un jugement du 16 mars 2022, le tribunal a, sur les requêtes de Mme E, ordonné avant dire droit une expertise en vue de déterminer si les arrêts de travail qui lui ont été prescrits à compter du 24 novembre 2018 présentent un lien direct et certain avec l'accident de service du 15 septembre 2017, ou trouvent leur origine dans un état de santé antérieur sans lien avec cet accident et de déterminer si l'intéressée est apte à reprendre son travail.
Sur la lettre du 27 mars 2020 en tant qu'elle invite Mme E à déposer une demande de congé de longue maladie ou de longue durée :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision () ".
3. Les conclusions dirigées contre la lettre du 27 mars 2020 en tant qu'elle invite l'intéressée à déposer une demande de congé de longue maladie ou de longue durée ne sont pas dirigées contre une décision et doivent, par application des dispositions citées au point 2, être rejetées comme irrecevables.
Sur la légalité de la décision portant refus de reconnaître l'imputabilité au service des arrêts de travail dont Mme E a fait l'objet à partir du 24 novembre 2018 :
4. D'une part, aux termes de l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984 : " 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. () / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite, à l'exception des blessures ou des maladies contractées ou aggravées en service, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. ". Il résulte de ces dispositions que doivent être pris en charge au titre de l'accident de service les arrêts de travail et les frais médicaux présentant un lien direct et certain avec l'accident initial y compris, le cas échéant, s'ils interviennent postérieurement à la date de consolidation constatée par l'autorité compétente. Lorsque l'état d'un fonctionnaire est consolidé postérieurement à un accident imputable au service, le bénéfice de ces dispositions est subordonné, non pas à l'existence d'une rechute ou d'une aggravation de sa pathologie, mais à l'existence de troubles présentant un lien direct et certain avec l'accident de service.
5. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du rapport d'expertise, que l'état de santé de la requérante traduit, depuis le 24 novembre 2018, une décompensation anxio-dépressive en lien avec l'attitude, à l'origine de l'accident de service du 15 septembre 2017, du collègue qui l'a agressée et menacée verbalement. Il ressort des mêmes pièces que les troubles subis par l'intéressée, qui ne résultent pas d'un état antérieur et sont postérieurs au 5 novembre 2018, date de la consolidation de son état de santé, sont en lien direct et certain avec l'accident de service qu'elle a subi. Dans ces conditions, Mme E est fondée à soutenir que la Caisse des Dépôts et Consignations a commis une erreur d'appréciation en refusant de prendre en charge au titre de l'accident service qu'elle a subi le 15 septembre 2017, les arrêts de travail dont elle a fait l'objet à compter du 24 novembre 2018.
6. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens présentés à cette fin, la décision du 27 mars 2020, en tant qu'elle porte refus de reconnaître l'imputabilité au service des arrêts de travail dont Mme E a fait l'objet à partir du 24 novembre 2018, doit être annulée.
Sur la légalité de la décision de déclarer Mme E provisoirement inapte à reprendre ses fonctions :
7. En premier lieu, la décision attaquée, qui cite l'article 34 bis de la loi du 11 janvier 1984 et se réfère à l'avis de la commission de réforme rendu le 6 mars 2020, comporte les considérations utiles de droit et de fait sur lesquelles la Caisse des Dépôts et Consignations s'est fondée pour déclarer provisoirement inapte Mme E à reprendre ses fonctions. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaquée doit être écarté.
8. En deuxième lieu, aux termes de l'article 19 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des comités médicaux et des commissions de réforme, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires : " () La commission de réforme doit être saisie de tous témoignages rapports et constatations propres à éclairer son avis. / Elle peut faire procéder à toutes mesures d'instruction, enquêtes et expertises qu'elle estime nécessaires. () ".
9. Il ne ressort d'aucun principe ni d'aucun texte que la commission de réforme, lorsqu'elle décide de faire procéder à une expertise, doit justifier de l'utilité de la mesure prescrite et désigner un expert agréé figurant dans la liste du département dans lequel réside et exerce ses fonctions l'agent concerné. Dans ces conditions, la requérante n'est pas fondée à soutenir qu'à défaut de justifier de l'utilité de l'expertise prescrite et de désigner un expert agréé dans le département de la Gironde, l'avis de la commission de réforme rendu le 20 novembre 2019 serait irrégulier.
10. En dernier lieu, pour établir son aptitude à reprendre ses fonctions à la date de la décision attaquée, la requérante se prévaut d'un certificat médical établi le 4 mars 2019 par son médecin traitant, qui indique que son état de santé nécessite une reprise du travail à temps partiel pour raison thérapeutique pour trois mois. Toutefois, ce certificat ne se prononce pas sur l'aptitude de l'intéressée à reprendre ses fonctions à compter du 27 mars 2020. En outre, dans son rapport établi le 30 juin 2019, soit plus de huit mois avant la décision attaquée, le Dr D, qui indique que Mme E pourrait éventuellement reprendre en télétravail dans le cadre d'un temps partiel thérapeutique et surestime probablement sa capacité à exercer une activité professionnelle, ne se prononce pas en faveur de son aptitude à reprendre ses fonctions. Enfin, il ressort des conclusions du rapport de l'expertise judiciaire menée par le Dr B, qui n'a relevé aucun élément permettant d'estimer que l'intéressée était apte à reprendre ses fonctions avant cette date, que Mme E était apte à reprendre ses fonctions le 24 novembre 2021. Dans ces conditions, dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elle était apte à reprendre ses fonctions à la date de la décision attaquée, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision du 27 mars 2020, par laquelle la Caisse des Dépôts et Consignations l'a déclarée provisoirement inapte à reprendre ses fonctions à cette date, est entachée d'erreur d'appréciation.
11. Il résulte de tout ce qui précède que Mme E n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision qu'elle conteste.
Sur la légalité de la décision du 19 mai 2020 par laquelle le directeur général de la Caisse des dépôts et Consignations a placé Mme E en congé de longue maladie :
12. Pour les mêmes motifs que ceux qui sont énoncés au point 5, les arrêts maladie dont a fait l'objet Mme E 24 novembre 2018 doivent être pris en charge au titre de l'accident de service. Il en résulte que la requérante est fondée à soutenir que la décision attaquée, qui décide de la placer en congé de longue maladie 24 novembre 2018 au 23 mai 2020, est entaché d'une erreur d'appréciation.
13. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens présentés à cette fin, la décision du 19 mai 2020 doit être annulée.
Sur l'injonction :
14. Eu égard à ce qui a été dit aux points 4 à 6 ainsi qu'aux points 12 et 13, l'exécution du présent jugement implique nécessairement que la situation administrative et financière de Mme E soit régularisée. Il y a lieu, dès lors, en application de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, d'enjoindre à la Caisse des Dépôts et Consignations d'y procéder dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur la charge définitive des dépens :
15. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'Etat peut être condamné aux dépens. ".
16. Dans les circonstances particulières de l'espèce, il y a lieu de mettre les frais et honoraires de l'expertise confiée au Dr B, liquidés et taxés à la somme de 1 440 euros TTC, à la charge définitive de la Caisse des dépôts et Consignations.
Sur les frais non compris dans les dépens :
17. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la Caisse des Dépôts et Consignations la somme de 1 500 euros à verser à Mme E au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 27 mars 2020 portant refus de reconnaître l'imputabilité au service des arrêts de travail dont Mme E a fait l'objet à partir du 24 novembre 2018 et la décision du 19 mai 2020 sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint à la Caisse des Dépôts et Consignations de régulariser la situation administrative et financière de Mme E dans un délai de trois mois.
Article 3 : Les frais d'expertise, liquidés et taxés à la somme de 1 440 euros toutes taxes comprises, sont mis à la charge définitive de la Caisse des Dépôts et Consignations.
Article 4 : La Caisse des Dépôts et Consignations versera à Mme E une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme A E et à la Caisse des Dépôts et Consignations.
Délibéré après l'audience du 31 mai 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Zuccarello, présidente,
Mme De Paz, première conseillère,
Mme Denys, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 juin 2023.
La rapporteure,
A. DENYS
La présidente,
F. ZUCCARELLO La greffière,
M. C
La République mande et ordonne au ministre de l'économie et des finances en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
La greffière,
N°s 2004465, 2004496
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026